Voir la note du 8 août
si peu. C’est un lion contre un renard. Mais je vois, par ce que vous me dites, que le public aura de quoi profiter, à l’occasion de cette dispute, par les belles recherches et les découvertes curieuses dont il enri- chira son ouvrage. C’est par cette raison que, quelque profession que je fasse d’honorer ce savant homme, je ne puis m'empêcher de lui souhaiter des adversaires: et cest même parce que je l’honore que je lui en souhaite, ne pouvant mettre la main à la plume pour repousser les faibles efforts de la canaïlle révoltée sans ouvrir les trésors de son érudition et sans en répandre, dans le public, une partie considérable.
Je lui pardonnerais plus volontiers de ce qu'il ne ma pas honoré d’un mot de réponse, que l'honneur qu'il me fait de me faire chef de parti. S'il y en avait un, il serait réduit à un état plus capable de faire pitié que de donner de la crainte sous un tel chef. Mais le chef et le parti sont une chimère, et il serait bon que ceux dont les paroles sont toujours écoutées avec estime et font impression sur les esprits fussent les premiers à combattre cette chimère; car c'est l’entretenir que d’en parler comme d'une chose qui subsiste réellement.
Pour ce qui est de la facilité à publier les lettres, vous savez, Monsieur, quelle précaution M. l'illustre ami | Arnault} prenait pour ne rien publier qu'avec l'agrément de ceux qui y étaient intéressés. On a toujours été, sur cela, religieux jusqu'au scrupule. Quand les gens sont morts et que leur témoignage peut servir à la vérité, je ne crois pas qu'on doive trouver mauvais qu'on l’emploie.
Le pauvre marquis de Pomponne allait dire adieu à son oncle l'abbé pour aller à son régiment, lorsqu'il tomba devant lui de son haut et fut deux heures sans connaissance. Etant revenu, il demanda à se confesser et le fit fort bien. Il a la langue fort libre et la
tête aussi ; Les médecins répondent que les eaux le déli= … vreront du reste. Il lui mourut une fille venue à cinq. mois, à peu près dans le même temps. C'était le seul fruit de son mariage.
C'est une chose difficile d'envoyer huit volumes à Paris, à ces messieurs du séminaire. [ls attendront bien la paix. Les armées sont assemblées, le roi Guillaume est à la tête de la sienne. On verra s'ils commenceront, après sept campagnes, à faire quelque chose,
Quesnel à du Vaucel 17 juin 1695.
Je ne comprends rien à l'abbé de la Trappe; on vient de m'envoyer l'empreinte d’une médaille frappée en l'honneur de Sa Révérence! Et où? A la Trappe même, par un frère Barse, convers. D’un côté, c'est son portrait, et autour : Abbas de Trappa; de l’autre côté, un sculpteur, le ciseau et le marteau à la main, taille son buste qui est élevé sur une base, sur le côté de laquelle on lit : Restauratori vitæ monasticæ, et autour de la médaille : Tabor est ante me. Au bas, an MDCXCV. ;
Je veux croire que c’est sans sa participation que cela se fait; mais que, chez lui, cela se fasse à son. insu, c’est quelque chose de bien extraordinaire pour une maison si réformée. S'il ne met pas le frère en pénitence, on aura peine à croire qu'il lui en sache mauvais gré.
Les armées s’approchent l’une de l’autre. Le prince d'Orange fait mine de vouloir donner bataille et com-. bler les lignes. Cela ne se fera pas aisément.
Le clergé donne dix millions au roi.
Quesnel à du Vaucel 2% juin 1693.
[I n'y a point d'espérance de paix, tant que l’on agira comme l’on fait à Rome, et que l’on laissera faire en ce pays aux adversaires tout ce qu'il leur plait.
Vous verrez par l’Impertinens de M. Steyaert ce qu’on en peut attendre. C'est un vicaire apostolique, la plume et le langage, et même l'esprit et La tête des prélats de Ce pays. Ne la déclaration qu’il fait si solennellement sera regardée comme une déclaration authentique, émanée des évêques et avouée du Saint-Siège, tant que le Saint-Siège n’y contredira point.
M. du Til|Hennebel] ne manquera point de nous mander, comme il fait ordinairement en ces occasions, que c'est la meilleure chose du monde, que le champion ne pouvait mieux faire pour ceux de Louvain, que les frères sont dans une furieuse colère. Chansons que tout cela ; on se moque de lui, et on le joue, sans qu'il s’en aperçoive. Et, pendant que de tous côtés on mine le peu d’avances qu'il a faites depuis deux ans, qu'on fait un examen de propositions qui peut avoir un fort mauvais succès, il s'amuse à se chamailler avec un homme que je ne puis mieux comparer qu'à un filou qui amuse les gens, pendant que ses compagnons leur coupent la bourse.
Il me semble donc qu’il est temps que M. Hennebel abandonne Je Mulart [P. Désirant!]|à son mauvais génie et à sa mauvaise foi. On ne regarde ici tout cela que comme un amusement d'enfant, et on ne daigne pas lire aucune de ces paperasses qu'il envoie.
Qu'il se réveille donc à ce coup-ci, et qu'il relève cet