Lettre communiquée par M. Gazier
2. Louis Hideux, syndic de Sorbonne, montra quelque faiblesse durant la vie de Louis XIV, en rétractant et son approbation du livre
du P. Quesnel et sa signature, en 1700, du Cas de Conscience; mais il
retrouva son courage à la mort du roi et fut un des plus solides parmi
les appelants et réappelants de la bulle Unigenitus.
3. Louis Ellies Du Pin, né en 1659, docteur de Sorbonne en 1684. Un esprit net, précis, méthodique, d'une lecture immense, auteur de la Btbliothèque universelle ecclésiastique, en 58 volumes in-8°.Cegrandouvrage souleva, en 1687 (voir la lettre de novembre 1681) des controverses du côté de Bossuet et de M. de Harlay, qui obligea Du Pin à donner une rétractation d’un assez grand nombre de propositions. 11 fut exilé, en 1701, pour l'affaire du Cas de Conscience. Son style est peu correct, mais assez élevé et moins batailleur, en général, que celui des théologiens de son parti. L'abbé Legendre (Mémoires, p. 163) dit que « ce docteur n’était rodomont que la plume à la main ».
de piété qui vient d’être imprimé! et d’avoir bien voulu l'honorer de votre approbation et lui procurer même celle de quelques-uns de Messieurs vos confrères. C'est une générosité que je ne puis assez estimer et dont je ne perdrai jamais le souvenir. Je n’entreprends pas, Monsieur, de vous en faire un remerciement qui y réponde, et je me contente de vous assurer avec simplicité que je regarde lobligation que je vous ai en cette occasion comme un lien qui m'attache à vous pour toute ma vie et qui augmente en moi le respect et l'estime que j'ai toujours eus pour votre mérite. Jose vous demander, Monsieur, une grâce qui est une suite de celle-ci, qui est de vouloir bien consommer votre ouvrage en donnant encore un peu d'application aux changements que Je crois nécessaires pour empêcher qu'on ne soit en état de faire un mauvais usage de quelques endroits qui sont ou un peu durs, ou trop peu éclaircis. J'aurais tout le déplaisir possible, s'il arrivait que des personnes d’un aussi grand mérite que Messieurs les approbaleurs, et que vous avez eu la générosité d'engager à me faire cet honneur en vous chargeant de tout, venaient à en recevoir quelque chagrin, et plus encore, Monsieur, si cela vous arrivait. J'envoie un Errata, qui est un peu grand. On pourrait faire un choix; mais Îles fautes, qui paraissent quasi pas considérables, le sont quelquefois beaucoup. Quant aux autres difficultés, elles sont marquées dans
1. Il s’agit du livre des Réflexions morales, qui ouvre l'ère du nouveau jansénisme, commencant avec Quesnel pour aboutir à la bulle Unigenilus et à l'appel, tandis que l’ancien, celui de Port-Royal et de Pascal, finit avec M. Arnauld. La première édition de l'ouvrage, très courte, avait été imprimée en 1671, avec l'approbation de M. Vialart, évêque de Châlons; la seconde, plus étendue, paraît en 1687, avec l'appui de plusieurs docteurs de Sorbonne, MM. Hideux, Blampignon, curé de Saint-Merri, Ellies Du Pin. L'édition complète ne paraitra qu'en 1695 et attirera au cardinal de Noailles et à Pasquier Quesnel de longues persécutions.
un autre papier. Îl y en a de conséquentes. J'en ai marqué trois, entre les autres, qui demandent des cartons. Vous jJugerez, Monsieur, avec Messieurs vos confrères, de ce qu'il sera à propos de faire du reste. Si on ne fait que trois cartons, l’Errata fera le quatrième.
Je vous demande, Monsieur, humblement pardon de toutes les peines que Je vous donne. Celui de mes amis qui aura l'honneur de vous présenter cette lettre vous soulagera volontiers de ce qu'il pourrait y avoir d’écritures à faire pour mettre les cartons en état. La trop bonne opinion que vous avez eue de moi vous à empêché de faire attention sur beaucoup d’autres endroits qui sont mal digérés et que je n'ai point bien revus, parce que la copie sur laquelle on a imprimé n’a point été entre mes mains. Mais vous êtes trop engagé à m'excuser de ces sortes de fautes, après m'avoir prévenu avec tant de bonté, tout inconnu que je vous étais. C’est par la confiance qu’elle me donne que Je vous supplie, Monsieur, de vouloir bien témoigner ma respectueuse reconnaissance aux personnes Due vous êtes associées pour l'approbation. Je n'ose pas prendre la liberté de le faire moi-même, et, puisque vous êtes le canal par où leur bienfait m'est venu, vous devez l'être aussi pour faire aller à ces messieurs ma gratitude.
Quesnel à M°*° de Fontpertuis
5 mars 1681.
J'envoie la liste des personnes à qui je crois devoir faire un présent du Saint-Paul', si toutelois nous
1. L'Abrégé de la morale sur Saint Paul (les Réflexions morales). Voici quelques noms de cette liste, que nous avons entre les mains : en veau doré sur tranche, pour M"° la duchesse d'Epernon ; en maro-
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arrivons jusque-là que d’être en peine d'en donner.
Vous réformerez cette liste comme vous jugerez à propos; vous ferez largesse à qui bon vous semblera. Vous êtes la maitresse partout où je suis le maître. Vous verrez ce qu'il en faudra donner à nos bonnes sœurs de la Viémur [Port-Royal].
Quesnel à M®° de Fontpertuis
19 mars 1687.
Je vous ai écrit deux fois, et la dernière était hier, pour vous engager à faire que M. Du Pin et les autres approbateurs obligent le libraire d'attendre quelques jours seulement à publier le livre, ou qu'il en suspende le débit Jusqu'à ce que je lui aie envoyé, comme je ferai dans deux jours environ, un Errata nécessaire et de quoi faire quelques cartons que Je ne crois pas devoir aller à plus de deux ou trois, mais qui sont nécessaires. Il ne faut qu'un mot pour donner prise à ceux qui cherchent occasion !. On ne saurait avoir trop de précaution; encore, avec tout cela, a-t-on sujet de craindre. Si donc, par malheur, mes lettres n’avaient pas été données, faites, je vous en prie, avertir M. Du Pin, qu'il ne perde pas de temps pour arrêter le débit.
Mille pardons de toutes ces peines. Il faut que je fasse bien fond sur votre charité et sur ce bon cœur, toujours prêt à agir pour vos amis, pour être si facile à en user comme Je fais.
quin du Levant, pour M. l'archevêque de Paris, pour M la marquise de Grammont, la duchesse de Lesdiguières, la marquise d'Humières, la marquise d'Huxelles, M"° de Dampierre, la première présidente, M. le duc de Roannez, M. Nicole, M. Boileau, etc. (Archives d'Amersfoort.)
1. On remarquera les scrupules de Quesnel, qui semble prévoir les investigations malveillantes dont son livré sera l’objet:
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Quesnel à M°° de Fontpertuis
11 juin 1687.
J'ai recu les mémoires de la distribution. J’admire mon frère d'effacer ceux qu'il sait bien qui n'ont toujours regardé comme un de leurs meilleurs amis, tel qu’est le P. du Juannet, pour mettre en leur place des gens que je n’ai jamais ni vus ni connus, comme M. Fouquet!, ou que je regarde comme des gens opposés à la vérité et à ses amis, tel qu'est ce P. Borde.
Je ne me suis point pressé de vous faire écrire la maladie de notre abbé | Arnauld|, et j'ai laissé à ceux qui vous en ont donné avis le soin de vous écrire qu'il ne lui reste que de la faiblesse dont il a sujet d'espérer que le temps et la bonne nourriture le délivreront. Il vieillit beaucoup, et on ne peut s'empêcher de trembler aux moindres attaques.
Quesnel à du Vaucel?
Novembre 1681.
Vous réparez si bien votre long silence, mon très cher frère, qu’il y aurait de l'injustice à s’en plaindre