‹ Un janséniste en exilChapitre 41 sur 146 · Le P. Fouquet, de l'Oratoire · texte numérisé non relu

Le P. Fouquet, de l'Oratoire

2. Nous avons déjà cité plusieurs extraits des lettres de M. Louis- Paul du Vaucel, mort en 1715. Voici le moment venu de retracer, en quelques lignes, la silhouette de ce grand ami du parti, qui, durant quinze ans, habita Rome, où il représentait, à titre oftficieux, les jansé-

nistes, C'était un ancien chanoine ét théologal d'Aleth, relégué en . Auvergne pendant quatre années, puis réfugié en Hollande, en 1681, près

d'Arnauld: 84 cerrespondatiüe originale et inédite, en douze où quinx8

maintenant, et l’efusion de votre cœur dont vous accompagnez votre justification répand tant de Joie et de consolation dans le mien que vous aurez beaucoup de revenant-bon quand nous éclaircirons nos comptes. J'aime à vous devoir, et je ne crains point de me ruiner avec vous quoique je ne demande point de crédit. Je vous, paierai toujours comptant et par avance, et, puisque vous ne demandez que de l'amitié, J'en ai un fonds que je ne crains point qui me manque.

Disons quelque chose de la république des lettres. Je n'ai point encore pu voir le mois d'octobre de M. Bayle. Il commence à me déplaire, car ses nouvelles dégénèrent en controverses, et il ne parle, la plupart du temps, que d'ouvrages peu considérables. Il y a quelques mois qu'il parla d’un livre de Préjugés!, qui n’est pas celui de M. Jurieu. Je l’ai vu; ce n’est pas grand'chose. De la manière dont M. Bayle parlait, il semblait attendre une réponse. Mais qui voudrait la faire ? Si pourtant il en avait paru une, à Paris, vous me feriez plaisir de me dire ce que c’est. Je doute que cela fût bien reçu de la Cour, qui n’aime pas ces sortes de contestations. Demandez-en des nouvelles à M. de B... [Nicole], et voyez ce qu'il en pense ; car il peut en être informé. Pour moi, si J'avais un ami qui en voulüt faire imprimer, je croirais être obligé de l’en détourner, au moins avant que d’avoir pris trois ou quatre mois pour examiner l'affaire.

Ce que vous me mandez du P. Malebranche m'a bien réjoui, car nous avons toujours été si bons amis que Je ne puis m'empêcher de prendre part au succès de ses ouvrages. C'est un bel esprit. Continuez, je vous

volumes, se trouve aux archives de l'Eglise vieille-catholique d'Utrecht. On y rencontre mille détails curieux sur toutes les affaires religieuses

du temps et sur les cardinaux romains. Malheureusement le style en est :

un peu monotone. Nous y ferons de fréquents emprunts. 1, Voir juillet 1686.

nm, ce * ot ns DE Sd de

ER > 4 2 nn dt de put

Ode à 2 retiens A at LE dr, à ele

be

… a bot. :

NL nt 2. Les 2. dan

née.”

Ne POP NET EN mipr

it dus

prie, à m'en apprendre les suites. J'ai trouvé ici de ses

anciens amis, qui prennent beaucoup de part, aussi bien que moi, à ses combats, quoiqu'il ait affaire à un antagoniste qui se démêle assez bien et qui lui donne à travailler. J'ai oui dire que la querelle en demeurera là, quoiqu'on m'ait assuré d’ailleurs que ce Père fait imprimer quelque chose à Rotterdam !.

On dit qu'on aura, au nouvel an, le Saint-Léon du

P. Maimbourg, ouvrage posthume qui ne lui aura pas

coûté beaucoup.

M. l'abbé Du Pin? fait donc bien parler de lui? S'il

eüt fait paraître ses dissertations un peu plus tôt, il

aurait pu prétendre à avoir place dans la promotion

qui s’est faite. Je le plains en une chose : c’est que,

comme on n'agit guère par principes sur ces sortes de choses, mais selon les intérêts des particuliers, la con-

Joncture des affaires et les inclinations de certaines personnes, 1l court risque d’avoir à dos de grandes puis-

sances, de n'avoir personne qui le protège comme il faut et de se trouver entre le marteau et l’enclume.

Jai un ami à Paris, qui a un ouvrage de cette

nature, il y a longtemps. Et cette même raison doit lui faire bien penser à ce qu'il y a à faire avant de limprimer.

J'ai lu le livret qui contient l’abrégé de l’Historre des

hérésies nées dans le dernier siècle, avec un sommaire

de leurs erreurs, réfutées en peu de paroles et d'une manière décisive. J’ai bien cru que cela serait de votre goût. [Il y a quelques exemplaires en chemin; mais Je crois que le roulier n’arrivera pas sitôt. Vous en pren-

drez, s’il vous plait, un pour vous.

Je vous défie de faire le voyage dont vous nous

menacez.

Page 1