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à l'ennemi du christianisme. En vérité, cette conduite n'est pas d’un saint, et moins encore d’un pape qu’on veut élever ou égaler à tous les plus saints de ses prédécesseurs.
Quesnel à du Vaucel, à Rome
9 septembre 1688.
J'ai été absent deux mercredis et deux vendredis, à raison d’un petit voyage que J'ai fait en France sans aller à Paris, mais seulement à deux journées. C'est ce qui a été cause, Monsieur, que je n'ai pas eu l’honneur de vous donner de mes nouvelles.
Ce qu'on oppose au cardinal Furstenberg, qu'il n’a point obtenu de bref pour pouvoir conserver ses bénéfices depuis sa promotion au cardinalat, est une méchante chicanerie qu'on lui fait. On se voulut servir de la même raison pour déposséder le cardinal de Retz de l’archevèché de Paris, ayant été fait cardinal depuis sa coadjutorerie; mais il a bien paru, par la suite, qu'on avait trouvé cette raison peu solide. Et, s’il était vrai qu'elle fût bonne, pourquoi le pape a-t-il laissé l’évèché de Strasbourg si longtemps vacant depuis la promotion du cardinal? Pourquoi n’'a-t-on pas pourvu à ses autres bénéfices? Quand on s'attache à de sifaibles fondements, on fait juger qu'on ne se sent pas trop bien appuyé d’ailleurs. Car c'est une méchante manière de raisonner et de se défendre que de mêler de mauvaises raisons parmi de bonnes, et, si la différence que le bref donné au prince Clément a mis entre lui et le cardinal suffit pour exclure ce dernier, il s’y faut tenir sans chercher à la soutenir par des preuves qui ne sont que des vétilleries.
Je n’ai point encore parlé avec M. David [Arnauld]
de la pensée qui pourrait venir à M. Alberti [Tourreu|! de se retirer en ce pays. I faudrait, avant toutes choses,
que les bruits de guerre fussent dissipés. On ne parle
que de cela maintenant, et toutes les troupes sont en + mouvement. J'en ai rencontré une partie dans mon » voyage, et tout le monde, ami et ennemi, plein de cette
nouvelle que la guerre va s’allumer.
Le roi s'était mis, il y a quelques années?, en possession du château de Dinant, qui appartient à l'Etat de Liège; depuis huit jours il s’est mis en possession de la ville, ayant fait déclarer aux habitants, par M. l’intendant de Maubeuge, qu'ils eussent à se regarder comme Français, à recevoir du gouverneur les ordres pour leurs échevins. Il y a apparence que la France se saisira de tout ce qui reste à Liège, entre Sambre et Meuse. C'est commencer à punir le chapitre de ce qu'il n'a pas élu le cardinal. Si le roi veut punir Cologne de même et s’en rendre maître, on ne peut douter de la guerre, car la ligue d’Augsbourg et toute l’Allemagne - sy opposera assurément. Le prince d'Orange brûle … d'envie de commencer la guerre. On parle de la paix …— entre l’empereur et le Turc pour le même sujet, et tout semble se disposer pour une rupture ouverte et générale.
On a délivré en France de nouvelles commissions pour lever du monde, et on y a fait grand nombre de lieutenants généraux, maréchaux de camp et brigadiers. Les gazettes disent que c’est le pape qui sera cause de cette guerre par le moyen de son bref au … prince Clément; qu'il est cause que la paix se fera avec —… «le Turc et qu'on lui donnera moyen de rétablir son — empire; que Sa Sainteté le voit bien maintenant et
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108 4. L'abbé de Tourreil de Grammont, qui fut plus tard agent du parti —. janséniste à Rome et retenu‘quatre ans dans les prisons de l’Inquisi- tion, de 1713 à 1716.