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UNE ATTAQUE D’INFANTERIE

Les bidons sont débouchés ; les quarts remplis et vidés; les boîtes de conserves ouvertes.

Quelqu’un demande:

— Quel jour?

Saigne répond: . 5

— Dimanche, 9 mai 1915!

Les capitaines, les lieutenants inspectent, au périscope, les lignes ennemies.

Le bombardement intense ne doit commencer qu’à cinq heures. A l’heure fixée, la fête com- 10 mence.

De minute en minute le tir s’accélère. Cependant on peut compter des silences entre les coups.

Les hommes voient parmi eux les majors et 15 l’aumônier. Leur présence les rassure. Aumônier et docteurs doivent monter à l’assaut avec les colonnes, abriter les blessés et suivre leurs unités.*

L’intensité du bombardement est bientôt 20 telle qu’il devient impossible de marquer un temps entre les coups de canon. Le bruit est celui d’un roulement de tambour.

Sur les champs s’étend un brouillard rouge qui voile le soleil. La lumière est celle d’une 25 éclipse. La craie des «Ouvrages blancs» semble plus blafarde.

Les hommes sont au parapet. Plus une pa-

rôle dans les tranchées. On ne pense plus qu’à une seule chose: attaquer brillamment. Plus de plaisanteries; plus de fanfaronnades. Le soldat ne parle plus quand il met sa baïonnette 5 au canon de son fusil. . . .

L’artillerie, après avoir détruit les fils de fer, allonge son tir. Les tranchées allemandes se réveillent alors. Sous les balles des fusils et des mitrailleuses, les crêtes des parapets volent 10 en éclats.

Répétant l’ordre du capitaine Junod, le caporal Saigne s’écrie:

— En avant, les enfants! Courage!

Il bondit hors de la tranchée. Ses hommes 15 le suivent.

L’attaque est commencée!

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