‹ Un jeune legionnaireChapitre 14 sur 43 · RAMENA UN PRISONNIER · texte numérisé non relu

RAMENA UN PRISONNIER

Après trois jours et trois nuits de combat, le régiment fut relevé. Il s’était couvert de gloire mais hélas! des quatre mille hommes qui le composaient, il n’en restait que sept cents.

Le général de brigade, le colonel, les quatre commandants, onze capitaines avaient été tués. Parmi les disparus se trouvait le caporal Saigne.

Était-il mort? Prisonnier? Avait-il été ramassé avec les blessés d’un autre corps? Aurait-on bientôt de ses nouvelles? Le verrait-on apparaître un matin, sain et sauf? C’était possible.

Pour la seconde fois Jean se sentit orphelin.

Durant les mois qui venaient de s’écouler, il n’était pas resté vingt-quatre heures sans songer à son père, à sa mère, à ses sœurs. . . .

Aujourd’hui c’était de deux familles qu’il avait à déplorer la perte.

Noiraud comprenait la tristesse de son petit maître et faisait son possible pour dominer la

sienne; mais Jean — il me La affirmé — voyait des larmes dans les yeux de son chien.

Un après-midi, Jean attacha au cou du griffon des bandes de pansement, des fioles de teinture 5 d’iode et d’alcool, lui serra autour du corps son tablier blanc, orné de la croix rouge, et descendit sur le champ de bataille avec les brancardiers et les territoriaux qui ramassaient les morts.

10 II voulait se rendre utile et espérait accomplir aussi une action louable.

Il se dirigea vers les lignes allemandes conquises que des équipes de travailleurs réparaient, car on s’attendait à une violente contre-attaque 15 de l’ennemi.

Jean et Noiraud s’égarèrent dans une zone où les brancardiers n’avaient pas encore pu pénétrer.

Il y avait là une section entière tuée, fusil en 20 main, comme si elle attendait l’ordre de bondir en avant.

Jean regarde de tous ses yeux: il voit les villages voisins en ruines et des meules de paille respectées par le feu. . . .

25 Brusquement tout disparut dans l’ombre et le bruit. Un gros obus venait d’éclater près de Jean; l’enfant et le chien étaient tombés assommés !

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