‹ Un jeune legionnaireChapitre 17 sur 43 · QUI RACONTE DES JOURS SOMBRES ET UN JOUR DE GRANDE JOIE · texte numérisé non relu

QUI RACONTE DES JOURS SOMBRES ET UN JOUR DE GRANDE JOIE

Le lendemain le caporal Saigne était dirigé vers un hôpital de l’intérieur.

Sa blessure ne mettait pas ses jours en danger mais ne lui permettrait plus certainement de reprendre du service. 5

En quittant le régiment, il promit à Jean de lui écrire chaque semaine; Jean, à son tour, promit qu’il répondrait.

Puis l’enfant s’assit au bord de la route, regarda s’éloigner la voiture d’ambulance et 10 quand elle eut disparu, il se mit à pleurer. . . .

Les jours sombres commencèrent pour lui.

Tous ses amis, soldats et chefs, étaient morts ou blessés.

Certes, les survivants, les «nouveaux», en- 15 voyés par les dépôts pour combler les vides, étaient bons pour lui, mais ce n’était plus comme auparavant !

A chaque attaque la renommée du régiment grandissait, mais les pertes étaient telles que 20 les bataillons se reformaient sans cesse, et Jean ne voyait dans leurs rangs que des visages nouveaux.

Comme il n’avait pas de famille, il n’allait jamais en permission. Des officiers, des hommes lui offraient souvent une place à leur foyer, mais Jean refusait. Ce qu’il avait de plus 5 cher au monde, avec son chien, c’était son régiment.

Jean n’était cependant pas sans amis. Un légionnaire américain s’était intéressé à lui. Il s’appelait Alan Seeger. C’était un noble 10 cœur et un vrai poète. Il avait su parler à Jean, gagner sa confiance et lui remonter le moral.

Malheureusement Alan Seeger fut tué, lui aussi. Les Alliés honorent en ce vaillant garçon 15 un des premiers fantassins américains qui ont versé leur sang sur cette terre de France où devaient tomber, peu après, un si grand nombre de leurs compatriotes.

Jean aurait voulu être plus âgé afin de pren- 20 dre, lui aussi, un fusil, une baïonnette et de monter à l’attaque avec ses camarades, mais il était affaibli par les fatigues de la guerre.

Saigne lui écrivait régulièrement. Il avait été décoré de la croix de guerre et de la médaille 25 militaire, car chacun avait remarqué avec quel entrain et quel courage il avait entraîné

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