‹ Un jeune legionnaireChapitre 4 sur 43 · LA VIE AUX TRANCHÉES— DANGER- TRISTESSES— FÊTES DE NOËL · texte numérisé non relu

LA VIE AUX TRANCHÉES— DANGER- TRISTESSES— FÊTES DE NOËL

Les quatre bataillons du régiment se réunirent en Champagne. Une vie rude attendait les volontaires. Il fallait en effet, sous le feu des forts environnants, organiser la défense de Reims, la ville sacrée bombardée systématiquement depuis le 5 septembre 1914.

Le secteur était vaste. Un bataillon restait trois semaines dans les tranchées et avait droit ensuite à une semaine de repos absolu.

Mais quelle existence que celle des tranchées ! Après la soupe du soir, l’arme à la bretelle, les outils sur l’épaule, on part dans un véritable labyrinthe. Il est défendu de parler et de fumer. La boue monte jusqu’aux genoux. Enfin on arrive en terrain découvert.

On commence par réparer les dégâts causés aux tranchées par l’artillerie ennemie. Puis on creuse de nouvelles tranchées, de nouveaux boyaux ... et de nouveaux abris à cinq mètres sous terre: une nouvelle ligne qui se prépare. . . . Parfois une fusée éclate dans le

ciel: tout le monde se jette à plat ventre. Et une volée de balles passe par-dessus.

Au commencement, on hésitait avant de se jeter à plat ventre dans la boue. Maintenant 5 on n'hésite plus. Il suffit de comprendre qu’il arrive un moment où il est impossible de devenir plus sale. Cette constatation faite, on réduit de 99 pour 100 les chances d’être blessé. . . .

Voici les patrouilleurs; ils ont rempli leur îo mission: planté un drapeau français à la place du drapeau allemand qui flottait entre les lignes. Demain, les Allemands essayeront d’enlever le drapeau tricolore. On les attendra dans un trou d’obus ou derrière un tas de 15 gerbes. La patrouille sera intéressante. D’ailleurs les patrouilles sont toujours intéressantes. . . .

A quatre heures du matin, il faut recouvrir de terre noire la ligne blanche de la craie retournée. 20 Vers six heures, retour, café, repos. . . .

Et l’artillerie reprend son travail quotidien. Les Allemands bombardent successivement les tranchées, les fermes, les bois, les villages et les routes. Dès les premières salves, les hom- 25 mes lâchent leurs outils et regardent éclater les obus. Les canons français ripostent, et cela continue ainsi jusqu’à la tombée de la nuit.

Pas d’autre diversion que le transport de

Dans les ruines du village Purnoy (près de Reims en Champagne). M. Erlande est assis à droite

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