SCÈNE TROISIÈME
La nuit est tombée. C'est après souper. Ils sont tous dans la vieille cuisine. Tamis aux murs, lard au plafond, vieille horloge, cheminée immense et noire, vieilles et grandes tables. Une chandelle en résine et une chandelle en suif pour éclairer.
La mère et la fiancée ficellent des pots de confiture.
L'âme du poète à côté du poète qui est debout près de son père debout aussi et qui vient d'entrer.
Le poète parle à la vieille servante.
LE POÈTE Leur a-t-on donné congé trois mois à l'avance?
LE PÈRE De quoi s'agit-il ?
LE POÈTE
De la maison de la servante. .
On la lui a fait acheter pour placer son argent, mais on ne lui paye pas le loyer depuis deux ans. Elle dit qu'il faudrait qu'ils foutissent le camp.
LA FIANCÉE
Ils sont pauvres.
LE POÈTE
La mère a une tumeur à la hanche,
L'AME DU POÈTE
Le lit et le cercueil des pauvres sont des planches.
LE POÈTE (impatienté à la servante.)
Voyons, que veux-tu faire ? Veux-tu les faire saisir ?