‹ Un jourChapitre 7 sur 10 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

Deux chambres à côté l'une de l'autre. Le poète est dans l'une, sa fiancée est dans l'autre. x

La fiancée va se coucher. Ses bras sont nus. Elle se coiffe devant une glace puis s'agenouille et prie.

Le poète va se coucher; Il finit sa pipe à sa fenêtre ouverte sur la nuit qui est calme comme Dieu.

Dans la profondeur bleue, pareilles à des éclats de givre et à des calices de lys blancs, les étoiles larmoient.

Il y a un grand silence.

Tout à coup des sonnailles de vaches. Elles chantent comme des sources et des sourires, se rapprochent, passent, s'éloignent.

Le poète ferme sa fenêtre.

Des cloches

LE POÈTE

(Il pose sa pipe. Puis il s'agenouille, pose son front dans sa main droite. On les voit prier, sa fiancée et lui, chacun dans sa chambre, silencieux dans le silence immense.)

Avril 1895.

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