‹ Un journal inédit du Parlement de Paris pendant la FrondeChapitre 12 sur 64 · Journal de Jean Vallier, t. III, p · texte numérisé non relu

Journal de Jean Vallier, t. III, p

mond, celle du fameux Coulon, au Mesnil- Cornue!, n'avait pas été épargné par les secondes'. Il y avait là de quoi donner à réfléchir. Le -13 juin -1652, un long cortège de plus de 200 notables parisiens défilait au Luxembourg pour porter plainte contre les pillages sans nom dont leurs biens avaient été de la sorte victimes : dans ce cortège figuraient de nombreux conseillers du Parlement 2. Ajoutez à cela la question des gages et des rentes, toujours impayés : et voilà deux causes, — et très fortes, — de l'assagissement parlementaire.

Aucune relation du temps n'atteint à l'exactitude scrupuleuse du présent /oMrna/; Pauteur, on lèsent, n'a qu'un souci : rapporter tout ce qu'il a vu et entendu, saisir tous les mouvements des séances, noter la moindre interruption. S'il ne se souvient pas du nom d'un conseiller, auteur de telle opinion, il le laisse en blanc ; s'il n'est pas d'accord avec un orateur se référant à un avis antérieurement présenté, il le dit ; si le président Novion rappelle des paroles dites par le duc d'Orléans, il ajoute : « Nota qu'il ne m'est souvenu que Monsieur ait dit ces mots. » Ce Journal n'a aucune prétention littéraire ; il ne vise qu'à l'exactitude. De la masse de renseignements nouveaux qui y fourmillent^ un écrivain de talent, comme Retz ou La Rochefoucauld, eût tiré de saisissants tableaux de la vie et des mœurs parlementaires. Traits curieux, mots piquants, abondent sans y paraître ; nous avons essayé d'en mettre certains en valeur; l'ensemble reste terne et la lecture, par endroits, paraîtra fastidieuse ; mais n'était-ce pas le propre de ces interminables séances parlementaires d'être, suivant le mot de Retz déjà cité, a ennuyeuses et insupportables » ? Or nous avons ici, si l'on nous permet de risquer un mot moderne, comme une exacte sténographie, rien de plus. C'est beaucoup pour l'historien, car un tel document est rare ; l'on conviendra bien que ni les copies et extraits des registres du Conseil secret qui subsistent, ni ces registres originaux eux-mêmes, s'ils n'avaient pas été détruits, ne peuvent ou n'auraient pu lui être égalés.

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