Dubuisson-Aubenay, t. II, p
Mémoire de ce qui s'est passé au Parlement de Paris en Vannée 1651 sur le sujet de la retraite de Monsieur le Prince et du cardinal Mazarin.
Depuis le 15 septembre jusques au 28 novembre 1651, il s'est passé plusieurs choses au Parlement sur le sujet de la retraite de Monsieur le Prince de la cour' et la déclaration du Roi contre lui du 8 octobre^, de laquelle M. le duc d'Orléans a éloigné la vérification autant qu'il lui a été possible, afin que les affaires en demeurassent d'autant plus susceptibles de l'accommodement pour lequel il avoit accepté la médiation que le Roi lui avoit fait l'honneur de lui offrir : jusque là que le samedi, premier décembre 1651 3, il fit un dernier effort pour obtenir encore une surséance à la vérification de cette déclaration. Et sur ce que M. le premier président'' lui fut contraire et remontra l'obligation que la compagnie avoit de ne paroitre pas la dernière à faire son devoir en cette occasion, en laquelle le Roi étoit si bien secondé de la noblesse et de toutes les autres communautés de son royaume, M. le duc d'Orléans lui dit avec aigreur que l'on ne pressoit point cette déclaration par un zèle de justice, mais pour des intérêts particuliers, que chacun connaissoit assez que c'étoit des gens qui se vouloient faire valoir en cour : ce qu'ayant répété par deux fois, M. le premier lui repartit qu'il ne répondoit que pour lui même : « Je ne parle que de moi », et assuroit qu'il n'avoit
1. Le prince de Condé avait quitté la cour le 5 septembre 1651, deux jours avant la majorité du roi, pour se rendre en Normandie, d'où il avait ensuite gagné Bourges et Bordeaux.
2. Cette déclaration, datée de Bourges, 8 octobre, déclarait criminels de lèse-majesté les princes de Condé et de Conli, la duchesse de Longueville, les ducs de Nemours et de la Rochefoucauld et tous leurs adhérents si, dans un mois, ils ne rentraient dans le devoir. Elle fut imprimée à part et on en trouvera le texte dans le Journal du Parlement, p. 138- 139 ; elle n'avait été envoyée au Parlement pour être enregistrée que le 14 novembre {Mémoires d'Orner Talon, dans la collection Michaud et Poujoulat, p. 448).