‹ Un journal inédit du Parlement de Paris pendant la FrondeChapitre 14 sur 64 · Le 1" décembre tomba un vendredi et non un samedi · texte numérisé non relu

Le 1" décembre tomba un vendredi et non un samedi

4. Mathieu Mole; il était en même temps garde des sceaux depuis le commencement de septembre.

aucuns intérêts particuliers*. Puis, ayant fait lire la déclaration jusques à dix heures, la Cour s'est levée.

Il est à remarquer que, ce même jour, quelqu'un de la compagnie en fortifiant ce que M. le duc d'Orléans avoit parlé du retour du cardinal Mazarin^, M. Le Boultz, des Requêtes^, a élevé sa voix et condamné cette pensée comme une chimère dont on se vouloit servir pour émouvoir les esprits ; et à ce sujet, ayant dit que le Cardinal étoit le « moine hourru », toute la compagnie s'est prise à rire et le sobriquet lui en est demeuré.

Ce jourd'hui, 2 décembre 1651, toutes les Chambres assemblées, où étoient MM. les ducs d'Orléans, le duc de Beaufort^ et maréchal de l'Hospital^, M. le premier président a voulu commencer la délibération sur la déclaration contre Monsieur le Prince : à quoi M. le duc d'Orléans ayant résisté et demandé la lecture des registres de 1615 et 1635 et 1620 ^ contre la feu Reine mère et MM. les princes de Gondé et de Soissons, M. le premier président lui a fait encore résistance et remontré le commandement exprès du Roi de procéder à la vérification de ladite déclaration, toutes affaires des particuliers cessantes ; mais cette objection n'a pas été bien reçue, et, dans la résistance laquelle'^ lui a été faite, M. le premier président ayant, avec son geste et façon de parler

1. Cet incident entre le duc d'Orléans et Mole n'est rapporté nulle part ailleurs ; Talon dit même que le duc d'Orléans s'étant emporté « en plusieurs discours généraux de plaintes, et peut-être aussi avec trop de bassesse pour sa condition, M. le premier président adoucit son esprit tout autant qu'il put » [Mémoires, p. 451).

2. Mazarin était en exil depuis la fin de février 1651. — Ce « quelqu'un de la compagnie », dont il est ici question, est nommé par Dubuisson-Aubenay, Journal des guerres civiles, éd. Saige, t. II, p. 135; c'était le conseiller Coulon.

3. Noël Le Boultz, seigneur de Chaumot, conseiller à la cinquième chambre des Enquêtes depuis le 4 juin 1632. Voyez, sur ce bon mot, ce que dit Jean Vallier, Journal, éd. de la Société de l'histoire de France, t. III (1916), p. 76-77. — Le moine bourru était un fantôme imaginaire dont on faisait peur aux petits enfants.

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