Yonne, arr. de Sens et à douze kilomètres de cette ville
5. Sur l'arrivée d'Hocquincourt devant Pont-sur-Yonne le 9 au matin, la résistance de Morangès, l'intervention des habitants, l'attaque et la remise de la ville au maréchal, voir le récit très circonstancié de M. Roy {op. cit., p. 13-17). Morangès quitta Pont avec ses troupes le 10, à sept heures du matin. M. Roy a utilisé une relation contemporaine, qui se
qu'il avoit parlé à M. Bitault, dont il avoit vu le manteau percé de plusieurs coups de mousqueton', et qu'il lui avoit été dit par l'un des gens du Cardinal que M. du Coudray-Geniers avoit été tué avec quelques uns de ses domestiques 2.
Après cette relation, quelques-uns y désirant délibérer, M. le duc d'Orléans a remontré que l'ali'aire de Monsieur le Prince pressoit et ne pouvoit pas davantage être éloignée, demandant que l'on y délibérât conjointement, après avoir entendu son gentilhomme 3. Sur quoi M. Le Bailleul ayant fait quelque difficulté à l'entendre, attendu la déclaration du 8 octobre ■*, il a passé d'une voix, conformément aux conclusions, à entendre ce gentilhomme, attendu que la date de la lettre des gens du Roi étoit dans le moment porté par la déclaration. Et avant que le faire entrer, Monsieur a dit que le Cardinal étoit roi, qu'il faisoit ce qu'il vouloit et étoit prêt de donner toutes choses pour son établissement, qu'il « rendroit le Roi misérable et en feroit un roi de Bourges, « ainsi que Charles Vil », si lui, duc d'Orléans, et Monsieur le Prince, qui y avoient le principal intérêt, ne s'y opposoient. Il finissoit ces paroles, lorsque le courrier ou gentilhomme de Monsieur le Prince est entré, lequel, ayant pris place au bureau^,
trouve en triple exemplaire aux archives des Aiiaires étrangères, à celles de la Guerre et dans la collection Dupuy, à la Bibliothèque nationale.
1. Bitault, ayant eu son cheval tué sous lui, avait roulé à terre ; fait prisonnier par les cavaliers du régiment de Broglie, il avait été conduit à Pont-sur- Yonne et rerais le 9, à 11 heures du soir, à d'Hocquincourt ; Morangés dut le voir à ce moment-là.
2. 11 n'en était rien : Geniers, connaissant admirablement le pays, où il venait souvent voir M"" de Champigny, sa parente (Roy, op. cit., p. 9, note 1), s'était réfugié à Sens, indemne. Le bruit de sa mort se retrouve dans les Rapports politiques hollandais de l'ambassadeur Boreel, op. cit., p. 157.
3. Ce gentilhomme est appelé de Sales par Talon (p. 460) et le chevalier de Sévigné (p. 37), de Salzest [sic] par le Journal du Parlement (p. 166), de la Sale par Guy Joly (Mémoires, éd. Michaud et Poujoulat, p. 67) et par Vallier (ms. fr. 10275, p. 568). Les « lettre, requête et créance » de Condé, dont il était porteur, et qui étaient datées du camp de Brisambourg et du 4 janvier, l'appellent « de Salles » ; elles sont publiées dans le Joxirnal du Parlement (p. 166-168) et furent imprimées à part par Vivenay, imprimeur de l'hôtel de Condé (Bibl. nat., Lb^^ 2107). M. Roy [op. cit., p. 24, note) a reproduit la lettre de Condé.