Charles IV, duc de Lorraine, beau-frère du duc d'Orléans
3. Claude Lamoral, prince de Ligne ; d'après la lettre écrite à Dubuisson-Aubenay (t. II, p. 170, note), citée plus haut, il était entré en Boulonnais avec ses troupes pour faire une diversion et occuper celles du maréchal d'Aumont qui commandait pour le roi dans cette région. Cf. aussi les Rapports politiques de l'ambassadeur hollandais [op. cit., p. 149) : « Il est certain que le prince de Ligne est entré dans le Boulonnais avec 4,000 hommes de l'archiduc pour faire diversion. »
114 JOURNAL DU PARLElVrENT DE PARIS
dire et, s'étant retirés, ils ont été un peu après appelés pour entendre le prévôt des marchands et échevins, lequel a fait sa plainte du manque de paiement des rentes sur les aides par la faute des adjudicataires des aides, dont il a rapporté les offres et demandé qu'ils soient obligés de payer incessamment le courant et qu'il soit fait une assemblée de ville pour aviser au paiement du passé : sur quoi a été arrêté que les fermiers des aides seroient demain entendus chez M. Le Bailleul et lundi les Chambres assemblées, et, cependant, qu'ils paieroient le total du courant à l'Hôtel de ville.
Ce jourd'hui, 26* février 1652', toutes les Chambres assemblées, les gens du Roi ont présenté les prévôt des marchands et échevins, lesquels ont fait récit de ce qui s'étoit passé dans leur conférence chez M. Le Bailleul avec les fermiers^, et les offres qu'ils faisoient de satisfaire au courant en leur donnant main-levée de l'arrêt du 8 janvier, et de satisfaire au passé en payant 3,000 livres par semaine jusqu'à l'actuel paiement, à commencer du mois de juin prochain : sur quoi ForcoaP, Marsillac-* et autres fermiers étant entrés, ils se sont plaints des grandes et rigoureuses poursuites que l'on exerçoit contre eux et fait voir le mauvais état de leur ferme à cause de la guerre civile; et, eux retirés, les gens du Roi ont demandé qu'ils fussent obligés à la continuation du paiement total du courant et ne statuer rien sur leurs offres de payer 3,000 livres au mois de juin, parce que pour lors, selon la qualité du temps, l'on entreroit en conférence avec eux pour le paiement du passé; et, cependant, arrêter que le Roi seroit supplié de faire séparation honorum et d'assigner ce qui lui revient bon des aides sur une généralité et la partie des rentes sur les autres. Ces conclusions ont été suivies dans leur première partie; mais, pour la dernière, elles ont été jugées préjudiciables aux rentes, dont le
1. Sur cette séance, cf. Journal du Parlement, p. 206-207, et ms. fr. 25026, fol. 36 r°. Le duc d'Orléans était parti pour y assister, mais quand il apprit qu'on n'y délibérait que sur les rentes, il s'en retourna.
2. Il n'y a pas trace de cette conférence dans les minutes du bureau de la ville, mais on y trouve le compte-rendu d'une réunion tenue le 20 février au sujet des rentes (Arch. nat., H 1905 1).
3. Ce Forcoal, d'après le Catalogue des partisans (Moreau, Recueil de mazarinades, t. I, p. 131-132), n'était qu'un ancien laquais, devenu rat de cave, puis, à force de « friponneries et de voleries », arrivé à la ferme générale des aides, ainsi qu'à une place de greffier du Conseil.
4. Oger de Marsillac, fermier général des aides depuis 1641, en même temps que Forcoal {ibid.). C'était un « vieil avaricieux », dit Tallemant (t. VI, p. 114).
privilège d'être payées par préférence à la partie de l'Epargne s'évanouiroit si le Roi les assignoit nommément sur quelques généralités. On y a encore ajouté, de l'avis de M. Benoise^, que les arrêts du Conseil seroient mis entre les mains du procureur général pour être ordonné ce que de raison, par lesquels on avoit distrait une partie des aides pour le paiement des rentes de quelques particuliers, entre lesquels l'on a cru quelques présidents de la Cour intéressés 2.
Ce jourd'hui, 27 février 1652 3, toutes les Chambres assemblées, les gens du Roi ont dit qu'ils avoient lettres de la part du Roi* à présent et à la compagnie, et ont demandé que M. le duc d'Orléans soit invité d'en entendre la lecture; sur quoi ces lettres leur ayant été demandées et lues, elles ont été trouvées au-dessous de la majesté royale. Leur substance étoit que le Roi, ayant été averti de la fidélité de cette compagnie à son service, laquelle s'augmentoil à proportion des artifices dont l'on se servoit pour lui couvrir l'entrée des Espagnols en France, où ils étoient amenés par une suite de la rébellion du prince de Condé et autres unis avec lui contre son service, il l'avoit voulu avertir que, encore que ces troupes sous la conduite du duc de Nemours ne soient Espagnols naturels, néanmoins qu'elles étoient troupes du Roi d'Espagne et avec lesquelles il avoit coutume de faire la guerre en France, et non pas de celles du duc de Neubourg^ ou autres pareilles à celles lesquelles avoient été depuis peu amenées par ses ordres, qui étoient à présent à son service, se plaignant de M. le duc d'Orléans et des troupes commandées sous son nom, lesquelles, s'étant séparées de son service, dévoient bientôt joindre le duc de Nemours : à quoi ne pouvant apporter d'obstacles par la rébellion du duc de Roban, S. M. voyoit avec regret la ruine de ses pauvres sujets, causée par ces armées des ducs de Beaufort et Nemours : de quoi il vouloit qu'il fût informé par la compagnie, pour procès leur être fait et parfait. Ces lettres étoient fort avantageuses à la compagnie et faisoient voir par
1. Charles Benoise, conseiller clerc depuis le 31 juillet 1626; il siégeait à la Grand'Chambre.