Ce soupçon a déjà été exprimé plus haut, p
3. Sur cette séance, cf. Journal du Parlement, p. 207; Talon, p. 467; VaUier, t. III, p. 162.
4. Cette lettre de cachet, datée de Saumur, 22 février, fut imprimée (Paris, par les imprimeurs ordinaires du roi, 1652, in-4°; Bibl. nat., Lb" 2251). Elle est reproduite dans le Journal du Parlement, p. 213-217.
5. Wolfgang-Guillaume, duc de Neubourg, né le 25 octobre 1578, mort le 20 mars 1653.
leur style que la plume qui les avoit dictées étoit fort tremblante. Après cette lecture, la délibération commencée pour savoir si l'on inviteroit M. le duc d'Orléans de venir demain, il a été arrêté qu'il seroit invité d'y venir pour aviser à ce que l'on auroit à faire sur ces lettres^. Il y avoit beaucoup d'avis à attendre sa commodité, la compagnie s'expliquant assez qu'elle diffèreroit ou cesseroit tout à fait cette délibération s'il le désiroit; mais il a été remontré par le président Le Coigneux que la compagnie n'avoit coutume de remettre ses délibérations à la commodité de qui que ce soit, et qu'il suffisoit d'arrêter m wen/e que l'on attendroit la commodité de M. le duc d'Orléans s'il le désiroit.
Ce jourd'hui, 28 février 16522, toutes les Chambres assemblées, où étoient M. le duc d'Orléans 3, le duc de Brissac, les maréchaux d'Estampes et de l'Hospital et le Coadjuteur, M. Bitault a remercié la compagnie de la protection qu'elle lui avoit donnée et l'a assurée de la continuation de son zèle pour l'exécution de tous les ordres qu'il lui plairoit lui confier'» : à quoi M. Le Bailleul a reparti par une congratulation de son retour et satisfaction que la compagnie en recevoit. Puis, les gens du Roi entrés et eux présents, M. Le Bailleul ayant parlé de la lettre de cachet ouverte le jour précédent, M. le duc d'Orléans a dit que, après la déclaration qu'il avoit faite dans la compagnie, il n'avoit pas cru que l'on délibérât sur la lettre de cachet ci-devant envoyée, et qu'il n'étoit venu sur ce sujet, mais sur celui du paiement des rentes et les plaintes que les adjudicataires des gabelles lui avoient faites ; néanmoins que, après avoir eu lecture de la lettre de cachet, il y répondroit : ce qu'ayant été fait, il a dit que cette lettre n'étoit en rien dissemblable de la précédente qu'en ce qu'elle étoit un peu plus étendue, et ne savoit par quel esprit l'on avoit pu répondre le samedi aux choses qu'il
1. On députa au duc d'Orléans les conseillers Doujat et Ménardeau, mais il leur répondit « qu'il n'étoit pas à propos de délibérer là-dessus, que c'étoit des inventions pour amuser les esprits, qu'il savoit fort bien ce qu'il faisoit, et qu'il ne faisoit marcher ces deux princes [Nemours et Beaufort] avec leurs troupes que pour faire ce que le Parlement l'avoit prié de faire pour l'expulsion du cardinal Mazarin » (ms. fr. 25026, fol. 36 r°). Cf. aussi ce que dit Talon, p. 467-468.
2. Sur cette séance, cf. Journal du Parlement, p. 207-213, et Talon, p. 468.
3. On a vu que le duc d'Orléans avait d'abord refusé de s'y rendre; mais le soir du 27, fort tard, ses amis, dit Talon, l'avaient obligé à changer d'avis.