Introduction au Joxirnal d'Olivier d'Onnesson, p. xc
2. Les fautes d'impression sont nombreuses dans cet ouvrage et les noms propres de personnes souvent défigurés.
3. Il était dans l'intention des libraires Alliot et Langlois de poursuivre la publication du Journal du Parlement au-delà de la date du 22 octobre 1652 : l'exemplaire du dernier volume, s'arrétant à cette date, que possède la Bibliothèque nationale (Lb^'' 11), contient, à la page 264, le titre suivant : Relation contenant la suite et conclusion du journal de tout ce qui s'est passé au Parlement depuis Pâques 1652 jusqu'en janvier 1653 (Paris, G. Alliot et J. Langlois, 1653), mais rien de plus; le volume annoncé manque et n'a jamais dû paraître : la Fronde parlementaire était finie, la curiosité des Parisiens satisfaite.
d'esprit vif et amusant, comme le pamphlétaire Carpentier de Marigny^, ou mêlés aux événements, comme le chevalier de Sévigné', nous ont conservé plus d'un détail piquant des mœurs parlementaires. Et c'est peut-être ici le lieu de signaler, pour le tour épistolaire qu'elle prend parfois, une source encore toute fraîche, où il ne semble pas que l'on ait guère songé jusqu''ici à puiser^, bien que la chronique du Parlement pendant la Fronde ait de quoi s'y alimenter abondamment : il existe, manuscrits, des recueils de nouvelles, — prototype de ces nouvelles à la main qui se mettront à courir de toutes parts dans l'époque qui va suivre et au xviii® siècle, — qui nous renseignent sur les détails de l'histoire parisienne et provinciale avec une générosité presque surabondante. Il dut y avoir quelque part, à Paris, un, peut-être plusieurs, de ces bureaux dont Renaudot avait eu l'initiative et qui auraient surpassé le sien s'ils eussent trouvé un Mécène pour leur donner la vogue, où affluaient d'un peu partout, des diverses provinces, des armées, des pays circonvoisins, les nouvelles de toute sorte; l'on y recueillait aussi la mention des événements de la capitale; puis, tous les trois, quatre, cinq, six ou huit jours, on en rédigeait une chronique et ce a journal » manuscrit, qui a parfois la forme de lettres, passait, — feuille volante, — de main en main, sans jamais être imprimé. Nous ne l'avons sans doute pas au complet; voici du moins, à notre connaissance, ce qui en reste : le manuscrit français 25025 de la Bibliothèque nationale donne la suite ininterrompue de ces nouvelles du 25 décembre ^648 au 3\ décembre iGbi\ et le manuscrit 25026, qui en est la continua-
1. Les Lettres de Marigny à Lenet durant la Fronde ont été publiées en 1855 et rééditées, avec adjonctions, dans le Cabinet historique, t. I à IX. Cousin a en outre publié quatre autres lettres de 1652 en appendice à son volume sur A/"" de Longueville pendant la Fronde.
2. La Correspondance du chevalier de Sévigné et de Christiiie de France, duchesse de Savoie a été publiée en 1911 par MM. Lemoine et F. Saulnier pour la Société de l'histoire de France.
3. M. de Cosnac, dans ses Souvenirs du règne de Louis XIV, y a fait de bien rares emprunts; dans notre édition de Jean Vallier, nous y avons très souvent recours. Chéruel a ignoré ces recueils si importants, dont une édition complète serait grandement souhaitable.
4. 530 feuillets. — Il faut se souvenir que le Journal d'Olivier d'Ormesson présente une lacune du 10 avril au 11 décembre 1649 et que de
tion, va du 5 Janvier 1 652 au 26 août -1 653 * ; le manuscrit 2240 de la bibliothèque Mazarine renferme des notes du même genre, s'espaçant entre le -15 octobre ■1649 et le M mars 1651 ^; enfin, le manuscrit 5844 du fonds français de la Bibliothèque nationale nous promène (avec quelques lacunes) du 5 avril •1652 au Si juillet •16553. Qgg recueils, beaucoup plus complets et aussi précis que le Journal de Dubuisson-Aubenay, — seule œuvre historique connue à laquelle on puisse les comparer, — sont une mine presque inépuisable; pour l'histoire des séances parlementaires, on y peut, sans crainte de déception, recourir : que de détails, que de petits faits, souvent très suggestifs, y sont notés, avec une rare fraîcheur d'impression, dont on chercherait vainement la trace autre part "* !
Cette trace, à vrai dire, on l'eût relevée dans l'œuvre d'un membre même du Parlement, s'il s'en était trouvé qui eût eu l'idée, tout au long de ces années troubles, de tenir quotidiennement un journal ou même d'écrire, après coup, sur des notes prises, des Mémoires. Mais, chose singulière, parmi tous ces magistrats qui savaient parler, ou du moins qui parlaient beaucoup, il ne paraît pas, — mis à part Talon et Ormesson, — qu'il se soit rencontré un écrivain. On eût aimé qu'un érudit comme Pierre Pithou, un prodigieux savant tel que Jérôme Bignon, — mais ce dernier était âgé et se désintéressait assez de la vie parlementaire, — eussent pris la plume pour nous conter, au jour le jour, la chronique du Palais; mais, peutêtre médiocres observateurs, n'auraient-ils été qu'ennuyeux. A défaut d'une œuvre d'ensemble parachevée, signalons du moins
celui de Dubuisson-Aubenay il ne reste rien pour avril, mai, juillet 1649, presque rien pour juin, août, octobre, novembre et décembre.