‹ Un laboratoire dramaturgiqueChapitre 107 sur 112 · Jules Janin, op. cit · texte numérisé non relu

Jules Janin, op. cit

bohème, ami de Ruy-Blas et sa doublure malgré lui, y reparaît, suivi du fidèle (loulatromba, parmi des avatars uièmorables '. — Sur ces entrefaites, l'âme épique et synthétique des vieux aèdes se réveille chez le poète. Il s'eflbrcc de lui donner une voix dans Les Burgraves. Incompris, il ne revient pas au drame historique, dans lequel il sent qu'il a donné sa mesure. Le « Témoin de sa vie » s'est trompé, sciemment ou non, sur les véritables mobiles de cette retraite volontaire : « 11 avait moins besoin du théâtre : il allait avoir la tribune ». — Phrase à panache, recouvrant une idée fausse! Si Victor Hugo renonça à faire jouer ses pièces, c'est que l'art dramatique, tel qu'il l'avait jusqu'alors entendu, cessa tout à coup de le satisfaire. L'inspiration épique et le sentiment lyrique l'envahissent désormais tout entier. Or, un théâtre étayé sur de tels fondements déroutait par trop les habitudes du public. Il était condamné d'avance. Il ne pouvait guère être qu'un théâtre en liberté, que le spectateur dédaignera, mais dont le lecteur, commodément installé dans son fauteuil, se jouera des fragments à lui-même sur la scène de sa fantaisie, sur « ce théâtre idéal que tout homme a dans l'esprit -. »

1. S'il songe à remettre ainsi sur la scène des personnages de création ancienne, Hugo, nous l'avons vu, ne dédaigne pas non plus de reprendre en ses cartons plusieurs vers de ses pièces antérieures, qu'il avait sacrifiés à la revision. Il logera, par exemple, dans Les Burr/vnves, le morceau sur le serment qu'il a retranché du V° acte iVUernani, et. dans la scène de Le Roi s'amuse, oii François 1" lutine Maguelonne, le compliment sur la fjelle main que Saverny adressait à Marion.

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