Il raillait le conseiller
4. Ce vers, adressé à un homme qui porte un singe, fut repris pour l'acte II.
(Au verso, la liste des scènes a été récrite d'après
un plan nouveau :)
Marion, LafTemas. — Les ouvriers. — Didier, Saverny. — Didier, Saverny, un Conseiller. — Didier, Saverny. — M., Marion, LafTemas. — Didier, Saverny, Marion. — Didier. Saverny, Marion, greffier, le peuple. — Marion. le peuple. — Marion, la litière, le peuple. — Marion. le peuple. — Marion, la litière, le peuple.
De ces notes sont sortis les cinq actes de Marion de Lorme. Si nous avons pris soin de les transcrire, c'est qu'elles ne nous seront point inutiles quand nous nous efforcerons de déterminer, d'après les manuscrits, la méthode de travail et les procédés de composition de Victor Hugo.
A ces feuillets sont jointes :
1° Deux feuilles de titre (datant de la rédaction de 18:29). Toutes deux portent la mention : u Un Duel sous Richelieu, drame ». La seconde offre, en outre, l'autographe de Harel cité plus haut.
2° Une première version de la scène i du Ic"" acte, datant de 1829, supprimée en 1831. Nous y reviendrons en temps et lieu. Cette page porte la date : 1" juin 18.29; et c'est déjà une copie. La date du 2 juin, donnée par Victor Hugo (au f" 10) comme étant celle où fut commencé le I" acte, serait donc fausse.... Mais Hugo a-t-il jamais donné une date exacte?
3° La feuille de garde, un peu jaunie, qui enveloppait le premier manuscrit. Elle porte, au verso, le compte des vers, acte par acte, et le nom de Jeffryes, en gros caractères. Le souvenir du célèbre personnage qui fut chief- justice d'Angleterre en 1G83 avait été suggéré au poète parle rôle de Laffemas. — Enfin, un croquis à la plume, curieux, quoique presque informe. Un homme en pourpoint; tête en poire, bouche largement fendue, nez épaté, collier de barbe
MARION DE LOKiME. 175
SOUS le menton. Il s'appuie sur un sabre à peine figuré. Je parierais que c'est le bourreau ! — Il n'y a, d'ailleurs, point d'autre trace d'illustration dans le manuscrit tout entier.
Acte I [Blois '); — Scme I. Cette délicieuse exposition d'un acte de comédie lyrique est, sans contredit, un des morceaux qui donnèrent le plus de mal au poète. Le croirait-on? Il le refit jusqu'à trois et quatre fois, le remaniant sans cesse. De fait, les premières versions faisaient longueur. C'était toujours une longue scène de conversation, et Ton ne discernait pas clairement oij le poète voulait en venir. Bref, quoique l'acte ainsi coupé fût un peu court, il finit par supprimer ces hors-d'œuvre pour entrer au cœur môme du sujet, in médias res :
Réconcilions-nous, ma petite Marie....
Ce jour-là, V. Hugo donna une réelle preuve de son sens dramatique. Pourtant, les vers supprimés étaient bien jolis. On en retrouvera quelques-uns, disséminés, au W acte, dans les bavardages futiles des seigneurs. D'autres n'ont pu prendre place. L'auteur les a conservés à la fin de son manuscrit, où nous pouvons étudier ses hésitations. L'édition ne varietur de 1880 reproduit, aux notes, une de ces leçons provisoires. Une première scène, de Marie seule. Une seconde entre Marie et.... VAngelij. Car (curieux détail!) c'est l'Angely, et non Saverny, qui pénètre par surprise chez
1. Ces indications Blois, ChamOoni, etc., (|u'oti lit au commencement des actes, ne figurent pas sur le manuscrit.
Marion et découvre son identité 1 L'Angely, bouffon noir, sombre, philosophe, de qui l'on se demande s'il joue le rôle de galant ou d'espion. Le fait n'est pas douteux. Saverny n'entrait qu'après la scène des voleurs. Le nom de l'Angely se lit, sous la rature, partout où celui de Saverny fut substitué. Enfin, le vers :
Mais notre privilège est d'entrer à toute heure A nous, jmges de rois....
était écrit d'abord :
... A nous, bouffons de rois....
Ce texte même ne constitue pas le premier état du texte. A en juger par la date du f" 81 (1" juin 1829), un autre essai aurait précédé, dans lequel, après quelques vers de Marie, seule ' ( cf. la note de l'édition ne varietur), Didier entrait tout de suite :
« L'n homme paraît derrière la balustrade du balcon, la franchit, et entre. Il dépose sur un fauteuil un manteau et une épée de main. »