Edm. Uiré, Victor Hugo après 1830, t. I
3. Nous en essaierons la preuve sur Torquemada. II,. Vers emprunté au recueil intitulé : Toute la lyre.
femme. Barbey d'Aurevilly, dans une de ces conversations exubérantes qu'il affectionnait, disait, un jour : « Quel dommage que Hugo soit un aussi grand poète! S'il avait voulu, il fût devenu le plus solide amoureux de son siècle ' ! » C'est bien lui qui, par la ])Ouche du jeune don Sanche, célébrant l'amour, lidentifie à l'être :
Aimer, c'est vivre -!...
Et cette devise, légèrement modifiée, sera la dernière ligne, peut-être, qu'il tracera de sa main tremblante de vieillard :
Aimer, c'est acir ^!
Il ira jus([u'à passer la revue de ses sentiments personnels d'antan, les plus frais, les plus spontanés, exprimés à l'heure des illusions et des serments éternels. Il démarquera de la sorte les plus ardentes phrases des Lettres à hi Fiancée; certains vers de ses drames n'en sont que la traduction poétique : « Plus d'une fois, il a jeté sur les lignes juvéniles de l'amoureux la poudre d'or de son lyrisme, et elles se sont changées en vers immortels *. »
l.Lc vieux Barbey s'exprimait plus crûment. A vrai iliro. il ne prisa jamais l)ien haut le caractère île Vidor Hugct, qui lui répondit un Jour par ce vers, injuste, mais drôle :
lîarl)cy d'Aiirovilly, ce sinistre imbécile! {Tuitte Li tyrr.