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En marge, ce vers, mis en rt-serve

« Tous deux, jeunes encor, l'cclial'aud nous rérlamc. »

DIDIER, au peuple, après les neuf coups.

Vous tous ici prt'"spnts, rendez-nous témoignage, Si l'on parle de nous, que c'est avec courage, Sans trembler ni pâlir, que nous avons compté Cette heure qui pour nous sonnait Téternité.

Période un peu pénible comme syntaxe. Le texte est corrigé en marge.

La scène du pardon, bien humaine et très louchante, vient terminer la pièce sur une impression consolante. Nous l'avons dit : c'est une trouvaille de 1831, comme l'indique la date du feuillet'. Voilà,

i. I^ire, dans Victor Huf/o raconté, quelques lignes relatives à l'histoire de cette modification. Ce serait Mme Dorval, l'interprète du rôle de Marion, qui aurait donné à l'auteur ce bon conseil. Mais, dès la première lecture, en lS2y. Mérimée était déjà d'avis qu'il fallait que Didier pardonnât.

Selon M. Gustave Rivet (Victor Hugo chez lui), les choses ne se seraient point passées tout à fait ainsi. Les deux versions ne sont point inutiles à comparer entre elles, ne fût-ce que pour faire voir à quel point il est difficile d'écrire l'histoire vraie, même alors, ou surtout alors qu'on se raconte soi-même. C'est le poète lui-même qui est censé parler et signaler quelques inexactitudes du livre de Mme Hugo : • J'avais écrit pour Marion de Lonnc deux dénouements : l'un, terrible, inexorable, fatal : le dénouement antique; l'autre, adouci, attendrissant et plus humain. L'un devait produire une impression d'elfroi eschylienne, l'autre faire verser des larmes.... Je lus ces deux dénouements à Sainte-Beuve.... Il préféra le dénouement terrible.... Je suivis son conseil, et je lus ce dénouement aux artistes de la Porte-Sainl-Marlin. ■■ — Suit l'anecdote relative à Mme Dorval. Et Victor Hugo (par la plume de son biographe) conclut à une erreur de la pari de Mme Hugo, qui aurait attribué à Mérimée une influence qu'il n'eut point en cetle conjoncture. Or, Mme Hugo dit seulement que Mérimée, le soir de la première lecture (en 1829), avait conseillé à l'auteur d'attendrir son dénouement. — Puis (seconde inexactitude plus grave) il semblerait résulter de ce récit que Victor Hugo aurait écrit ses deux dénouements à la même époque, se réservant de choisir plus tard. Or, la lecture du manuscrit nous permet de conclure que le premier est de 1829, et le second de lin mai 1831. Il n'y a pas, d'ailleurs, en réalité, <leu3- de'noueme/ds. Il y a seulement

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certes, un remaniement heureux et intéressant au point de vue littéraire :

— Viens! oh! viens sur mon cœurl...

— Et ta faute, d'ailleurs, l'as-tu pas expiée?...

— ... Cette terre, Messieurs, est peu de chose...

— Marie, ange du ciel que le monde a flétrie....

— Tandis que par la main la mort va m'entraînant, Je te pardonne!...

— Ma blessure est profonde. Écoule : elle aurait eu....

— Tu vivras! Crois-tu donc que les cœurs inflexibles....

Texte du manuscrit, sans correction :

— ... J'aurais mille pensées Que je ne dirai pas, sur les choses passées. Oh! laisse-moi mourir!

(Il fait signe aux soldats de marcher, et cherche à s'éloigner.) MARION, aux gardes.

SU fait encore un pas, Par jiitié, dites-lui que vous ne voulez pas!

Puis, Marion est seule :

(Ju'a-t-il dit? — Où sont-ils? — Mais je n entends plus

\rien!:..

Ainsi l'on a pu voir, au cours de ce long relevé de variantes et de corrections, que les actes intermédiaires, épisodiques, de la pièce, semblent fondus à peu jwés d'un jet (exception faite pour la scène entre

nue adililion à la scène flnaic, un duo du pardon. — Victor Hiijïo s'en souvenail-il bien quand il répondait à M. Rivet, inquiet dn sort de cette précieuse î-a/vVrn/e : •• Je ne brûle aucun papier; la postérité se chargera de brûler ce qu'elle voudra; elle choisira le dénouement qui lui sera agréable; elle publiera ce ([u'elle voudra de mes (i-uvres; elle en fera tics éditions, — avec un glossaire, si elle veut! ■• La [)ostérilé n'a rien brnlé.

Louis XIII et son fou, parce qu'elle avait des prétentions historiques). Le premier acte et le dernier, au contraire , furent longuement et laborieusement remaniés. C'est dire que l'exposition et le dénouement sont ce qu'il y a de plus malaisé dans l'art dramatique. Et il ne faut pas oublier qu'à celte époque V. Hugo apprenait encore le métier. Seulement, il l'apprenait en écolier de génie!

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