‹ Un laboratoire dramaturgiqueChapitre 8 sur 112 · Les Jumeaux. Voir la conclusion du chapitre vu · texte numérisé non relu

Les Jumeaux. Voir la conclusion du chapitre vu

(le son œuvre : il renonça tout net au Romantisme pur. Il mit de côté, tout d'abord, les accessoires conventionnels : le mélange du grotesque et du sublime, la thèse, la couleur locale, qui servait à situer dans le temps des mannequins stéréotypés. Puis il fît cette réflexion, que le masque dramatique estsusceptible de prendre plusieurs expressions difi'érentes. Son tempérament le dirigeait invinciblement vers l'épopée, la poésie lyrique et la satire. Déjà, dans la préface de Marie Tndor, il écriAait : « II y a deux manières de passionner les foules au théâtre : par le fjrand et par le vrai ». Ayant suffisamment, à son gré, essayé du vrai, ou de ce qu'il jugeait être tel, il voulut tâter du grand. Vers cette époque, le voyage sur le Rhin lui ouvrit des idées nouvelles. Tout plein de ce qu'il devinait de surhumain derrière ce fantastique décor de burgs en ruines, il composa Les Burgraves. C'est l'avènement du drame épique. La préface des Durgraves n'a pas été assez remarquée. Elle détermine une date dans l'histoire de l'esprit du poète, au même titre que la préface de Cromivell. Nous y appuierons en tem|)S et lieu. Le public fut surpris. Les fiurgraves ne réussirent point, malgré le suffrage des habiles. Alors, Hugo comprit que la foule n'était pas mùrc pour accepter cette conception (hainutiquo, (|ni la déroutait par son étrangeté. Il n'insista pas. C'est le vrai motif pour lequel il délaissa le théâtre. On ne l'a f)as dit assez positivement.

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Mais il ii'altandoima point le drame é[)i<jue; et, selon cette manière très personnelle, il composera plus tard Torquenuuhi, dont mainte page atteint au sublime de la Légende des Siècles.

Parallèlement, llugo donnera libre carrière à sa fantaisie, imaginant une sorte de comédie lyrique et parfois satirique, qui n'a plus rierf de romantique, et que certains Parnassiens, comme Théodore de Banville, créeront, eux aussi, de leur côté. Et nous aurons Margarita, Ësca, ces délicieuses trouvailles, avec les piécettes du Théâtre en liberté, où la verve lyrique et satirique du poète s'épanche à loisir sur toutes sortes de sujets '.

Cette rapide revue de l'évolution qui s'opéra dans la production dramatique de Victor Hugo servira, je pense, à justifier le plan de notre ouvrage. En une première série, nous étudierons les drames en vers de r époque et de la formule romantiques. Au coui's d'un second volume, nous |iarcouri'ons les

I. Do DOS jours, le piiMic esl devenu plus éclectique, plus entraîné aussi aux l'onnes épique et lyrique du drame. On ;i pu mettre en scène, non sans succès, à l'Ôdéon, L'Épri- et /.(/ Grand'mère. On a incmc joué, eu malinée-conférence, Sur la lisière cVun bois. Mais (|ui nous donnera Mnrf/arita et Esca'l M. Le Bar^'y voulait, dit-on, qu'on les montât pour le centenaire. Uéllexion faite, on préféra Les liurrjraves, qui i)rirent — tous les connaisseurs l'avaient prévu — une lielle revanche de leur échec de 18i:j.

drames en pi^ose, — également romantiques, — le drame épique et le théâtre lyrique, qui sont de dates postérieures et d'inspirations essentiellement ditîérentes '.

1. Nous renvoyons à la petite édition ne varietur. parce que, postérieure à la grande, elle contient des variantes et des notes qui ne figurent pas dans celle-ci.

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