LA ESMERALDA
Le manuscrit de La Esmerdlda a-t-il été détruit? Actuellement, du moins, il semble égaré. M. Paul Meurice en a perdu la trace. Peut-être reparaîtra-t-il un jour dans les hasards de quelque vente. Il n'est pas impossible que l'auteur l'ait offert à Mlle Louise Bertin, comme il avait coutume de lui envoyer les vers qu'il composait pour elle. — Quoique Victor Hugo affecte, dans sa préface, de mépriser tant soit peu cet « opuscule » trop « spécial >^ il paraît bien que ledit opéra lui coûta beaucoup de peine et lui prit beaucoup de temps. Dès la fin de 1831, il s'était attelé à cette besogne rebutante et poiu* lui toute nouvelle, ainsi qu'on en peut juger par sa correspondance avec les Bertin (cf. Biré, Victor Hugo aprf's / 830, t. I, pp. 187 et suiv.i. De 183^2 à 1836, il remania, ratura, corrigea sans trêve. Ne fût-ce que pour ce motif, la disparition du manuscrit est regrettable. On aimerait à suivre la trace de ce labeur, de cette lutte entre la libre inspiration du poète et les exigences de la phrase musicale. Et l'on apprendrait à estimer davantage le rôle ingrat du parolier et du librettiste, moins en raison de la valeur littéraire de l'ouvrage (|u'à cause du mérite de la difficulté vaincue '.
\. Cf., à notre Appendice, quelques mots sur La Esmeralda. Voir aussi l'arlicle du Journal des Déhats {21 fév. 1902).