‹ Un laboratoire dramaturgiqueChapitre 86 sur 112 · Scène I. — La reine s'ennuie; et ellt; craint Don Sallusle · texte numérisé non relu

Scène I. — La reine s'ennuie; et ellt; craint Don Sallusle

Ce iii;u(iuis est jidur iiini lumuic inun mauvais ani:o....

Je leur tendais ma main, j'étais calme et tranquille.... Quand tout à coup mon œil s\ibaissant vers la table.... 11 marchait à pas lents, jouant avec l'étui D'un poignard dont parfois il découvrait la lame....

Tout l'épisode de Don Guritan, depuis :

Oh! ce qui me tourmente, il faut le leur cacher....

jusqu'à:

Oh! la divine boîte!...

(soit seize vers), est une addition marginale. Nous avons eu l'occasion de remarquer déjà que, dans les ^ scènes à plusieurs groupes de personnages, scènes descriptives où le poète n'est point dominé par une crise intense de l'action, les tableaux se complètent toujours par des touches successives. Chose curieuse! ce sont presque toujours les intermèdes plaisants qui sont ainsi enclavés après coup (cf., à l'acte I, la scène du marquis de Santa-Cruz ; et, dans Hernani, pnss'mi). 11 semble que, concevant sa pièce comme une tragédie, le dramaturge révolutionnaire se souvienne, par instants, que la loi fondamentale de l'école nouvelle réclame le mélange des genres. Il y a beau temps qu'on a pour la première fois reproché au drame romantique de juxtaposer le sérieux et le bouflon, au lieu de les unir, comme il en affiche la prétention. Cette légère indiscrétion du manuscrit vient à point pour confirmer, renforcer l'objection. Et, encore un coup, l'étude de l'autographe enrichit d'une contribution sérieuse la critique littéraire.

A signaler ensuite, comme variantes:

Enfant! au lieu de : Tais-toi!

Oh! la charmante boîte!...

C alainbour esiécvïi d'abord calfinhour, puis corrigé. Les quatre vers : « 1! sera très content.... etc. »

RUY-BLAS. 3d5

ont élc refaits en marge. Voici ce que portait le manuscrit :

(Rêvant.)

Oli ! que n'y suis-je oncor, moi qui crains tous los grands, Dans ma bonne Allemaf^ne avec mes bons parenls! Aujourd'hui je suis reine, autrefois j'étais libre '; Jamais à mon oreiUe un nu)t d'amour U(; vibre....

Mais Hugo, qui ne laisse jamais rien perdre, en remplaçant ces vers, les a mis en réserve ; et vous les retrouverez, en deux fois, avec une simple interversion des deux derniers vers, un peu plus loin, au cours de la même scène, avant la chanson des lavandières.

L'épisode de la camerera, qui suit, a été manifestement recopié. 11 est presque sans ratures. « C'est très amusant » a simplement remplacé : « c'est j)lus amusant » ; et « respectable aïeule » : « vénénible aïeule ». On lisait : «... ni jouer, ni rien faire à mon gré » ; et la duchesse formulait ainsi sa célèbre sentence : « En ia/jsence du roi, la reine mange seule. «

A présent, Casilda propose d'appeler les ministres ; et la Reine motive son refus en cinq vers. En marge du manuscrit, on aperçoit un projet de coupure, qui n'a pas été maintenu . La Reine s'exprimait par mimique, et la mutine Casilda résumait elle-même l'impression de sa maîtresse :

(L.\ HKINE la leganlo avoc otonneincnt et on haussant los c|)aiilos,

avec un f,'csto ([ui veut dire : « Co plaisir! » )

CASIM).\.

Je conviens que ce sont des seir/ncurs bien sinistres.

Les huit vers subséquents sont une correction marginale. On retrouvera le texte primitif dans les notes

i. (If. le beau vers cli; Don Carlos, dans llernani :

« Ali! tu vas rtrr lioui-cux; moi, je suis ciniK^rour. »

de rédition ne varielur. A consigner ces deux hésitations : « Comme on perd le sommeil, rois-lu (puis : hélas f), on perd la joie ».

Les vers: « Oh ! je voudrais sortir... (huit vers) >> ont été annexés ; ils serviront à préparer, à justifier l'escapade du V" acte. — A noter une jolie épithète :

Ce bijou lumineux nommé la clef des champs!

Et ceci :

Casilda, tais-toi !

(l'aix!)Que ne suis-jeencor, moi (/îfc/mLssenf /es grands....

Mon père était joyeux, mais ma mère pleurait.

Ils pleurent tous les deux maintenant....

La Chanson des lavandières, intitulée « Voix du dehors « s'appelait d'abord : « Chanson qui vient jjar In fenêtre. » Elle présente, dans l'original, les variantes suiv'antes :

. La plus belle étoile

au début de la troisième strophe:

Quelle fleur nouvelle Ch(Tches-tu, ma sœur?...

Pour faire chasser les chanteuses , la camerera s'adressait aux pages, non aux duègnes.

Variantes, en marge ou dans le texie :

Silda, cette fenêtre ouvre sur la campagne. Rien n'existe pour moi.

Enfin, sur le manuscrit, la Duchesse est partout appelée Doha Juana. Victor Hugo, en l'airublanl de plusieurs titres, lui a ùté son nom.

La scène ii se présente presque sans ratures. C'est une copie où les variantes apparaissent insignifiantes.

KUY-BLAS. 317

l^"" texte :

... Voilà qu'Un mont laissro.

C'est aux crochets de fer....

Puisque mou cœur subit une j'a/ow.se loi.... Des deux côtés le sort me console et m'accable.... Pour m'amener peut-être à quelque heure suprême.... Vous qu'à tout aflligé .Jésus donne po^r sdMir, Tendez-nous votre main!

(Elle déploie la lettre:, puis liésite.)

Hélas! depuis trois mois je dis toujours cela....

Scf'ue III. — C'est l'entrevue officielle avec Ruy- Blas. Quand la camerera a lu la brève et ridicule épître du souverain ab.sent, « (Me replie la lettre et la présente à la reine. — La reine : Hélas ! [elle prend la lettre) ». — Ces jeux de scène furent supprimés comme inutiles.

DON GURIÏ.\N.

C'est tout?

Page 1