INTRODUCTION XXI
Le lecteur a maintenant le secret de la tristesse qui se prolonge en sanglots étoufï'és jusqu'au terme de cette correspondance. Certes, ce n'est point là un spleen de commande, une de ces mélancolies si à la mode, avant 1830, comme procédé littéraire : celle-ci a des accents qui ne trompent pas.
Cependant, chose remarquable, elle ne paralyse ni ne déprime les puissantes facultés de Lamennais. En le détachant de la terre, elle dirige naturellement son regard vers 1' « au-delà » lumineux qui lui montre sa foi ; elle le pousse sans cesse ii l'action, non pas à l'action égoïste et frivole qui se propose pour unique fin la jouissance terrestre, mais à l'action éminemment sérieuse qui a pour but l'avancement du règne de Dieu.
L'homme apparaît dans ces lettres, mais le prêtre s'y montre aussi, et, malgré les réserves faites précédemment, sous un jour assez souvent favorable. On trouve là, parmi les élans d'une tendresse trop humaine et les abandons d'une sensibilité presque féminine, de vraies paroles d'apotre, fortes et pénétrantes, tout imprégnées de l'onction de l'Evangile et de r Imitation .
Lorsqu'il n'écoute que sa conscience sacerdotale, il lui arj'ive, par exem|)le, de rappeloi' les règles