‹ Un Lamennais inconnuChapitre 18 sur 112 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

l^lessre, il a des accents d'une très suave et très mélodieuse poésie.

Il a revu Ij Chênaie, la chère vieille maison où s'abrita sa jeunesse studieuse, les grands bois enveloppés de silence, le rocher au pied duquel il a marqué sa tombe, « l'étang dont les eaux toujours en mouvement rappellent si bien la rapidité de la vie et l'inconstance de ses joies ^ ».

Il a revu tout cela, et le calme de ce beau lieu ramène, au moins par intervalles, un peu de sérénité dans son ame. « J'ai retrouvé avec grand plaisir, dit-il, mes bois, mes champs et mes petits chemins creux remplis de feuilles déjà sèches, et le coin du feu, et mes livres, et le vaste silence dont parle Tacite, dies per silentium vastus^ ».

1, Lettre à D. Benoît.

2. Ihid. — Après tant d'autres, j'ai voulu visiter cette maison célèbre. Elle est devenue la propriété de M. Rog-er-Marvaise. Le « château vêtu de blanc », dont parle Maurice de Guérin, a conservé la même apparence et la même disposition intérieure que du temps de Lamennais. Je me suis étonné seulement de l'exiguïté de ses proportions, et je me suis demandé comment il pouvait abriter tous les hôtes de l'abbé Féli, qui étaient parlois au nombre de dix ou douze. Le mobilier des anciens propriétaires a entièrement disparu, et je n'ai aperçu, à l'intérieur, d'autre vestige du passé que le masque de l'écrivain, dont le visage, on le sait, fut moulé après sa mort. La tête était extraordinairement petite.

Si la maison est étroite, en revanche, le parc qui l'entoure est vraiment princier. Les épicéas et les mélèzes que Lamennais a semés ou plantés sont devenus des arbres mag'nifiques qui, alignés à perte de vue, offrent une perspective à la fois soloimelle et gracieuse. La chapelle où se réunissaient autrefois le maître et les disciples pour les exercices religieux a été jusée par

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