INTRODUCTION XXXI
Mais ce prôtre était un homme de génie ; il le savait, et il croyait volontiers que le génie dispense de la science. Aussi avec quel superbe dédain il accueille les réclamations ! Si on l'attaque, c'est qu'on ne le comprend pas ! a Tu as du recevoir mon deuxième volume, dit-il à son ami. Presque personne ne l'entend, et il éprouve en conséquence une violente opposition. Je m'y étais attendu, et je ne m'en effraie pas... Tu penses bien que, si l'on me force a écrire une défense, je me mettrai à l'aise avec ces gens-là. En respectant le zèle, s'il y en a, je serai sans pitié pour la sottise '. »
Cependant il sait que Rome a qualité pour trancher le débat. Il ne refuse point de la prendre comme arbitre, mais avec l'arrière-pensée elïrayante de n'accepter sa décision que si elle lui est favorable.
« Si l'on rejette mes thèses, écrivait-il alors à l'abbé Carron, je ne vois aucun moyen de défendre solidement la religion. Au reste, j'ai demandé à Rome d'examiner mon livre : si le jugement m'est désavantageux, je suis décidé à ne plus écrire -. »
Ainsi, observe M. Foisset, si Rome n'est pas de son avis, Lamennais brisera sa [)lume. N'est-ce pas précisément ce (pi'il dira douze ans plus tard ? Le