‹ Un Lamennais inconnuChapitre 22 sur 112 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

Icra j)lus lard ^ des rives bord«''es de montagnes du golfe do Gènes. Or, le voilà au pied des Alpes, dans la contrée la plus pittoresque du monde; mais parce que la Genève calviniste la reçu avec indid'érence, son lac et ses montagnes, les glaciers de la Suisse et ses neiges éternelles n'obtiendront de lui ni une parole d'éloge, ni un regard de curiosité.

(( Cela ne m'a frappé en aucune façon, écrit-il... Je ne sais où les voyageurs vont prendre toutes leurs admirations. On ne veut pas ainsi perdre ses fatigues et ses frais de route ; voilà, je crois, toute rafï'aire. » Ces lettres sont intéressantes, malgré tout, parce qu'elles expriment assez clairement ridée que le philosophe se fait du rôle social auquel il se croit appelé. Mais n'anticipons pas, et revenons au Lamennais de 1822.

L'abbé Carron est mort l'année précédente, et le pensionnat des Feuillantines s'est dispersé. Privé désormais du seul intérêt qui l'attirât à Paris, Lamennais n'y retourne plus que pour ses affaires de librairie, et il partage son temps entre Saint- Brieuc, où son frère occu[)e le poste de vicaire général, et la (Chênaie : la Chênaie, solitude reposante et recueillie, dont le souvenir poursuivra le

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