XXX1\ INTRODUCTION
malheureux prêtre, comme une vision de paix, parmi les orages de ses dernières années!
La brillante école qui s'y réunit plus tard a été l'objet d'une foule d'études attachantes ou curieuses ; mais on connaît peu la vie qu'y menait, avant 1825, celui qui s'intitulait volontiers « le solitaire breton » Les lettres du présent recueil la révéleront en partie au lecteur, mais j'ai cru devoir les compléter par les récits de divers témoins oculaires.
La plupart des détails suivants sont empruntés à une brochure aujourd'hui très oubliée, que publia, vers 1854, un voisin de campagne de Lamennais, M. Peignée Ce biographe s'est attaché à peindre le grand homme dans le détail de ses habitudes journalières. Selon lui, l'ermite de la Chênaie ne portait la soutane que pour dire la messe. A peine avait-il mis le pied sur le seuil de sa chambre, qu'il la déposait avec empressement pour endosser une longue redingote grise « qui lui battait audessous des mollets, et dont le bas était brûlé en dix endroits ». Des pantalons noirs et un gilet de mène couleur, lustrés par le frottement, usés jusqu'à la corde, et néanmoins d'une irréprochable propreté, complétaient le costume du philosophe
1. Lamennais. Sa vie intime à la Chênaie. Collection du Bibliophile français. Paris, Bachelin-Defloreiuio.