INTRODUCTION XXXV
ilcvciui j)ro})rictaiie rural. Du rcslc, l\ celle ('poquc, il ne voyait |)rcs([ue personne, ou du moins ne sortait jamais.
Il se levait d'ordinaire à cinq heures, quelquefois plus tôt, à cause d'une migraine chronique et d'une maladie d'estomac qui l'empêchaient de dormir.
(( Après sa messe, dit M. Peigné, il déjeunait dans sa chambre, ordinairement d'une bouillie de pommes de terre, qu'une vieille domestique lui servait dans une petite casserole sur un guéridon. A demi couché sur une chaise longue, qui lui avait été donnée par M. de Montalerabert, il mangeait rapidement, et passait le reste de la matinée, soit à étudier la philosophie allemande ou quelque langue étrangère, soit à parcourir des ouvrages de littérature, suivant que sa santé lui permettait ou non une occupation sérieuse. 11 écrivait le plus souvent dans son salon du rez-de-chaussée, ii une table sur laquelle il ne soufï'rait autre chose qu'une écritoire, quelques plumes et son petit papier doré sur tranches, toujours le même.
)) De ce qu'en examinant ses manuscrits on n'y trouve presque pas de ratures ou de mots surchargés, on a conclu que Lamennais avait le travail extrêmement facile, et qu'il écrivait d'un seul jet ses plus belles pages. 11 n'en est rien, et l'ab-