‹ Un Lamennais inconnuChapitre 25 sur 112 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

sence de corrections sur la copie qu'il envoyait à l'imprimerie s'explique suffisamment par sa manière de travailler : il se promenait souvent, en se martyrisant les ongles, sur cette belle terrasse plantée d'arbres qui avoisinait la maison, et qui a été depuis en partie détruite. Là, il méditait longuement, et ne rentrait que lorsque dans sa tète la phrase était toute faite. Il la couchait alors sur le papier, et rarement il lui arrivait d'y rien changer à la seconde lecture. »

Parfois, il faisait volontiers un peu de musique ; dans ces circonstances, au témoignage de M. Peigné, sa vivacité naturelle n'excluait pas toujours la patience. « Longtemps, dit-il, Lamennais eut à son service un grand garçon passablement niais, pour lequel il avait toutes sortes d'égards et de prévenances. Lorsque ses différends avec le clergé eurent éloigné de sa maison la plupart de ses anciens amis, le philosophe, à ses rares heures de loisir, demandait quelque distraction à la musique, et jouait de l'accordéon. Aussitôt qu'il entendait les sons de l'instrument, Jean — c'était le nom du domestique — laissait de côté sa besogne, montait en hâte dans la chambre de son maître, et, sans plus de cérémonie, s'allongeait sur l'unique fauteuil, d'où Féli ne le dérangea jamais . »

Dans l'après-midi, si le temps était favorable.

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