‹ Un Lamennais inconnuChapitre 26 sur 112 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

Lamennais sortait seul. S'il avait, par hasard, un visiteur, il l'accompagnait à la promenade, et, tout en causant, se livrait à une de ses récréations favorites, la taille des arbres. Armé d'un sécateur, il tranchait impitoyablement toutes les branches gourmandes ou parasites ; mais, doutant de son habileté, il s'abstenait prudemment de toucher aux arbres fruitiers. Il entretenait aussi avec le plus grand soin les bois qui entouraient de toutes parts le logis. Une année, il planta plus de cinq mille hêtres ou sapins. Il n'a pas joui de leur ombrage, hélas! mais ces beaux arbres, disposés par lui avec beaucoup de goût, forment aujourd'hui un des parcs les plus agréables des environs de Dinan. Ses (( arrière-neveux » du moins en ont joui quelques années.

Comme les arbres de la Chênaie, Lamennais prenait racine dans ce sol de granit, et, lorsqu'il s'en verra arraché pour toujours, il éclatera de nouveau en plaintes douloureuses. La lettre suivante, écrite par lui, en 1844, à un compatriote qui lui avait proposé de faire abattre les plus vieux arbres de la Chênaie, montre combien était vif son amour du pays et quels regrets lui laissait la terre bretonne :

« Quoique je ne doive jamais, selon toute appa-

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