XXXVIII INTRODUCTION
rence, revoir lu Chênaie, j'y tiens toujours par mes souvenirs, et je n'ai pu me représenter ce joli coteau, "Si soigné par moi, dépouillé de sa parure, nu en partie, sans en éprouver une vive peine. Qu'est-ce qu'un peu d'argent près de cela ? J'erre encore en imagination sous ces arbres, dans la sève desquels coule ma vieille vie. Eux partis, il me semble que je resterai seul en ce monde. D'autres les abattront, je le sais bien, mais alors je ne serai plus. Je demande donc grâce pour ces pauvres arbres; leur caducité ne ressemble que trop à la mienne, et ceux qui m'ont vu naître, je ne veux pas les voir mourir '. »
1. Lettre à M. Muriou. Ouvrage cité. On trouve les mêmes sentiments exprimés dans la lettre inédite qui suit. Elle a été écrite par Lamennais en 1852, deux ans avant sa mort, à M. H. Blai/e, son neveu :
« Mon cher Hyacinthe, je suis bien aise d'apprendre que vous avez terminé vos partages, et qu'ils sont terjninés à votre satisfaction commune. Vous avez bien lait d'y comprendre tout ce qui doit vous revenir un jour, et un jour qui probablement n'est pas loin. 11 est bon de n'avoir pas, autant que possible, à revenir sur des arrangements de ce genre-là. J'ai vu La Villéon. Il n'a pu me dire en quel état était la nouvelle plantation du Pron*, prcs de la chaussée ; mais il paraîtrait que djins les autres, celles de la lande entre la Chênaie, la Sourcinicre et le Martinel, il y aurait de grands vides, .le regrette qu'on ait négligé de remplacer les arbres morts. En plantant avec soin et en coupant par des tranchées la croûte d'argile mêlée de gravier qui arrête les eaux en dessous de la couche de terre végétale, on boiserait aisément tout ce terrain. Les choses seraient dans un autre état, si l'on n'avait pas trouvé bonde me chas-
* On a|)|)o]iiit ainsi, à la Chênaie, la pron\cnade l)ordéc d'arbres et de rochers qui longeait l'étang.