‹ Un Lamennais inconnuChapitre 28 sur 112 · INTRODUCTION XXXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIX

On poinialt rapprocher cl«; ces linnes une pJJgc mouillée de larmes, écrite plus tard sous les verrous de Sainte-Pélagie, et publiée dans Une ^>oi.v (le prison. C'est une réminiscence de la Chênaie, un souvenir donné, sous l'étreinte de l'angoisse présente, à des bonheurs lointains et pour toujours disparus :

(( Oh! qui me rendra ma vallée natale, et mes rochers, et les grands pins semés sur leurs pentes, et les prés verdoyants oii, dans une eau limpide cachée sous l'herbe en fleurs, me's pieds se mouillaient à la fonte des neiges? Entre cette terre et moi, pauvre enfant de l'Armorique, ils ont mis une épaisse muraille et des barreaux de fer.

» Qu'ils s'écoulaient heureux au milieu de vous, mes frères, les jours de ma jeunesse! Comme mes pensées flottaient mollement dans le vague de l'ame

SOI' (lu seul asile que j'eusse dans le monde **. après Ireiile aimées de travaux et de dépenses laites pour reinbellir. Au resle, que m'importera, avant peu de temps, et que m'importe déjà ? Une fosse se trouve partout. Ne m'a-t-on pas appris qu'on ne pouvait pas mt^'uie la choisir ?

» .le me laisse aller à des sentiments qui se sont, mal à propos peut-être, réveillés en moi, sans que j'y sonjifeasse en coninuMieant cotte lettre, et c'est une raison di^ la linir, car ils n'ont rien d'ag-réablo pour porsonne, et le passé est le j)assé. La terre se relormo, loujoui's bionU^t, sur nos joies comme sur nos douleurs, et les ensevelit dans l'oubli éternel et l'éternel silence,

» Je te renouvelle, ainsi (ju'à les Irères, l'assurance de ma tendre atreclion. V. >

** Allusion aux relations pénibles qui existaient, depuis plusieurs années entre Félicité et son Irèro Jean-Mario.

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