‹ Un Lamennais inconnuChapitre 3 sur 112 · INTRODUCTION VU · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VU

don si merveilleux do la Providence. Il venait au nionient'où mon cœur et mon esprit étaient le mieux préparés à s'ouvrir à cette nouvelle lumière.

» Je le lus cependant d'abord avec une sorte de défiance : j'hésitais \\ me laisser entraîner. La beauté du style séduisait mon esprit, et une émotion dont je ne pouvais me défendre s'accroissait de jour en jour.

» Tous les souvenirs de ma première jeunesse, toutes les leçons que j'avais reçues se représentaient il moi. Chaque soir, dans une grande allée de la futaie voisine du château de la Motte, je promenais mes rêveries pendant de longues heures, et jusque dans la nuit; je n'avais plus d'autres pensées.

)) Mme de Lacan avait éprouvé les mêmes impressions que moi. Mais elle avait été plus loin : elle avait voulu voir Tauteur de ce merveilleux ouvrage; elle était allée trouver l'abbé de Lamennais dans la maison du saint abbé Carron, aux Feuillantines, près de la rue Saint-Jacques; elle me disait combien elle avait été touchée de cette conversation qui la conduisit bientôt à une conversion complète, et cette à me élevée v est toujours restée fidèle.

» Ce ne fut pas sans de longs combats contre moi-mèni(* ([lie je me sentis conduit ;i c«'U(^ r«'so-

vin INTRODUCTION

lution de reprendre aussi tous ces sentiments que je n'avais jamais abandonnés, mais qui peu à peu, dans la vie mondaine, étaient devenus moins présents, moins intimes, moins habituels. J'avais pris bientôt la résolution de ne pas m'arrèter à la lecture d'un livre ; je m'étais bien décidé à aller voir M. de Lamennais à mon retour à Paris, et mon esprit se reposait dans cette détermination à une démarche encore un peu éloignée.

)) Je lisais, j'étudiais, et je me préparais à ce parti, sur lequel j'étais encore faible, mais résolu.

)) Toutefois, cela ne suffisait pas à la grâce de Dieu, qui me poussait à mon insu. Les longues réflexions devenaient chaque jour plus graves, et j'aimais de plus en plus aussi à les prolonger et h descendre en moi-même.

)) Enfin une grande pensée me saisit un jour. Je me dis : Si je suis vraiment convaincu, pourquoi attendre? pourquoi le sentiment d'orgueil qui me porte à croire que pour moi il n'y a qu'un homme aussi supérieur à qui je puisse ouvrir mon cœur? pour([U()i ne pas m'humilier comme le plus humble, quand j'y sens une impulsion que je ne puis méconnaître, et que ma conviction n'a pas besoin d'être éclairée par la discussion? Cette pensée me fit tremble)" d*abord : elle conduisait à un acte im-

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