Chaloanhriai-.d
Vœ soin Gela n'est-il pas vrai en tous sens ? Je ne serais pas obligé (lo vivre loin de mes amis, faute d'un morceau de pain, si je m'appelais Legio, mais ce mot a un vilain sens dans l'Kvangile, et c'est ce qui fait qu'il y a de quoi se consoler. Après tout, je travaille ici ; je trouve dans mes livres beaucoup de choses qui ne se seraient pas présentées sous ma main, et que je n'aurais pas cherchées à Paris. La Providence se sert de tout, et elle est partout, même dans une imperceptible citation au bas d'une page, et je conçois qu'un pareil renvoi puisse sauver une âme.
Adieu, mon bien cher et bien bon frère; guéris-toi vite et aime-moi toujours.
Je ne puis te dire combien tu me manques; mais Dieu n'est-il pas le maître ?
Il sait mieux que nous ce qui nous convient. Adieu, je t'embrasse tendrement.
30 janvier.
Je ne t'écrirai que deux mots aujourd'hui, mon bon frère, d'abord pour te remercier de m'avoir donné de tes nouvelles, ensuite pour te prier de faire mettre à la petite poste les lettres que voilà, et de faire partir franc de port celle pour l'archevêque de Gènes. Quand donc te saurai-je en pleine convalescence?
Je vais demain à Pleudihen, j'y coucherai, puis je reviendrai prendre mon travail. J'ai bonne envie d'être de retour. 11 m'en coûte autant de me déplacer pour une
lieue que pour cent. L'appétit te revient-il ? et les forces ? 11 faudrait un temps sec, et nous avons une sorte de brouillard presque continuel; du reste, une température douce, je ne sais quoi qui imite le printemps. Je t'embrasse de tout mon cœur.
6 février 1822.
Mon bon frère, je suis ravi d'apprendre qu enfin te voilà tout à fait tiré de cette triste et inquiétante maladie. Des soins, des ménagements et un exercice modéré achèveront ta convalescence. Sans l'affaire dont tu me parles, je te proposerais de venir respirer un peu près de ton pauvre frère, qui serait si heureux de te voir, mais je conçois qu'il n'y a pas moyen d'y penser à présent. Nous autres qui ne nous marions point, nous sommes plus à nous et à nos amis ; mais non, moins à nos amis, et moins surtout à nous. A qui suis-jeici? Plaise à Dieu que ce soit à Dieu !
Je travaille, et ce qui me console, c'est que ce n'est pas pour mon plaisir. Rien ne m'attache à ce travail, que le devoir de l'achever, et lespérance qu'il fera peut-être quelque bien. L'idée si simple de te retrouver marié me frappe comme quelque chose de nouveau. Jai remarqué que ce qui change notre existence et celle des personnes qui nous sont chères produit naturellement celle impression. Bellevue, qui a dîné avec moi aujourd hui, le dit mille choses pleines damitié. Je ne lui ai pas encore parlé de ton mariage. Je crois qu'il parle plus haut que
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jamais : c'est un hoinine de tribune, un véritable législateur, mais il faudra qu'il change de principes, s'il veut devenir ministre. Au reste, c'est aujourd'hui la moindre chose, et l'on change même pour beaucoup moins. Adieu, mon bon frère, jamais mon cœur ne changera pour toi.
11 février 1822.
Quand tu recevras cette lettre, tu auras, mon cher ami, l)robablement vu mon frère, et peut-être sera-t-il en roule pour revenir ici. Il a bien voulu m'épargner un vo3'age désagréable auquel mes affaires m'auraient obligé ; et plaise à Dieu qu'elles marchent désormais sans avoir besoin de ma présence ! Je suis moins tenté que jamais de revoii* la capitale de toutes les bêtises, de toutes les bassesses et de toutes les infamies. Voilà deux lettres pour Rome que je te prie de faire partir, c'est-àdire de faire affranchir. Je voudrais être une de ces lettres, et quitter, comme elle, i)Our toujours cette France que le bon sens a déjà quittée.
Que dis-tu de ce M. de Breteuil qui veut absolument qu'un brave homme à qui Dieu déplaît appelle voisins et voisines, fasse sonner les cloches, convoque toute la commune, quand il lui prendra la fantaisie de commettre un sacrilège; sans quoi, de toute nécessité, la loi ne pourra faire autre chose que l'abandonner à ses remords? li'an dernier, on ne reconnaissait de sacrilèges que ceux de nuit; cette année, on ne reconnaît que ceux
de jour. Je ne vois plus pour l'an prochain que les sacrilèges de crépuscule ^ Enfin toujours y a-t-il, cette fois, progrès évident de lumières^ : c'est quelque chose. Je t'embrasse de tout mon cœur.
19 février 1822.
Je conçois très bien, mon bon frère, cette espèce d'agitation que tu éprouves ; il ne faut pourtant pas s'y laisser aller. Tout doit se faire en paix, dans un esprit de confiance en Celui qui dispose de nous et qui sait mieux que nous ce qui nous est bon.
Tu fais sagement de te marier; la personne que tu épouses paraît réunir toutes les convenances désirables. La prudence de l'homme et sa prévoyance ne sauraient s'étendre plus loin que cela. Le reste, on doit l'abandonner aune sagesse plus élevée que la nôtre. Je m'attends tous les jours à apprendre de toi quel est le jour fixé pour une union que Dieu, je n'en doute pas, bénira. Tu ne doutes pas non plus de la vivacité de mes vœux et de mes prières. Il est probable qu'à mon retour à Paris je te trouverai en famille ; car mon intention est de rester ici environ deux ans. J'aurai besoin de ce temps pour achever différents travaux, qui exigent de la tranquillité, du loisir et des livres.
Voilà deux lettres pour la petite poste, et une autre
1. Allusion à la discussion de la fameuse loi sur le sacrilège.
2. C'est là un spécimen de la plaisanterie lourde et embarrassée que se permettait parfois Lamennais.
(jiio je te pv'ie do faire paiMir frane de port ; elle r'st pour un vieillard retiré à l^orreiilruy, et qui rue paraît être dans une position très malheureuse.
Adieu, mon bon frère chéri, donne-moide tes nouvelles souvent; ((; m'est une grande consolation d'en recevoir dans ma très profonde solitude. Le temps y passe comme ailleurs, mais quel([uefois son cours est triste, s'il y a quelque chose de triste dans ce qui tient au devoir.
Je t'embrasse tendrement.
25 février.
Je te remercie, mon bon frère, du soin que tu prends de toutes mes commissions. Dufougeray avait parlé de son côté au directeur de l'enregistrement, qui a dû donner l'ordre de discontinuer les poursuites.
Je te recommande très instamment l'affaire relative à la culture du tabac ; elle est très importante pour mon beau-frère, dont l'intention est de se retirer à la campagne (à Tremigon) avec sa famille. Il y a déjà plusieurs cultivateurs dans l'arrondissement^.
Je suis ^ bien aise qu'il y ait plus de graines d'épicéa que de mélèze. M. de Saint- Victor ayant touché la rétribution de mes articles au Drapeau blanc, je le prie de le rembourser le montant des diverses avances que tu
1. Laïuoniiais rovM'iidra à plusieurs reprises, dans ces Iclircs, sur ce ])rivilèg'c de la (Milture du tabac, (ju'il scfTorce d'obtenir pour lui, pour sa l'ainillo et ses ainis. Est-ce parce que son frère et lui faisaient un grand usage du tabac à priser?
as faites pour moi. Fais-lui savoir à combien elles s'élèvent, et envoie chercher l'argent chez lui.
Je souffre beaucoup aujourd'hui, ce qui fait que je ne t'en dirai pas davantage cette fois ; je t'embrasse tendrement.
Fais-moi le plaisir d'envoyer de suite à la petite poste les lettres ci-jointes.
A la Chênaie, le le mars 1822.
Je suis maintenant, mon bon frère, sans inquiétude sur ta santé, puisque tu as repris tes affaires, en attendant qu'une autre affaire plus importante se conclue.
Ce ne sera probablement désormais qu'après le Carême. Tu ne doutes pas de tous mes vœux. J espère que le bon Dieu les exaucera, et je ne cesserai de l'en prier. Sois heureux, mon cher enfant, sois heureux dans cette vie autant qu'on peut l'être, mais n'oublie jamais que tout le bonheur dont on peut jouir ici-bas n'est qu'une faible, bien faible image de celui que nous destine le Dieu qui renferme en lui tous les biens. Je te remercie de songer à inspirer quelque bienveillance pour moi à la personne avec qui tu vas unir tes sentiments, tes pensées, ta vie. La mienne s'écoule tristement loin de toi, mais je crois être ici dans l'ordre de la Providence. J'ai besoin de loisir et de livres pour achever mon travail, qui sera plus longqu;3 je ne l'avais prévu. Je comptais me borner à donner des résultats, mais on contestera tout ce que j'avancerai, si je ne l'appuie pas sur des auto-
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rites nombreuses. Gela me forcera, au lieu d'un volume, d'en faire au moins deux'. Voilà dix-huit mois de travail, à partir du point où j'en suis. A[)rès cela, je veux encore j)réparer (quelques matériaux i)Our uja Collection ava[il de retourner à Paris. 11 est donc impossible que j'y sois avant deux ans. Je fixe mon termi; au printemps de 1824, si je vis.
Je doute qu'il y ait, cette année, deux sessions, connue on l'annonçait. Celle-ci ne paraît pas encore toucher à sa fin, et il faut bien que les ministres aient un peu de repos. Que Corbière s'ennuie, je le crois assez, mais on n'est pas ministre seulement pour son plaisir. Nous nous ennuyons aussi, nous autres, et nous n'avons pas les mêmes dédommagements (jue ces messieurs. J'avoue, au reste, qu'à la manière dont on s'y prend, il vaut mieux avoir été ministre que de l'être. Adieu, mon bien bon frère, je t'embrasse tendrement. N'oublie pas ce pauvre Dutemple, de jNIontargis. Voilà une requête pour ton père; elle vient de Saint-Brieuc, par Mlle Le Loutre-. Tout à toi.
1. On siiit que los doux donuers voluiuos do V Essai sur lindiQéf ence, où Laïuoiinais s'eiïoroc de prouvor que tous los poupies ont toujours cru à un Dieu unique, lui ont été inspirés par les besoins de la polémique eng-ag-ée à propos du deuxième volume.
2. Mlle Le Loutre était lu diroetrice de la poste de Saint- Brioue. Entièrement dévouée à l'abbé Jean-Marie, dont elle favorisa beaucoup les œuvres, elle était aussi dans los meilleurs termes avec son frère.
9 mars.
Je reçois, mon bon frère, les graines que tu m'annonçais dans ta dernière lettre, et je t'en remercie. g Différents motifs, dont je te parlerai, me décident à
^ ^uto^wtec- retourner à Paris. J'ai prié M. Le Gadennic de me chercher une chambre et de se concerter avec toi pour y faire porter mes meubles. Je compte partir vers le 24. J'ai beaucoup de choses à faire d'ici là : c'est pourquoi tu te contenteras de ces deux mots. Je suis d'ailleurs et bien faible et bien souffrant. Tout à toi, bon et cher ami.
A la Chênaie, le 25 mars 1822.
Diverses occupations de surcroît, un petit voyage à Saint-Malo, un autre à Pleudihen, m'ont empêché, mon bon frère, de t'écrire depuis quelque temps. De ton côté, je conçois que tu as eu peu de moments libres. Ainsi, toi dans le tracas du monde, et moi dans ma solitude, nous sommes aussi peu maîtres de l'emploi de nos jours l'un que l'autre. Les tiens s'écoulent au milieu du bruit et d'un mouvement qui fatigue, les miens dans un isolement quelquefois assez triste, et dans tout cela il faut voir et bénir l'ordre de la Providence,
Quand je viens à penser que, dans quelques mois, j'aurai déjà passé quarante ans sur la terre, pendant lesquels je n'ai presque connu que la douleur, je me demande, comme Job, ce que c'est que la vie, et pour-
quoi elle a été donnée à ceux qui sont dans l'amertume du cœur. Jacob aussi se plaignait de son pèlerinage, de ses jours brcvj. et mail; c'est le cri du genre humain. Mais, puisque ces jours mauvais sont si courts, attendons avec patience. Le remède est dans le mal luimême. Adhnc modicum ! Courage, mon ame, encore un moment ! et que t'importera d'avoir souffert un peu plus ou un peu moins, quand ce moment sera venu ? Oh ! qu'ici-has tout est vain ! Gomme tout passe, comme tout disparaît! Pauvre ombre, tu passeras aussi, et bientôt, et pour jamais : Spiritiis vadens et non rediens.
Voilà des réflexions bien peu assorties à ta position présente, mon bon frère. Je ne sais d'oîi elles me sont venues; je ne songeais à rien moins en prenant la plume. Mais peut-être que, mêlées au doux sentiment du bonheur dont tu jouis, elles ne seront pas elles-mêmes sans quelque douceur, comme ces sons lointains, ces voix tristes, qu'on entend quelquefois, ou qu'on croit entendre, au fond des bois, le soir d'un beau jour.
Bellevue doit t'écrire incessamment; tune lui as point annoncé ton mariage ; il m'a chargé de t'en faire des reproches très aimables.
Je me suis chargé d'une commission de tabac pour Marion^. Je t'envoie la note qu'il m'a remise, et je te
1. M. Marion fut, toute sa vie, un des amis les plus sûrs et les plus dévoués de Lamennais. Loi'sque celui-ci eut quitté définitivement la Chênaie et que son friM-e se lut fixé à Ploërmel, c'est M, Marion qp.i l'ut char^''é de la gérance du vieux domaine patrimonial. Il resta en relation jusqu à la fin avec le prêtre déchu, et l'un de ses héritiers a publié, sous le titre de : Confidences de Lamennais, l'intéressant recueil auquel j'ai emprunté divers extraits. (Voir l'Introduction).
prie de recommander le choix du tabac qu'il demande. Tu feras mettre sur la boîte l'adresse suivante : à M. J. Marion, à Mordreux en Pleudihen, près de Dinan, et tu enverras cette caisse à M. J. Gor^, rue de la Sourdière, numéro 29, avec le compte du tabac et des frais. Je suis fâché de te donner cette peine, mais je tiens beaucoup à rendre ce petit service à un excellent homme, qui m'en rend lui-même de bien plus grands.
Offre mes hommages à Mme Benoît. J'espère être un jour assez heureux pour la connaître, et je la prie de m'accorder, en attendant, un peu de bienveillance, sur la foi de l'amitié que son mari a pour moi. Je t'embrasse, mon bon frère, de tout mon cœur.
Mme Cottu se plaint un peu de toi, à l'occasion de ton mariage, qu'elle savait par la voix publique plusieurs jours avant que tu le lui eusses annoncé.
Répare un peu cela en l'allant voir.
A la Chênaie. 5 avril 1822.
Je suis heureux de ton bonheur, mon frère bien-aimé, et je voudrais en être témoin, pour être plus heureux encore. Tu dois sans doute bien des grâces à Dieu; élève ton coeur vers lui et prends garde qu'il ne s'en détache par cette félicité même que tu lui dois. Il faut la recevoir de sa main avec reconnaissance, la lui offrir et aspirer sans cesse à quelque chose de meilleur encore.
1. M, Cor, originaire do Saiiit-Malo, s'occupait daffaires de banque; il était souvent chargé de gérer les intérêts de Lamennais.
J(! te remercie de tout ce que lu fais pour Ion pauvre frère; remercie aussi (Jourchamps ])our moi. Je suis 1res sensible à sa complaisance. Je serais bien aise de voir l'Encyclopédie de Naples. M. Roger voudra sûrement bien me renvo3'er vous bande. Je te prie de me rappeler à son souvenir; je n'oublierai jamais les politesses dont il ma comblé.
Mme Benoît a fait la conquête de nos dames; je n'en suis pas surpris, mais j'en suis lier, parce qu'elles sont bien capables d'apprécier tout ce qu'il y a de bon, d'aimable et de solide dans les qualités qu'elle possède et qui assurent ton bonheur.
Je te recommande de nouveau le tabac de Clarion. Je tiens beaucoup à ce qu'il voie que j'ai eu à cœur de lui rendre par toi ce petit service. Que je serais content de te revoir, mon pauvre enfant! jNIais je ne prévois pas que ce puisse être prochainement. Quand Dieu voudra, quand Dieu voudra! Adieu, mon Denis, aime-moi toujours.
Je t'embrasse, et tu sais si c'est de tout mon cœur.
Saint-Malo, le 10 avril 1822.
Je le prie, mon bon frère, de lire avec attention la note incluse, et de faire tout ce que tu pourras pour déterminer M. Benoît à écrire un mot au préfet de Rennes dans le sens qu'on désire. Il s'agit d'empêcher la ruine du pauvre Biarrote*, qui se trouvera sans res-
1. C'était un Breton, des environs de Saint- .Malo, qui était
sources si on lui ôte sa culture. Le préfet, qui s'intéresse à lui, mais qui est faible, a promis formellement d'ac* corder ce qu'on demande, si M. Benoît témoigne que cela lui serait agréable , et j'espère d'autant plus qu'il ne s'y refusera pas, qu'il ne s'agit même d'aucune faveur proprement dite, puisqu'il y a une portion de culture disponible, d'après l'ordre établi.
Je te prie aussi de voir M. Roger, et d'appuyer près de lui la recommandation que je lui fais, par ce courrier, au directeur des postes de Saint-iNIalo, M. Deshayes, parent de Binet, qui a eu une affaire désagréah^le avec le colonel du régiment qui est en garnison ici. Cette affaire a été présentée sous un jour tout à fait faux au duc d'Oudeauville. M. Deshayes, qui est aimé et estimé de tous les honnêtes gens, a eu quelques torts, c'est-à-dire qu'il a perdu patience après avoir écouté assez longtemps les insultes les plus graves, mais le colonel a eu de beaucoup les plus grands torts, et c'est ce que tu peux assurer hardiment.
Je n'ai pas le temps aujourd'hui de t'en dire davantage ; je t'embrasse de tout mon cœur. Mon beau-frère * se rappelle à ton souvenir. Ton pauvre frère, F.
A la Chênaie, le 2 mai 1822.
Cette lettre, mon cher ami, te sera remise par un de
depuis fort longtemps en relations avec la famille de Lamennais, et auquel celui-ci aimait à rendre service.
1. M. Blaize, le père d'Ange Blaize, qui devait écrire plus tard VEssai biographique sur Lamennais.
mos bons et anciens camarades, M. André de l^jnipliily ' , qui se rend à Paris pour une affaire importante, et au succès de laquelle; je m'intéresse vivement. Elle ne paraît offrir (pi'une légère difficulté. Les règlements de l'administration s'opposent à ce (ju'un frère occupe sous son frère une place dans le service actif, mais le service d'un receveur se bornant à encaisser des fonds sur les bordereaux qui lui sont remis, ne saurait, ce me semble, être considéré comme actif, et le règlement paraît désigner les emplois qui obligent à l'exercice d'une surveillance quelconque sur autrui. Dans tous les cas, je te prie de plaider la cause dans ce sens-là, et de procurer à M. de Pompliily une audience de M. Benoît, à qui j'espère que tu voudras bien recommander son affaire. M. de Pomphily est le neveu de M. le contre-amiral Trublet, et c'est un titre bien honorable à la bienveillance de l'administration. D'après les arrangements convenus et dont il te parlera, il me semble qu'il sera facile d'arriver au résultat qu'il désire, et que je désire moi-même très vivement.
Ton ami, F. de la Mennais.