‹ Un Lamennais inconnuChapitre 98 sur 112 · était (lilfu;iU\ avoiions-lo, de \o'\v plus juste · texte numérisé non relu

était (lilfu;iU\ avoiions-lo, de \o'\v plus juste

précédents. .Iiis((U(;-Ià, nul lionnùtc homnu; nu fera ce qu'a fait Glialoaubriand, dut toute la terre chanter à sa louange des hymnes encore plus pompeux que ceux dont retentissent les journaux du libéralisme, en l'honneur du vieillard pauvre et désintéressé. Mon Dieu, qu'il y a loin du talent à ce ({ui élève véritablement l'homme!

La mort de Mlle de Vilrolles ' m'a profondément affligé, non pas à cause d'elle, qui n'aspirait qu'au bonheur dont elle jouit maintenant, mais à cause de son pauvre père, dans la vie duquel elle tenait tant de place. Si les choses ne s'arrangent pis pour qu'il revienne à Paris convenablement, je voudrais au moins qu'on lui donnât Rome. Cette faveur lui est bien due.

Je désirerais comme toi un peu plus de naturel de style dans l'ouvrage de l'abbé Gerbet^. C'est, à mon avis, la seule chose qui manque à cette belle production. L'auteur se corrigera de lui-même en vieillissant. Je lui ai fait retrancher en ce genre tout ce qui ne tenait pas à la conlexlure générale et, pour ainsi dire, à la substance de la diction. Du reste, la sorte d'enflure et d'affectation qu'on peut quelquefois lui reprocher ne sera pas généralement sentie, et plaira même, comme je l'ai vu, à beaucoup de lecteurs.

Adieu, cher bon frère, pense à moi, et prie pour moi.

1. La fillo unique do M. do Viti'olhvs vouait do mourir à FloroiU'O, pondant (juo sou poro ôtait luinistro plruipottMiliairc auprès du grand-duc de. Tosraiu\ Cotait m\o jcunt' porsonne d'une g-rande piéto et d uno rare distinction, dont Lamennais projota, plus tard, d'écrire la vie.

'2. 11 s'ag-il du beau livre intitulé : ConsiUératiOHS sur Ic

dogme générateur de la piété calholique.

242 UN LAMENiNAIS INCONNU

Je ne sais, hélas ! quand nous nous reverrons. Qu'iraisje faire à Paris ? Cette ville m'est plus que jamais étrangère, et puis j'ai des devoirs qui me retiennent ici. La Providence y bénit le peu de bien que je m'efforce de faire, et cela c'est me dire : Restez K Tout à toi, du fond de mon cœur.

Ce qu'on dit de la santé du pape a-t-il quelque autorité ?

Le 20 octobre 1829.

Je partage de tout mon cœur ta joie, mon bon frère, du retour de Samuel à des sentiments dignes de sa belle âme, et dans lesquels il trouvera cette paix qui est le seul bonheur de la terre. Quand tu lui écriras, dis-lui, je te prie, que tu n'es pas le seul qui aies (sic) été heureux de ce qu'il te mande. J'aime tout ce que tu aimes, et quand je ne serais que chrétien, comment n'éprouverais-je pas quelque chose de ce que tu éprouves, en apprenant que Dieu m'a donné un frère de plus ?

J'ai ici un jeune Anglais, âgé de dix-neuf ans, qui rentrera demain dans le sein de l'Eglise. C'est la droiture et la candeur mêmes. Il n'y a que huit jours que la Providence me l'a envoyé. Je voudrais que tu le connusses, car tu l'aimerais aussi. Je le recommande à tes prières. Mais est-ce que tu ne trouveras donc pas un moment

Il Lamennais était alors absorbé por les soins qu'il donnait à ses jeunes gensj à la Chênaie.

UN LAMKNNArS INCONNU 243

jxnir venir ici.' Tu s;li>^ l»irii (jinr j«' rif; peux quitter. Kt je serais si liciiriiix d»- vivre près de loi, «l'épauelier mon âiinî dans Ion Xuntl (^)uand je pense à cela, «'ij'y pense souvent, alors j<' ne sais [)lus que lever les yeux en haut, et aj)peler le jour (jui nous réunira pour jamais, car il ne me faut, mon frère chéri, rie'n moins que l'éternité avec loi.

Je crois que tu pourras proposer Charles à Mme de Rauzan. L'ahhé Gerixït s'est informé de lui, et il a rei^u les meilleurs témoignages sur son compte, il sera bien didicile d'en trouver un aulre. Pour moi, je n'en connais aucun. Il est toujours fort hasardeux de se confier en un étranger, surtout d'après la légèreté avec laquelle on recommande.

Ce ({ufc lu me dis de notre état est triste, mais trop vrai. Nous en causerons un aulre jour. Voilà (pi'on m'appelle. Je t'embrasse, et tes })elils enfants, de touie la tendresse de mon cœur.

Lo 1!) iiovemhr»' 1S:>'J.

h) n'ai, mon ( Ihm* bon frère, qu un moment pour l'écrire, alin de ne pas nuuupier le courrier (pii part aujourd'hui de Dinan. 11 s'agit du frère de l'abbé (îerbel. Tu lui as parlé d'une; place en Corse. Il pense <pie celle plac<» viiudrail de 4 à (>,000 francs. Kn ce cas, non seulement il n aurait aucune répugnance pour la Corse,

mais il désirerait vivement obtenir l'emploi en question, ainsi qu'il le mande à son frère, qui me prie de t'en écrire. Je joins mes instances aux siennes, soit pour cette place, soit pour toute autre. Ce serait nous rendre un service immense que de placer ce bon jeune homme, qui se voit sans fortune et sans carrière, et qu'il faut par conséquent soutenir, ce qui est une charge pesante. Je te demande très instamment d'aider et de diriger ses démarches. Si c'était possible que tu te concertasses avec Berryer pour cela, cela pourrait, ce me semble, avancer les choses.

Au reste, tu sais mieux que moi ce qui convient. Si tu jugeais à propos que j'écrivisse à quelqu'un pour cela, dis-le-moi. Mais je connais si peu de personnes !

Tout à toi du fond de mon cœur.

GLXIV

Le 13 janvier 1830.

Cette inflammation de poitrine dans une saison si rude m'aurait fort inquiété, cher bon frère, si tu ne m'annonçais ta guérison en même temps que ta maladie. La fréquence d'indispositions analogues te doit faire prendre plus qu'à d'autres des précautions contre le froid, surtout lorsque tu sors le soir, car rien n'est dangereux pour toi comme cet air glacé qu'on rencontre dans la rue en sortant d'un salon bien échauffé, et qui vient frapper directement la poitrine. Tiens-loi donc bien en garde contre ces subites variations de tempe-

ralure. Kilos nOnl pas pour moi l<.s iij(,in(,'>, inconvrnimts, et j'y suis d'ailleurs fort peu exposé ici. Le seul ilérangornciU (pie nie eauâe le froid est de rn'euipécher d'écrire ^.

Ce (pie lu me dis d»? 1 impuissanee où la maladie nous met de penser sérieusement à ee (pii nous importe le plus à ce moment, je l'ai bien éprouvé moi-même. Jistotc er^'O parciti , quia ncscitis (Ucin rt liorain '. Mais on se flade toujours rpi'on fera exception, (pi On aura le temps, et l'heure arrive, et l'on s'en va comme on avait vé(;u.

Si cette vérité d expérience s'appli(juc aussi aux ministères, le nôtre mourra bien platement. Après tout, (juc pouvait-il faire? Ce n'est ni par le j)OUVoir, ni par les agents du pouvoir que la société renaîtra désormais. Il faut que les masses s'en mêlent, il faut qu'il s'opère partout, sous l'influence du calholicisme, un mouvement semblable à celui (jui, dans la lîelgi(|ue, a fondu tous les partis en un seul parti, lecpiel demande les vraies libertés, sans en excepter aucune, (pii les veut, et les obtiendra. Oh! si le clergé de France s'éclairait enfin! Gela viendra; il est nécessaire (pie cela vienne; mais nous en sommes encore loin, bien loin-'.

1. Lainoniiiiis l'tnit, on réalili', très sensible aiti Imid. Pend.int l'hiver, et souvent niènu* pendant l'él»'. il s'ajjprnehail tellement (lu loyer, que les pans do sa redinj^'ole en étaient souvent hrùh's. De i)lus, eoniine il le dit ici, le lioid lui paralysait lu main, et aussi un peu rinlelli^-enee.

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