‹ Un libre-penseur du XVIme siècle: ÉrasmeChapitre 21 sur 45 · EU AS ME · texte numérisé non relu

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inr VOYAGE EN ANGLETERRE.

iZ^OI^E DE LA FOLIE.

^^-*^i fvi550 le SpJiigen, après avoir traversé ^J ^K ^"^=^*^"^^^ Bologne et la Lombardie, V. jPVsS ^ dirige sur Constance dont il nous jvtrlcrji p-Ius tari, gagne Strasbourg par le Brisgau cîà?5o:nd le Rhin jusqu'en Hollande. Il est enfin Oî^ An^oterre vers les premiers jours de juillet i \ iX). et va demander l'hospitalité à Monis.

Ce séjour, le plus long qu'il ait fait en dehors du Continent, puisque, sauf une excursion de vjuciques jours en France vers i ^12, il dura jusv^uVn If 14^ mérite de fixer notre attention . tts^^j^ne a quarante-trois ans, il est dans sa maturtsvN et sa réputation est déjà Européenne. Les vvuvr^ qu'il va livrer au public et les travaux

qu'il prépare vont jeter sur sa vie plus d'éclat encore, mais aussi susciter contre lui des haines qui le poursuivront jusqu'à la tombe. C'est chez Morus (Moor) qu'il va écrire Y Éloge de la Folie, non pas à cause de éMorus, comme il l'écrira bientôt à Hutten, non pas même pour jouer sur le mot de ptwpîa qui se rapproche du nom de son ami, mais parce qu'il connaît à Morus un esprit libre, vif et plaisant, assez sérieux toutefois pour estimer à sa valeur une satire si bien appliquée. Il donnera pour excuse à Martin Dorp (Dorpius) de Louvain que cet opuscule ne lui a coûté que sept à huit jours. N'en croyons rien : il a pu le méditer sur la route si longue de Rome à Londres /?c?i/r se distraire, en franchissant les Alpes ; mais il y songeait depuis longtemps, et ce serait peut-être la raison capitale qui lui fît quitter Rome si précipitamment. Il n'aurait pas osé produire la Folie si près d'un pape dont il fait le cas que nous savons et dont, du reste, il avait peur.

Pour mieux entendre ce qui va suivre, disons que les abus qu'Érasme va signaler n'étaient pas nouveaux, ce Dès le temps du concile de Vienne (151 1), dira Bossuet dans les Variations*^ wn grand évêque, Guillaume Durand, chargé par le pape de préparer les matières qui devaient y être

traitées, mit pour fondement de l'ouvrage de cette assemblée, qu'il fallait réformer l'Église dans le chef et dans les membres. (Plus tard) le cardinal Julien représentait à Eugène IV les désordres du clergé, principalement de celui d'Allemagne. Il prédisait qu'après l'hérésie de Bohême, et quand elle serait éteinte, il s'en élèverait bientôt une autre plus dangereuse. » Bossuet reconnaîtra également, dans le même ouvrage*, qu'on avait raison « de crier contre des abus qui n'étaient que trop véritables. La réformadon des mœurs corrompues était désirée de tout Tunivers. La saine doctrine n'était pas également bien expliquée par tous les prédicateurs. Plusieurs ne prêchaient que les indulgences, les pèlerinages, l'aumône donnée aux religieux, et faisaient le fond de la piété de ces pratiques, qui n'en étaient que les accessoires. Us ne parlaient pas autant qu'il fallait de la grâce et de Jésus-Christ. »

L'Imitadon, qui est du xv* siècle, n'avait-elle pas dit, au sujet des pèlerinages et des reliques : « De telles visites n'ont d'autre but que la curiosité et l'attrait de l'inconnu; le fruit qu'on en rerire est faible, quand de telles courses ne viennent pas d'une véritable contririon*? » Voilà pour les pèlerinages; voici pour les théologiens.

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