IV, S5S
ÉRASME lyf
Malgré l'accueil flatteur qu'il avait rencontré, bien que, de nos jours, à Cambridge, une promenade porte encore son nom, ce qui montre le prix qu'on attachait à sa mémoire*, Erasme en eut bientôt assez de l'Angleterre, surtout à l'époque de la Sainte-Ligue, qui le gêna si fort dans ses ressources et dans sa correspondance. L'attention de Henri VIII, dont il avait tant espéré, se refroidit à son égard, et les grands, tout occupés .de guerre, se détournèrent momentanément des lettres. Aussi, lorsque, en 1^13, Fischer fut député au concile de Latran, Érasme voulut être de sa suite et revoir cette Italie qu'il avait, à tort, si vite abandonnée. Mais le voyage de Fischer n'eut pas lieu, et Érasme en fut encore pour ses regrets. Ses regrets * redoublèrent lorsque, l'année suivante, 1^14, il apprit la mort de Jules II et l'avènement de LéonX. Il écrivait à Grimani :
« Je suis repris du plus violent désir de revoir Rome, quand je songe à tout ce qui en embellit le séjour. C'est le premier théâtre du monde; c'est là qu'on trouve le plus de liberté, le commerce des savants les plus renommés, les bibliothèques les plus riches, les compagnies les plus lettrées, le plus de restes de l'Antiquité, le plus de grands esprits enfin. Aussi n'y a-t-il nulle part
• G. Feugère, 49.
un bonheur comparable à celui de me retrouver à Rome. Mais je me vois obligé de renoncer à mes espérances, aux promesses faites à mes amis. »