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qui termina la querelle quelques mois avant la mort de Stunica, en i ^^o.
Nous ne sommes pas au bout avec les théologiens espagnols. Un nommé Sancho Coranza d'Alcala avait pris part à la lutte de Stunica pour lui venir en aide. Le point capital pour Coranza roulait sur un sujet de première importance.
Érasme, dans les paraphrases qu'il avait ajoutées à son Nouveau Testament, avait-il suffisamment reconnu la divinité du Christ? Erasme répondit que, d'après lui, la divinité du Christ pouvait se conclure de certains passages de saint- Jean*, mais que, dans d'autres, on ne trouvait pas de quoi confondre les hérétiques, par exemple, dans saint- Mathieu**, dans les Actes*** et dans l'Épître aux Romains****. Il déclarait, au demeurant, avec sa réserve habituelle, qu'il s'en rapportait là-dessus aux dogmes admis. Il avait peine cependant à se contraindre, lorsque la conviction faisait défaut. Ainsi, sur la question du libelle: Y a-t-il dans l'Écriture un endroit où le Christ soit appelé serviteur? lls'cn explique longuement dans son Apologie. Il dit non, avec Chrysostome et Laurent- Valla. Coranza avait reproduit ce qu'avait avancé Stunica, qu'Érasme inclinait à la doctrine d'Euty-
* Ch. I.
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chés et d'Apollinaire, qui ne reconnaissaient dans le Christ que la nature divine. Il n'y a, répondit Érasme, point de texte où le Christ soit appelé serviteur; on peut néanmoins le regarder, d'après sa nature humaine, comme le serviteur de Dieu, si, par cette expression, on entend une obéissance parfaite, non une idée de crainte ou d'infériorité. Quant au mariage que Luther ne tenait pas pour un sacrement, Érasme disait encore être avec l'Église. Acculé et ne voulant pas se découvrir, il ne fera pas d'autre réponse jusqu'à sa mort. Au reste, il n'en fut pas de Coranza comme de Lée ou de Stunica: il se remit avec Érasme, devint même son ami.
A cette liste si longue des adversaires catholiques nous n'ajouterons pas la critique de Latomus, docteur de Louvain, bénigne au fond et qui ne nous apprendrait rien de particulier, puisqu'il ne reprochait à Érasme que le culte exagéré des Anciens au détriment des scholastiques le culte du grec, qu'il jugeait inutile; enfin, ce qui faisait le fond de sa critique, l'infidélité à la Vulgate, évidente, d'après lui, dans son Nouveau Testament. Nous sommes suffisamment édifiés sur tout cela.
Tournons-nous maintenant d'un autre côté, qui ne fut pas pour Érasme une moindre source de tribulations, du coté de la Réforme menaçante et soupçonneuse à son endroit.