PRÉFACE V
pas y bien s'en faut, ennemi des langues vivantes, aujourd'hui plus nécessaires que Jamais, et nous applaudissons aux programmes qui les ont rendues obligatoires. éMais estimer qu elles peuvent suppléer aux langues anciennes est une erreur inexplicable, chei un Français surtout. ïT^tre idiome, nos mœurs, notre génie sont éminemment latins; on oublie que nous sommes restés, malgré les invasions et le mélange des races, au premier rang des nations latines, si opposées de nature et de tendances aux faces germaniques et slaves. C^Ços sciences, nos lois, notre culte, notre langue ont leur principale origine à ^me; le fait ne saurait être contesté. Et notre esprit Français, si clair, si alerte et si vif, nous allions dire si honnête, perdrait ces précieuses qualités le Jour oii nous aurions le malheur de n'admettre dans nos établissements d'instruction secondaire que l'étude exclusive des langues modernes.
En outre, ces publicistes ne se sont pas aperçus que les classiques anciens ont sur les classiques modernes un avantage qui n'est pas à dédaigner en pédagogie : ils ne peuvent plus changer. En est-il de même des modernes, sur lesquels la critique est loin d'être unanime ? T^emplacerei-vous, au éMidi, Homère et Virgile par Dante ou Cervantes, tandis que vous les remplacerez, au ïT^rd, par Gœthe ou