III
** Philodoxus.
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non sans motif, de ne pas polir sa diction, de se laisser aller à l'improvisation et, par suite, à la trivialité *. De là des redondances, des synonymes accumulés sans nécessité, qui nuisent à la clarté, comme dans le T)e Concordiâ, C'était un peu le défaut des érudits du temps; Budé, tout sévère qu'il est, n'y a pas échappé : nous trouvons dans une de ses lettres à Erasme **, DemiroTy deosculor, amplecror, suspicio tuum istud tam aerey tam sanctumy tam celerCy tam prœsenSy tam sihi constans judieium; c'est-à-dire, quatre verbes pour dire qu'il admire le goût d'Érasme, et cinq adjectifs pour le vanter ! Ce serait le cas de lui appliquer le mot de La Bruyère : « Amas d'épithètes, mauvaises louanges***. » Mais le goût, la mesure ne sont pas la caractéristique des écrivains du X v l '^ siècle, pas plus d'Érasme que des autres.
Érasme consulte pourtant, quelquefois même ses domestiques, comme Molière sa servante.
D'ordinaire, malgré ses défaillances, son goût est plus sûr que celui de ses contemporains, à preuve ce jugement sur les Lettres à Lucilius, si belles nonobstant, si profondes parfois : ce Qu'ont les Lettres de Sénèquc de conforme au genre épis-
• Pbilodoxm»
** Let. I, 23.
**• Des ouvrages de î'esprii,
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coLùre, si ce n'est le dtre? Ce qui charme avant coct le lecteur, c*est de trouTer dans un écrit les sentiments^ le cirjctère, le namrel et les idées de Fjuteur*- » AiKeurs, dans les liages ** : « Je ne &b [US fi de Téloquence chez les autres; pour moi. je ne fai jamais lecherchée; je ne sais comment il se tait que j*ai toujours préféré un style sensé plu rôt que chargé de figures, picrafiicis; je me contente d'éviter la vulgarité, sordes, et de rendre ma pensée exactement. 3 Ce n'est pis qu'il soit dénué d'ampleur et d'abondance ; mais il préfère, comme il dit à Rhénanus ***, une langue plus libre, plus dragée, ^^um ac liberum orarionis $,enus.
Le commerce si long qu'il eut avec les Pères de rEglise, avec les Ecritures, se fait çà et là trop sentir, et sa critique, si saine d*habitude, se laisse [>ar moments aller à des engouements singuliers. « Prudence, dit-il ****, dans sa poésie lyrique, surpasse l'élévation, grandi-loquenriam, de Pindare; il est plus élégant que l'inimitable Horace. Dans la poésie héroïque, il a je ne sais quoi de plus grandiose, de plus divin que la trompette grecque et latine. (Dans les sujetâ
• Cicéronien,