I JO
Aussi bien le jour OÙ M. Frémietjeta sur le marché français des statuettes comme sa Vierge de Béthléem^ douce comme un verset de litanies, son Saint Michel, pareil à un plomb de pèlerinages anciens, ou son Saint Louis qm est un charme et une vision, il y eut fête dans le cœur de ceux qui aiment et voudraient éternelle la puissance esthétique du christianisme. Cette puissance on la croyait bien morte, à jamais. Ne la voyons-nous point tous les jours enterrée, sous nos yeux, dans la nécropole du quartier Saint-Sulpice, chez ces marchands d’images pieuses, dont les boutiques sont pleines de chuchotements funéraires et hypocrites? Soudain la voici qui renaît, sonore et splendide, sous le ferme ciseau d’un statuaire qui cherche la vie de l’art partout, dans l’histoire comme dans la science, dans la nature comme dans la légende, dans l’esprit comme dans la Foi. M. Frémiet a ravivé par l’application d’un art très élevé et très intense ces images pieuses, dont nous n'avions plus que la caricature, et dont la splendeur réelle était passée à l’état de chose perdue.