‹ Un maître imagierChapitre 27 sur 37 · JE CROIS EN DIEU · texte numérisé non relu

JE CROIS EN DIEU

« Je cherche encore, sans pouvoir le retrouver, un sujet aussi net », dit M. Frémiet en parlant de son Credo. En vérité, il est difficile d’imaginer une œuvre d’art plus précise, plus complète en soi, exprimée en termes plus concrets. C’est net, clair et simple comme une formule, cette figure de croisé, debout en forme de croix, crucifié luimême dans sa volonté puissante, dans l’action de sa conscience de croyant. C’est l’homme-crucifix, ce chevalier de la première croiserie. Les bras ouverts déroulent en plein sur sa poitrine les lettres du mot divin ; Credo. C’est clair pour être entendu de l’univers entier C’est le cri de l’àme de la terre entière, de la terre catholique, le cri universel. Ce cri est l’identification totale de la volonté à l’intelligence. Sans doute, une volonté domine cette volonté du héros qui croit et affiche sa croyance comme un drapeau sur sa gorge puissante, la volonté d’en haut. La force même de cet homme soumis aux décrets du ciel, c’est sa soumission à l’ordre de son Dieu. Credo! Et cet

homme n’accepte la volonté de Dieu que pour mieux croire, pour être plus sûr encore de ce qu’il aime, et mieux faire comprendre au monde le prix de cette volonté divine qui l’inspire et emplit son être. La vie pour lui n’est point une farce. Ce croisé voit les choses au sérieux. Et la terre à ses yeux est un lieu d’épreuves. Le voilà qui s’olîre à son tour en sacrifice pour le salut des pécheurs. Son Dieu n’a-t-il point donné sa vie pour le salut de la terre ? Lui aussi, en reconnaissance de la Rédemption, fait l’offrande de sa vie. 11 ne voit pas de meilleur moyen de marquer sa gratitude envers les bienfaits de la Providence. Cmfo .Mit-il, et nous avons l’offertoire de tout son être ; il donne son corps pour Dieu, il offre aussi son âme. Son âme est là, devant nous, extérieure à sa personne de chevalier armé pour la guerre sainte. Son âme est dans cette inscription ; elle a revêtu, pour se faire voir, la forme symbolique de VActe des Apôtres. Credo ! ditelle, et à cette époque elle est l’acte de foi du monde occidental.

Combien de gens debout pour suivre ce preux qui croit! Credo! La terre s’est soulevée comme secouée par un tremblement. L’air a été battu par la parole des Urbain et des Saint-Bernard. Il n’y a plus parmi les humains que des gens en route pour délivrer le tombeau du Christ. Le grand mot prononcé a été compris : Credo ! C’est une poussée de miracle vers l’Orient. Les croisades voulaient arracher le tombeau du Christ aux mains des infidèles. Elles auront eu pour résultat positif d’ouvrir les marchés de l’Occident à la rapacité des marchands orientaux. Les teneurs de bazars voulaient le monde pour comptoir. L’Orient de Palestine et de Turquie ne leur suffisait plus. Et le tombeau du Christ est toujours sous la garde des Sarrasins.

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.Mais l’œuvre des croisades a versé le sang du Sacrifice et de la Foi sur les âmes chrétiennes. Le ciel est devenu l’asile des âmes pures qui voulaient sauver la terre. Tous ceux qui partaient pour la guerre sainte arrivaient en paradis. Credo ! En souhaitaient-ils' davantage ? Ces croisades furent la guerre des âmes. Ceux qui les provoquèrent, comme ces mercanti levantins, y voyaient l’essor de leur petit commerce. Les chrétiens qui acceptaient ces combats, ne prenaient pas le temps de savoir comment leurs morts par milliers seraient charriés dans les eaux du Nil. La tâche demandait obéissance et foi. Ils marchaient au salut, à leur dégagement suprême. La mort ne les arrêtait pas, elle les appelait. Ils suivaient la promesse d’une vie supérieure. Leur âme les poussait, leur foi les guidait. Au terme de ce saint voyage d’Outre-Mer, ils n’apercevaient que le service du Christ. Simples et décidés dans le sens de leur mission, ils ne se souciaient pas d’apprendre ce qu’il adviendrait d’eux, une fois en route pour cette éternité. Ils n’ont jamais su l’inefficacité de leurs efforts pour placer le corps divin du Christ sous la garde des chrétiens. Leur âme, une fois montée au ciel, leurs corps, martyres d’une guerre terrible, allaient dormir sur la terre des croisades et exhausser les alluvions de l’isthme ancien de Suez. Nous devions les retrouver en poussière, par millions de mètres cubes, dans les grands excavateurs Lesseps, pour le plus grand bonheur de l’éternel mercantilisme des bazardiers orientaux. Mais la misère du résultat ne diminue point l’ampleur du dévouement des croisés, et n’entame point le prestige de leur croyance inaltérable. Leur foi est sans

bornes. Coulant sur le monde comme un torrent d’énergie, cette

foi sublime a donné à ses fidèles la vie e'ternelle qu'elle assure à ses martyrs. Credo !

Farouches, ils e'taient les chevaliers de Dieu.

Ce chevalier de fer qui récite tout haut sa prière, là, debout devant nous, les bras ouverts comme les bras de son Dieu mort pour les péchés du monde, est un peu de la famille de ces chevaliers errants dont M. Frémiet, quelque part dans son œuvre, a relevé les traces. Tous ces chevaliers-là ne sont point gens de mœurs pratiques. Ils traversent la vie sociale, un peu comme des oiseaux de mer que le vent pousse au-delà du récif où ils voudraient prendre du repos. C’est le vent qui dirige leurs destinées et les conduit dans la vie, comme au hasard. Ils visent un but visible qu’ils n’atteignent pas. Sont-ils inutiles pour cela? Et l’exemple de leur confiance inébranlable en quelque chose d’éternel, ne suffit-il point à leur assurer une place sur terre à côté des gens positifs ? Ceux-ci sont gens d’affaires. Les chevaliers sont gens de dévouement. Don Quichotte est devenu leur patron. Et le Chevalier errant de M. Frémiet appartient lui aussi à la corporation de ces étranges batailleurs de l’idéal. Un écrivain russe, Tourgueneff, a écrit des choses bien jolies sur ces Don Quichotte, à propos du héros de Cervantes et de l’Hamlet de Shakespeare. Il veut qu’on pénètre l’âme de l’œuvre de Cervantes, pour apercevoir la moelle de la vérité sur ce chevalier qui « exprime par dessus tout la foi, la foi en quelque chose d'éternel, d'immuable, la foi dans la vérité «. Selon Tourgueneff, don Quichotte est pénétré tout entier de l'amour de

l’idéal: a pour atteindre cet idéal, il est prêt à endurer toutes les privations, à subir toutes les humiliations, à donner jusqu’à sa vie ». Hamlet n’est point un type si généreux. C’est un ne'gatif, un analyste de soi-même, un sceptique inutile. Les Hamlet sont un danger, les don Quichotte sont indispensables, car ils sont le contraire de l’égoïsme raisonneur ; ils ne vivent que pour donner aux hommes l’exemple du sacrifice, du dévouement et de l’abnégation. L’étude de l’écrivain russe qui développe cette thèse, était à citer devant cette image du Credo^ où se trouve un si grand enseignement moral. Ce chevalier là, lui aussi, ne voit dans la vie qu’un moyen de faire triompher l’idéal, la justice et la vérité. C’est en vue de ce triomphe qu’il offre sa vie sans restriction. Les malins de ce monde, les arrogants et les athées dont il est parlé dans le titre et la légende du docteur Faust, né à Rod près Weimar, ces hommes-là, qui sont insolents, railleront le pauvre chevalier qui aura conservé ses illusions jusqu’à sa mort. Eux ne sont point les dupes de l’illusion. Ils ont même une ligne toute tracée, quand un Don Quichotte vient à mourir. Cervantes nous le confesse sans voiles, quand il nous montre le chevalier de la Manche, peu avant sa mort, foulé aux pieds par un troupeau de pourceaux. Tourguéneff, avec raison, insiste pour nous montrer le sens profond de ce dénouement qui n’est burlesque qu’en apparence. « Les don Quichotte sont toujours foulés aux pieds par un troupeau de pourceaux et surtout à leurs derniers moments; c’est le tribut suprême qu’ils doivent payer à la destinée grossière, aux hommes qui ne les comprennent pas et restent indifférents et insolents. C’est le soufflet du pharisien. Après l'avoir reçu, ils peuvent mourir en paix.

ils ont passé par tout le feu du creuset, ils ont conquis l’immortalité, et elle s’ouvre devant eux. »

C’est tout ce côté de l’âme humaine, le plus grandiose et le plus rare, que M. Frémiet a replacé sous les yeux de notre siècle incrédule et incertain, par son Credo. L’artiste a tout dit d’un mot. Et ce mot qui est un monde dans l’ordre de la pensée humaine, il a su l’exprimer par un geste unique, le seul qui pouvait le faire comprendre, sans le concours des épithètes accessoires : Credo ! Et rien de plus, peur être compris du public mis en présence de cette conception si étrangère à l’occulte des énigmes. Un mot qui exprime tout le christianisme, appliqué comme sur un pupitre, sur la poitrine vaste d’un chevalier, qui est lui-même le signe de la croix fait homme. Le signe et le mot se confondent. Le signe seul pouvait paraître incomplet. Tel homme, les bras en croix, pouvait provoquer une interprétation quelque peu éloignée de l’intention du statuaire. D’une main décidée et sûre, ce maître du ciseau a gravé sur son héros de fer, en intaille, la lettre ardente de la foi chrétienne : Credo.

Ce preux en croix est un document unique dans la statuaire. Je ne connais pas d’équivalent à cette conception immense et précise, exprimée en un langage plus simple et plus complet. C'est net et significatif comme l’ombre du Golgotha projetée sur la figure humaine. On sait ce qu’on a devant soi lorsqu’on arrête le regard sur ce chevalier qui fait de tout son corps le signe de la croix. L’art, dans ses efforts vers l’harmonie universelle, trouve par instants de ces expressions complètes, qui élèvent la synthèse au symbole, et par là, arrêtent la pensée comme au seuil de la vérité définitive. Alors il n’y

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a plus à chercher au delà : le but est atteint. Ce qui devait être dit, est dit. Un geste, un signe de plus, c’est la chute dans le vide, dans l’inutile. Le CmYo de M. Frémiet est une œuvre harmonieuse dans le sens de la totalité réalisée. Une idée grande et simple, grande comme le monde et simple comme l’azur, l’idée de la foi avait à se faire jour, à prendre une forme dans l’histoire de l’art. Elle a trouvé dans le Credo de M. Frémiet, sa formule complète, son expression totale.

En jargon d’atelier, cela s’appelle une trouvaille. Elles sont très rares, les trouvailles de cette espèce, dans le catalogue des arts plastiques, aussi nettes, en aussi peu de frais, exprimant une idée grande par aussi peu d’efforts. Le Credo est une idée divine en une figure humaine et unique. Le Moïse de Michel-Ange est d’une éloquence plus complexe ; les Pèlerins àlEmnails, qui est une des merveilles de l’art, est moins condensée dans sa simplicité grandiose. On devine, devant ces œuvres, qu’elles pourraient être traduites autrement, moins bien, et exister quand même; on refera Moïse^on recommencera Rembrand, on ne recommencera pas le Credo. Le Credo de M. Frémiet ne pourrait plus exister autrement. Maintenant que nous bavons, nous voyons très bien que c’est ainsi qu’il devait être. Ce Credo apporte l’impression d’une chose qu’on n’avait pas encore trouvée, qui devait être trouvée, et qu’on ne retrouvera plus. C’est fait, c’est là, il n’y aplus à y revenir. Il serait inutile d’y revenir d’ailleurs, car le Credo c’est le Credo de M. Frémiet, et ne saurait être d’un autre. Il n’y a qu’un Credo supérieur à celui-ci, c’est le Credo du Calvaire. Mais puisque l’art a pris l’empreinte de l’acte de foi divin, pour en matérialiser

l’image dans l’ordre humain, c’est la forme choisie par M. Frémiet qu’il fallait et point une autre. La formule trouvée là, est mieux que la bonne formule. Elle est la meilleure, la seule, et tellement appropriée au sujet, que celui-ci n’en admettrait plus d’autre. Sous le ciseau du statuaire, la splendeur de l’idée du Credo a conservé sa physionomie nette, totale, irrécusable d’axiome. Cette statue vit désormais la ,vie de la pensée dont elle est l’humaine transcription, la vie d’une proposition évidente par elle-même, reconnue comme telle par l’acquiescement total des fidèles de cette croyance. Depuis que ce Credo existe dans la série des réalisations plastiques, nous voyons bien qu’il ne peut plus désormais ne pas exister. Son intensité d’expression est trop absolue pour qu’il nous soit possible de nous en passer. Et nous sommes même surpris qu’il n’ait point toujours existé, tellement il a rencontré, dans le bronze de M. Frémiet, la certitude de sa définition, une définition définitive. La formule artistique de ce Credo est tellement nette, qu’elle outrepasse les limites de la discussion pour affirmer une inspiration, qui serait comme l’empreinte du Calvaire.

Le rôle de la matière mise en œuvre a son importance dans le rendu puissant de cet objet précieux. On peut le noter, en passant, sans aller trop avant dans la pédagogie esthétique. Il n’est pas indifférent que ce Credo soit en bronze. Ce chevalier qui est la Foi en marche, la Foi militante, la Foi vive, celle qui se double des œuvres, la Foi efficace en un mot, ne pouvait rien gagner à être taillé dans le marbre qui immobilise. Un essai en marbre, de dimensions plus grandes que le Credo de bronze, a alourdi le sujet sans augmenter sa forc^.

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et fait penser par sa froideur à ce que les théologiens appellent la Foi morte, par opposition à la Foi vive. Le bronze qui est volatil, laisse à l’inspiration de l’artiste son envolée radieuse, et par l’éclat de ses modelés, souligne l’action latente, implicitement contenue dans un chevalier armé pour la croisade. D’autre part, on est invité à s’arrêter un instant devant les motifs qui ont décidé le format de ce Credo. Cette œuvre, qui est un monument par son ampleur expressive et sa portée, est une statuette de quelques centimètres, comme pour poser en principe, que la grandeur d’une idée exprimée par le statuaire, ne perd rien d’elle-même à être traduite en raison inverse de la matière employée. Le Gorille du Gabon où je vois, dans l’œuvre de ]\L Frémiet, l’antithèse absolue du Credo, ne dément point ce principe. .

Le Gorille est l’apothéose du monde bestial et du système monstrueux qui tend à jeter la destinée humaine dans la filiation animale. Quand AI. Frémiet travaille au récit de cet attentat orgueilleux du singe contre l’âme humaine, c’est par monceaux qu’il remue la glaise. Le groupe est colossal, prouve l’épouvante, et rien déplus. L’impression toute physique engendre le dégoût à force de terreur. Ce Gorille, où j’ai vu la gargouille de notre société laïque, occupe l’extrême gauche de l’œuvre de AI. Frémiet, dont les travaux ont fait le tour de la création, depuis l’animal le plus infime jusqu’à une émanation d’essence pure et divine comme le Credo qui nous occupe. Avec ce Credo nous sommes à l’extrême droite. Dirons-nous que ce croisé qui a une conviction de fer, une foi absolue, en face du gorille anthropomorphe, est l’image de la Foi opposée à celle de l’orgueil scientifique? Nous

nous contenterons de remarquer que Tune et l’autre figurent dans l’œuvre très considérable du statuaire Frémiet. Hasard ou intention, ils sont là, sortis du même ciseau, à des époques distinctes, dans un but probablement très déterminé. L’un, le singe, est un amoncellement de matière, sans vie intérieure qui l’excuse de tenir tant de place ; pour l’achever, il a fallu amener la glaise par tombereaux. L'autre, le Credo, mesure quelques centimètres de hauteur ; il a le volume d’un livre d’heures, et ne pèse guère plus lourd qu’un missel. Pour l’établir, il a suffi à l’artiste de quelques boulettes de cire. On ne saurait admettre qu’un artiste de volonté aussi arrêtée que M. Frémiet, a choisi ces échelles si distinctes sans dessein formel. Dans son Gorille du Gabon, ce maître imagier, qui sait le langage de l’image, a parlé le jargon de la matière. Il l’a parlé en artiste rompu à tous les idiomes de l’art dont l’universalité le préoccupe. Dans le Credo,\\ s'est exprimé autrement, il a traduit le sens de l’Esprit. Ce chevalier qui croit tout haut et porte le signe de la prière devant soi, comme un étendard, est l’image animée d’une idée révélée, qui n’a de source qu'à la source du Verbe. Il suffisait, pour exprimer cet écho de la parole infinie, de quelques brins de cire et d’un souffle de bronze, qui laisseraient la pensée à l’aise et n’emprisonneraient pas ses ailes.

Sa prière l’emporte d’ailleurs, et son âme vole au secours des chrétiens que des persécutions occultes et tenaces martt’risent là-bas, autour du tombeau de Jésus-Christ. Son corps ne pèse rien dans ce plateau où l’esprit de justice a pris place, et veut établir ses droits. Rien ne l’arrête plus, ce chrétien qui croit, et a reconnu dans la guerre sainte prêchée, la voix de sa sincérité et l’essor de sa conviction.

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Credo! La terre s’ouvre devant ses pas de géant et les distances s’effacent. Le voilà passant le Rhin, traversant toute la Germanie, où des hommes debout partent aussi pour ce voyage au long cours. Là-bas, au bout de la Transylvanie, vers la troisième porte de fer, il traverse encore une fois ce Danube immense et bleu, pour entrer chez les Bulgares où se livrent les premiers combats sanglants, et ainsi toujours en avant jusqu’à Constantinople où des barques les conduisent en Palestine. D’où venez-vous, hommes d’armes, qui parlez les langues hyperboréennes ? Credo! c’est la réponse. Où allez-vous, qui êtes-vous ? Credo! Et ce chevalier croisé, qui s’est multiplié en route comme les pains du miracle, sent s’accroître son ardeur à mesure que ses yeux croient apercevoir le ciel de Jérusalem. Son épée est comme Durandal, si belle et si sanctissime : « Dans sa garde dorée assez y a reliques, une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile, des cheveux de mon seignor saint Denix, et des vêtements de la sainte Vierge Marie ». Credo !

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