‹ Un maître imagierChapitre 6 sur 37 · SAINT GEORGES · texte numérisé non relu

SAINT GEORGES

E. FRÉMIET

r.ichécs de bambins, alignés le long des trottoirs, le nez retroussé du côté d’où souffle le vent et d’où viennent les pensums. La vie le serrait de trop près pour lui laisser ces loisirs. Et puis, de nature plutôt grave, il comprenait tout seul qu’il n’avait pas le droit de gaspiller ses heures aux amusements de son âge. Ceux qui ne connaissaient de sa vie que ce qu’on en voyait, ne s’expliquaient pas pourquoi on était si laborieux dans la maison Frémiet. Petit neveu de Frochot, préfet de la Seine, l’enfant passait, aux yeux de ceux qui ne s’informent pas, pour très protégé en haut lieu. On le croyait généralement à l’abri de tous ces soucis de l’existence qui mettent l’avenir en danger. Aussi bien la vie avait-elle ses cruautés pour l’enfant qu’on supposait si favorisé. On n’était pas riche dans la maison Frémiet, non plus que dans la maison Rude. Chez l’oncle et chez le neveu, il fallait travailler pour vivre. L’enfant tout comme un homme poussait son rocher de Sisyphe. Pour lui ce fut tout de suite la lutte, constante, pénible. Les âmes bien trempées s’en arrangent et en font leur profit.

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