‹ Un manifeste libéral [microforme]Chapitre 3 sur 14 · SS1S · texte numérisé non relu

SS1S

aux pritpied

les pour ‘OVO-

érêts

Tout cela importe à savoir--mais tout cela n'est pas dit bien clairement.--Des mots! des mots! et rien que des mots.-- Etait-ce bien la peine d'écrire une longue profession de foi pour oublier de dire précisément ce qu'il importait de dire et de bien dire? Le parti libéral, dans lequel il y a des hommes intelligents et des catholiques sincères, se résignera-t-il en silence à laisser arborer en son nom un pareil symbole ?

Croit-il que se sera le plus sûr moyen de rassurer Rome et l'Episcopat sur sa foi et ses tendances ?

Ne serait-il pas temps pour le théologien qui a fait sa marque dans l'£/ecteur de rentrer dans son s/xdio et d'élaborer un symbole plus complet et plus précis, où l'Episcopat pourrait trouver réalisée la doctrine du parti, et la limite exacte des devoirs qu'il ne doit pas omettre et les droits qu'il doit res-

pecter? M. David dispensé pour un temps de ses préoccupations de haute théologie

suivrait avec profit un catéchisme de persévérance dans sa paroisse ; et dans ses loisirs ouvrant le vieux Boileau qu'il apprit sans doute autrefois, il retrouverait ce précepte si souvent oublié depuis, et qui le dispenserait d'écrire hors de propos :

‘Avant done que d'écrire, apprenez à penser, ”

4.— Malheureux dans la profession de foi qui commence sa brochure, M. David l'est peut-être davantage dans l'homilie pastorale qui la termine, C'est un genre délicat et difficile, et M, David n'a point tout ce qu'il faut pour y réussir, - Nous reviendrons peut-être sur ce sujet. En attendant nous voudrions le convaincre qu'il y a fait plus d'une inconvenance,

D'abordil est d'usage, lorsque l'on prêche —et même en Amérique aucun prédicateur bien élevé n'oserait briser avec une tradition si constante et si vénérable, il est de

rigueur lorsque l'on prêche que l’on dissi-

mule quelque peu son pantalon et sa redin-

rsÉisirs sans epte

pen-

e foi l'est orale at et qu'il lrons nous

plus

‘êche ateur radist de dissiedin-

ae — me

gote.— Sur 0e point les prélats d'Amérique sont aussi intransigeants que ceux de France et d'Italie, - De quel droit M, David monte-t-il dans la chaire en habit laïque pour faire la conférence aux prêtres et aux Evêques ? C'est à tout le moins une inconvenance dont un homme d'aussi belles manières ne devrait pas se rendre coupable,

Je sais bien ce que peut me répondre M.

David : qu'il n'a pas l'habitude de se déguiser, que n'ayant pas l'usage de la soutane et du surplis depuis son bas âge il craindrait en les endossant de se donner un certain air de sacristain qui ne conviendrait pas à un homme de sa qualité, et ne disposerait nullement un auditoire comme le sien À le prendre au sérieux et à subir l'entrainement de sa parole.--C'est possible,--Alors sa place n'est pas dans la chaire, mais au pied --dans la nef --où il prêchera par son silence,

son respect et sa tenue respectueuse plus

efficacement et plus glorieusement qu'il ne le saurait faire en chaire par les plus longs discours,

Mais, se dit M. David, je suis père de famille, - j'entends mal parler des prêtres, je suis bon citoyen, --je suis catholique sincère et je vois que la religion va périr,

Vous êtes père de famille! Quelle bonne raison pour vous de vous taire, Ne savez-vous pas que toute famille s'édifie par le respect --j'allais dire par la religion de l'autorité paternelle, Si vous êtes père de votre famille, vous êtes fils de la grande famille catholique. Vous injuriez votre mère devant vos enfants, et vous ne voyez pas que vous apprenez à vos enfants le mépris de votre autorité ?--Comment donc l'autorité paternelle serait-elle inviolable si l'autorité de l'Eglise ne l'est pas ? L'Eglise n'est-elle plus votre mère ? N'a-t-elle pas au moins autant que vous droit à l'honneur et au respect de ses enfants ?

uelle

Ne e par n de -e de ande votre 'oyeZ ts le donc le si plise

pas neur

Vous entendez mal parler des prêtres et des Evêques !- Est-ce une raison d'en parler mal vous-même ? - S'ils n'ont aucun tort, est-ce à vous de les attaquer ou de Îles défendre ? Si en quelque chose ils ont paru faiblir parce qu'ils sont hommes, est.ce à vous de publier avec tant d'éclat ce que vous n'avez mission ni de corriger ni de reprendre ? Si vos enfants entendaient mal parler de vous, seraient-ils excusables de donner une publicité retentissante à ces mauvais propos, sous le beau prétexte que vous êtes sujet comme tout homme aux erreurs et aux passions humaines ?

Vous êtes bon citoyen !--Alors vous savez que dans la société, dans une société démocratique surtout, le respect de la relivion est la plus sûre, j'allais presque dire, l'unique garantie de l'ordre social, - Mais quelle peut être sur le peuple l'influence

d'une religion dont les ministres n'ont plus

le respect de ceux qui se croient ct se disent

les meilleurs citoyens ?—Qui donc parmi le peuple honorera vos évêques et vos prêtres, si vous, qui êtes un bon citoyen, vous vous faites un devoir de les signaler à la défiance et à la désaffection des peuples ?

Vous êtes bon catholique !--D'intention, personne n'en doute; mais de fait et d'action, qui le croira tant que vous n'aurez pas désavoué cette brochure qui n’a de catholique que ses protestations d'amour et de fidélité à l'Eglise constamment annulées et démenties par tant d'accusations calomnieuses et d'imputations injurieuses à ses ministres ? Celui-là est catholique d'intention mais ne l'est plus d'action qui, au lieu de suivre dans ses paroles et sa conduite la direction de l'Eglise et de ses ministres, veut imposer à l'Eglise ses propres vues et sa direction.

Dans l'Eglise catholique, les laïques jusqu'ici ont été le troupeau et les Evêques seuls ont été les Pasteurs. L'avènement au pouvoir du parti libéral n'a rien changé : ce sont

nn

rmi le êtres, ; vous fiance

ntion, iction, ; désaolique fidélité émenses et istres ?

ais ne e dans ion de oser à tion.—— usqu'ici s seuls

au pou-

ce sont

Cr

les Pasteurs qui dirigent et le troupeau qui est dirigé,

SE M. David entreprend de changer quelque chose à cet ordre invariable

depuis J.-C., non seulement il cessera d'être bon catholique, mais il ne sera plus catholique du tout,

Nons savons bien que ce n'est pas le zèle de son parti politique, mais le pur amour de l'Eglise qui dévore M. David et lui à fait écrire cette lamentable brochure. 11 à voulu venir en aide à l'Eglise qui menace ruine.

Que M. David se rassure. J.-C. ne s'est Pas encore retiré d'elle, et il saura mieux que M. David lui inspirer ce qui est nécessaire et opportun pour le salut des âmes.

M. David connaît-il l'histoire d'Oza, ce lévite pieux et bien intentionné, qui, voyant trébucher l'arche d'alliance, y porta la main pour l'empêcher de tomber ? L'arche d'al.

lance ne tomba point : ce fut Oza quitomba frappé de mort.

Ainsi en arrive-t-il à ceux qui veulent faire pour l'Eglise plus que Dieu ne leur demande, Nous souhaitons qu'un tel malheur n'arrive point à M. David etque Dieu lui tienne compte de ses bonnes intentions.

Mais les hommes n'ont point d'ordinaire les miséricordes de Dieu, et ils pourraient bien un jour venger à leur manière l'honneur de la Sainte Eglise. Ce sera l'heure pour l'Eglise de se venger. Elle se vengera, comme elle l'a toujours fait depuis dix-huit cents ans, enentourant de ses maternelles et divines tendresses celui qui l'insulte gratuitement aujourd'hui, peut-être sans le savoir : elle le défendra, si elle le peut, des injustices des hommes et le couvrira des justices de Dieu, en disant comme son Epoux et son Maître : ‘ Père, pardonnez-lui, il n'a pas su ce qu'il faisait. ”

Suivons M. David chapitre par chapitre.

Qu'on ne s'attende pas cependant que

itre.

que

nous relevions toutes les erreurs de fait ou de doctrine qui lui échappent plus où moins consciemment à peu près à chaque page.

À un pareil travail l'année entière ne suffirait pas. [l suffit à notre dessein que nous en relevions juste assez pour que le lecteur sérieux soit bien convaincu que la vérité sur les faits et la doctrine est en général le con-

traire de ce que prétend M. David.

[.—* Depuis LA FONDATION DU PAYS JUSQU'EN 1837.

Nous n'avons guère à reprendre dans les trois ou quatre pages que M. David consacre sous ce titre à un éloge sans réserve

du clergé canadien dans le passé. Nous

trouvons bien qu'il y a là moins de choses que de mots et plus de phrases que d'idées :

mais 1] ne faut pas demander à un homme plus qu'il ne peut faire. Condenser deux cents ans d'histoire en trois ou quatre pages, dire tout ce qu'il faut et rien que ce qu'il

faut, c'est le travail d'un esprit robuste et d'une portée plus qu'ordinaire. Qui aurait la cruauté de l'exiger de M. David? C'est beaucoup que ses jolies phrases de jeune homme sonnent à peu près juste.

Pourtant ces pages qui sont peut-être les meilleures de la brochure—-et qui seraient belles st elles étaient mieux remplies de faits et de pensées-—ne laissent pas que de suggérer plus d'une réflexion peu favorable à l'auteur.

Il nous semble difficile de concilier M.

David avec lui-même. Son principal orief contre le clergé de son pays, celui-là même qui semble le prétexte de tout l'ouvrage, c'est l'intervention du clergé dans /a politique —c'est-à-dire dans ce qu'il plaît à M. David d'appeler de ce nom. C'est le début même du réquisitoire au chapitre suivant : “1837- “1838. Date fatale qui marque le com- “mencement de l'intervention du clergé

“dans la politique et la diminution de son

ét S set ,) ‘ prestige.

ot

rief me 1v'e, que

avid

M. L.-0. DAVID ET LE CLERGi: UANADIEN 29

Un lecteur intelligent conclura naturellement que si M, David a voué une admiration sincère et sans réserve au clergé canadien avant 1837, c'est que celui-ci s'est bien gardé d'intervenir dans la politique. —Or il n'en est rien,

S'il y a un fait évident, c'est que le clergé canadien a été bien plus intimement mêlé à la politique avant 1837 que depuis, Si M.

David n'y trouve point à redire, plus d'un écrivain de son école est encore aujourd'hui d'un avis différent, Qu'on relise la vie du premier Evêque de Québec, et l'on verra que l'intervention de l'Episcopat dans les affaires civiles et politiques qui intéressent le salut des Âmes est aussi ancienne que l'Episcopat lui-même. Frontenac s'en est plaint de son temps avec autant d'amertume que nos libéraux d'aujourd'hui. Mer Plessis

lui-même n'a point trouvé grâce à tous les yeux. M. David le sait bien, puisqu'il le justifie d'avoir cherché à concilier le peuple

et le pouvoir, Ilen appelle même au bon sens pour rendre hommage à la sage et patriotique intervention du clergé à cette époque difficile.

.. Depuis l'établissement du pays jusqu'en 1837 le clergé canadien a noblement fait son devoir ; il a mérité la confiance du peuple en rendant à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César, en ne séparant pas dans son cœur la cause de la religion de celle de la patrie.”

Rien n'est plus juste. Mais c'est précisément en intervenant à sa manière dans la politique que le clergé jusqu'à 1837 “n'a point séparé dans son cœur la cause de la religion de celle de la patrie.” Voilà le fait que M. David ne peut nier, s'il n'ignore tout à fait l'histoire de son pays. Lors donc qu'il écrit immédiatement : “1837-1838.

Date fatale qui marque le commencement de

/ l'intervention du clergé dans la politique, etc.” il oublie ce qu'il vient de dire, et con-

damne ce qu'il vient d'admirer,

M. 1-0, DAVID ET LE CLERGE CANADIEN ÿl

Ce nest pas le clergé canadien qui a

. changé de direction et de conduite après de 1837; cest M. David qui change de principe à ce moment donné de l'histoire et qui condamue après ce qu'il justifie avant cette

1$- , Le date. Date fatale, non pas au clergé cana- Fe dien qui a continué après 1837 ce qu'il a feu fait avant et qui s'est inspiré dans sa conpa- duite des mêmes sentiments de patriotisme : la et de religion et des mêmes principes | éternels de morale politique qui ne chan- Éci- gent pas comme certains esprits avec Îles as la intérêts et les passions, mais date fatale à ‘na NM. David qui juge diversement des faits de e la même nature selon qu'ils gênent ou ne fait vênent pas ses sympathies et les intérêts

nore des siens.

jonc | M. David juge favorablement le passé, 835. parce qu'il est désintéressé. Selon lui, ce ne tde : serait pas faire preuve de jugement sérieux ique, . que de condamner où de blâmer l'attitude con- /

du clergé canadien jusqu'à 1837. Cela nous

console et nous rassure sur la réputation future de notre clergé d'aujourd'hui—pris dans son ensemble, Un jour viendra, qui n'est peut-être pas éloigné, où les publicistes sérieux, —et ceux même qui sont droits et de bonne foi sans être tout à fait sérieux,

apprécieront notre clergé d'aujourd'hui comme M. David apprécie le clergé d'autrefois. L'histoire dira un jour que ce n'est pas le clergé canadien qui a séparé dans son cœur la cause de la religion de celle de la patrie, mais des politiciens plus épris de leurs chimères que des vrais intérêts du pays, auxquels le clergé a résisté chaque fois que le demandaient les besoins de la religion et de la morale qui restent après 1837 comme avant les premiers intérêts de

la patrie.

“ Date déplorable” où M. David se perd d'une manière lamentable. Impossible de

tation i—pris ra, qui ublicisit droits rieux, ourd'hui É d'aue ce n'est aré dans . celle de épris de térêts du é chaque ins de la ent après

atérêts de

id se perd

ossible de

le suivre pas à pas. Tâchons de résumer

son argumentation,

Le clergé, dit M. David, ne devait pas intervenir dans les troubles de 1837-1838.

Les insurgés étaient dans le cas de légitime défense contre le pouvoir, puisque la théologie catholique reconnait le droit d'insurrection contre un pouvoir tyrannique, Mer Larticue, premier évêque de Montréal, a manqué de patriotisme en excommuniant les révoltés qui étaient les meilleurs citoyens du pays. Sans cette intervention du clergé, le gouvernement en face d'une insurrection plus puissante eût concédé davantage et réprimé moins cruellement ce commencement de révolution.

Pour plus de clarté, traitons successivement la question de doctrine, puis le fait historique qui en est l'occasion. Nous

dirons ensuite quelques mots de l'attitude

de Mer Larticue et du clergé canadien en 1837-1839.

[.—M, David prétend que l'Evêque de Montréal n'avait point le droit ni le devoir de condamner la prise d'armes de 1837-1838 contre le pouvoir public légitimement constitué, parce que le pouvoir était tyrannique et que la doctrine catholique reconnait le droit de soulèvement et de résistance des sujets contre un pouvoir tyrannique. I cite à l'appui de ses prétentions Balmès et Mer Ireland; il a même la prétention de se réclamer de Suarez et de Saint Thomas d'Aquin.

La clarté et la précision ne sont point les qualités maîtresses de M, David. Ici comme ailleurs, il mêle et confond toutes choses et réussit par ce procédé à mettre des erreurs monstrueuses sur le compte des plus craves théologiens et des docteurs de l'Eglise, Ne serait-ce pes lui qui écrivit il y a douze ou quinze ans dans un journal de Montréal que Saint Thomas d'Aquin fut de son temps

ce qu'on appellerait aujourd'hui un catholi-

que libéral ?

[ALES de devoir 7-1835 t connnique naît le ce des ie, Il nès et a de se

homas

int les ci COMchoses erreurs CTraves se, Ne uze ou ontréal 1temps

catholi-

Pour bien comprendre la doctrine des théologiens catholiques sur le droit de résistance des sujets à un pouvoir tyrannique, il faut faire d'abord plusieurs distinctions qui ont totalement échappé au théologien libéral,

I y à tyrannie et tyrannie, résistance et résistance,

Un pouvoir peut être tyrannique parce qu'il n'est pas légitimement constitué, qu'il est notoirement sans aucun droit vis-à-vis de la nation. À un tel pouvoir, s'il n'est pas encore constitué et établi de fait, tous les citoyens ont le droit et le devoir de résister, comme tout individu a le droit de défendre sa vie contre un injuste agresseur, Mais si le pouvoir, bien qu'illécitime d'origine, est cependant reconnu de fait et accepté par la société, aucun théologien ne reconnaît le droit au simple particulier de

prendre les armes pour le renverser.

S'il s'agit d'un pouvoir légitimement con-

UN MANIVFESTE LIBÉRAL

stitué qui gouverne injustement, la résistance peut être permise : l'aression ne l'est

Jamais,

Nous appelons ici résistance ce que Îles

philosophes appellent la résistance passive ;

agression, ce qu'ils appellent résistance offensive 1,

La théologie catholique enseigne donc que l'agression contre un pouvoir légitime ment constitué n'est jamais permise aux simples particuliers, sous prétexte qu'il vouverne injustement, Les sujets ne sauraient être les juges de ceux qui ne sont aucunement souris à leur juridiction. Pour juger, condamner et punir, il faut être constitué en autorité. Encore que celui qui est revêtu du pouvoir puisse abuser de son autorité et encourir un châtiment, il ne

peut et ne doit être repris que par un

1.—Ziglinra—Summa Philos.—Philos. mor. pars I 1, IL,e.2,a, VIT

ance l'est

(* les SIVC;

tance

donc itimeeaux quil s ne e sont Pour t étre celui ser de tilne

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pars Il

tribunal supérieur que la société investit de ces fonctions,

Encore un tribunal supérieur ne peut-il toujours déposséder un pouvoir abusif, L'abus d'un droit ne détruit pas le droit lui-même, M, David, père de famille, peut abuser de son autorité paternelle au détriment de ses enfants ; mais le fait même de cet abus d'autorité ne lui enlève point tout droit au respect et à l'obcissance de ses enfants. Ainsi, toutes les illégalités ou abus de pouvoir que peut commettre un gouvernement ne doivent point nécessairement entraîner sa déchéance, mais seulement dans les cas prévus par la constitution, s'il y en a, ou lorsque la déchéance est nécessaire au salut de la société,

Ce tribunal supérieur, il a existé dans le passé. Toutes les nations chrétiennes, à un moment de l'histoire, ont reconnu au

Pontife Romain, père commun des rois et

des peuples, le droit de juger leurs diffé-

rends. Or, même à cette époque, ce n'est qu'à la dernière extrémité que le tribunal souverain se résignait à prononcer la déchéance d'un prince légitimement constitué.

En fait, ce tribunal suprême n'existe plus.

Les princes n'y ont rien gagné—et Îles peuples non plus. Mais les principes qui ont toujours dirig” action de ce tribunal souverain n'ont pas changé avec les temps et les circonstances. Ils sont aujourd'hui ce qu'ils étaient alors. Jamais l'Eglise catholique n'a permis à un seul de ses théologiens d'enseigner que les sujets n'ont le devoir d'être soumis qu'aux gouvernements qui n’abusent jamais de leur pouvoir, et qu'ils peuvent, chaque fois qu'ils le jugent à propos, redresser à main armée les griefs dont ils se plaignent.

Cette doctrine du droit de révolte et

d'insurrection agressive contre un gouver-

nement tyrannique dans son exercice, mais

» n'est ibunal er la

con-

e plus.

-et les es qui ibunal temps wrd'hui Eglise de ses s n'ont verne- JUVOIr, jugent

griefs

te et ouver-

>, mais

légitimement constitué, n'est pas la doctrine d'un seul catholique qui sait son catéchisme ; c'est la doctrine de Wicleff condamnée par le concile de Constance et par le Pape Martin V dans la constitution [Inter cunctas."

Quantà Saint Thomas d'Aquin pour lequel M. David semble avoir une grande dévotion, peut-être parce qu'il ne l'a jamais lu et qu'il n'est guère en état de le comprendre, traite la question ex professo dans son opuscule “De regimine Principum ", Livre [, ch. VI. Nous conseillons à M. David de lire le chapitre entier, En voici le résumé succinct :

“51 la tyrannie du pouvoir n'est pas excessive, Il vaut mieux la tolérer pour un temps que d'exposer la société civile à des périls bien autrement graves en S'insurgeant contre lui. Si la tyrannie est excessive et tout à fait intolérable, il ne faut point combattre de son autorité privée le pouvoir constitué, mais recourir à l'autorité publique.

Si la constitution donne au peuple ou à un corps constitué dans l'Etat le droit de constituer le pouvoir, le peuple entier ou le corps constitué, sénat, parlement ou tribunal, peut prononcer la déchéance du pouvoir prévaricateur, S'il y a un pouvoir supérieur qui ait le droit de donner au peuple un gouvernement, c'est à ce pouvoir qu'il faut recourir et s'en remettre. Si enfin tout recours humain est impossible, il faut recourir à Dieu qui fait des rois et des puissants ce qu'il veut.”

Ce n'est pas que le saint Docteur ignore la doctrine de M. David ; il la mentionne, mais pour la réfuter : “ Si l'excès de la tyrannie est intolérable, quelques-uns ont pensé qu'il y a lieu alors pour des hommes courageux de détruire le tyran et de s'exposer à la mort pour la délivrance du peuple......Mais ce serait un danger pour le peuple et pour ses chefs, si de leur propre autorité de simples citoyens pouvaient

attenter à la vie des tyrans.” D'ordinaire,

[a un 1 ce ne sont pas les bons, mais les méchants it de qui courent volontiers ces aventures. Orles | e ; ss : méchants ne supportent pas mieux un una é + ta } gouvernement juste quun régime tyranuvoir | NUS : | nique. Cette doctrine livrerait donc la supé- Î euple À société en proie aux factieux et aux anarr quil ; chistes.

enfin Du reste, si M. David veut avoir la docil fau 4 . .

il é t 3 trine moderne de l'Eglise comme sa doctrine et des à , ; { ancienne sur les relations mutuelles du pou- ; voir et des sujets dans la société civile, il n’a ore la | CE ; qu'à lire attentivement l'exposé magistral ionne, ; Re ne ; Re] 1 qu'en a fait Sa Sainteté Léon XIII dans C € ad à . , . . . . .

4 ses encycliques sur l'origine du pouvoir civil is ont F TRE me ; et sur la constitution des Etats 1, Il verra | )mmes us re que la doctrine officielle de l'Eglise romaine et de Le | ne diffère nullement sur ce sujet de celle du nce du se Docteur Angélique.

2r pour | | D pro Quand on veut avoir la doctrine de Ir pro- : l'Eglise catholique, c'est dans ses sources | ivalent d:

dinaire, : L—Voir à l’appendice quelques citations tirées

de ces sources,

officielles qu'il faut aller la chercher, et non pas dans les œuvres d'un docteur particulier qui n'a d'autre autorité que celle de son savoir, de son intelligence et de sa docilité à suivre l'enseignement traditionnel. Balmès et Mgr Ireland ne prouvent rien contre Saint Thomas et Léon XTIT. Mais c'est la tactique ordinaire des esprits ignorants et légers, qui ont le parti pris, non de s'éclairer et de s'instruire, mais de s'entêter dans leurs erreurs et de s'y fortifier, de ne pas écouter les enseiynements de ceux qui ont mission de les instruire, et de se faire à eux-mêmes des docteurs dontles paroles n'ont souvent d'autre valeur que celle qu'on veut bien leur donner.

La parole de Balmès, que cite M. David en faveur du droit d'insurrection, n'a pas la portée qu'il lui donne: s'il la comprenait bien, il ne la citerait pas. Que dit Balmès ? Que dans les circonstances extrêmes, c'est-

à-dire lorsque la société elle-même va

RE

t non articude son locilité

Balcontre c'est la ants et éclairer ns leurs écouter mission -mêmes souvent

eut bien

[. David a pas la nprenait Balmès ?

es, c'est-

ême va

sûrement périr par la faute du pouvoir, la résistance est permise, Elle est permise dans ces circonstances extrêmes seulement, Mais quelle résistance, offensive ou défensive? À quiest-elle permise? Par quels moyens ? Le téxte cité ne le dit pas, et par conséquent ne prouve rien,

Quant à la citation de l'Archevêque de St. Paul, elle ne prouve qu'une chose : c'est que le prélat sait faire des phrases vibrantes qui électrisent M. David. A nous, qui ne sommes pas si facilement électrisables, elles ne démontrent absolument rien—si ce n'est que les mots ne sont pas des idées et que les phrases ne sont pas des arguments. Le vent d'ouest passé, le silence se fait, et il n'en reste rien !,

[T.—Malheureux sur la doctrine, M. David

ne l'est pas moins sur les faits. A l'en croire,

1.—Les prélats américains appellent volontiers l’éloquence quelque peu ardente de Mgr Ireland : le “blizzard” de l’ouest.

les hommes qui ont pris les armes en 1837 et 1838 étaient en état de légitime défense, armés pour la cause du peuple et du clergé (p. 20.)—Sans l'intervention du clergé, les insurgés auraient triomphé ou du moins obtenu les réformes qu'ils désiraient; la répression eût été moins sévère. Enfin, toujours d'après M. David, c'est à l'insurrection de 1837 que nous devons la liberté, Tout cela, ce n’est pas de l'histoire; c'est du pur roman qui ne fait illusion qu'au romancier. La vérité, c'est qu'en 1837, si la population avait des griefs contre une bonne partie des couvernants, si la chambre réclamait justement le droit de voter les subsides qu'on s'obstinait à lui refuser, le vouvernement n'en était pas moins un gouvernement légitimement constitué, et qui ne conspirait nullement contre l'existence de la société. Bien plus, il est impossible de nier que, depuis la conquête jusqu'à cette

époque, le joug du pouvoir, au lieu de s’appe-

fense,

clergé

ré, les moins nt; la Enfin, l'insurliberté.

est du roman- , si la

re une à cham-

roter les fuser, le un gouet qui ne ence de sible de u'à cette

Le sS'appe-

santir, devenait de moins en moins lourd.

Le gouvernement se rapprochait de plus en plus de la forme de gouvernement de l'Anoleterre. Depuis la conquête, le Canada en était à sa quatrième constitution et chaque nouvelle constitution était un acheminement visible à une liberté politique plus complète. Si nos hommes politiques n'avaient pas toute l'influence à la quelle ils avaient droit,

le peuple cependant ne souffrait guère et

ne se sentait pas malheureux. D'un bout

du pays à l'autre on se trouvait aussi heu-

reux, plus peut-être qu'on ne l'avait été sous aucun autre vouvernement.

Où sont dans un pareil état social Îles vriefs qui légitiment une insurrection à main armée ?—Dans l'imagination de M. David.

C'est aussi dans son imagination que M.

David a trouvé que ses héros de 1837 se sont dévoués pour la cause du peuple et du clergé. Assurément la religion n'était pour

rien dans cette révolution, et le peuple, pas

plus que le clergé, n'eût guère eu bénéfice de son succès, Le clergé avait toute la liberté et l'indépendance dont il avait besoin pour son ministère, le peuple était suffisamment protégé dans ses biens et vivait dans une sécurité parfaite, La révolution se serait faite, non pas au bénéfice du peuple ni du clergé, maïs au profit de la classe 1oins nombreuse qui aspirait à sa part légitime dans la direction des affaires publiques.

Quand M. David dit que les rebelles de 1837 et 1838 étaient en état de légitime défense, ou il veut sciemment tromper les lecteurs qui ne sont pas au courant des faits, ou il ne connaît pas la portée des mots qu'il emploie. Le peuple n'était en réalité menacé ni dans sa vie, ni dans sa liberté, ni même dans ses biens, On lui refusait seulement certains droits politiques auxquels il pouvait légitimement prétendre pour ses représentants, mais dont il n'aurait

avait ont il euple biens ,. La bénéprofit aspirait

on des

elles de égitime aper les ant des tée des était en dans sa On lui bolitiques brétendre

il n'aurait

pas senti le besoin, si ses chefs ne l'avaient excité autant dans leur intérêt que dans le sien, Ce grief suffit à motiver une agitation constitutionnelle, mais non à légitimer une prise d'armes,

La plupart des chefs, M. Papineau luimême, ne semblent pas avoir voulu pousser la résistance à ce point ; ils blâmèrent la

prise d'armes, mais ne purent l'empêcher,

. Ils n'avaient pas encore appris par leur

expérience qu'il est plus facile de lancer le peuple dans une voie dangereuse que de l'arrêter à temps.

Pas plus que le plus grand nombre de ses chefs, la population prise dans son ensemble ne désirait prendre les armes contre le pouvoir constitué. C'est une petite minorité surexcitée par ses chefs ardents et courageux, mais d'un équilibre intellectuel assez peu sûr, et d’une imprévoyance égale à leur courage, qui se jeta

inconsidérément dans cette aventure sans

issue où l'on pouvait tout perdre sans une chance même problématique de gagner quelque chose,

Quoi qu'en dise M, David, la lutte à main armée n'a jamais été une lutte nationale, Elle à été une lutte essentiellement politique et factieuse, faite au nom de la nation, sans son aveu, par des chefs sans autorité, conduite sans sagesse comme elle avait été entreprise sans prévoyance, inutile au peuple et désastreuse pour ceux qui sy engagèrent de bonne foi, inutile, funeste même à la nation.

C’est là le fait que tout historien sérieux constate et auquel les phrases de M. David ne changent rien,

Ce que M. David rêve des chances qu'aurait eues l'insurrection sans l'intervention du clergé n'a pas plus de réalité,

De fait, l'insurrection aurait pu s'étendre davantage et aboutir à des résultats plus

désastreux encore, Il est fort douteux

sans

gner

main

nale.

tique

sans

orité,

it été

l peu-

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