VUE PERSPECTIVE DE LA CATHÉDRALE DE FULBERT RESTITUÉE
DU XIe SIECLE
La planche ci-contre contient à la fois le dessin d’André de Mici et la vue perspective de la cathédrale restituée L
Une première remarque importante à faire est que l’artiste du XIe siècle, a fîg’uré dans sa miniature, à chaque étage de la basilique, exactement le même nombre de fenêtres qu’en comporte actuellement encore la crypte de Fulbert. G’est là une certaine garantie de l’exactitude qu’il a tenté de mettre dans son œuvre 2.
Malgré cette recherche d’exactitude, l’auteur n’a pas toujours atteint son but. Ainsi, il a donné une importance beaucoup trop grande au chevet de l’édifice. Il a voulu sans doute exprimer de la sorte l’effet exagéré qu’avaient produit dans son esprit les proportions nouvelles données par Fulbert à cette partie du monument 3. Quant à la forme hémi-sphérique qu’affectent les toits de l’abside et des absidioles, elle n’a jamais pu exister que dans l’imagination d’André de Mici. Nous
sait en effet, par le témoignage des chroniqueurs, que, dès l’année 960 environ, le comte Thibaut Ier, surnommé le Tricheur, avait construit un donjon en cet endroit ( Car tul. de Saint-Père , I, 23). Du haut de ce monument on découvrait toute la façade méridionale de la cathédrale.
1 André de Mici n’ayant point représenté dans son dessin les fenêtres de la crypte, nous les avons supprimées dans le nôtre. G’est avec intention que cet artiste n’a peint l’édifice que depuis le faite jusqu’au niveau des fenêtres du bas-côté. Il a supposé la base du monument abattue et laissant apercevoir l’intérieur de la cathédrale. Toutefois, dans le coin à droite et au bas de la miniature, on voit deux fenêtres sous lesquelles est une arcade. Nous pensons que ces fenêtres et cette arcade, dans l’esprit d’André de Mici, étaient destinées à rappeler la crypte de Fulbert. Il serait difficile d’expliquer autrement leur présence en cet endroit.
2 Toutefois, il faut remarquer que, dans le bas-côté, André de Mici a placé onze fenêtres, tandis qu’il en a mis douze à l’étage supérieur. G’est une erreur évidente. Nous avons vu que la crypte de Fulbert jusqu’à l’entrée du déambulatoire avait onze travées; il s’ensuit que les bas-côtés étaient éclairés comme la nef par onze fenêtres.
3 L’abside de la cathédrale de Chartres, avant la reconstruction entreprise par Fulbert, n’était point entourée d’un déambulatoire, comme le prouvent, semble-t-il, les fenêtres actuellement bouchées qui se voient dans le caveau de Saint-Lubin sous le sanctuaire de l’église supérieure.
avions cru au premier abord que l'église de Fulbert se terminait par une rotonde couverte d’une immense voûte en forme de demicoupole; mais nous avons reconnu qu’une semblable construction ne pouvait en aucune façon s’adapter au reste de la basilique. D’ailleurs, il aurait fallu supposer que cette demi -coupole avait un rayon de plus de 15 mètres, ce qui eût été absolument invraisemblable. L’erreur d’André de Mici vient de la difficulté qu’il a rencontrée à rendre l’effet de perspective que présentait à son regard la courbure absidale. Ne pouvant dessiner la ligne elliptique formée par le bord inférieur du toit de l’abside et voulant néanmoins montrer que cette partie de l’église était ronde, il s’est tiré d’embarras en donnant au toit même l’aspect d’un dôme. Ce qu’il a fait, pour l’abside principale, il l’a fait pour les absidioles. 11 devait être d’autant plus porté à commettre cette erreur qu’il avait présente à la mémoire la forme spbérique qu’offraient, vues de l’intérieur, les voûtes en cul-de-four du sanctuaire et des absidioles.
11 a indiqué avec soin la manière dont étaient couverts les différents toits de la cathédrale. D’après sa peinture, il semble que le toit de l’abside principale était composé, suivant la tradition romaine, de tuiles à rebords et de tuiles creuses; les absidioles paraissent avoir été entièrement couvertes en tuiles creuses b Quant aux toits de la nef et des bas-côtés, ils devaient être en tuiles plates, vernissées sans doute, et formant des dessins à losanges. Le campanile supérieur de chacun des clochers était couronné par un toit ovoïde en tuiles imbriquées.
Les deux clochers qui, dans la peinture d’André de Mici, flanquent de part et d’autre la basilique de Chartres méritent de fixer l’attention.
Ils n’avaient point été bâtis par Fulbert; car, ayant été édifiés à l’origine hors de l’église, ils furent, lors de l’incendie de 1020, respectés
1 Les absidioles de la cathédrale de Fulbert devaient être couvertes de la même façon que le chevet de l’église de Yignory, dont les voûtes sont protégées par une chape épaisse sur laquelle sont simplement posés des rangs de tuiles creuses.
DU XIe SIECLE
par les flammes. Sans qu’on puisse affirmer précisément à quelle époque ils avaient été construits, il est certain qu’ils dataient de la période carolingienne ’. Durant celle période la cathédrale de Chartres fut détruite par deux incendies; il s’ensuit que les clochers, dont André de Mici nous a conservé une sorte de croquis, furent érigés soit par l’évêque Gislebert après le sinistre de 858, soit par l’évêque Vulfakl après le sinistre de 962. De ces deux dates la première semble la plus probable; car, comme nous venons de le dire, ces tours étaient hors-œuvre, et, de même qu’elles ne furent point atteintes par les flammes en 1020, elles purent fort bien y résister en 962. Ce qui confirme cette opinion, c’est qu’elles offrent une grande analogie avec les clochers de l’église abbatiale de Saint-Riquier, dont une miniature du IX0 siècle nous offre le dessin1 2.
Il n’existe actuellement en France aucun clocher datant d’une époque aussi reculée. Aussi y a-t-il intérêt à noter avec soin les renseignements que fournissent les anciennes peintures sur ces monu-
1 Voir plus haut, pages 66, 67. Fulbert, dans une lettre adressée au roi Robert, antérieurement à 1025, parle des cloches de sa cathédrale. Signa nostra jocunclitatem et laeliuam signiflcare solda, ab intonando desinere et tristitiam nostram attestari quodam modo jussimus [Lettres de Fulbert , édition G. de Villiers. Paris, 1608, f° 16 v°). La façon dont s’exprime Fulbert prouve qu’on entendait au loin le son de ses cloches et par conséquent qu’elles étaient placées dans des tours. Or on sait qu’a la date de 1025, Fulbert ne faisait qu’achever la crypte servant de fondation à la basilique qu’il avait entrepris de reconstruire après l’incendie de 1020. Il n’avait donc pas eu encore assez de temps pour réédifier les clochers ; et il y a lieu de croire que les tours où étaient renfermées les cloches dont parle le prélat chartrain , appartenaient à la cathédrale antérieure à l’incendie de 1020. Fulbert se contenta, pensons-nous, de relier à la nouvelle église le clocher qui était bâti au nord près du chevet et qui auparavant devait être séparé du monument.
2 Ce dessin a été reproduit par Alb. Lenoir dans Y Architecture monastique (tome I, p. 27), d’après la copie de P. Petau (De Nithardo illiusque prosapia. Paris, 1612). Voir dans le même ouvrage d’Albert Lenoir le plan de l’église de l’abbaye de Saint- Gall , dessiné au commencement du IXe siècle et où sont figurées en avant de la façade occidentale de l’église deux tours rondes construites hors-œuvre.
UN MANUSCRIT C H A R T R A I N
ments disparus. — Le type des tours de Chartres et de Saint-Riquier se distingue nettement des divers types de clochers romans qui se sont conservés jusqu’à nos jours. Si l’on pouvait généraliser les conclusions qui ressortent de l'examen des deux miniatures de Chartres et de Saint-Riquier, on dirait qu'au IXe siècle les clochers étaient habituellement bâtis hors de l’égdise, soit près de la façade occidentale, soit près du chevet, indifféremment au nord ou au sud. La hase se composait d’une tour en maçonnerie, ronde ou rectangulaire, percée de larges fenêtres. Cette tour, couverte par un toit en forme de cône ou de pyramide tronquée, était surmontée, suivant les cas, d’un, deux ou trois campaniles de charpente1, placés en encorbellement les uns sur les autres. C’était dans ces campaniles que l’on posait les cloches.
Il n’est pas surprenant qu’il n’existe plus en entier aucun clocher de l’époque carolingienne. La plus grande partie de ces monuments était construite en bois; la base seule était en maçonnerie: aussi, tandis que les campaniles ont partout disparu, les tours ont subsisté en quelques endroits. Suivant Paul Durand, la tour de l’église Saint- Pierre, à Chartres, remonterait peut-être au Xe siècle.
A l’époque romane, lorsqu’on voulut, pour éviter les causes
1 Nous disons que ces campaniles étaient en charpente; en effet, il nous semble improbable qu’on eût alors osé construire un tel échafaudage de campaniles de pierre, en porte-à-faux les uns sur les autres. Il faut remarquer d’ailleurs que l’un des murs, qui subsiste encore , du clocher carolingien , situé près du chevet de la cathédrale de Chartres, a fort peu d’épaisseur et paraît n’avoir jamais pu supporter autre chose qu’une bâtisse très légère. Dans la chronique de Saint- Florent de Saumur, on lit la description d’un clocher qui fut construit, vers l’année 960, sur la façade principale de l’église de cette abbaye. Cette description montre que la base du clocher était formée par une tour rectangulaire en maçonnerie et que les cloches étaient suspendues dans une haute construction en charpente. In portion basilicae quattuor u/tius altitudinis erant maceriae , super quas in alta fabrica lignorum signa majora congruentis magnitudinis depenclebant ( Chroniques des églises d' Anjou, Soc. de l’hist. de France, p. 242).
DU XIe SIECLE
d’incendie, construire des clochers tout en pierres, il semble que, dans le principe, on se soit inspiré des tours carolingiennes couronnées par des campaniles en charpente. L’un des plus anciens clochers de pierre aujourd’hui connu est sans contredit celui de Saint-Front de
Périg’ueux dont tous les étag*es sont en encorbellement les uns sur les autres et dont il n’est pas jusqu’au couronnement en forme de pomme de pin qui ne rappelle le toit ovoïde surmontant le dernier campanile des tours de Chartres.
UN MANUSCRIT CH ART RA IN
ni. — La cathédrale de Fulbert de 10*28 à / 19 F
D’après la miniature d’André de Mici, exécutée l’année même de la mort de Fulbert, le gros de l’œuvre de la cathédrale était achevé en 1028 h Avant de faire la dédicace de la nouvelle basilique, on n'avait plus sans doute qu’à mettre la dernière main aux travaux d’ornementation et d’ameublement de l’intérieur, lorsqu’un incendie, survenu Je 11 septembre 1030, la seconde année de l’épiscopat de Thierri, successeur de Fulbert, vint retarder la date de la cérémonie. On a généralement passé sous silence ce sinistre de l’année 1030; aussi croyons-nous qu’il est utile d’attirer l’attention des historiens chartrains sur ce désastre et sur ses conséquences au point de vue de la cathédrale.
Outre le texte précis que nous citons en note 1 2, l’une des épitaphes, consacrées à la mémoire de l’évêque de Chartres Thierri, mentionne en ces termes l’incendie de 1030 :
1 Nous avons montré ailleurs que Fulbert avait terminé la construction de ses cryptes en l’année 1024. Il n’employa donc que quatre années à achever la cathédrale tout entière (1024-1028). Ce laps de temps est relativement fort court et les travaux durent être poussés avec activité : mais les ressources pécuniaires, qui avaient manqué au prélat chartrain dans les premières années qui suivirent l’incendie de 1020, ne lui firent pas défaut plus tard. Les rois et les seigneurs de tous pays le comblèrent alors de largesses; il reçut surtout un aide précieux de la part du duc d’Aquitaine, Guillaume, avec qui il entra en relations d’amitié en l’année 1024 (Voir R. Merlet, Dates de la construction des cryptes de Chartres) .
- Quarta [ succensio ] facta est anno M° tricesimo, die tertio idus septemhris , domni Theodorici episcopi anno secundo (Abbé Clerval, Translationcs S. Aniani , dans les Analccta Bollandiana, t. VII, p. 331).
DU XIe SIECLE
Virginis arsit ndliuc fanum, te présidé, quo non Clarius in terris idlibi adhuc fuerat.
lllud et arte tuae rénovas moder amine dextrae Et Vindociniam construis abbatiam L
Le fait d’un incendie, arrivé en l’année 1030, sous l’épiscopat de Thierri, est donc certain. La basilique de Fulbert ne fut pas d’ailleurs excessivement endommagée par les flammes. Il est probable que le feu prit dans les charpentes de Légalise, car le roi Henri Ier, qui monta sur le trône de France en 1031, renouvela à ses frais le lambris de bois, lacunar, qui couvrait la nef. Voici comment s’exprime le Nécrologie du Chapitre de Chartres à ce sujet : fl nouas augusti , obiit Henricus rex, qui liajus ecclesiae lacunar construxit. Un autre document permet d’affirmer que la cathédrale n’eut à souffrir de l’action du feu que depuis le faîte jusqu’au niveau des fenêtres supérieures éclairant la nef. Ce document n’est autre que l’épitaphe qui fut gravée sur le tombeau même de l’évêque Thierri dans l’ église de Saint-Père. Celte
1 Cette épitaphe était autrefois inscrite sur la muraille du chœur de l’église de l’abbaye de Saint-Père à Chartres. Déjà, au XVIIe siècle, par suite de l’antiquité de l’inscription, ces vers étaient devenus très difficiles à lire (Voir Souchet, Histoire clu Diocèse de Chartres, tome II, p. 2G0). La place qu’occupait cette épitaphe et l’état de vétusté de l’inscription montrent que ces vers durent être gravés sur la muraille dans le temps même où l’on entreprit de reconstruire le chœur de l’église, c’est-à-dire au XIIe siècle, quelques années après l’incendie de 1134, qui réduisit en cendres l’abbaye. Thierri avait été enterré à Saint-Père au mois d’avril 1049; le moine Paul, qui écrivait à la fin du XIe siècle , nous apprend que le tombeau de ce prélat était situé dans le chœur de l’église, à la droite du tombeau de l’évêque Haganon : Ad Ilaganonis dexteram quiescit Teodericus episcopus, cujus Ainhrosiae opes velut torrens affluentes , praeclarum opus almae matris Domini aulae complentes, sacro dignum praeconio efficiunt [ Cart. de Saint-Père, I, 12). Ces expressions un peu obscures du moine Paul se réfèrent à la cathédrale de Chartres restaurée et achevée par Thierri. L’incendie de 1134 fit disparaître le tombeau de Thierri, sur lequel se lisait une autre épitaphe que nous reproduisons plus loin. — Voir aussi ce que nous avons dit, page 49, note 3, à propos du tombeau de Fulbert.
UN MANUSCRIT CIIARTRAIN
épitaphe n’a jamais été, croyons-nous, intégralement éditée; elle est ainsi conçue :
Extitit autistes Teodericus liic vocitatus,
Sed factus pulvis hic jacet inanimis.
Virgo Dei genitrix, tibi templum tegit habendum,
GüJüS OPUS SUPER1S SUMPSERAT A VITREIS.
Vivendo sollers trihiit quihus ecce refulget.
Minier a, Petre, tuis sacra dédit monacliis.
Fessas Ovis, conjunx Phehi, cum poneret estas,
Membra (ledit matai, dans spirit ale Patri h
Tliierri , d’après ce document , n’aurait eu qu’à reconstruire l’étagr supérieur de la cathédrale de Fulbert. Toutefois, s’il s’était contenté d’exécuter cette reconstruction, on s’expliquerait difficilement qu’il y eût employé sept années, depuis 1030, époque de l’incendie, jusqu’en 1037, date de la dédicace de la basilique. Mais nous avons déjà vu qu’indépendamment de la charpente et des parties hautes
H Le texte de ce document se lit dans le manuscrit latin 17177 de la Bibliothèque Nationale, f° 68 v°. Il a été copié au XIe siècle sur un cahier de parchemin au milieu d’autres inscriptions funéraires, tirées de différents tombeaux de l’église de Saint- Père; parmi ces inscriptions, on remarque celles de l’évêque Fulbert et des abbés de Saint-Père, Gisbert (984-1002), Arnoul (1013-1033), Landri (1033-1069). Les Bénédictins, auteurs du Gallia Christiana, ont eu entre leurs mains ce manuscrit, mais ils ont mal déchiffré l’épitaphe de Thierri. Au 3e vers, ils n’ont pu lire le mot tegit; ils ont défiguré le 4e vers, dont le sens est important; ils l’ont ainsi publié : Cujus opus superis sumpserat auctor eis. Enfin, ils n’ont pas compris la signification des deux derniers vers, qu’ils ont édités comme il suit :
Fessus onus . . . Pliebi cum poneret estus,
Membra dédit cineri, dans spiritale patri.
La véritable version est celle que nous donnons ; elle indique que Thierri mourut, dans le temps où le Soleil était sur le point de sortir du signe du Bélier. Suivant le Comput chartrain du XIe siècle, le Soleil quittait le 17 avril le signe du Bélier, pour entrer dans celui du Taureau. Or Thierri mourut le 16 avril (Voir plus bas le Nécrologe à la date du 16 avril).
DU XIe SIECLE
de la nef, l’un des clochers avait été ruiné par les flammes. Ge clocher était situé au nord, à la naissance du déambulatoire. Thierri profita des substructions de cette tour pour édifier à la même place un transept qu’il reproduisit symétriquement au midi h
Le chevet de la cathédrale, qui était tout entier couvert par de fortes voûtes, résista mieux à l’incendie. Cependant, une centaine d’années plus tard, vers le milieu du XIIe siècle, on fut forcé de réparer toute l’abside, dont les toits, et les voûtes aussi sans doute, étaient gravement détériorés 1 2.
Quand Thierri eut achevé tous ces travaux de restauration et d’agrandissement, il célébra solennellement la dédicace de la cathédrale, le lundi 17 octobre 1037 3.
Dans le cours du XIe siècle, la basilique chartraine ne subit que quelques modifications architecturales peu importantes. Nous savons d’ailleurs assez exactement quelles furent ces modifications. Car, aussitôt qu’un bienfaiteur de la cathédrale venait à mourir, son nom était inscrit dans le Nécrologe du Chapitre, et l’on joignait à cette inscription la mention des embellissements ou des restaurations dont l’église était redevable au défunt. Nous publierons plus loin le Nécrologe même dont les chanoines de Notre-Dame firent usage pendant toute la durée du XIe siècle. Grâce à ce manuscrit, on peut, en étudiant attentivement les différentes écritures des divers obits, juger approximativement à quelle époque tel ou tel donateur est décédé.
Nous montrerons que ce Nécrologe, ouvert vers l’année 1027, fut abandonné entre les années 1124 et 1137, définitivement sans doute
1 Voir plus haut, pages 65, 66.
2 On lit en effet dans l’obit du prévôt Henri, décédé vers 1150 : Tectum capitis ecclesiae quocl pene ruebat multo sumptu de veteri novum fecit, angelum superimpositum cum acu ad decorem domus Del fecit et deauravit. (De Lépinois et Merlet, Cartul. de N.-D. de Chartres , 111, 80).
3 Cf. Chronicon Andegavense , dom Bouquet, XI, 29.
UN MANUSCRIT Cil ARTRAIN
après l’incendie de la ville de Chartres en 1134. Il en résulte que tous les personnages, qui s’y trouvent cités, sont morts avant l’année 1134, et par conséquent, lorsqu’à côté de leur nom, on lit la mention d’une amélioration quelconque apportée par eux à la cathédrale de Chartres, c’est que cette amélioration est elle-même antérieure à l’année 1134.
D’autre part, quand ce livre obituaire fut abandonné, on le remplaça par un autre Nécrologie, qui est actuellement conservé parmi les manuscrits de la Bibliothèque communale de Chartres sous le numéro 1032 h Dans ce nouveau livre, ouvert en 1134 environ, tous les obits qui sont écrits de seconde main se réfèrent nécessairement à des personnages morts après l’année 1134. Ces deux manuscrits permettent donc de classer chronologiquement, avec assez de certitude, les diverses notices nécrologiques qu’ils contiennent. Nous ne nous occuperons ici que des textes relatifs à l’histoire architecturale de la cathédrale, nous réservant d’examiner ailleurs plus en détail, les autres questions que soulève l’étude de ces obituaires.
Parmi les modifications apportées à la cathédrale de Chartres durant le XIe siècle, il y a d’abord à signaler la construction de trois porches, l’un bâti à l’ouest, vers l’année 1050, sur la façade principale1 2, les deux autres édifiés un peu plus tard sur les façades méridionale et septentrionale de la basilique 3. Ces derniers donnaient accès dans
1 Toutes les notices nécrologiques, contenues dans ce second manuscrit, ont été éditées dans le Cartulaire de Notre-Dame de Chartres , tome III, par MM. de Lépinois et L. Merlet. C’est à cet ouvrage que [nous renverrons pour les obits postérieurs à 1134. Quant aux obits antérieurs à 1134, nous les publierons nous-mêmes plus loin d’après le Nécrologe du XIe siècle, et c’est à notre publication que nous nous reporterons.
2 Voir plus loin le Nécrologe à la date du 13 avril, où est mentionné l’obit du chanoine Raimbaud, mort vers 1050, qui donna une grande partie de ses biens, ad aedifïcationem vestibuli frontis hujus aecclesiae.
3 Cf. dans le Nécrologe, au 27 septembre, l’obit du chanoine André, décédé vers 1090, et, au 25 décembre, l’obit du médecin Jean, qui mourut vers 1080, et qui construisit le porche méridional, istius aecclesiae clextri lateris vestibulum fecit.
DU XIe SIECLE
l’église supérieure et bouchaient nécessairement de part et d’autre une fenêtre de la crypte.
C’est par suite de cette circonstance que s’est conservée jusqu’à nos jours, au milieu de chacune des galeries souterraines, tant au nord qu’au midi, une fenêtre ayant l’aspect antique et datant du temps même de Fulbert. En effet, lorsqu’à la fin du XIIe siècle on exhaussa et on élargit toutes les haies de la crypte pour donner plus de jour dans ces galeries, on ne toucha point aux deux fenêtres totalement obstruées déjà par les porches latéraux. Nous avons parlé plus haut de ces deux fenêtres que des fouilles récentes ont mises au jour h Nous donnons ci-contre la vue extérieure de l’une d’elles, parce qu’elle offre un spécimen intéressant d’une construction où la brique alterne régulièrement avec la pierre, et parce que la date de celte construction se place d’une manière certaine entre les années 1020 et 1024.
Vers l’année 1075, le roi d’Angleterre, Guillaume le Conquérant, fit élever sur le toit même de la cathédrale un campanile en charpente, campanarium , pour le repos de l’âme de sa fille Adelize ~. Dans le même temps, le Chapitre fit bâtir une tour en maçonnerie, turris. Le doyen Adalarcl , mort le 26 août 1092, contribua pour une grande part à cette
1 Voir page 59, plan n° I , fenêtres i, i’, et aussi page G2, planches n° II et 111.
- Cf. Nécrologe, au 8 décembre: Obiit Adeliza , filia regis Anglorum, pro cttjus
anima pater ejus rex jussit fieri campanarium quod est super ecclesiam. Adelize , fille
de Guillaume le Conquérant, mourut vers 1075 (dom Bouquet, XII, 582 et 615).
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construction, ad aedificationem turris plunmum profuit 1 . Nous ne saurions dire s’il s’ag-it ici d’un clocher, ni en quel endroit était placé ce nouvel édifice. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas confondre cette tour avec l’une de celles qui subsistent encore aujourd’hui près de la façade occidentale et que l’on n’érigea que quarante ans plus tard, après l’incendie de 1134.
L’évêque de Chartres, saint Ives (1090-1115), fit faire quelques restaurations à la basilique ; mais il ne modifia nullement l’ensemble du monument. On a généralement beaucoup» exagéré l’importance des travaux entrepris par lui pour améliorer son église. 11 s’occupa surtout d’embellir l’intérieur, mais, à l’exception de la couverture des toits, il ne changea, crovons-nous, rien au-dehors. Le Nécrologe signale le décès de plusieurs donateurs, qui, entre les années 1100 et 1110 environ, participèrent aux frais occasionnés par la réparation des toits2. Celte réparation, qui dura plusieurs années, consista à changer en une couverture de plomb l’ancienne toiture de la cathédrale qui était en tuiles 3.
Tels sont, d’après le plus ancien livre obituaire du Chapitre, les divers travaux exécutés à la cathédrale de Chartres depuis l’année 1037, date de la dédicace, jusqu’en l’année 1134, date de l’incendie
' Voir plus loin l’obit d’Adalard à la date du 26 août.
2 Nous citerons entre autres lob it du jeune Eudes, qui était fils du comte de Chartres, Etienne, et qui mourut vers l’année 1106, le 25 décembre: Obiit Odo, filftis cornitis Stephani , pro cujus anima Adela , nobilis comitissa , mater ejus,... precepit dirui quandam stallam macellarii ante Portant Nouant, quia carreciis nostris et plaustris i/iducendis atque educendis , pro tectis hujus aecc/esiae reparandis , plurimum nocebat.
3 La reine d’Angleterre Mathilde, morte en 1118, contribua aussi pour une grande part à cette restauration. Le Nécrologe, au 31 octobre, porte ces mots : Obiit Matildis, Anglorum regina, quac liane aecclesiam plumbeo tegmine decoravit. On lit encore dans l’Obituaire du Chapitre au 12 septembre : Obiit Adelais monacha, quae mullum laboravit ad cooperturam hujus aecclesiae de plumbo. Cf. Lettres de saint Ives, Migne, Patrologie latine, tome CLXI1, col. 148 et 149.
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qui occasionna quelques dég’âts au monument. Comme on en peut jug’er, l’aspect primitif de la basilique ne s’était encore g’uère modifié.
Le 5 septembre 1134, la ville de Chartres fut de nouveau dévastée par les flammes. Au dire d’un chroniqueur contemporain, la cathédrale fut préservée de la destruction1. Toutefois, ii est certain que les parties occidentales de cet édifice eurent à souffrir de l’intensité du feu; car l’Aumône ou Hôtel-Dieu du Chapitre, située à quelques mètres seulement au sud-ouest de l’ég’lise, fut entièrement ruinée par l’incendie 2. D’ailleurs, aussitôt après ce sinistre, on refit de fond en comble la façade occidentale de la basilique ainsi que le vieux clocher qui était bâti tout à côté : ce qui prouve que ces constructions avaient été fortement endommagées par les flammes qui les enveloppaient, flammis incumbentibus 3 .
Ce fut sur un nouveau et vaste plan que l’on entreprit en 1134 de réédifier les parties occidentales de la cathédrale de Chartres. On sait par les récits contemporains avec quel enthousiasme tout le monde se mit à l’œuvre. On jeta par terre tout ce qui restait de l’ancienne façade et du clocher ; on étendit vers l’occident la nef et les bas-côtés de la long'ueur d’une travée, et, au lieu d’un seul clocher hors-œuvre , on en éleva deux, chacun à l’extrémité de l’un des bas-côtés. Enfin,
1 Quinta [ succensio ] facta est anno M° centesimo triccsimo IIII0, quarta ferla , nouas septembres , in qua fere tota civitate consumpta , sed, per mirabilem Jesu Christi inisericordiam , suae genetricis aecclesia a flammis incumbentibus liberata (abbé Clerval , Translationes Sancti Aniani, dans les Analecta Bollandiana, tome VII, p. 335-336).
2 Ce fut le chefcier , Bernard, mort vers l’année 1140, qui reconstruisit lTIôtel- Dieu incendié en 1134. On lit dans le second Nécrologe du Chapitre à la date du 6 mars : Obiit Bernardus , qui Eleemosinam hujus ecclesiae post incendium de proprio reedificavit ( Cartulaire de N.-D. de Chartres , tome III, p. 58).
3 Néanmoins on comprend l’expression du chroniqueur, liberata aecclesia, car la plus grande partie du monument resta indemne, tandis que toutes les autres églises de la ville avaient été littéralement anéanties. C’est alors qu’on commença la reconstruction totale des églises Saint-Père, Saint-André, Saint-Aignan , et de plusieurs autres qui n’existent plus aujourd’hui.
entre les deux clochers, on construisit un porche. On voulut en un mot restaurer et agrandir à la fois les parties de la basilique que l’incendie avait atteintes, ad emendandam piae Domini genitricis basilicam, comme s’exprimait en 1145 Haimon, abbé de Saint- Pierre- sur- Dive, dans la fameuse lettre où il parle à plusieurs reprises de la restauration de notre cathédrale h
C’est à l’occasion de tous ces travaux que se formèrent à Chartres ces actives corporations d’ouvriers où se faisaient honneur d’entrer les plus riches seigmeurs et dont parlent avec enthousiasme un grand nombre d’historiens du temps 1 2.
Les améliorations qu’on fît alors subir à l’ég’lise de Notre-Dame furent considérables, comme on peut s’en rendre compte encore aujourd’hui, puisque la majeure partie des constructions, entreprises à Chartres dans ces temps de ferveur religieuse, se sont conservées jusqu’à nos jours: c’est à savoir la façade principale de la cathédrale depuis la base jusqu’à la naissance de l’ancien pignon, le clocher méridional tout entier et le clocher septentrional jusqu’au niveau du troisième étag’e.
Le second Nécrologie du Chapitre nous a g^ardé la mémoire de beaucoup de personnages qui participèrent aux frais de ces travaux, et il est possible dans bien des cas de. déterminer la date, sinon précise, du moins approximative, à laquelle tel ou tel donateur coopéra à l’embellissement de la basilique. Ainsi, l’archidiacre de Chartres,
1 Comperto quocl in Galliis p/austra quaeclam novi fièrent apparatus atque a Galliarum populis Carnotum onusta emendandae piae Domini genitricis basilicae necessariis ducerentur (Bibl. de l’Ecole des Chartes, année 1860, p. 124).
2 Cf. Robert du Mont, Perlz, Monumcnta Germaniae, SS. VI, 496; l’annaliste de Saint-Evroul , édit. d’Orderic Vital dans la Société de l’Histoire de France, V, 162; l'annaliste du Mont-Saint-Michel, dom Bouquet, XII, 773; les Chroniqueurs de Rouen, dora Bouquet, XII, 785; Hugues d’Amiens , archevêque de Rouen, Mabillon , Annal. Bencd., VI, 392; llaimon, abbé de Saint-Pierre-sur-Dive , Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, année 1860.
DU XL SIECLE
Gautier, qui décéda entre les années 1134 et 1138, légua, en mourant, au Chapitre, une somme de 20 livres, destinée à l’œuvre de la tour, acl opus turris'. De même, l’archidiacre de Blois, Ansgerius, dont le décès se place entre 1139 et 1142, donna 20 sous pour contribuer à l’érection de la tour, ad edificationem turris 1 2. Dans le principe on ne trouve mention que d’une seule tour, et il semble bien que jusque vers l’année 1140 on ne travailla qu’à celle-là3. Mais quelques années plus tard, on se mit certainement à édifier à la fois les deux clochers. En 1144, d’après Robert du Mont, on avait entrepris la construction des deux tours; tune turres Carnoti fiebant , dit la Chronique de Normandie 4.
Dans le courant de cette année 1144 et de l’année suivante 1145, se place, suivant le témoignage des auteurs contemporains, la principale activité des travaux. C’est vers ce temps que furent faites les merveilleuses statues et verrières qui décorent aujourd’hui encore la façade principale de la cathédrale de Chartres. Un texte curieux tiré du second Nécrologie du Chapitre permet de fixer assez exactement l’époque où furent exécutées les riches sculptures du portail royal. L’archidiacre de Ghâteaudun, Richer, qui mourut le 12 janvier 1150, décora, dit le Nécrologe, l’une des portes d’entrée de cette église d’une
1 Cf. Nécrologe à la date du 4 juin [Cartulaire de N.-D. de Chartres, III, 124).
2 Ibidem, au 25 juin, III, 131.
3 Comme nous l’ayons dit plus haut, l’ancien clocher carolingien qui touchait pour ainsi dire à l’Hôtel-Dieu du Chapitre, avait dû être fortement éprouvé par l’action du feu en 1134. On dut songer d’abord à le remplacer par un autre clocher tout de pierre, capable de résister aux flammes. C’est ce qui explique pourquoi, dans les années qui suivirent immédiatement celle de l’incendie, le Nécrologe mentionne les donations faites à l’œuvre d’une seule tour, ad opus turris , ou bien encore, ad restaurationem turris [Cartulaire de N.-D. de Chartres , III, 212). Cette dernière expression semble bien prouver que l’on ne songeait alors qu’à remplacer le clocher détruit par l’incendie de 1134.
4 Cf. dom Bouquet, XIII, 290.
UN MANUSCRIT Cil ARTRAIN
statue de la Vierge Marie, richement peinte en or L La statue, dont il est ici question, existe encore à l’entrée de l'église, au tympan de la porte de droite. « C’est, écrit Paul Durand, un magnifique bas-relief » représentant l’enfant Jésus assis sur les genoux de sa Mère. La » Sainte Vierge est à son tour assise sur un trône richement décoré. » Un dais, supporté par des colonnes, protégeait autrefois ces deux » précieuses figures. On voit encore à gauche une des bases de » colonnes supportant ce dais ou ciborium, aujourd’hui brisé. Ces » sculptures étaient primitivement peintes et dorées. On en trouve » encore des traces évidentes1 2. » Et ailleurs il ajoute, en parlant des trois portes d’entrée : « C’est au fond d’un vestibule et à l’abri des » intempéries atmosphériques que s’ouvraient ces trois belles portes, » entourées de statues, de bas-reliefs et d’ornements sans nombre, » aujourd’hui pâles et décolorées , mais apparaissant autrefois resplen- » dissantes d’or et enluminées des couleurs les plus vives et les plus » harmonieuses. Des traces nombreuses en sont encore visibles 3. » La statue de la Vierge donnée à la cathédrale par l’archidiacre Richer était et est, aujourd’hui même, l’un des plus beaux spécimens de cette réunion d’œuvres d’art. A cause de l’endroit élevé où elle se trouve, il y a lieu de croire qu’elle fut posée, alors que la plupart des autres statues étaient déjà achevées et mises en place, et, comme Richer mourut en 1150, on peut dire que la majeure partie des sculptures qui ornent la façade principale de la cathédrale de Chartres, furent exécutées entre les années 1134 et 1150, c’est-à-dire dans le second quart du XIIe siècle.
Quant à la construction des deux clochers, elle était, croyons-nous, terminée vers l’année 1170. Les deux dernières mentions du Nécrologe
1 Decoravit etiam introitum hujus ecclesie imagine beate Marie auro decenter ornata •( Cartul . de N.-D. de Chartres , III, 19).
2 Monographie de la Cathédrale de Chartres, p. 53 et 54.
3 Ibidem, p. 27.
DU XIe SIECLE
à ce sujet sont deux donations faites à l’œuvre des tours, l'une par le prévôt, Eudes, mort après U 59, l’autre par le grand-chantre Hug’ues, décédé entre 1159 et 1164 1 .
En résumé, depuis l’année 1028 jusqu’à la fin du XIIe siècle, la cathédrale construite par Fulbert subit les modifications suivantes :
Le I I septembre 1030, destruction par les flammes du vieux clocher situé au nord de Légalise, à la naissance du déambulatoire; ruine totale de la charpente qui couvrait la grande nef.
De 1030 à 1037, reconstruction par l’évêque Thierri de la charpente et des parties hautes de la nef; création d’un transept en avant de l’abside.
Aux environs de l’an 1050, érection de trois porches, deux sur les façades latérales, l’unau nord, l’autre au midi, le troisième à l'ouest, en avant de l’entrée principale de la cathédrale.
Quelques années plus tard, vers 1075, Guillaume le Conquérant fait élever un clocher en charpente sur le toit de l’église, au-dessus de la nef. Dans le même temps, construction d’une tour ou clocher, dont l’emplacement ne nous est pas connu.
Saint Ives, élu évêque de Chartres en 1090, refait à neuf les toits île la basilique; il remplace l’ancienne couverture en tuiles par une couverture en plomb; on travaillait en 1106 à cette restauration. Vers la même époque, un chanoine nommé Henri reconstruit à ses frais le toit du chevet de la cathédrale, et place au-dessus, sur un pivot, un ange doré.
Le 5 septembre 1134, un violent incendie endommage gravement le clocher carolingien situé près de la façade principale et dégrade cette façade elle-même.
De 1134 à 1170 environ, réparation des dégâts causés par ce sinistre. On jette par terre le clocher et l’ancienne façade; on augmente la nef et les bas-côtés cle la longueur d’une travée; on réédifie la
1 Car tul. de N. -JJ. de Chartres, 111, 137 el 143.
UN MANUSCRIT C H A R T R A I N
façade principale; à l’extrémité de chacun des bas-côtés, on élève un
clocher, et, entre ces deux tours, on fait un porche.
Enfin, dans les dernières années du XIIe siècle, on élargût et on exhausse toutes les fenêtres de la crypte, qui ne recevait plus de l’extérieur un jour suffisant
Tel était l’état de la cathédrale de Chartres, lorsqu’un autre incendie vint ruiner encore une fois ce beau monument. Le désastre eut lieu dans la nuit du 9 au 10 juin f 194 2. Cette fois, ce furent les parties de I édifice , nouvellement construites à l’occident, qui résistèrent le mieux aux flammes; tout le reste de la basilique, abstraction faite de la crypte protégée par ses voûtes, fut détruit de fond en comble. L’auteur du Livre des miracles de Notre-Dame de Chartres, qui écrivait quelques années après l’incendie de 1194, raconte cet événement avec quelques détails :J. Il mentionne incidemment la chute du
1 La crypte de Fulbert, dans la seconde moitié du XIIe siècle, reçut divers embellissements. C’est à cette époque qu’il faut attribuer la construction de la jolie porte décorant l’entrée de l’escalier qui donne accès dans les galeries souterraines du côté du midi. C’est également aux dernières années de ce siècle qu’appartiennent diverses peintures qui ornent encore les murs de la crypte. Depuis la restauration qui a fait disparaître sous des représentations symboliques un certain nombre d’anciennes fresques très curieuses, il n’y a plus dans l’église souterraine que deux peintures murales datant de la fin du XIIe siècle; l’une située dans la galerie méridionale représente une Nativité de Jésus-Christ, l’autre plus grande , mais plus effacée, se trouve dans la chapelle dite de Saint-Clément. Cette dernière fresque a été publiée dans la Monographie de la Cathédrale de Chartres (planche LXXII). Elle représente une série de personnages nimbés , figurés sous des arcades , au - dessus desquelles est peinte une sorte de basilique. Nous avions espéré que cette basilique était une représentation de la cathédrale de Chartres au XIIe siècle; mais un examen attentif nous a forcé de reconnaître que ce n’était qu’une œuvre de fantaisie.
2 Voir plus haut, page 57, note 5.
3 Anno igitur ah incarnatione Domini MC° nonagesimo quarto , cum ecclesia Carnotensis , ///° idus junii , mirahili et miserabili fuisset incendio devastata , ita ut, conquassatis et dissolutis postmodum parietibus et in terrain prostratis , necessarium foret a fundamentis reparare et novain denuo edificare ecclesiam ( Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, année 1881, p. 509).
DU XIe SIECLE
lambris de bois qui couvrait la nef. Quelques clercs, au moment de l’incendie, s’étaient retirés en toute hâte dans le caveau de Saint-Lubin, sous le sanctuaire, emportant avec eux la châsse où était le voile de la Vierge. On descendait alors dans ce caveau par un escalier, dont l’entrée, située près du maître-autel, se fermait par une trappe en fer. Les clercs, ayant tiré sur eux cette trappe, vécurent deux ou trois jours enfermés dans le souterrain, et, quand le feu se fut éteint, ils sortirent de là sains et saufs. « Les poutres ardentes qui tombaient du haut » de la nef, n’ébranlèrent point, dit le chroniqueur, la porte de » fer, et le plomb liquéfié qui coulait des verrières, ne put la traverser1. » La chute, près du sanctuaire, de ces poutres enflammées, prouve que, depuis le temps de l’évêque Thierri, la nef n’avait point été voûtée en pierres et qu’elle était encore couverte par une charpente apparente.
On peut voir aussi dans le même opuscule avec quelle énergie on se remit à l’œuvre pour reconstruire à nouveau la basilique ruinée. Ce fut de 1194 à 1230 environ qu’on édifia, sur les fondations mêmes de l égalise de Fulbert, cette magnifique cathédrale gothique que tout le monde peut encore admirer et dont la Société Archéologique d’Eureet-Loir publie en ce moment la Monographie 2.
1 Hostium quoddam ferreum, quo cripte superficies tegebatur, nec lignorûm ardentium et ex alto cadentium ruina quassavit, nec liquefacti plumbi distillatio pénétra eu ( Bibl . de l’Ecole des Chartes, année 1881, p. 509, 510).
- Cette Monographie, commencée par M. l’abbé Bulteau, a été achevée et complétée par M. le chanoine Brou. Deux tomes ont déjà paru; l’ouvrage complet formera trois volumes.
UN MANUSCRIT C HARTRAIN
iv. — Costume des personnages représentés dans la miniature d'André de Mi ci.
Nous avons décrit et étudié dans les pages précédentes la basilique qu’André de Mici a peinte en tète de sa miniature ; il nous reste à ajouter quelques mots sur les personnages figurés dans la partie inférieure du tableau1.
L’évêque Fulbert, suffisamment désigné par les mots Fubeltus episcopus , occupe le milieu de la scène. 11 est en costume de grande cérémonie, et notre miniature nous fournit ici quelques renseignements précieux sur la façon dont, au début du XIe siècle, s’habillait un évêque officiant. Nous n’oserions prétendre qu’André de Mici, quoique contemporain, ait cherché à rappeler dans son dessin les traits du pontife de Chartres; mais il est presque certain qu’il a représenté, tels qu’on les portait de son temps, les vêtements épiscopaux.
Les parties visibles du costume de Fulbert se composent des sandales, de l’amict, de l'aube, de l’étole, du manipule, de la chasuble et de la crosse.
Tout ce que l’on peut dire des sandales, qui se distinguent à peine sur la miniature originale, c’est qu’elles semblent être de cuir doré et
1 Sur le manuscrit de Saint-Etienne, les diverses couleurs, dont l’artiste du XIe siècle a fait usage, se sont fortement altérées et même ont complètement disparu en quelques endroits. Nous devons à notre confrère, M. Raoul Denisart, d’avoir rendu à cette peinture tout l’éclat qu’elle devait avoir dans le principe. La chromolitl îo graphie , placée au commencement de ce volume, reproduit exactement l’œuvre de notre confrère.
DU XIe SIECLE
envelopper le pied tout entier1 2. Quant à l’amict, ce carré de toile blanche dont le prêtre s’enveloppe les épaules avant de revêtir l’aube, il n’apparaît sur notre peinture qu’autour du cou de Fulbert. On voit qu’il n’était point encore, comme il le fut un peu plus tard, garni à sa partie supérieure d’un collet de soie brodé. Outre l’amict, Fulbert porte, sous son aube, une tunique dont la manche est visible au poigmet droit.
L’aube est ce vêtement talaire de couleur blanche, orné à sa partie inférieure d’un parement d’or, et dont la manche, apparente au bras droit de l’évêque, est décorée d’un g*alon d’or semblable au parement. On aperçoit au bas de la chasuble les deux extrémités de l’étole ; leur forme sensiblement pattée se rencontre rarement à une époque aussi ancienne.
Par un fait difficile à expliquer, Fulbert n’est pas vêtu, pardessus l’aube et l'étole , de la dalmatique , insigne des diacres. L’évêque, dans l’esprit de l'Eglise, réunissant en sa personne toutes les qualités que confèrent les divers degrés de l’ordre sacerdotal, devait réunir aussi dans son costume les divers vêtements du sousdiacre, du diacre et du prêtre. Il y a donc ici une exception à la règ’le généralement adoptée pendant tout le Moyen-Age dans l' agencement des ornements épiscopaux ’. Fulbert, sur notre miniature, est
1 Antérieurement au XIe siècle , les sandales des évêques sont généralement découvertes sur le dessus du pied.
2 On lit dans 1 ' Expositio rubricarum ritualis Romani, de l’abbé Bouvry (Paris, 1864, in-8°, p. 204, note 1): Dalmatica, utpote vestis festiva et lætitiæ , omittitur ternporibus pœnitentiæ et mœrori destinatis , c’est-à-dire qu’on ne portait pas autrefois la dalmatique pendant l’Avent , le Carême, les Quatre-Temps, les Vigiles et les Rogations. 11 est à remarquer que c’est pendant le même temps que les prêtres officiants revêtent la chasuble de couleur foncée, violette ou noire (Guil. Durand, Rationale divinorum officiorum , liv. III, ch. XI, par. x. et ch. XVIII, par. vi etx). C’est peutêtre pour exprimer le deuil causé par la mort de Fulbert qu’ André de Mici a supprimé dans le costume du prélat chartrain la dalmatique, tandis qu’il peignait presque en noir la chasuble dont ce pontife est revêtu.
UN MANUSCRIT CH ART RAI N
habillé comme un simple prêtre. Seule, la crosse qu’il tient en main permet de reconnaître en lui un pontife.
Le manipule posé sur son bras gauche se termine par le bas en forme de battoir. 11 y a lieu de répéter pour le manipule ce que nous avons dit pour l’étole. La forme qu’affecte ici cet ornement ne se montre pas habituellement avant l’extrême fin du Moyen-Age sur les monuments fîgairés. Antérieurement aux XIIe et XIIIe siècles, le manipule, comme Létole, se compose d’une pièce d’étoffe de même largeur depuis le haut jusqu’en bas. Le manipule du diacre qui accompagne Fulbert paraît être de dimension moindre que celui du prélat; mais à son extrémité il a également la forme très caractérisée de battoir qu’ont aujourd’hui même ces sortes d’insignes sacerdotaux.
La chasuble, dont André de Mici a revêtu Fulbert, est la planeta des temps anciens, c’est à dire une rotonde très ample et très longue, non fendue , mais ayant une ouverture au centre pour permettre de passer la tête. Les bras se trouvaient comme emprisonnés sous ce vêtement, et, afin d’avoir la liberté des mouvements, on était oblig’é de retrousser 1a. chasuble sur chacun des avant-bras. La chasuble de Fulbert est en étoffe brochée, d’une couleur bleue très foncée, tirant sur le violet ; elle est couverte par devant et par derrière de galons d’or. — Quant à la crosse, c’est une simple canne à tête recourbée. L’époque n’était pas encore venue où l’on ornait avec luxe la volute de ces bâtons pastoraux.
Derrière Fulbert se tiennent deux diacres. L’un porte comme costume l’aube et la dalmatique ; il a dans la main gauche le manipule. L’autre ne montre que sa tête et l’une de ses mains; le reste de son corps est dissimulé derrière une colonne. La dalmatique du premier est de couleur pourpre, à larges manches évasées et bordées de deux parements juxtaposés, l’un bleu et l’autre d’or.
Fulbert, on s’en souvient, est représenté haranguant le peuple chartrain assemblé dans la cathédrale. Nous avons déjà eu l’occasion de parler du costume civil au début du XIe siècle, à propos des dessins
DU XIe SIECLE
qui sont placés dans notre manuscrit en tète de chacun des mois du Martyrolog’e 1 . Mais ce que nous avons dit alors se rapportait aux vêtements quotidiens des hommes de la ville ou de la campagme. Les dessins dont nous nous occupions représentaient en effet les travaux manuels des diverses saisons, et les personnages, qui s’y trouvaient figurés, étaient presque tous des artisans. André de Mici , au contraire, a peint les bourgeois de Chartres en costume d’apparat , endimanchés pour ainsi dire, comme on l’était les jours de fête lorsqu’on assistait au service divin. Ce ne sont plus ces vêtements, commodes pour les travaux des champs, mais si courts qu’ils cachent à peine les braies. Ici les tuniques des hommes tombent jusqu’à mi -jambes, et le riche coloris des étoffes montre suffisamment que ce sont des habits de cérémonie 2.
D’après notre miniature , il aurait été encore d'usage à Chartres, sous le règ’ne de Robert le Pieux, de séparer les hommes des femmes à l’église. La mode du costume féminin n’avait guère varié depuis près de deux cents ans. C’est toujours le long pallium , couvrant la tête et remplaçant le voile sans lequel les femmes ne pouvaient assister aux offices religieux. On dirait presque d’un vêtement uniforme, d’une couleur blanche légèrement bleutée; quelques-uns de ces manteaux cependant, à la différence des autres, sont bordés d’or. Mais ce qui permet de distinguer le luxe de telle ou telle bourgeoise , c’est la richesse de la fibule qui sert à attacher le pallium sur la poitrine.
1 Voir plus haut, pages 22, 23.
2 Nous serions assez porté à croire qu’André de Mici a voulu représenter quelque grand seigneur dans l’homme à longue barbe qui fait face à Fulbert. Certains même ont voulu reconnaître dans ce chartrain le comte Eudes II, qui fut un des principaux bienfaiteurs de la cathédrale. (Voir plus loin le Nécrologe, à la date du 17 des col. de déc.) Il est impossible, bien entendu, de rien affirmer à ce sujet; nous nous contenterons de faire observer que les vêtements de ce personnage semblent plus luxueux que ceux des autres assistants ; les couleurs en sont éclatantes ; on remarquera en outre le galon d’or qui orne ses souliers et qu’il est seul à porter.
UN MANUSCRIT CHAR TRAIN
Certains cle ces bijoux sont d'une grosseur remarquable. Sous le palboni on distingue le bliaud à largues manches, dont l’ouverture évasée est ornée de gxdons de couleur. Cette tunique descendait si bas que ses plis recouvraient entièrement les pieds. Le bliaud de l’une des femmes figuirées au premier plan est orné à mi-jambes d’un parement bleu en étoffe brochée. Sous le bliaud on portait la chainse ou chemise, dont la seule partie apparente était le bas des manches.
Quant aux hommes, leur costume se compose de souliers couvrant le dessus du pied, de chausses aux couleurs variées, du bliaud et du grand manteau attaché, comme à l’époque carolingienne , sur l’épaule droite par une fibule. Chez eux la chainse n’est pas apparente. Presque tous ils portent la barbe taillée en pointe. Un certain nombre de jeunes g’arcons semblent prêter attention au discours de Fulbert; ils sont habillés comme les hommes, mais ils n’ont point de manteau.
Telles sont les réflexions que nous a inspirées la curieuse miniature d’André de Mici. 11 y aurait encore sans doute bien des choses à en dire ; mais à défaut d’autres commentaires, les diverses reproductions insérées dans ce volume permettront aux érudits d’étudier à tous points de vue celle peinture, comme s ils avaient l'original même sous les yeux.
Le NécroIog*e est !a troisième pièce importante de notre manuscrit par sa valeur et son étendue. Plusieurs fois déjà, nous en avons tiré de précieux renseignements, soit pour dater le Martyrologe , soit pour déterminer l’époque à laquelle vécurent les personnages qui ont pris part à l’œuvre de la cathédrale de Chartres : mais il convient de l’examiner ex professo et plus à fond, et d’en extraire tout ce qui peut servir à l’histoire de Légalise de Notre-Dame et du Chapitre: c’est cc (pie nous allons faire dans l’introduction au Nécrologe.
Nous irons plus loin : pour permettre à nos lecteurs de vérifier nos assertions, et d’apprécier par eux-mêmes la valeur de ce document, nous le reproduirons in extenso. Sans doute il a déjà été publié en 1860 par MM. de Lépinois et Lucien Merlet dans leur excellent Cartulaire cle Notre-Dame de Chartres; mais ces érudits n’ont point eu sous les yeux le manuscrit original de Saint-Etienne. Dès lors ils n’ont pu connaître les diverses écritures qui s’y rencontrent et qui permettent de rattacher la plupart des obits à des époques assez précises. Plusieurs fois ils ont attribué à un obituaire subséquent des mentions qui appartiennent à celui-là. On peut donc le publier de nouveau sans crainte de recommencer une œuvre déjà faite1.
1 MM. Benoît et Lejeune, en 1841, ont, il est vrai, transcrit le Nécrologe d’après l’original même de Saint-Etienne, mais en y ajoutant quelques notes de peu d’impor-
UN MANUSCRIT C H A R T R A I N
D’ailleurs le procédé que nous emploierons dans cette réédition la justifierait à lui seul. Comme nous l’expliquerons plus au long* dans l’introduction qui va suivre, nous représenterons les écritures de chaque époque par des caractères spéciaux; ce qui donnera, avec toute la précision possible, la physionomie de l’orig-inal lui-même. On ne connaît, croyons-nous, qu’un seul obituaire édité ainsi, et encore a-t-il paru en Allemagne : c’est le livre de confraternités de Saint -Gall, publié par M. Piper.
i. Introduction au Nécrologe.
Le Nécrologie de Saint-Etienne occupe 64 pag*es; dans l’ensemble du manuscrit , il s’étend du folio 97 au folio 129. Chacune de ces pag*es est soigneusement rayée à la pointe sèche ; aucune n'est divisée en deux compartiments, comme dans le Martyrolog*e. Il n’y a point de lignes perpendiculaires au milieu, mais seulement sur les bords pour déterminer les marg-es et encadrer la pag*e tout entière.
Pour se faire une idée de la distribution et de l’ organisation du Nécrologie, il suffit de se rappeler sa destination. Le premier rédacteur qui l’a entrepris a écrit, successivement, en lettres roug’es 1 et dans le style des calendriers liturgiques , tous les jours de l’année ecclésiastique, en commençant par la veille de Noël. Il a laissé entre eux un espace blanc pour y insérer à l’encre noire, au jour de leur décès, les obits de ceux pour qui l’on devait prier ; cet espace réservé est généralement de six lig’nes, et comme les pag*es sont de 36 lig’nes, chacune renferme six jours. Il faut excepter les deux premiers folios
tance. Leurs travaux restés manuscrits sont conservés à la Bibliothèque communale de Chartres sous les numéros 1102 et 1221.
1 Deux folios ont été remplacés vers 1070 par d’autres : hauteur n’a pas écrit les quantièmes en rouge, mais en bleu et noir.
DU XI' SIÈCLE
qui comptent moins de jours, parce que le copiste devait y transcrire des notices dépassant le nombre ordinaire des lignes. Cette disposition permet de se figurer l’aspect offert par notre Nécrologe. Certains jours sont chargés d’obits, d’autres, au contraire, sont restés en blanc.
Est-il besoin de faire remarquer que les défunts, bien qu’ils soient inscrits sous le même jour, n’étaient point morts ensemble et la même année? Ils étaient décédés à des intervalles plus ou moins éloignés. Aussi ce sont des mains différentes qui ont inséré leurs obits dans le Nécrologe, au fur et à mesure des décès. L’écriture n’est donc point toujours la même pour un même jour, elle varie avec les scribes et les époques. C’est même cette diversité de caractères, portant la marque des figes où ils furent tracés, qui nous permet de suppléer, partiellement du moins, aux défauts de dates pour les personnages dont ni l’histoire ni les chartes ne mentionnent l’année de la mort, On juge très approximativement de l’époque où ils moururent par l’écriture de leur ohit. Certes, il est préférable de trouver fixée en toutes lettres, soit dans les obits eux-mêmes, ce qui est très rare, soit dans les chroniques et les autres documents, la date à laquelle décédèrent les personnages inscrits au Nécrolog’e. L’histoire est plus certaine et plus précise encore que la simple paléographie; mais lorsqu’on peut réunir ces deux lumières, on obtient des indications chronologiques nombreuses et sûres. C’est le cas pour le manuscrit que nous étudions. Un grand nombre des obits qu’il renferme se rapportent à des hommes, dont la mort est connue par ailleurs, il en résulte que ces obits sont datés avec précision. Si l’on joint à ces renseignements tout acquis et très certains ceux que fournissent les caractères matériels des différentes écritures, on arrive sans trop de peine à reconnaître quand fut ouvert, quand fut clos le Nécrologie, et par suite entre quelles dates extrêmes se répartissent les différentes notices qui s’y lisent . On fait mieux encore : on parvient à déterminer, à quelques années près, la mort des personnages secondaires pour lesquels on n’a aucune autre référence. Ce sont là des résultats, il faut l’avouer, fort inté-
ressants et précieux à tous égards, que l'on a rarement obtenus jusqu'ici. Tout ce qui fixe la chronologie des hommes et des choses, tout ce qui dissipe le vague et fournit des dates exactes est d'une importance capitale en histoire.
Quand donc eut lieu l'ouverture de notre Nécrologe ? En quelle année celui qui le rédigea le premier, après avoir copié le Martyrologe ’, acheva-t-il son œuvre ? Disons-le tout de suite. Ce fut en 1027 ou 1028. L’écriture primitive convient bien à cette époque ; c’est la petite ronde de la fin du Xe siècle et du commencement du XI0, avec ses lettres très bien articulées, quelquefois détachées les unes des autres, et sans presque aucune abréviation. Mais ce qui enlève tout doute et donne un résultat plus précis, ce sont les ohits d’hommes connus, qui sont de cette écriture, rapprochés de ceux qui appartiennent à l’écriture suivante. Ainsi les ohits de l’évêque Eudes, mort en 1004, do T abbé de Saint-Père, Magénard, mort en 1013, du sous-doyen Evrard, assassiné en 1018, de Hug'ues, archevêque de Tours, mort en 1023, de l’archidiacre et prévôt Tétold dont Fulbert signale la mort en 1024, du comte Richard, mort en 1026, et tous ceux des personnages morts avant eux, sont écrits de la première main. D’autre part, les obits de l’évêque Fulbert, mort le 10 avril 1028, du roi Robert, mort en 1031, d’Arnoul, abbé de Saint-Père, mort en 1033, du comte Eudes, mort en 1037, de l’évêque Thierry, mort en 1048, et tous ceux des personnages morts après ceux-ci, sont d’une main postérieure. C’est donc un fait bien certain, le copiste du Nécrologe, celui qui le commença, écrivait après 1026 et avant le 10 avril 1028, c’est-à-dire probablement en l’année 1027.
Voilà déjà un point acquis : tout ce qui est de l’écriture primitive est antérieur à 1027 ou 1028, tout ce qui n’en est pas est postérieur. Mais quand le Nécrologe, ouvert à cette époque, fut-il définitivement fermé et hors d’usag’e? jusqu’à quelle date s’échelonnent les ohits qui suivent ?
Le Martyrologe est tout entier de la même main qui a commencé le Nécrologe.
DU XIe SIÈCLE
Ici encore nous avons le bonheur de pouvoir indiquer une époque très approximative. Il lut certainement clos après 1124, car il renferme la mention du chancelier Bernard (2 juin) et du chantre Gerogius (12 février), qui moururent certainement cette année -là; mais d’autre part on n’y trouve point les obits du doyen Salomon, mort en 1144 (24 août), et de son prédécesseur Zacharie, mort avant 1042 (15 janvier). On n'y lit point davantage celui d’Etienne, abbé de Saint- Jean et patriarche de Jérusalem, qui mourut en 1130 (12 juin), et dont le décès, comme celui des deux précédents, fut inscrit dans les Nécrologies suivants : ce qui nous permet d'affirmer que la clôture eut lieu avant 1130. Sans doute on y voit les obits du roi d’Angleterre, Henri, mort en 1135 (9 mars), de la comtesse Adèle, morte en 1137 (8 mars) ; mais il est évident, au premier examen des caractères, qu’ils ont été inscrits après coup et rapportés des autres obituaires, où ils sont plus développés. C’est donc entre 1124 et 1130 qu’il faut placer la clôture définitive de notre Nécrologie, et si l'on admet qu’il fut tenu sommairement au courant jusqu’à l'incendie de la cathédrale en 1134, c’est tout ce que l’on peut accorder. Voilà donc les dates extrêmes : commencé entre 1026 et 1028, il a été achevé entre 1124 et 1130; il a duré un siècle, et l’on peut partager en deux grandes époques tous les obits qui s’y trouvent : ceux de la première écriture sont antérieurs à 1028, ceux des écritures subséquentes sont antérieurs à 1130.
Mais il nous faut entrer plus avant dans le détail, et, après avoir déterminé les dates extrêmes du Nécrologe entier, fournir les dates particulières des différentes écritures qui le composent , et en même temps des obits eux-mêmes.
Pour ceux qui sont écrits de la première main, nous savons déjà qu’ils ne descendent pas au-dessous de 1028, mais jusqu’à quelle époque remontent -ils? Ici l’écriture ne nous fournit aucun renseignement : elle est toute d’une main unique qui n’a point écrit au jour le jour les décès antérieurement survenus, mais les a copiés tous d’un
même coup d’après un Nécrologie précédent. Nous sommes donc forcé d’examiner chacun des obits en eux-mêmes, de rechercher leur date dans les chartes et dans l’histoire, et de découvrir ceux qui remontent aux temps les plus éloignés. Ceux-là nous serviront de point de départ , le point d’arrivée étant l’année 1028.
De cette étude, il résulte que les plus anciens personnages nommés dans le Nécrologie primitif appartiennent aux deux derniers tiers du Xu siècle. La mention de l’incendie de 962 (5 août) nous rejette de prime abord au delà de cette époque, et l'obi t d’Haganon (24 décembre) qui porte sa date en lui-même et est conçu en termes trop vivants pour n’être pas contemporain de sa mort, nous recule jusqu’à 941. En ce temps le Nécrologie était déjà ouvert, et de fait, presque tous les dignitaires du Chapitre, postérieurs à cette date, s’y retrouvent.
Mais fut-il ouvert longtemps auparavant ? Tout d’abord on pourrait le croire parce qu’on y voit les obits des évêques Frotbold (f 858, 12 juin) ; Gislebert (*j* v. 879, 3 janvier) ; Gérard (f v. 887, 13 juin); et Gantelme (-J- v. 926, 1er février) : cependant nous avons de bonnes raisons pour ne pas l’admettre. Remarquons d’abord que la série des évêques n’est pas complète; il y manque Aimon, successeur de Gislebert, et Aimery, successeur de Gérard. Ces deux omissions à elles seules nous fourniraient une présomption pour rejeter l’ouverture de notre Nécrologie, au moins au temps de Gantelme, car c’est, à partir de lui seulement que la suite épiscopale se déroule sans interruption. Un Nécrologie comme le nôtre, composé pour garder le souvenir des bienfaiteurs et des dignitaires de l'Église de Chartres, devait, à moins de raisons spéciales, renfermer le nom de tous les évêques. S’il ne contient pas tous ceux qui ont siég’é avant Gantelme, c’est qu'il n’était pas encore ouvert avant ce pontife.
D’ailleurs, il est facile de montrer que les obits de deux de ces évêques antérieurs à Gantelme furent insérés, non point à la date du décès, mais longtemps après. Ainsi ceux de Frotbold et de Gérard n’ont pas été pris dans l’original par le copiste de notre obituaire. C’est
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plus tard qu’ils ont été ajoutés : leur écriture, un peu différente de l’écriture primitive, indique qu’ils furent intercalés quelques années après 1028. Il est probable qu’ils auront été empruntés à quelque chronique, charte ou martyrologe. Ce qui concerne Frotbold et les clercs massacrés avec lui par les Normands (12 juin) ressemble à un extrait de chronique : Anno incarnationis dominice DCCCL VU I , indictione V ci paganis Sequanensibus facta est magna cédés Carnot is.
De même l'obi t de Gérard (13 juin), qui est sur la même page et de la même main, n’est autre chose que le résumé de la charte que lui concéda Charles le Gros. Obiit Jerardus, episcopus. Hic sua impetratione imploravit apud Karolum imperatorem Aloiam , etc.
Après Gérard vient Gantelme , dont la notice nécrologique est écrite de la première main (31 janv.). Cet évêque est le prédécesseur d'Haganon : ne serait-ce point sous son épiscopat, un peu avant sa mort arrivée vers 926, que ce Nécrologe aurait été ouvert? Ce qui semblerait confirmer cette hypothèse, c’est qu'on trouve, avec son obit, celui du roi de France Robert, mort en 923 (15 juin). Nous pensons cependant que le Nécrologie ne fut ouvert qu'a près la mort de ces personnages et que leurs obits n’y furent insérés qu’après coup. Si on eût fait leur mémoire aussitôt après leur décès, on leur eût consacré sans doute un éloge plus pompeux. Gantelme avait repoussé les Normands en arborant la sainte Chemise, si chère à l’Église de Chartres et si souvent mentionnée. Ce trait, que près de quarante chroniqueurs ont relaté, aurait été certainement rapporté dans son obit. Pour le roi Robert, on aurait dit, comme on le fait toujours, à quel titre il avait place dans le Nécrologe. Au contraire, on ne leur accorde qu’une notice sèche et brève : Obiit Waltelmus , episcopus Carnotensium. Obiit Rotbertus rex, — et c’est tout. 11 nous semble donc que le Nécrologe n’était pas encore ouvert, et c’est plus tard qu’on les y inscrivit sur la foi des Catalogues épiscopaux ou des Chroniques.
Ces considérations nous obligent à reporter l’ouverture du Nécrologe à l’épiscopat d’Haganon. Elles sont d'ailleurs confirmées par
UN MANUSCRIT CH ART RA IN
d’autres plus puissantes et plus précises, tirées de la série des dignitaires du Chapitre de Notre-Dame.
Le Nécrologie, on le sait, était à l’usag’e du Chapitre; il avait pour but de conserver la mémoire de ceux pour qui l'on devait prier au jour anniversaire de leur mort : il devait donc renfermer les noms des chanoines importants qui n'avaient aucune raison d’être privés de cet honneur. Et, de fait, nous avons constaté que presque tous les doyens, sous-doyens, chantres, sous-chantres y sont mentionnés depuis l’année où mourut Hag*anon en 941 jusqu’en 1028. Par contre, il ne contient le nom d’aucun de ces officiers vivant antérieurement à 941. Il est à remarquer d’ailleurs que, d’après les chartes comme d’après le Nécrologie, on ne peut former aucune liste de dignitaires du Chapitre remontant au delà de 940 environ, coïncidence singulière qui prouve qu’avant Hag’anon , on soignait peu les archives et les livres liturgiques, et que sous son épiscopat et après lui on y attacha plus de prix.
Il n’y a que deux dignitaires connus antérieurement à cette époque, deux doyens : l’un est fourni par une charte de 931 , c’est le doyen Aimon ; l’autre est indiqué par le Gallia christiana , nous ne savons d’après quel document, comme doyen vers 938, c’est Geoffroy. Ni l’un ni l’autre ne sont au Nécrologie. Comme tous leurs successeurs s’y trouvent, eux-mêmes y auraient été sans nul doute inscrits vu l’importance de leur chargée, si à leur mort le Nécrologie eût été déjà ouvert. Cette omission de personnages aussi considérables, qui moururent après 931 et même 938, permet de fixer l’inaugairation de l’obituaire après cette époque. Comme nous avons vu d’autre part que le Nécrologie était déjà tenu au courant lors du décès d’Hag’anon, il en résulte qu’il fut certainement ouvert entre les années 931, voire même 938, et 941 ’.
1 M. Molinier observe que les obits étaient dans le principe peu développés, ce qui semblerait infirmer l’argument que nous tirons de la brièveté des obits de Gantelme et du roi Robert. Nous répondrons que, dans le premier Nécrologe, ces deux
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Ce premier Nécrologie eut une durée de près de cent ans, de 940 environ à 1028, époque où il fut transcrit dans notre manuscrit : c’est donc entre ces deux dates extrêmes, 940 et 1028, qu’il faut placer le décès de tous les personnages dont les obits sont écrits de première main dans notre obituaire.
Quelles soûl les autres écritures qui s’échelonnent de 1020 à 1130 environ, époque où fut fermé le Nécrolog“e que nous allons publier? Elles sont assez nombreuses; mais on peut les diviser en trois groupes principaux selon leurs caractères paléographiques. Nous avions eu la pensée un instant de les attribuer aux divers chanceliers du XIe siècle : ces dignitaires du Chapitre étaient, en effet, chargés de la rédaction du Nécrologe. Mais il est probable qu'ils abandonnaient souvent cette tâche aux scribes qui étaient sous leurs ordres, de sorte qu’il serait assez hasardeux de vouloir reconnaître à l’écriture la main de chacun d’eux.
De ces trois groupes, le premier, qui est facile à déterminer, s’étend de 1028 à 1060 : c’est à lui qu’appartiennent les obits des évêques Fulbert (10 avril) et Thierry (16 avril), obits qui paraissent avoir été écrits par la même main. Ce groupe comprend tous les personnages qui moururent sous l'épiscopat de Thierry et sous celui d’Agobert. Il embrasse ainsi une période qui va de la mort de Fulbert jusqu’à l’époque des troubles suscités par le doyen Hugues, devenu évêque intrus de Chartres en 1060.
De 1060 à 1090, date de l’avènement de saint Ives, règne le second groupe d’écritures. C’est dans celui-ci qu’on lit les obits des évêques
obits sont seuls aussi courts et fout exception : ceux qui les suivent de près, comme celui d’Haganon (T 941), sont déjà très détaillés. — On pourrait encore objecter contre la date que nous fixons pour l’ouverture de notre Nécrologe qu’il y est fait mention au 7 août de deux Chartrains tués par les Normands. Mais cette mention ne paraît pas se rapporter aux guerres normandes du IXe siècle , elle se réfère plutôt à la guerre qui eut lieu en 962 entre Richard, duc de Normandie, et Thibaut, comte de Chartres (Cf. Ferd. Lot, Les derniers Carolingiens , p. 351, note 4).
UN MANUSCRIT CIIARTRAIN
Robert (23 déc.) et Arrald (10 févr.) ; mais on y constate certaines omissions volontaires parmi les évêques et autres dignitaires du Chapitre, omissions se rattachant sans aucun doute aux grandes dissensions dont l'Eglise de Chartres fut alors ag’itée. Ainsi Hugues l’intrus n’y est pas ; condamné par Rome, il fut rayé de la liste épiscopale. Robert de Grandmesnil et Geoffroy de Boulogne, deux de ses successeurs, furent aussi exclus du Nécrologie pour la même raison.
Enfin le troisième groupe va de 1090 à 1130 environ et comprend tout l’épiscopat de saint Ives et les premières années de Geoffroy de Lèves, son successeur. Les principaux obits sont ceux de saint Ives (23 déc.), du B. Bernard de Tiron (25 avril) et de Bernard de Chartres (2 juin), chancelier. L’écriture est déjà celle du XIIe siècle, tantôt ronde, tantôt angmleuse.
A ces trois groupes il faut en ajouter un autre qui n’a pas d’époque spéciale. Pour diverses raisons dont nous parlerons ailleurs, un certain nombre d’obits ne furent inscrits que longtemps après le décès qu’ils relatent : nous avons dû les distinguer et en former un groupe particulier. Il faut y joindre deux folios dont nous avons parlé déjà, qui, ayant été détériorés, furent remplacés après coup. Le premier va du 2 au 13 octobre, le second du 30 novembre au 14 décembre. Tous les obits, recopiés par le scribe qui restaura ces pag’es, étant d’une écriture uniforme, ne nous fournissent aucun caractère paléographique qui permette de leur assigner une date précise ; ce qui est regrettable pour plusieurs personnages dont on aimerait à déterminer l’époque du décès, le célèbre Hildegaire, disciple de Fulbert, par exemple. Cette restauration dut être faite vers 1067 : en effet le copiste inscrivit au 11 décembre la mort de Conan, duc de Bretagne, qui décéda en l’année 1066, mais il ne mit que ces mots : Obiit Conanus, Britannorum cornes. Très peu de temps après la mort de Gonan, la comtesse Berthe, pour le repos de l’àme de son fils, le duc fie Bretagne, donna au Chapitre un ciborium destiné à décorer le maître-autel de la cathédrale. Ce don fut aussitôt inscrit au Nécrologe à la suite de l’obit de Conan ;
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mais déjà nos deux feuillets avaient été remplacés, car les mots qui mentionnent la donation de la comtesse Berthe sont d’une autre écriture. G’est donc en 1067 ou très peu de temps après que ces pag’es furent recopiées h
Nous avons représenté ces différents groupes d’écritures, dans l’impression de notre manuscrit, par des caractères particuliers : nous expliquerons en tête du texte lui-même, dans un chapitre spécial, le procédé que nous avons suivi.
Après cette analyse sommaire des différentes périodes chronologiques de notre Nécrologie, il nous faut maintenant tirer de cet obituaire tous les renseignements historiques qu’il contient. Que nous apprend-il sur l’église et la ville de Chartres ? Inutile de refaire le travail de MM. de Lépinois et Merlet sur les noms de lieu et sur les donations de terres : ces savants ont traité ces questions dans la préface du Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, dans leur dictionnaire topographique et dans le courant de leur ouvrage. Qu’il nous suffise de relever quelques traits historiques, et en particulier certains détails relatifs à i’ég’lise de Chartres.
Notre Nécrologe ne nous dit rien au sujet des évêques qui n’ait déjà été signalé. Pour les doyens, il nous en fait connaître un, Ernoldus, que le G allia Christiania n’a pas introduit dans sa liste et qui devait vivre antérieurement à 985, puisqu’il est inscrit avant la comtesse de Chartres Ledgarde, morte elle-même vers 985; mais il se tait sur trois autres, que d’ailleurs les Bénédictins ont faussement qualifiés de doyens. Ce sont: Sigon, abbé de Saumur, que la chronique de Saumura nommé decanus au lieu de diaconus Beate-Marie ; Eudes et Gencelin qui furent
1 Cette date approximative est confirmée par l’obit d’Adelize, fille de Guillaume le Conquérant, décédée le 7 décembre vers 1070 (D. Bouquet, XII, p. 582 et 015), obit dont l’écriture est d’une époque également postérieure à celle où furent restaurés les deux feuillets.
doyens de Saint-Père, mais non de la Cathédrale. La liste que, joint aux chartes, notre Nécrologie permet de rétablir pour les doyens serait celle-ci : en 931 , Aimon; puis vers 938 Geoffroy; en 949 et même 974 Suger (24 juin); avant 983, Ernold (14 nov.); en 988 Raoul, qui devint évêque en 1004; puis, sous Fulbert, Albert (20 mai) jusqu’en 1028, époque où il se Pd moine à Marmoutier dont il fut nommé abbé en 1032. Après Albert vinrent Gerogius (18 déc.), Hardouin (5 mars) en 1034, et Hugues de 1048 à 1060, année où il s’empara de l’épiscopat. Les successeurs de Hugues furent Eng’uerrand (19 mai), qui apparaît en 1072 et 1084, Adélard (26 août , doyen en 1087 et 1092, enfin Arnauld (4 nov.) de 1092 à 1118.
Nous n’avons pas tous les sous-doyens ; quelques-uns font complètement défaut ; d’autres sont nommés, mais avec des titres différents. A l’aide des chartes, nous avons tâché d’en reconstituer la liste: Hardradus en 930, Hardouin (16 mai), Salicon en 974 et avant 986, Salomon en 988, Evrard (21 févr.) en 1017 et en 1018, année où il fut assassiné par des partisans de l'évêque de Sentis, Hildegaire (11 oct.), disciple de Fulbert, mort avant 1034, un autre Evrard (29 déc.), puis Hug’ues, sans doute celui que nous avons vu doyen et ensuite évêque en 1060. Après lui on retrouve Adélard en 1072 et 1084, Goslein (13 juill.) en 1087 et 1097, Serannus (19 avril) en 1099 et 1101, Foulques (29 mars) en 1101 et 1112, nommé par saint Ives, mais forcé de se retirer parce que le Chapitre ne voulut pas l’accepter. Le dernier sous-doyen est Hug’ues (6 oct.), sig’nalé en 1114 et en 1124, époque de sa mort. Son successeur , Zacharie, qui devint doyen et mourut vers 1141, n’est point dans notre Nécrologe.
La série des chantres est complète. Le premier signalé est Aimery (27 déc.), mort en 949, auquel succédèrent Humbert (18 juin) en 930, Raoul en 974 et 977 , plus tard doyen et évêque, Sigon (11 juillet), mort après 1034, Arnoul en 1048, mort après 1060 (9 nov.), Eudes (16 août) entre 1060 et 1072, Hilduin (2 nov.) de 1072 à 1103, et Gerogius (12 fév.) en 1114, mort en 1124,
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Il en était des sous-chantres comme des sous-doyens ; on ne restait pas jusqu’à la mort dans cette digmité subalterne. Aussi n’avons-nous pas dans notre Nécrologie le nom de tous ceux qui la remplirent. Citons cependant le premier de tous Alcarius (28 juillet) en 949 et 977, et, faisant un grand pas, Etienne (20 oct.), mort après 1033, Agobert qui devint évêque , Robert de 1048 à 1071, Frodo (5 août) vers 1080, Goslein (3 mars) mort en 1087, enfin Guérin qui paraît en 1087 et en 1124, mais qui n’est pas dans le Nécrologie, parce qu’il survécut à cette année-là.
Plusieurs officiers de la chancellerie du Chapi tre , professant en même temps dans les écoles et rédigeant les chartes, sont mentionnés dans notre Nécrologie. Nous y trouvons pour le Xe siècle Areg’arius, levita et grammaticus (12 juillet), qui rédigée, ad vicern démentis, des chartes dans le Cartulaire de Saint-Père vers 930 (p. 27 et 28); sous Fulbert, Evrard, studiosus cancellarias (3 mai), qui devint moine et abbé de Breteuil; Hildeg’aire, magister scole ( I l octobre), qui mourut avant 1034; après Fulbert, un autre Evrard, cancellarius litteris eruditus et facundus eloquio (29 déc.), mort avant 1060, et Enguerrand, cancellarius utilis (19 mai), mort vers 1084; enfin sous saint Ives, Bernard, cancellarius (2 juin), mort en 1124.
Enfin nous rencontrons un certain nombre d’autres dignitaires dont les fonctions, au début, tenaient à la fois de celles des chambriers et des chefeiers, et dont le titre était fort variable : on les appelle custos , archiclavus , edituus. Ainsi, on trouve avant 1028 Adelelme (11 avril), rei familiaris custos et reram monasterii amator et edificator ; Hilduin (24 mars), custos scrinii sacre vestis et totius ecclesie ornamenti , rei familiaris servator fidelis et distributor dapsilis ; Suger, archiclavus (25 juin) ; Gausbert (30 janv.), diaconus et custos Sancte- Marie; et de 1060 à 1090, Gombert (23 oct.), capicerius et custos fidelissimus hujus ecclesie. Il est difficile d’assigner des époques bien précises pour ces differents personnages.
C’est encore plus difficile pour les archidiacres et les prévôts, qui
étaient dans le même temps plusieurs en fonctions 1 : nous n’essaierons pas de les nommer.
Notre Nécrologie contient aussi quelques noms d’abbés et de religieux. On y voit les abbés de Saint-Père : Gisbert (15 janv.) mort en 1004, Magénard (30 mars) mort en 1013, Arnoul (8 mars) mort en 1033, Landri (14 mars) mort en 1069. Les autres abbés de Saint-Père n’v sont pas nommés.
Parmi les abbés de Saint-Glieron , on trouve Baudouin (12 juin), à la fois abbé de Saint-Glieron et de Saint-Martin-au-Val , puis Grande (23 sept.) et Hervé (22 mai), tous trois antérieurs à 1028 ; de 1030 à 1060 le prévôt Haldric (2 juillet), et de 1060 à 1100 le prévôt Gislebert Berlin (23 avril). On sait que l’histoire de l’abbaye de Saint-Glieron est toute à refaire : ce que les frères de Sainte- Marthe en rapportent est sans valeur. Ils mettent l’abbé Baudouin en 676 environ, mais puisqu’il figure dans notre Nécrologe il vivait après 931. D’ailleurs, il était, comme nous l’avons dit, abbé de Saint-Gheron et de Saint- Martin-au-Val. Or les évêques de Chartres possédèrent ces deux monastères jusqu’à Hardouin qui donna Saint-Martin au comte de Chartres (vers 960). Pour expliquer ce fait anormal alors de la possession de deux abbayes par le même chanoine, il faut admettre évidemment que Baudouin en avait été pourvu avant la donation d’Hardouin, alors que les évêques étaient propriétaires à la fois de ces deux abbayes. On peut même aller plus loin et dire que Baudouin ne gouverna ces abbayes qu’avant 949, car, en cette année, les chartes signalent Graulfe comme abbé de Saint-Gheron. Celui-ci était remplacé en 968 par Hervé. Vers 980, l’évêque de Chartres, Eudes, donna l’abbaye de Saint-Gheron au Chapitre de Notre-Dame. C’est ce
1 On sait qu’au XIIe siècle, il y avait dans le Chapitre de Chartres 6 archidiacres, ceux de Chartres, de Dunois, du Pinserais, de Blois, de Dreux et de Vendôme, et 4 prévôts qui portaient dans le principe les titres de prévôts d’Amilly, de Nogent, de Fontenay et de Beauce.
que nous apprend notre Nécrolog’e (19 juin): Obiit Vuitgerus, episcopi Odonis /‘rater, pro eu jus anima reddidit idem episcopus abbatiam Sancti- Carauni hujus ecclesie fratribus. C’est à partir de cette époque que le titre d’abbé de Saint-Cheron fut remplacé par celui de prévôt de la même abbaye. Nous trouvons avec ce titre Haldric et Gislebert Berlin, qui n’ont pas été connus des auteurs du Gallia christiana.
Relevons la mention de quelques religieux ou chanoines des autres monastères et chapitres de Chartres, tels que Hervé (4 juillet), Frog’er (12 févr.), chanoines de Saint-Serg'e-et-Saint-Bache avant 1028. Ces chanoines étaient attachés au service de la chapelle de l’Evêque que l'on croit avoir été bâtie sous ce vocable de Saint-Serg’e-et-Saint- Bache par l’évêque Gislebert au IXe siècle.
Nous trouvons vers 1070 Eudes, chanoine de Saint-Etienne (2 févr.), et. vers la même époque, R.ag’enfroy et Guillaume (4 avril et 10 sept.), abbés de Saint-André. L’égdise de Saint-Etienne et celle de Saint-André, situées l'une près de la cathédrale, l’autre sur l’Eure près les murs de la ville, avaient donc déjà leurs chapitres constitués. Celui de Saint-Etienne, au dire du Nécrolog’e de Saint-Père, avait été fondé par l’évêque Arrald (1069-1075); celui de Saint-André était antérieur à saint Ives, témoins les deux abbés sigmalés par notre obituaire et que n’ont pas nommés les auteurs du Gallia.
Enfin citons l’abbave de Saint- J ean-en- Vallée dont saint Ives fut le restaurateur et qui eut pour premiers abbés Gui (7janv.)‘; Albert (6 janv.), et Etienne qui devint patriarche de Jérusalem et mourut en 1130. L’obit d’Etienne n’est pas inscrit dans le Nécrolog’e que nous publions, mais il se trouve dans celui qui fit suite au nôtre, et c’est là, comme nous l’avons dit, une des preuves qui marque que notre obituaire fut clos avant l’année 1130.
4 Les Bénédictins n’ont connu que le nom de cet abbé et ne savaient quel rang lui assigner. Plusieurs chartes du Cartulaire de Saint-Père le mentionnent; un titre du Cartulaire de Marmoutier pour le Dunois (p. 58) le montre comme témoin en 1092 : il faut donc le placer avant Albert, qui lui succéda vers 1099.
UN MANUSCRIT CH ARTRAIN
Le Nécrologie indique aussi des religieux de monastères étrangers à Chartres, tels que Bernard (25 avril), abbé de Tiron, Gilduin 18 mai), qui de vicomte de Chartres devint moine de Breteuil, Evrard •» mai), qui fut abbé de ce même monastère, Sigma (12 juin ), qui le fut de Saint- Florent de Saumur, Albert (20 mai), de Marmoutier, •Raoul (19 janv.) , qui fut relig’ieux à Tours et à Saint- Evroul L Ces mentions sont précieuses pour l’histoire de ces personnag’es, qui tous eurent une certaine renommée. Les historiens qui se sont occupés de Breteuil n’ont jamais su d’où provenait Evrard; ceux qui ont écrit sur les abbayes de Saint-Florent et de Marmoutier ont également ignoré l’origine de Sigon, d’Albert et de Raoul1 2.
A côté des religieux nous trouvons des religieuses. Dès le temps de l’évêque Hélie (vers 840), il y avait à Chartres, sur les hauteurs de Lèves, un monastère de femmes, qui fut détruit par ce prélat. 11 est difficile de déterminer quelle forme de vie avaient adoptée les relig’ienses dont nous parle le Nécrologe : les unes étaient des récluses, vivant solitaires et emmurées peut-être ; les autres étaient attachées à l’église comme des chanoinesses (on leur donne ce nom). Ne pourrai ton pas relier à ces sœurs les dames des saints lieux forts , qui s’installèrent dans la crypte après la peste de 1134 et s’occupèrent du linge de l’église? D’autres enfin devaient vivre en communauté. Quelques-
1 Raoul mourut en 1064 à Marmoutier. 11 est parlé de lui dans Orderic Vital. (Cf. Histoire littéraire, VII, p. 56).
2 II est question dans le Nécrologe de deux autres monastères étrangers à la ville de Chartres qui furent à différentes époques concédés au Chapitre de Notre-Dame. Au 24 août, il est mention d'une abbaye de Saint-Aubin, qu’il nous paraît difficile d’identifier et qui fut léguée à l’Eglise de Chartres par Walon, chevalier très noble, qui la tenait de la munificence royale, quam per preceptum regale possidebat suam. Cette concession est antérieure à 1028 ; elle date probablement du Xe siècle. Vers l’année 1100, un autre chevalier, Hugues, fils d’IIaganon (26 août), légua au Chapitre l’abbaye de Neauphle-le-Vieux , où il se fit moine et mourut (Cf. R. Merlet, Fondation de l’abbaye de Neauphle-le-Vieux , Bibl. de l’Ecole des Chartes, année 1891).
unes étaient riches et donnaient de leurs biens au Chapitre : c’est pour leur générosité ou leurs services personnels qu’elles étaient insérées au Nécrologe. Avant 1028, on trouve Froechin monialis (5 mai) et Godeleia sanctimonialis (21 mai) h De 1030 à 1060, on rencontre Helvisa (8 janv.) et Gel visa (7 mars). Helvisa était une recluse, sanctissime memorie reclusa : l’abbé- Brillon croit qu’elle vivait dans la crypte, et proteste à bon droit contre ceux qui l’identifiaient avec Héloïse et disaient qu’en même temps Abélard avait été chanoine à Chartres. Gel vise est appelée monacha et hujus sancte ecclesie canonica. Elle est ainsi désignée comme cbanoinesse : c’est la seule à qui le Nécrologe donne ce titre. Enfin, après 1090, on voit une autre religieuse, Adelais monacha (12 sept.), qui contribua beaucoup aux frais de la couverture en plomb de la cathédrale.
Nous n’avons jusqu’ici extrait des obits que ce qui concerne l’histoire ecclésiastique, il nous reste à y relever ce qui regarde l’histoire civile du pays cbartrain.
Très peu de comtes de Chartres figurent dans notre Nécrologe : cela s’explique par les contestations continuelles qui s’élevaient entre eux et le Chapitre de Chartres1 2 ; les comtes étaient peu soucieux d’accroître l’importance d’un corps déjà trop puissant à leurs yeux.
1 Cette dernière ligure dans le Cartulaire de Saint-Père en 977 et 979. En 977, avec sa compagne Clémence, elle donne à Saint-Père l’église de Saint-Étienne de Bailleau , qu’elles avaient achetée à un chanoine nommé Géraud, et elle fait confirmer cette donation par l’évêque Eudes. En 979, de concert avec une de ses parentes nommée Ledgarde , elle donne au même monastère, avec la permission de l’évêque Eudes , une propriété achetée en commun àPrasville. Godeleia ne fut pas moins généreuse envers le Chapitre à qui elle lit présent de nombreux ornements : Obiit Godeleia, sanctimonialis , que religiosam vilain duxit et ornamenta multa huic ecclesie tribuit.
2 Pour le comte Thibaut 1 1 , le fait est évident. Au moment de sa mort survenue en 1004, il était en dispute avec le Chapitre de Chartres, dont le doyen Raoul avait pris parti contre lui pour les moines de Saint-Père (Voir Cart. de Saint-Père, p. 102 et 103).
UN MANUSCRIT C H A RT R A I N
L’influence des abbayes leur semblait moins redoutable, et cetait de ce côté que se portaient tous leurs dons. Aussi, dans les différents Nécrolog’es des monastères chartrains, les trouvons-nous tous mentionnés à partir de Thibaut le Tricheur h
Deux d’entre eux seulement apparaissent dans notre obituaire. Le premier est Eudes II (15 nov.), mort en 1037, qui, pour la reconstrution de la cathédrale, donna au Chapitre de nombreuses terres, qui plurimis hoc divinitatis templum clarificavit donariis ac in ejus restauratione multipliées larcjitus est terras. L’autre est Étienne-Henri (19 mai , mort en Terre-Sainte en l’année 1102, et qui dut son insertion dans le Nécrologie aux libéralités que sa femme Adèle fît au Chapitre pour le repos de son âme.
Nous ne trouvons également citées que deux comtesses de Chartres : Ledg’arde, femme de Thibaut le Tricheur (14 nov.), morte vers 985, et Berthe, femme d’Eudes Ier et plus tard reine de France (10 janv.), morte dans le premier tiers du XL siècle.
La famille de nos comtes n’est pas mieux représentée : nous ne rencontrons que trois de ses membres : Eudes (13 mars), neveu du comte Thibaut III, et encore était-il chanoine, un autre Eudes (15 déc.), mort peu après l’année 1106, fils du comte Étienne-Henri, et enfin Berthe, fille du comte Eudes II (12 avril), qui épousa successivement le duc de Bretagme et le comte du Maine et passa les dernières années de sa vie à Chartres où elle mourut en 1085. Elle avait
1 Voici, d’après les Nécrologes des abbayes, le jour du décès de chacun des comtes de Chartres antérieurs au XIIe siècle: Thibaut le Tricheur, 16 janvier 975 (Nécr. de Saint-Laumer de Blois, Sainte-Croix d’Orléans, Saint-Florent de Saumur), 17 janvier (Saint-Père de Chartres, prieuré de Juziers) ; — Eudes I, 12 mars 995 (Saint-Père de Chartres, prieuré de Juziers); — Thibaut II, 11 juillet 1004 (Saint- Père de Chartres, prieuré de Juziers); — Eudes II, 15 novembre 1037 (Saint-Père de Chartres, Saint-Jean-en-Vallée , Notre-Dame de Pontlevoi, prieuré de Juziers); — Thibaut III, 29 septembre 1089 (Saint-Père de Chartres, Notre-Dame de Pontlevoi), 30 septembre (prieuré de Juziers).
donné à l'église Notre - Dame l’emplacement sur lequel fut bâtie l’Aumône ou l’Hôtel-Dieu du Chapitre, et c'est à ce titre qu elle et ses deux enfants Conan, duc de Bretag’ne (11 déc.), et lladvise (19 août) trouvèrent place dans le Nécrologe.
A côté des comtes de Chartres il y avait les vicomtes, dont la charge fut héréditaire pendant tout le cours du XIe siècle et qui s'illustrèrent comme seigneurs du Puiset. Le premier dont l’obit soit dans notre manuscrit est Gelduin (18 mai), qui vivait au commencement du XIe siècle et qui mourut vers 1050. On ne connaît pas son père d’une manière certaine, mais on sait que, dans la famille des vicomtes de Chartres seigneurs du Puiset, le nom d’Hardouin se présente fréquemment, aussi ne serions- nous pas éloigné de voir, dans la personne d’Hardouin, prévôt de la ville de Chartres, Harduinus, miles et provisor Carnotene civitatis, qui figure à l’obituaire sous la date du 12 août, le père du vicomte Gelduin. Hardouin était un des fidèles d’Eudes Ier, et il paraît avec ce comte dans une charte de 985 1 . A cette époque, le vicomte de Chartres s’appelait Geoffroy; il ne semble pas qu’il ait laissé de postérité, et il est probable que la vicomté passa entre les mains de Gelduin, fils et héritier du prévôt Hardouin.
Quoi qu’il en soit. Gelduin n’est pas le seul vicomte qui nous soit signalé par notre Nécrologe. On y retrouve ses deux fils Hardouin (14 juin), mort en 1046, et Evrard (12 févr.), mort vers 1065, son petit-fils Hugues (23 déc.), mort en 1094, et son arrière-petit-fils Evrard (21 août), mort en 1097. Nous ne nous appesantirons pas davantage sur Phistoire des vicomtes de Chartres, qui a été traitée d’une manière très complète par M. le comte de Dion 1 2 : nous ferons seulement remarquer les liens d’amitié que le Nécrologie témoigme avoir longtemps existé entre les comtes de Chartres et leurs vicomtes. Lorsque Eudes II mourut (1037), Hardouin donna au Chapitre, pour
1 Cart. de Saint-Père , p. 79.
2 Le Puiset au XIe et au XIIe siècle. Chartres, Garnier, 1886.
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le repos de l’àme de son suzerain, l’aleu de Tessonville que lui-même avait reçu du comte pour prix de ses services.
Nous parlerons plus longuement des vidâmes dont l’histoire, souvent ébauchée, n’a jamais fait l’objet d’une étude spéciale, et sur lesquels l’obituaire du Chapitre fournit des renseignements importants. On sait que le vidame était un laïc, chargé de défendre les intérêts temporels de l’évêque. Le premier vidame de Chartres qui soit connu est Giroard : le Nécrologe fixe son ohit au 4 juillet et nous apprend qu'il était frère de l’abbé de Saint-Père, Alvée. Un autre de ses frères, Gertrand, figure dans notre obituaire au 28 mars. Tous trois étaient fils d’un autre Giroard que nous fait connaître le Nécrologie du prieuré de Juziers au 8 juin : Obiit Gero ardus , laicus , pater Alvei abbatis L Ce Giroard, laïc, qui devait vivre à la fin du IXe siècle, occupait déjà un rang élevé dans la ville de Chartres, car le moine Paul nous dit que l’abbé Alvée était d’illustre origine, clams généré1 2.
Le vidame Giroard figure déjà avant 930 dans l’acte de restauration du monastère de Saint-Père, à la tête duquel son frère Alvée venait d’être placé par l’évêque Haganon3.
Pendant près de cent ans on perd la trace des successeurs de Giroard. Le plus ancien vidame que l’on connaisse après lui est Renaud, qui vivait sous l’épiscopat de Fulbert, dans les premières années du XIe siècle 4. Renaud appartenait-il à la famille de Giroard ? La plupart des historiens chartrains l’ont pensé et ont même proposé des généalogies fantaisistes pour rattacher ces deux vidâmes l’un à
1 Dans ce même Nécrologe de Juziers et dans celui de Sainl-Père, on trouve, au 17 août l’obit d’Alvée : Obiit Alveus , ciblas , structor hujus monasterii.
2 Cart. de Saint-Père , p. 11.
3 Ibidem, p. 21.
4 Voir une lettre d’Hildegaire , écrite en l’année 1027 environ, où il est question du vidame Renaud (Migne, Patrologie latine , T. cxli, col. 275). Voir aussi le Cartulaire de Marmoutier pour le Vendômois , p. 3.
l’autre ; mais rien ne prouve la vérité de leurs assertions. Renonçant pour notre part à une filiation qu’aucun titre ne justifie, nous ne nous appuierons que sur des documents authentiques pour rétablir l’histoire des vidâmes antérieurement au XIIe siècle.
Renaud mourut vers l’année 1035, le 12 avril, suivant son obit. Il avait épousé Oda (22 août)1, dont il eut deux fils : Albert, qui lui succéda, et Hilduin. Tous deux figurent dans le Nécrologie, Albert avec le titre de vidante au 18 juillet, Hilduin comme chanoine de Chartres au 16 octobre : ( finit Hilduinus , Ragenoldi vicedomini filins , subdiaconus et canonicus misericordissime Dei genitricis Marie.
Albert ne semble pas avoir été longtemps vidante. Il était mort avant 1044, époque à laquelle Huguies l’avait déjà remplacé2. Il est certain qu’ Albert et Huguies étaient très proches parents : sans que rien nous autorise à l’affirmer, nous regardons comme très probable qu’ils étaient frères.
En 1045 environ, le vidame Hugaies était marié à Adila, dont il avait eu déjà trois fils : Guerry, Hugaies et Albert 3. Il accompagaia Guillaume de Normandie à la conquête de F Angleterre et mourut par conséquent après l’année 1066. Il paraît même que son décès n'arriva qu’une dizaine d’années plus tard. Une charte de Saint-Père, de 1077 environ, parle de sa mort comme d’un fait assez récent. Dans ce document, son fils Albert4, Hugonis, sancte ecclesie Carnotensis vice-
4 D’après les termes mêmes de l’obituaire, Oda était mère du vidame Albert, Oda , vicedomini Alberti mater, et dans une charte du comte Eudes II de l’année 1032, Albert est désigné comme fils du vidame Renaud, Albertus, filius Rainaldi vicedomini (Cart. Ble'sois de Marmoutier , p. 13). Oda était donc femme du vidame Renaud; ce qui est confirmé d’ailleurs par une charte de Saint-Père, où elle signe : Oda, u.ror Ragenoldi vicedomini {Cart. de Saint-Père , p. 142). Elle semble avoir vécu jusqu’au milieu du XIe siècle.
2 Cart. de Marmoutier pour le Danois , p. 24.
3 Ibidem, p. 33.
4 Dans un titre inédit transcrit à la fin du manuscrit de Saint-Etienne, on voit
domini füius , abandonne à l’abbaye le patronage de l’égalise de Saint- Lubin de Brou et fait confirmer ce don par Guerry qui venait d’entrer en possession du vidamé, qui mine est, post patris mei mortem, vicedominus.
Un des premiers actes où Guerry apparaît comme vidame est une donation faite par lui au monastère de Saint-Père de l’église de Notre- Dame de Tréon, pour le repos de l’àme de son père Hugues, qui, ditil, avait l’intention de faire ce don à l’abbaye et avait été empêché par la mort d’accomplir son projet1. Dans notre Nécrologe, son décès est porté à la date du 10 janvier; d’après l’écriture de cet obi t, il semble que Guerry soit mort vers 1090. De son mariage avec Hélissende 2, qui après sa mort se remaria en secondes noces avec Barthélemy Boël, il eut pour enfants Hugues, Etienne3, Hersende 4 et Elisabeth.
Hugues, le fils aîné de Guerry, lui succéda. Le 23 février 1104, il confirme à l’abbave de Saint-Père tout ce qu’elle possédait à Tréou. Il mourut peu de temps après, le 24 avril d’après notre obituaire, d’une mort prématurée, gravi nimis et dolendo casu postmodum extincto 5. Son
apparaître comme témoins le vidame Hugues et son fils Albert. Nous reparlerons de cette pièce en son lieu.
1 Cart. de Saint-Père , p. 561. Les deux autres fils du vidame Hugues n’exercèrent jamais les fonctions de vidame. L’un deux, Hugues, 11e paraît plus dans les titres après 1060; l’autre, Albert, figure dans plusieurs chartes avec la simple qualification de ftlius Hugonis vicedomini .
2 On n’a jamais su de qui Hélissende étail fille : le Nécrologe de Saint-Jean nous l’apprend ; on y lit à la date du 24 avril : Obiit Anscolfus , paler Helisendis vice domine.
3 Étienne, abbé de Saint-J ean-en -Vallée, devint patriarche de Jérusalem et mourut en 1130.
4 Hersende ne nous est connue que par le Nécrologe de Saint-Jean : Obiit Hersendis , Guerrici filia vicedomini, soror Stephani, istius ecclesie abbatis, cleinde patriarchœ Jérusalem (10 mai).
5 Cart. de Saint-Père , p. 562 et 563.
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frère Étienne était déjà dans les ordres ; ce fut sa sœur Elisabeth qui recueillit son héritag-e. Elle était mariée à Guillaume de Ferrières, qui devint ainsi vidame de Chartres, Willelmus de Ferrariis , acl quem predicta oninia hereditario jure pertinebant ex parte uxoris sue K C’est ainsi que le vidamé de Chartres passa des descendants de Renaud à la famille de Ferrières, dont l’histoire est suffisamment connue.
Après avoir parlé des comtes, des vicomtes et des vidâmes de Chartres, nous devons dire quelques mots des seig-neurs du pays chartrain dont les obits sont dans notre Nécrologie.
La famille de Lèves n’esi représentée que par des femmes. Elle joua, aux XIe et XIIe siècles, un rôle assez important pour que nous pensions devoir établir sa généalogie dont on ne s’est jamais spécialement occupé. Au 24 février, Humberg’e, femme de Goslein, donne en mourant vers 1070 de riches ornements à l’ église de Chartres. Ce Goslein est le premier seigmeur de Lèves connu : il apparaît dans les chartes dès l’année 1030 environ. Il survécut à sa femme, comme le prouve l’obituaire de Saint-Jean-en- Vallée, où il est appelé Goslein le Riche : Obiit Umberga , uxor Gausleni Üivitis, pro cujus anima dédit ipse quoddam monile.
Ce surnom de te Riche se perpétua dans la famille de Lèves. Le fils de Goslein et d’Humberg’e, Goslein II, le porta également. L’obit de sa femme Elisabeth (23 février) nous apprend (pie leur fils Gui, abbé de Saint- Jean, concéda vers 1090 pour le repos de l’âme de sa mère une rente sur le clos de l’abbaye1 2. Goslein II fi g* ure avec son père dans un titre de 1060 environ qui se trouve à la fin de notre manuscrit : il devait être mort avant 1090, époque approximative du
1 Cart. de Saint-Père , p. 562.
2 Dans notre obituaire, Elisabeth est dite femme de Goslein de Lèves, tandis que son fils Gui est qualifié fils de Goslein le Riche dans son obit du 6 janvier au Nécrologe de l’abbaye de Saint-Jean.
décès de sa femme. Il laissait trois fils : Goslein 1 1 1 qui lui succéda, Gui, abbé de Saint- Jean-en-V allée, et Dodon b
Nous trouvons Goslein III cité pour la première fois comme seigneur de Lèves entre 1090 et 1100; il était mort avant 1107.11 avait épousé Odeline, dont il eut plusieurs enfants, parmi lesquels : Goslein IV, seigneur de Lèves, Geoffroy, évêque de Chartres après saint Ives, et Milon. Ces trois frères, le 2 novembre 1107, pour le repos de l’âme de leur père et de leur mère, donnèrent une famille de serfs à l’abbaye de Saint-Père 1 2 3.
A côté de la famille de Lèves, notre Nécrologie mentionne plusieurs membres de celle de Fréteval, dont M. l’abbé Métais a fait l’histoire dans son Introduction au Cartulaire blésois de Marmoutier. Ce travail est très exact, aussi nous contenterons-nous de relever sur cette famille ce qu’en rapportent les obituaires cbartrains.
Ermentrude, femme de Nivelon Ier, le plus ancien seigneur de Fréteval dont on ait connaissance, mourut avant son mari, d’après notre Nécrologie le 26 janvier vers l’année 1050
Son fils, Foucher, qui succéda à Nivelon 1er comme seigneur de Fréteval, décéda peu de temps après 1087. 11 avait épousé Hildeburgn, fille de Guillaume Goët dit le Vieux4 et de Mathilde d’Alluyes. Hildeburge mourut vers 1070. Les chanoines de Chartres (6 août) et les religieux de Saint-Père (7 août) lui consacrèrent une notice nécrologique assez détaillée, en souvenir des dons importants qu’elle
1 Cartulaire de Saint-Père , p. 269.
2 Ego Goslinus de Leugis , fratresque mei Gausfridus , canonicus Sancte-Marie , et Milo, pro anima patris nostri et matris, donamus Sancto-Petro Godescaldum de Campo- Fauni, nostrum servum et uxorem ejus totamque eoru/n procreationem, filiorum et filiaruin, tant habitant quant habendam (Cart. de Saint-Père, p. 275).
3 Ermentrude était fille de Foucher, abbé de Saint-Lubin-des-Vignes , dont nous parlerons plus loin.
4 Cari, de Marmoutier pour le Danois, p. 10.
DU XIe SIÈCLE
leur avait faits h Dans l’obit de Foucher (18 déc.) est mentionné son fils Nivelon II qui lui succéda, et qui resta seigneur de Fréteval jusqu’en l’année 1122.
Aux seigneurs de Fréteval se rattache , par alliance , la famille Boël, dans laquelle, pendant plus d’un siècle et demi, fut héréditaire la charg*e de si gui fer ou de primicerius Sancte-Marie2. Quelles étaient précisément les fonctions du porte-drapeau ou primicier du Chapitre? Comme le vidame pour l’évêque, le porte-drapeau avait sans doute la mission de commander les vassaux du Chapitre quand ceux-ci étaient requis pour quelque expédition3. On n’a jamais parlé de ces officiers dont la chargée devait cependant être importante. Guérard, dans son Introduction au Cartulaire de Saint-Père, dit à peine un mot du signifer qu’il croit être un officier du comte. II n’a pas remarqué la synonymie des titres, signifer et primicerius ; il confond au contraire le primicier avec le chefcier, diguitaire ecclésiastique du Chapitre, tandis que le primicier était un laïc.
Le premier membre de la famille Boël sur lequel on ait quelques renseignements vivait à la fin du Xe siècle. C’était un chevalier du nom de Foucher, que nous voyons figurer vers 990 avec le titre de signifer dans un acte où il donne la terre de Bon ville à l’abbaye de Saint- Père 4 . Il dut mourir vers l’an 1000, le 11 avril suivant le Nécrolog’e
' Voici comment s’exprime l’obituaire de Saint-Père : Obiit Mahildis de Alogia et Hildeburgis , filïa ejus , pro cujus anima Fulcherius , conjunx ejus, quandam ancillam nomine Alburge, cum primogenïto filio suo Geruardo , Sancto-Petro tribuit.
2 Pour prouver l’identité des deux termes , nous citerons entre autres l’obit de Foucher, fils de Girard. Dans le Nécrologe du Chapitre, ce personnage est appelé primicerius Sancte-Marie, tandis que dans l’obituaire de Saint-Jean on lui donne le titre de signifer Sancte-Marie.
3 Au XIe siècle, le mot primicerius a quelquefois conservé le sens qu’il avait à l’époque romaine. Guillaume de Tyr par exemple , parlant des chefs des croisés, s’exprime ainsi : Precedebant autem exercitum , quasi legionum primicerii , vexilla bajulantes (liv. IV, ch. 8).
4 Cart. de Saint-Père , p. 86.
UN MANUSCRIT CH ART RA IN
du Chapitre : Obiit Fulcherius , miles ; le 10 avril suivant l’obituaire de Juziers : Obiit Fulcherius, su /ni fer Sancte-Marie. Diverses raisons nous autorisent à l’identifier avec le chevalier Foucher, auquel le comte Eudes 1er, vers 981, avait concédé l’abbaye de Sainf-Lubin-des-Vigmes auprès de Chartres : Fulcherius, qui abbatiam Sancti-Leobini que est sub urbe Carnotis per largitionem sériions mei, Odonis comitis, tenere videor 1 . L’abbé de Saint-Lubin avait pour frère Vivien, qui sig’ne comme témoin l’acte de 981, et qui en 988 donne à Saint-Père l’aleu de Levasville, en s’exprimant ainsi : Pro meis culpis redimendis , neene pro patris mei Fulcherii, seu matris mee Anstrudis , vel fratris mei Rodulfi, jam defunctorum , requie , proque fratris mei Fulcherii incolumitate 2.
D’après l’importance des dons faits par Foucher à l’abbaye de Saint-Père, nous pouvons affirmer qu'il possédait de nombreux domaines : nous verrons en effet que ses successeurs étaient des seig'neurs les plus riches de la ville de Chartres. Dans l’acte de donation de Bonville à Saint-Père, Foucher parle de sa femme et de ses fils, causa redimende anime mee , ac conjugis mee, sive filiorum meorum. On ne connaît pas le nom de sa femme ; ses fils, Foucher et Girard, furent après lui successivement sigmifères du Chapitre. 11 laissait en outre une fille, Ermentrude, qui épousa Nivelon de Fréteval3. Foucher lég’ua à sa fille en mourant l’abbaye de Saint-Lubin: Ecclesiam in honore sancti Leobini constructam, que olim fuisse abbatia dinoscitur , Ermentrudis , uxor Nivelonis, Sancto-Petro dimisit ; erat enim ecclesia ex patrimonio suo 4.
1 Cart. cle Saint-Père, p. 68.
2 Ibidem, p. 84. L’obit de Vivien se trouve dans le Nécrologe de Juziers, au 24 mai: Obiit Vivianus , laicus, qui dédit Sancto-Petro alodum de Levoisvilla.
3 II est à remarquer que les deux fils d’Ermentrude portèrent, comme leurs oncles, les noms de Foucher et de Girard, qui se perpétuèrent dans la famille de Fréteval.
4 Cart. de Saint-Père , p. 24. Par son mariage avec le seigneur de Fréteval, Ermentrude porta à ses descendants tous ses droits sur l’église jadis possédée par son
DU XIe SIECLE
Son fils aîné, Foucher, est mentionné clans notre Nécrologie au 23 juillet : Fulclierius, sancte Carnotensis ecclesie primicerius. La femme de ce dernier, Eremburg*e, y figaire au 30 juin: Eremburcjis , matrona, uxor Fulcherü primicerii. Tous deux étaient morts avant l’année 1028 L
Le second fils, Girard, dès 1023 environ, sigme la charte par laquelle l’évêque Fulbert confirme Légalise de Naveil à Marmoutier 1 2. 11 prend dès lors le surnom de Boël, Girardus Bodellus, que gardèrent tous ses descendants. Après la mort de son frère, il devint à son tour primicier du Chapitre. En 1065, son fils, Foucher, témoin d’une donation faite à l’abbaye de Marmoutier, s’intitule films Girardi , primicerii Sancte- Marie 3. Nous n'avons point d’autres renseignements sur Girard ; nous ne connaissons pas le nom de sa femme : les documents au contraire abondent sur son fils Foucher.
Primicier du Chapitre, Foucher, fils de Girard, devint ensuite chanoine et prévôt, puis se retira au monastère de Saint-Evroul , où il mourut vers 1080, le 17 novembre suivant notre Nécrologie : Obiit Fulclierius , filius Gerardi, canonicus et primicerius et prepositus Sancte-
père. Aussi voyons-nous son fils confirmer à l’abbaye de Saint-Père les dons faits par le signifère Foucher à ce monastère: Censum cujusclam vinee Sancto -Pctro remisit Fulclierius , Nivelonis filius, cum ecclesia Sancti-Leobini ac quadam terra juxta cimiterium ipsius ecclesie ( Cart . de Saint-Père , p. 69).
1 Foucher dut mourir en l’année 1028 environ. C’est ce qui résulte de son obit, dont les premiers mots furent écrits avant 1028 : Obiit Fulclierius , sancte Carnotensis ecclesie primicerius, et dont les derniers mots furent ajoutés très peu de temps après cette année 1028, qui dédit canonicis ejus ecclesie aiodos suos Belliim-montem, Minarias, Castellaria. D’ailleurs, vers 1025, Foucher devait vivre encore, puisqu’à cette époque son frère Girard ne prenait pas le titre de signifer.
2 Cart. de Marmoutier pour le Vendômois , p. 3.
3 Cart. Blésois de Marmoutier , p. 42. Dans le même Cartulaire, en 1061, Foucher est témoin d’une charte donnée par Thibaut III en faveur du prieuré de Mesland : Fulclierius , filius Girardi Bodelli ( Ibidem , p. 53).
UN MANUSCRIT CH ARTRAIN
Marie, qui ad ultimum monachus effectus est L Orderic Vital parle de la noblesse de sa famille et de la richesse de son patrimoine : Fulcherius nobilitate lucebat et ex patrimonio suo magnam possessionem habebat2. Outre les nombreux dons faits par lui et relatés dans les Cartulaires chartrains, nous avons dans notre Nécrologe même une preuve de F importance de ses possessions: ce fut lui qui vendit à la comtesse Berthe le terrain sur lequel cette princesse fît construire l’Hôtel-Dieu du Chapitre de Chartres (12 avril). Le dernier acte où nous le voyons apparaître est un titre de 1077 environ, époque où il se retira à Saint-Evroul. 11 donne à cette abbaye tout ce qu’il possédait à Marchéville et à Landelles, et il ajoute : Concesserunt hoc etiam uxor mea Alpes atque filii mei 3.
Il était donc marié, et il avait des enfants. Ceux-ci accrurent encore le renom de la famille Boël : l’un d’eux fut vidante de Chartres, l’autre devint en Orient seigneur de Seroudj en Mésopotamie. C’est encore Orderic Vital qui nous permet de poursuivre d’une manière certaine la filiation des Boël jusqu’ici ignorée. Immédiatement après la donation faite à Saint-Evroul, où Foucher mentionne sa femme et ses fils, Orderic Vital ajoute : Uticenses monacln possessionem quam prefatus héros eis dederat jam l annis tenuerunt , et successores ejus Bartholomeus cognomento Boellus et Girardus filins ejus gratanter concesserunt. Barthélemy, le fils aîné de Foucher, fut donc son successeur, et en effet, en 1101 , nous le voyons signalé comme signifer du Chapitre 4.
Dans d’autres chartes, Barthélemy paraît avec son frère Foucher: en 1095, dans le Cartulaire de Saint-Père, p. 417, Bartholomeus et
' A la même date, on lit dans le Nécrologe de Saint-Jean : Obiit Fulcherius , signifer Sancte-Marie et canonicus , qui dédit balneriam terre Sancti-Stephani Osiville.
2 Migne, Patrologie latine, T. clxxxviii, col. 246.
3 Ibidem.
' Cart. de Notre-Dame de Chartres, T. i, p. 107.
DU XIe SIÈCLE
Fulcherius, frater ejus ; dans le même Cartulaire, p. 418, Bartholomeus Butellus et frater Fulcherius et uxor ejus Helissendis et filius Gir ardus. Ce fut ce Foucher, le premier croisé qui pénétra dans les murs d’Antioche en 1098 et qui fut la tig*e des seigneurs de Seroudj en Palestine.
Barthélemy Boël n’est pas mentionné dans notre Nécrologie ; mais il se trouve dans celui de Juziers, à la date du 3 décembre : Bartholomeus Boellus, vicedominus Carnotensis ; dans le Nécrologie de Saint-Jean, il était désigné avec son titre de signifer. De sa femme, la vidamesse Hélissende, il eut un fils, Girard, qui lui succéda, comme nous l’apprend Orderic Vital.
Indépendamment de ces familles dont plusieurs représentants se trouvent dans le Nécrologie; il en est d’autres dont nous ne rencontrons qu’un seul membre. Adoptant l’ordre chronologique , nous énumérerons les obits relatifs aux personnages les plus notables.
C’est d’abord Gautier, comte de Dreux (14 janv. d). Les auteurs de Y Art de vérifier les dates (T. II, p. 682) ont confondu à tort ce comte de Dreux avec Gautier, comte du Vexin; ces deux personnages sont absolument distincts. Gautier, comte du Vexin, paraît dans les chartes jusqu’en 987; Gautier, comte de Dreux, était déjà mort en 980, date à laquelle la comtesse Eve, sa veuve, fit une donation au chapitre de Saint-Etienne de Dreux. Eudes, évêque de Chartres, dans l’acte de 980 qui confirme cette donation de la comtesse Eve, s’exprime ainsi : Eva, uxor videlicet Walterii, jam tune defuncti
1 Cette date est confirmée par le Nécrologe de Saint-Père de Chartres : xvmi kal. febr., obiit Gualterius , cornes Dorcasini castri, qui cledit Sancto-Petro ecclesiam Ro/ierie. A cette même date, Gautier fut inscrit au Nécrologe de Saint-Germain-des- Prés, en reconnaissance d’une donation faite par sa veuve Eve à l’abbaye (Cf. Longnon, Polyptique d'Irminon , p. 172).
2 Cette charte est inédite ; elle se trouve dans le Cartulaire de Saint-Étienne de Dreux (Bibl. nat., mss. latin 10106, f° 2 v°).
U N MANUSCRIT CHARTRAIN
A la même époque vivait le chevalier Avesg’aud, qui signe deux chartes de l’abbaye de Saint-Père eu 978 et 985 h Son obit (14 août) relate la donation qu'il ht aux chanoines de Notre-Dame de l’égiise d’Illiers- l’Evêque, ecclesiam de lllegias. Se basant sur cet obit, les écrivains qui ont parlé d’Illiers près Chartres ont toujours admis qu’ Avesg’aud avait été le premier seigneur de cette ville. C’est là une erreur évidente. La charte de donation d’ Avesg’aud existait encore en orig’inal dans les Archives du Chapitre au siècle dernier, et Gaignières nous en a conservé une copie où on lit : Est autem ipsa ecclesia in pcujo Ebroicensi, in villa que appellatur lllegias1 2. Avesg’aud avait reçu cette ég’lise de la comtesse Ledg’arde, et il la donna au Chapitre pour le repos de l’âme de sa bienfaitrice.
C’est encore à la fin du Xe siècle que vivait Hildeg’arde, vicomtesse de Ghàteaudun. Elle mourut dans les premières années du XIe siècle. Vers 1004, du consentement de son fils Hugmes, archevêque de Tours, elle donna l'aleu de Beaumont à l'abbaye de Saint-Père3. L’obit d’Hildeg*arde est du 14 avril; on y voit qu’elle mourut avant son fils l’archevêque Hug’ues, qui décéda lui-même en 1023, et dont la mort est portée dans notre obituaire au 10 juin.
Si nous savons peu de choses sur la vie d’ Hildeg’arde, celle de Bernard de Bullou nous est plus connue. Sans parler des nombreuses donations qu’il fit à Saint-Père, nous croyons devoir relater la notice qui fut dressée au moment de sa mort, vers 1085, par les religieux de Saint-Père. Alité depuis de long’ues années par suite des blessures qu'il avait reçues à lag’uerre, Bernard de Bullou, un des plus opulents seig'neurs du pays, in liac regione valde opimatissimus , se voyant sur le point de mourir, donna à Saint-Père tout ce qu’il possédait à Fontenay,
1 Cart. de Saint-Père , p. 65 et 79.
2 Ribl. nat., mss. lat. 17024, f° 124.
3 Cette donation est rappelée dans la notice que le Nécrologe de Saint-Père a consacrée à Ilildegarde le 15 avril.
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à Brou et à Marchéville, et commanda à ses fidèles de transporter son corps à Chartres pour l’enterrer dans l'église de l’abbaye. Ce qui fut fait le jour des ides de novembre (13 nov.), ajoute le rédacteur de la notice1. Et en effet on lit dans le Nécrologe du Chapitre, au 14 novembre, jour de son inhumation : Obiit Bernardus de Buslo, qui, per multum temporis languore oppressus , alodum suurn de Pireio nobis reliquit.
Parmi les seigneurs du pays chartrain , nous nommerons encore Ives de Friaize (1er mars), Ives, fils de Gaston de Rémalard (8 janv.), Simon de Montfort (25 sept.), Hervé de Gallardon (28 nov.). Beaucoup d’autres sont désignés simplement avec le titre de chevalier, miles , ce qui rend très difficile toute identification.
Avant de passer à un autre ordre d’idées, nous voulons encore mentionner d’autres ohits qui méritent quelque attention. Ce sont par exemple ceux d’Ascelin le breton 2 3 (4 avril) et de son neveu Herbert (27 avril), de Manoald le charpentier, Manoaldus britto (10 mai), d’Hervé, chanoine de Saint-Serge, Eirveus , brittigena (14 juillet), tous membres de la colonie bretonne qui existait à Chartres au XIe siècle :î.
Nous venons de citer le charpentier Manoald mort avant 1028; ce n’est pas le seul ouvrier de la cathédrale dont le nom nous ait été transmis. Deux autres charpentiers, Jean (4 juin) et Martin (21 nov.), vivaient entre 1028 et 1060. Plus importants encore sont Bérenger (28 oct.) et Vital (15 oct.) , tous deux appelés artifices ecclesie , c’est-àdire maîtres de l’œuvre de l’église. Bérenger, d’après l’écriture de son obit, mourut vers 1050; tout concourt à nous faire voir en lui l’architecte de la cathédrale de Fulbert, artifex bonus hujus ecclesie, et ainsi notre manuscrit, qui nous fournit une représentation de la
1 Cart. de Saint-Père, p . 243.
2 Ascelin , disciple de Fulbert, fut l’un des grands adversaires de l’hérésiarque Bérenger, qui parle plusieurs fois de lui dans ses lettres. (Cf. Berengarius Turonensis , par Südendorf, p. 202).
3 Cf. Une colonie de Bretons à Chartres , par Luc. Merlet. Vannes, Lafolye, 1892.
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basilique , nous donne en même temps le nom de celui qui présida aux travaux. Quant à Vital, mort avant 1130, ce serait lui sans doute qui aurait dirigé les restaurations de la Cathédrale entreprises par saint Ives.
Nous avons parlé des personnes; nous nous occuperons maintenant de recueillir les renseignements divers intéressant l’archéologie ou l’histoire que l’on peut tirer de notre manuscrit. Viennent en première ligne les donations faites à la cathédrale, en vue de sa restauration ou de son ornementation.
En ce qui concerne la restauration de l’église , on peut consulter les obits de Raoul (8 mai), du prêtre Eudes et de Lambert (4 juillet), du sous-chantre Etienne (20 octobre), du comte Eudes (15 nov.), qui tous contribuèrent généreusement de leurs biens à la reconstruction de l’édifice.
Ces dons s’appliquent à la basilique de Fulbert : n’y aurait-il rien dans notre obituaire qui put se rapporter à une cathédrale anté rieure? La première fois qu’on y trouve mentionnée la cathédrale de Chartres, c’est au milieu du Xe siècle. L’évêque Ragenfroi, mort vers 955 (18 juillet), orna splendidement son église, ecclesiam Scincte-Marie ornavit mirifîce. Il s’ag’it ici de l’ég’lise construite par Gislebert après l’incendie de 858.
Le 5 août 962, te Nécrologe rapporte que la cathédrale fut détruite par les flammes, ecclesia Sancte-Marie succensa est. Elle fut réédifiée par l’évêque Vulfald. Nous avons peu de renseignements sur les bienfaiteurs de cette nouvelle basilique qui subsista de 962 à 1020; toutefois nous en connaissons un sur lequel le Nécrolog’e s’étend assez longuement, c’est Tendon (15 déc.), le célèbre artiste, auteur de la sainte châsse 1 , laquelle se conserva jusqu’à la Révolution au Trésor
1 Voir pour la description de la sainte châsse le Catalogue des reliques et joyaux de Notre-Dame de Chartres, par Luc. Merlet, 1885.
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de la cathédrale, qui aureum scrinium composait in quo est tunica beate Mai ne 1 . On n’a jamais su à quelle époque précise avait vécu Teudon ; notre obituaire nous fournit un renseignement précieux en nous permettant de fixer l’année de sa mort avant 1028. Le Nécrolog*e ajoute qu’il construisit la façade principale et qu’il fît les toits de l’égdise, frontem hujus ecclesie fecit et ipsam ecclesiam coopérait. On ignorait de quelle cathédrale il était ici question, si c’était de celle de Vulfald ou de celle de Fulbert. Le doute n'est plus possible, car, en 1028, date où Teudon était déjà mort, il est certain que la dernière main n’avait pas encore été mise à la basilique de Fulbert et que les toitures ne pouvaient être complètement achevées. D’autre part, on trouve fré- ‘quemment le nom de Teudon parmi les témoins qui figurent au bas des chartes de l’abbaye de Saint-Père de 977 à 988 2. Ge Teudon était un riche laie, et l’époque où il vivait est précisément celle où Ton travaillait à l'église de Vulfald. Tout porte à croire que ce personnage est le même que celui que nous fait connaître le Nécrologe du Chapitre. Cette hypothèse est confirmée par ce fait qu’il construisit « l’écrin d’or où est la tunique de la bienheureuse Vierge Marie. » Or c’est à partir de ce temps que se rencontrent les mentions de la sainte châsse. Hilduin (24 mars), qui vivait en 974, est appelé custos scrinii sacre vestis. Rotlinde (29 mars), mère de l’évêque Eudes, morte avant 1004, légua deux aigles d’or pour être attachées à l’écrin de la mère de Dieu, que scrinio Dei qenitricis affigendas reliquit aureas
' Ce fut aussi sans doute à la fin du Xe siècle que fut faite la châsse de saint Piat. Moins riche que celle de la sainte Tunique , la châsse de saint Piat était en bois : vers 1050, le chanoine Raimbaud (13 avril) en fit couvrir d’or le pignon, frontem feretri sancti Piati auro cooperuit. — ■ Quelques années plus tard, le médecin Jean, qu’on croit être le même qui soigna le roi Henri Ier dans sa dernière maladie, fit faire le coffre d’argent où l’on renfermait les châsses, capsarum sedem deargentatam construxit (25 déc.).
2 Cart. de Saint-Père , p. 63, 65, 67, 79, 83, 86.
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aquilas, miro opéré sancti Eligii informât as 1 : ce qui montre que la sainte châsse était déjà faite avant l’an 1000 et ce qui rejette Teudon, son auteur, aux temps qui suivirent l’évêque Yulfald.
Voilà donc quelques renseignements sur l’antique église construite après l'incendie de 962, la même sans doute qui, d’après un Martyrologe chartrain 1 2, aurait été dédiée le 13 du mois de mai.
Passons maintenant aux donations d’objets d’art. Dans la préface du Cartulaire de Notre-Dame de Chartres, MM. de Lépinois et Merlet en ont déjà dressé la liste: celle que nous donnerons, limitée aux X° et XIe siècles et basée sur des documents plus précis, sera peut-être plus complète et plus exacte.
Nous parlerons d’abord de la table d’autel, qui fut une œuvre importante à laquelle on travailla pendant plusieurs années. Lorsque saint Ives mourut en 1115 (23 déc.), il légua cent muids de vin pour la table dont il avait entrepris de décorer le maître-autel, ad augmentandam tabulant altaris, moriens , centum modios vini reliquit 3. Quand le doyen Arnaud se fit moine, il laissa 10 livres à la même intention, perficiende tabule altaris, vadens ad monachatum , decem Vibras dédit (4 nov.). Cette table d’autel était recouverte de feuilles d’or, comme nous l’apprend l’obit du sous-doyen Hugues (6 oct.), ad deaurationem tabule beate Marie centum solidos dédit.
Parmi les autres donations importantes, notons celle du chevalier Plastulphe (30 juillet), mort avant 1028, qui légua à la cathédrale une couronne d’argent, sorte de lustre, appelé quelquefois phare ou roue,
1 Cet usage d’attacher des bijoux à la sainte châsse se perpétua jusqu’à la Révolution. Notre Nécrologe nous en fournit plusieurs exemples pour le XIe siècle. Hildeburge, femme de Foucher de Fréteval (6 août), ad/iuc vivens , dédit duo aurea mouilla scrinio super' altare posito affigenda. De même, la matrone Havise (19 juillet) dédit unum monile septem unciarum auri ad ornandam capsam qua tunica beate Marie est.
2 Bibl. de Chartres, n° 137, f° 166.
3 Vers la même époque, le chanoine Gautier (31 août) donnait au Chapitre 8 marcs d’argent et une once d’or pour le même objet, ad augmentandam tabulam Virginis.
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et destiné à supporter des cierges pour éclairer le sanctuaire L Rappelons aussi la construction du jubé par saint Ives (23 déc.), la donation de la comtesse Berthe (11 déc.), qui, à la mort de son fils Gonan , décora le maître-autel d’un riche ciborium1 2, et celle du charpentier Jean (4 juin), qui fît fondre pour la cathédrale de Fulbert une cloche pesant 5,000 livres.
Beaucoup d’autres dons consistent en vêtements sacrés, tapisseries, vases ou autres objets liturgiques. L’évêque Robert, mort le 23 décembre 1068, rendit à son égdise plusieurs ornements que son prédécesseur, Hugues l’intrus, avait sans doute aliénés, et notamment un « grand calice d’argent, plusieurs tapisseries, des chapes et descouver- » titres d’autel : il avait aussi donné à son église cinq tapisseries neuves » achetées à grand prix et deux aiguières d’argent avec leur vase. » — L’évêque Arrald, mort le 10 février 1075, « enrichit sa cathédrale » de divers ornements, comme de chapes superbes et de tapisseries » très précieuses. Il lui donna un calice d’or d’un admirable travail » qu’il désira qu’on fit servir chaque jour au grand autel. En mou- » rant, il lui laissa sa chapelle avec ses ornements épiscopaux. » — Aubrée (7 sept.) donna un phylactère ; — Gautier de Blois (28 mai), un phylactère d’or qui pesait 15 livres et un candélabre de 20 livres d’argent ; — Hervé de Gallardon (28 nov.), un calice d’or. — Humberge (24 févr.) fît présent de deux chasubles, l’une pour le maître-autel, l’autre pour l’autel du Crucifix ; — Mainard (19 juin), d’une chape, — ainsi qu’Hilduin (2 nov.) ; — le chanoine Herbert (24 avril), d’un calice d’argent. — Citons encore Aimery (20 févr.), qui donna une dahnatique avec son aube, une chape, trois phylactères précieux, et décora l’église d’une verrière ; — le sous-doyen Goslein (13 juillet), qui offrit aussi trois vitraux précieux et une lampe supportant trois cierges, cum lampade semper ardente in nocte et
1 Cf. Lenoir, Architecture monastique , T. II, p. 137 et 138.
- Ibidem , p. 149 et 150.
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tribus cereis eidem lampadi suppositi s , ad matutinas, in festis duplicibus ; — Simon de Montfort (25 sept.), qui lég-ua un grand calice d’or et une tapisserie précieuse; — le doyen Adélard (26 août), qui fit don d’une table d’autel et de deux candélabres d’arg-ent. — La comtesse Berthe, si aumônieuse envers le Chapitre, donna le pectoral, fait d’or et orné de pierres précieuses, qui, divisé en deux parties, revêtait la sainte chasse posée sur l’autel ; de plus deux encensoirs d’or, un grand phylactère, trois chapes, deux chasubles et deux tapisseries. — Hildehurg*e et son mari Foucher de Fréteval (6 août) offrirent, de leur vivant, une tunique, une dalmatique, une très belle tapisserie pour la décoration du Crucifix, avec trois lampes d’arg-ent qui devaient être suspendues à la poutre de g-loire. — Enfin saint Ives (23 déc.) lég-ua six couvertures d’autel, sept chapes, trois mitres, trois tapis, un missel, un épistolier, un évang-éliaire , un lectionnaire pour matines, tous couverts d’arg-ent.
Quant aux livres, outre ceux de saint Ives, le doyen Adélard (26 août) donna de très bons manuscrits; Raimbaud (3 juillet), un beau missel et un psautier ; Thierry (16 avril), une certaine quantité de volumes; le prévôt Guillaume (8 juin), un antiphonaire décoré d’arg-ent, un missel et un beau martyrolog-e ; Restald (28 juillet), un beau missel ; le chantre Gerog-ius (12 févr.), un précieux antiphonaire et un g-raduel ; le prévôt Serannus (19 avril), un saint Aug-ustin De civitate Dei et deux volumes de saint Jérôme ; Guérin (20 nov.), un graduel; Raoul (15 sept.), un psautier, un antiphonaire et un g-raduel ; le sous-doyen Hug-ues (6 oct.), un martyrolog-e et un livre d’homélies.
Cette liste de donations est peut-être sèche, mais elle fournit plusieurs remarques intéressantes. On y voit la première mention des vitraux : ils apparaissent dans les obits d’Aimery et du sous-doyen Goslein, sous saint Ives, à la fin du XIe siècle. C’était, croyons-nous, des vitraux de couleur comme ceux du XIIe siècle qui ornent aujourd'hui encore la façade principale de la cathédrale : les mots décora
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vitrea , preciosa vitrea qu’emploie le Nécrologie nous semblent le démontrer suffisamment.
Parmi les livres liturgiques, la donation qui nous a le plus frappé est celle du martyrolog’e que le prévôt Guillaume « fit copier avec le « plus grand soin. » Ce martyrolog’e ne serait-il point le nôtre, et n’aurions-nous pas ainsi le nom du membre du Chapitre qui fit les frais de cet ouvragée ? Tout nous semble indiquer que le martyrolog’e de Guillaume n’est autre que le manuscrit de Saint-Etienne. Notre martyrolog’e, nous l’avons souvent répété, fut transcrit vers 1028. De 1026 à 1028, Guillaume vivait à Chartres près de Fulbert dont il était disciple, et, d’après l’écriture de son obit, il mourut après 1060: c’est lui probablement que l’on voit paraître dans les chartes de 1034 à 1058, peu après l’époque où fut écrit le martyrolog'e. Il faisait partie du groupe chéri des élèves de Fulbert, avec Hildeg*aire, Sig’on, Ascelin, Eng’uerrand et Arnoul, dont les trois derniers vécurent aussi jusqu’après 1060. C’est ce qui explique comment Sig’on aurait fait insérer dans le martyrolog’e de Guillaume la miniature d’André de Mici en l’honneur de Fulbert. Ces deux disciples reconnaissants élevaient de concert un monument à leur vénérable maître. C’est là une hypothèse, mais elle nous paraît bien fondée.
Différents autres passag’es de notre Nécrologie méritent une remarque particulière: ainsi, plusieurs concessions de maisons sises autour de la cathédrale, dans le cloître, dans le faubourg’ Muret, près de la porte Evière, près de la poterne, concessions faites à la condition que les log*is soient habités par des chanoines. G’est le commencement de l’occupation systématique par le Chapitre de toute la ceinture de maisons qui entourent la cathédrale. Les chanoines voulaient s’y créer un domaine réservé, qui fût exempt de la juridiction épiscopale et civile. Ces donations apparaissent à partir de 1070 environ, avec le chantre Arnoul (9 nov.), le sous-chantre Frodo (5 août), le prêtre Berland (5 déc.), avec Giroard (21 oet.), les deux Herbert (15 et 24 avril) et enfin le doyen Arnaud (4 nov.). A l'occasion
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de ce dernier, il est dit que ses maisons étaient en pierres; de même il est rapporté de saint Ives qu’il refît en pierres l’Evêché qui était jusqu’alors en bois : il semble que la construction en pierres ait été encore rare au commencement du XIIe siècle.
Signalons aussi les nombreuses donations de vignes laites au Chapitre. Le pays chartrain devait être aux Xe et XIe siècles un bon et riche vignoble, car la majeure partie des leg’s consistent en clos ou arpents de vigne, soit à Saint-Lubin, soit près de Saint- Saturnin, soit ailleurs. On a soin d’indiquer si le donateur, avec le clos, a laissé la maison attenante et surtout le pressoir, cum tota mansione, cum torculari. La culture de la vigne était donc alors plus florissante que de nos jours, et de là ces caves admirables de grandeur et de solidité dont nos pères ont sillonné le sous-sol de la ville de Chartres.
Les donations faites au Chapitre comme corps étaient-elles employées à constituer des prébendes assignées à chaque chanoine individuellement, ou bien rentraient-elles dans la masse et appartenaient-elles à tous d’une façon indivise? Cela dépend des époques. Au début, les chanoines vivaient en communauté comme les moines ; ils n’avaient qu’un droit collectif sur les biens capitulaires, qui étaient administrés par un économe. Cet état de choses durait encore au Xe siècle : nous en avons une preuve bien expressive dans les obits d’Adelelme et d’Hilduin. On dit du premier (H avril) qu’il était le g’ardien de la chose commune, qu’il avait g’éré avec amour les affaires du monastère, Aclelehnas, rei famïliaris custos et rerum monasterii amator et edificator : peut-être même avait-il bâti les lieux réguliers des chanoines, edificator. L'obit d’Hilduin (24 mars) est conçu à peu près dans les mêmes termes, Hilduinus, rei famïliaris servator fidelis et distributor dapsilis ; il était l’économe et l’administrateur au nom de tous.
Après Hilduin, on ne trouve plus ces expressions visant la communauté de vie et de biens. L’évêque Eudes en effet, vers 970, modifia profondément l'organisation du Chapitre, de monachis canonicos fecit ,
est-il dit dans un Catalogue inédit des évêques de Chartres1, et ce Catalogue ajoute qu’Eudes accorda aux chanoines le droit de gérer leurs biens personnels, dont ils n’avaient pas la plénitude auparavant, eis facultatem emendi et vivendi quant antea non habebant concessit. A l’avènement d’Eudes (967), de graves abus s’étaient glissés dans la gestion des biens du Chapitre : les prébendes, qui étaient alors perçues sur les revenus communs, se trouvaient souvent réparties inégalement entre les chanoines, au gré de l’économe qui administrait les biens capitulaires. Pour remédier à ces désordres, Eudes divisa tous les biens du Chapitre en prébendes territoriales et en fît le partagée entre les chanoines , prebendas distinxit et divisit. Notre Nécrologe confirme l’assertion du Catalogue épiscopal : au 19 juin, à propos de l’évêque Eudes, il y est dit : fratribus prebendas dédit et privilegio firmavit. L’économe du Chapitre fut alors remplacé par quatre prévôts, dont la charge fut érigée en dignité canoniale2, prepositura dignitatis titulum sortita est.
Parmi les premiers prévôts du Chapitre, nous pouvons citer Raoul (22 avril), Alcarius (28 juillet), Atto, Bernard (12 juillet), Gui, Haldric. Ils vivaient tous à la fin du Xe siècle ; leurs noms nous ont été conservés tant par le Nécrologe que par les divers Cartulaires du pays chartrain. Donc, à dater de l’épiscopat d’Eudes, d’une part, les chanoines vivaient séparés, en séculiers et avec leurs biens, d’autre part, ils participaient aux biens communs qui restaient sous la gestion des prévôts et qui s’accroissaient toujours par des donations, augendo fratrum usai. Cet état dura jusqu’à la fin du XIIe siècle où toute communauté fut rompue.
Nous devons faire remarquer le nombre relativement considérable
1 Archives dép. d’Eure-et-Loir, G. 293.
2 La première fois que le titre de prévôt apparaît dans les chartes est le 5 février 974 ( Cart . de Saint-Père , p. 60) : antérieurement, l’office de prévôt n’étant pas une dignité, les chanoines qui en avaient la charge n’en prenaient pas le titre.
(le pèlerins qui firent le voyag’e de Terre-Sainte : c’est Hervé, fils d’Arnaud (8 avril), qui, à son retour de Jérusalem, rapporta une relique insigne de la croix du Seigneur ; c’est le prévôt Goslein (23 août), qui mourut à Jérusalem même; c’est le chanoine Lég*er (30 juin), qui fut tué sur le chemin de Jérusalem ; c’est le sous-diacre Goslein (25 juillet), qui mourut à Malte en revenant de Palestine ; c’est le chanoine Mainard (25 septembre), qui décéda pendant son retour de la ville sainte. Tous ces personnages suivirent, selon toute prohabilité, l’armée des Croisés qui partit sur l’appel du pape Urbain 11 après le concile de Clermont. Leur présence dans cette expédition ne doit pas surprendre : les Chartrains y jouèrent un grand rôle ; leurs hommes d’armes y étaient conduits par le comte de Cliarti ’es, Etienne-Henri. Ce prince y montra des alternatives de courage et de faiblesse. Après être revenu en France, il fut oblig’é par sa femme Adèle de retourner à l’armée des Croisés : il disparut devant Ramla en 1102. Au 19 mai, l’ohituaire porte qu’il mourut en défendant Pégase de Jérusalem : Obiit Stephanus cornes in defensione Hierosoliniatane ecclesie.
D’autres pèlerins se contentaient d’aller à Rome pour visiter les basiliques des saints Apôtres. Sans parler de l’évêque Fulbert et de son disciple Hildegaire, nous mentionnerons en 1069 l’évêque Robert (23 déc.), qui mourut à Senlis en revenant de Rome. En 1076, nous trouvons aussi à Rome un autre Robert, évêque intrus de Chartres, accompagné du doyen Enguerrand et du maître de grammaire Ives. Enfin, le chanoine Durand (3 février), qui, vers 1050, avait fait le voyag’e de Rome, mourut, lors de son retour, dans la ville de Plaisance.
11 est un autre trait, bien simple, mais aussi bien curieux qu’on nous reprocherait de ne point mettre en relief parce qu’il jette un jour sur la vie intime des chanoines de Chartres : c’est celui qui est relaté dans l’obit du prêtre Constantin, chanoine de Saint-Euverte d’Orléans (11 nov.). Ce pieux ecclésiastique sollicite la faveur de laver dans sa
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maison les pieds des chanoines de Chartres au retour de leur procession. Il fait mieux, et lègaie huit arpents de terre à ses héritiers, à la condition de continuer la même œuvre de charité suivant l’exemple de Notre-Seigmeur. Cet obi t est doublement intéressant parce qu’il rappelle en même temps un très ancien usag*e de PEg’lise de Chartres, dont les lettres de Fulbert nous ont conservé le souvenir K Chaque année, les chanoines de Chartres se rendaient processionnellement à la cathédrale de Sainte-Croix d’Orléans, et c’est pour les délasser de leur long* voyago que Constantin voulut les recevoir chez lui et s’offrit à leur rendre le plus humble office. En l’année 1021, Fulbert écrit à Thierry, évêque d’Orléans, qu’il a réuni son Chapitre et que tous les chanoines ont été d’accord que, vu l’incendie tout récent de la cathédrale et les travaux de reconstruction de la basilique, on ne pourrait cette année-là se rendre en procession à Orléans. De processione ecclesiœ nostrœ ad vestram fieri solita clericos nostros conveniens , audivi ab eis quocl damnatis incendio et ad ecclesiœ restaurationem inhiantibus processio non sit ad presens facilis.
On pourrait rapprocher de la pieuse humilité du prêtre Constantin un trait de la vie de saint Sigâsmond, chanoine de Chartres, dont l’obi t fig’ure au 22 septembre en notre Nécrologie 1 2. C’est du Cartulaire de Saint-Père que nous tirerons le récit qui va suivre, en empruntant la traduction de Guérard dans ses Prolégomènes. Vers l’année 980, lors d’un séjour du comte Eudes Ier à Chartres, ses échansons cherchaient dans la ville du vin d’excellente qualité pour la table de leur maître. Apprenant qu’il y en avait dans le cellier du prêtre Sigdsmond, ils y courent pleins de joie, entrent audacieusement, se hâtent d’emplir
1 Lettres clc Fulbert, éd. Ch. de Villiers , fol. 65.
2 Obiit Sigemundus , dignus Deo sacerdos et canonicus aime Marie. A la même date , on lit dans l’obituaire de Saint-Père : Obiit Sigemundus , sacerdos , canonicus Sancte-Marie , qui Sancto-Petro dédit optimas vineas, ce qui se rapporte à la donation faite par Sigismond à l’abbaye ( Cart . de Saint-Père , p. 67 et 69).
leurs outres et les rapportent au palais. Cependant le saint prêtre revient de Légalise et trouve dans son cellier le maître des échansons qui lui demande, en raillant, si le vin est bon. « Mon frère, » lui répond l’homme de Dieu, vous vous y connaissez; il ne tient » qu’à vous d’en faire l’essai. » Le malheureux, ayant approché la cruche de ses lèvres, fut frappé subitement de paralysie. Le comte, informé de l’événement, fit venir le bienheureux Sigâsmond et ordonna en sa présence d’arracher les yeux aux coupables et de reporter aussitôt le vin qu’ils avaient pris. Mais Sigâsmond intercéda pour eux, obtint leur grâce du comte, pria celui-ci d’accepter en présent le vin dérobé, et s’étant mis en prières rendit la santé au maître des échansons 1 .
Les Nécrologies ne servaient pas seulement à rappeler la mémoire des bienfaiteurs des égalises et des monastères et à indiquer le jour de leur anniversaire; quelquefois encore, à défaut des chartes, ils tenaient lieu de titres de propriété, et, dans les procès, ils étaient invoqués comme pièces à conviction. Nous en avons un exemple frappant dans notre Nécrologie même.
Vers le milieu du XIe siècle, une contestation s’éleva entre l’abbaye de Marmoutier et le Chapitre de Chartres au sujet de la terre de Vieuvicq. Cette terre, située dans le pays chartrain, appartenait du temps de l’évêque Eudes (967-1003) à Umbaud, seig*neur de Yierzon, qui la transmit à son fils Umbaud, lequel la laissa lui-même à ses trois fils, Umbaud, Robert et Geoffroy. De ces trois fils, deux se firent religieux, et le troisième, Geoffroy, ayant réuni en ses mains tout l’héritag’e paternel, pour le salut de ses frères et pour le sien, donna à Marmoutier l’aleu de Vieuvicq. C’était d’ailleurs une assez pauvre donation : par le malheur des g’uerres, bellis sepius in hisce regionibus frequentatis , depuis sept ans, la terre était complètement sans culture, et il n’y restait qu’un seul habitant, uno tantum inhabitante, qui encore
1 Cart. de Saint-Père , Prolégomènes, p. ccvitt.
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s’occupait peu de la cultiver, mais vivait seulement de miel sauvage et du produit de sa chasse, non tamen aliqao terre cultu , sed mellis questu silvestris volucrumque clique fer arum vivente venatu. Les moines changèrent tout cela: ils envoyèrent plusieurs des leurs à Yieuvicq, et au bout de quelque temps ils avaient transformé ce lieu désolé en une campagne florissante. Mais cette prospérité devait exciter l’envie, ce mal qui ne meurt pas, comme dit le rédacteur de la charte, vêtus illucl malum , quod inter mort aies quoque non moritur. Les chanoines de Chartres prétendirent que l’aleu de Yieuvicq, avant la donation de Geoffroy à Marmoutier, leur avait été donné à eux-mêmes par le second Umbaud, seigneur de Yierzon. Après de longes débats, la cause fut portée devant l’évêque de Chartres, Agobert. A l’appui de leur prétention, les chanoines montraient leur Nécrologe, où, parmi les défunts dont ils devaient honorer la mémoire, se trouvait le nom d’Umbaud, avec cette mention: Nonis februarii, obiit Uncbaldus miles , qui res proprietatis sue quas habebat in pago Carnotensi reliquit Sancte- Marie L Le texte semblait formel ; mais les religieux répondirent que cet obit ne se rapportait pas au second Umbaud, mais au père de celui-ci, qui en effet avait donné au Chapitre quatre manses dans l’aleu de Vieuvicq ; qu’Umbaud le fils était mort le 15 des calendes de novembre et non le jour des nones de février, et qu’il était de notoriété publique qu’il avait joui, sa vie durant, de la terre de Vieuvicq et qu'il l’avait transmise à ses trois fils 1 2. Le bon droit des religieux était manifeste ; les chanoines
1 C’est bien de notre Nécrologe qu’il est ici question : on y lit en effet, aux nones de février : Obiit Humbaldus miles, qui cledit fratribus Sancte-Marie res proprietatis sue in pago Carnotensi,
- Les moines de Marmoutier invoquaient en outre la prescription de 30 ans : Cuin tamen ab hujusmodi repetitione [Carnotenses canonici ] annis siluissent amplius quant trigenta, nimirum a diebus Rodulfi Carnotensis quondam episcopi, qui Uncbaldum ilium , ut habetur cognitum, tradidit sépulture , ad usque tempora tune presentis illius Ageverti, inter quos Fulbertus et Theodericus eidem episcopatui prefuisse noscuntur. Cette phrase permet de fixer la date à laquelle mourut le second Umbaud, seigneur
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tentèrent bien de protester, mais ils furent forcés de céder — Ainsi le pivot de cette affaire était la mention de notre Nécrologie : c’était lui qu'on invoquait comme preuve ; il fallait détruire son autorité pour avoir g-ain de cause.
Il nous reste, pour terminer cette introduction, à parler des obituaires du Chapitre qui ont fait suite au manuscrit de Saint-Etienne.
Entre 1124 et 1130, notre Nécrolog’e, surchargé d’obits en bien des endroits, ayant été abandonné, on en ouvrit un autre qui est actuellement conservé à la Bibliothèque de Chartres sous le n° 1032. Dans ce nouveau registre, on inscrivit d’abord d'une même écriture tous les obits antérieurs à 1124, et une modification apportée à l’obit du chancelier Bernard, mort le 2 juin 1124, prouve combien cette mort était alors récente. L’écrivain du manuscrit de Saint-Etienne avait simplement noté que Bernard avait lég’ué ses livres au Chapitre, le scribe du manuscrit 1032 précise et dit que ces livres étaient au nombre de vingd-quatre, détail minutieux qui ne pouvait être connu que d’un contemporain.
Ce second obituaire fut en usagée jusqu’à la fin du XIVe siècle; il est le plus complet, et celui qui a été le plus employé par les éditeurs du Cartulaire de Notre-Dame2. C'est d’ailleurs un fort beau manuscrit, quoiqu’il ait subi depuis le XVIIe siècle de nombreuses mutilations. Au commencement de quelques obits étaient des lettres
de Vierzon, donl il est ici question. Il est dit en elfet qu’il fut mis en terre par l’évêque de Chartres, Raoul. Or Raoul fut élu évêque quelque temps après le mois de juillet 1004 et il mourut le 15 juillet 1000. D’autre part nous avons vu qu’Umbaud décéda le 15 des calendes de novembre, c’est-à-dire le 18 octobre. Il en résulte que la date de la mort du second Umbaud, seigneur de Vierzon, est le 18 octobre de l’année 1004 ou 1005.
1 Cart. de Marmonner pour le Dunois, p. 102.
- Cf. de Lépinois et Merlet, Cari, de N.-D. de Chartres, t. III, p. 2, note 1.
DU XIe SIECLE
ornées et des miniatures qui ont été enlevées. Le volume était couvert en arg*ent. Sur le dos, on lisait cette inscription :
Ilac licet urbe manens , comitisse sub ditione ,
Noster homo Michael , servili conditione,
A nobis tamen est captas nummisque redemptus ,
Quorum parte fuit liber hic argent eus emptus.
Sur les plats, on voyait, d’une part, des chœurs d'anges, d’apôtres, de martyrs, de confesseurs et de vierges ; d’autre part, était l’image de la sainte Vierge, ayant à sa gauche des pontifes, des clercs, fies chevaliers, des bourgeois et des paysans1, et à sa droite des rois, des reines, des bourgeoises et des paysannes. A gauche, on lisait :
Ponlifices, demis, cum militibus dure proni , l Indique doua ferunt burgenses atqae coloni.
A droite :
Reges, regine pariter sua mimera douant,
Dant et matrone, que burgi, que quoque ruris.
Vers la fin du XIIe siècle, on eut la pensée de créer un troisième Nécrologe ; c’est le manuscrit 1034 de la Bibliothèque de Chartres : mais on l'abandonna presque aussitôt. On n’y voit que peu d’écritures différentes. La plus ancienne peut se dater avec certitude de l'année 1 1 82. De cette première écriture en effet est l’obit du célèbre Pierre de Pavie, mort le 1er août 1182: mais le commencement de cet obit seulement fut écrit de la première main : Eodem die , obiit Petrus , Tusculanus episcopus, canonicus Beate-Marie et abbas Sancti-Andree : le reste de
1 Cette scène était reproduite en couleur à l’intérieur du manuscrit; mais une partie de la page a été enlevée avec un canif ; il ne reste plus que les clercs et les bourgeois implorant la Vierge.
la notice, relatant le legs fait par Pierre de Pavie à P église de Chartres, qui huic ecclesie legavit..., fut ajouté postérieurement, parce que ce legs ne fut connu que plus tard. On cessa de se servir de ce Nécrologe en 1201 environ : il ne reproduit que les trois premiers mots de l'obit de Geoffroy, comte du Perche, mort le 5 avril 1202, de Louis, comte de Blois, mort le 15 avril 1205, du doyen Hugues, mort le 4 mai 1206 : il était dès lors abandonné. Biaise le Féron, au XVIIe siècle, disait déjà : Videtur scriptum circa annum 1200.. cum aliquibus sed paucioribus additionibus. Voilà donc encore une manière de préciser la date de beaucoup d’obits, de 1124 à 1182 et de 1182 à 1202.
Au XIIIe siècle, on commença deux autres Nécrologes : P un, actuellement n° 1051 de la Bibliothèque de Chartres, est plutôt un compte des anniversaires à l’usage des chambriers et des marguilliers ; l’antre (n° 1055) n’offre rien de particulier.
Enfin, au XIVe siècle, on ouvrit un nouvel obituaire, maintenant divisé en deux parties, dont l’une est reliée à la tin du Poème des Miracles (ms. 1027), et l’autre forme le manuscrit 1034. Ce Nécrologe fut tenu au courant jusqu’en 1606. Il fut pendant un certain temps entre les mains des enfants de chœur, comme le témoignent différentes notes, telle que celle-ci, à la fête des Saints Innocents : In qua octava (Sanctorum Innocentium) , magister puerorum chori carere débet omni severitate h
Au XVIIe siècle, on composa le Nécrologe G. 131 des Archives départementales d’Eure-et-Loir. A la même époque, dans les assemblées capitulaires des 1er et 26 juin 1630, on donna mission au chanoine J. -B. Souchet de rédiger un obituaire général qui résumât tous les autres : il devait être lu à primes, avant le De profundis. En 1638, le travail était mis au net ; en 1639, le 5 novembre, on payait huit livres à celui qui en avait fait la copie. L’abbé Brillon, au
Bibliothèque cle Chartres, ms. 1034, f° 25.
commencement du XVIIIe siècle, eut entre les mains ce manuscrit et rapporte que Souchet n’avait pas eu à sa disposition notre Nécrologie de Saint-Étienne, que Challine n’avait pas encore restitué au Chapitre. Il ajoute que l’œuvre de Souchet était incomplète, ne comprenant que les ohits du 8 février au 18 octobre.
Les chanoines Biaise le Féron, mort en 1692, et Louis Patin, mort le 15 septembre 1711, avaient composé chacun un Nécrologie : leurs manuscrits sont conservés à la Bibliothèque Nationale. La série des ohits y est assez complète, mais rien ne permet de les dater.
il — Texte du Nécrologe
Nous avons annoncé déjà qu’afin de mieux reproduire la physionomie de notre obituaire et démontrer avec plus d’évidence son intérêt chronologique nous adopterions, pour l 'impression , autant de caractères spéciaux qu’il y a de groupes différents d’écritures.
Nous avons représenté l’écriture primitive par des caractères dits romains. Les personnages , dont la notice nécrologique est imprimée avec ces caractères, sont tous morts après 940 environ et avant 1028. Pour prendre un exemple entre beaucoup d’autres, on lit au 24 janvier dans notre obituaire : « Vivianus arcbidiaconus inter- » fectus est a Drocensibus predonibus. » Ces mots sont en caractères romains ; il s’ensuit que Vivien mourut avant l’année 1028. Nous n’avons d’ailleurs aucun renseignement sur cet archidiacre. Seul son obit nous fait connaître qu’il périt assassiné par des brigxmds au cours d’une de ses tournées de visites dans l’arcbidiaconé de Dreux. Il y a intérêt, on le comprend, à pouvoir dater même approximativement un événement comme celui-là. Dans le cas présent nous ne
sommes en droit d’affirmer qu’une chose, c’est que Vivien décéda entre les années 940 et 1028. Mais quelquefois on peut préciser davantage. 11 en est ainsi pour l’obit de la reine Berthe, seconde femme du roi Robert le Pieux. Les historiens nous apprennent que Berthe était née vers 963 ou 964 1 . mais ils ignorent l’époque de sa mort. Répudiée par son mari, elle se retira vers l’an 1000 auprès de son fils, le comte de Chartres, Thibaut; elle vécut longtemps à Chartres et il est probable qu’elle y mourut. La dernière fois que Berthe est signalée dans les documents contemporains, c’est en 1010, année où elle accompagna à Rome le roi Robert qui songeait à divorcer avec sa troisième femme, Constance2. Berthe était alors âgée de 50 ans environ ; depuis ce temps les chroniques et les chartes sont muettes à son sujet. Le Nécrologe du Chapitre de Chartres fournit à l’histoire une donnée nouvelle ; car, en consultant notre obituaire à la date du 16 janvier, on voit que la notice consacrée à la reine Berthe y est imprimée en caractères romains. Nous savons donc d’une manière certaine que cette reine mourut entre les années 1010 et 1028 et que, lorsqu’elle décéda, elle n’avait point atteint sa 65e année3.
A côté des obits dont nous venons de parler, qui furent tous transcrits dans le manuscrit de Saint-Etienne en une seule fois vers
1 Cf. Pfister, Etudes sur le règne de Robert le Pieux, p. 47, note 4 , et p. 359.
2 Ibidem, p. 68.
3 Souvent, lorsqu’un personnage venait à mourir, ses héritiers ou ses proches, pour le repos de son âme, faisaient au Chapitre des dons de diverses natures : on ajoutait alors à la suite de l’obit la mention de ces donations. De là un nouvel indice pour dater quelques notices d’une façon plus précise. Au 13 février, est imprimé en caractères romains : « Interfectus est Rolbertus, miles, filins Teduini. » Robert était donc déjà mort en 1028 lorsqu’on rédigea notre obituaire. Quelque temps après, la mère de Robert, Odila, donna au Chapitre la terre de Cussey ; mais dans l’intervalle le Nécrologe avait été achevé, car ce fut postérieurement à 1028 qu’on ajouta la mention: Cujus mater Odila dimisit Sancte-Marie terrain de Cussiaco. Nous avons donc là une preuve que le chevalier Robert fut tué en 1028 ou très peu de temps auparavant.
DU XIe SIECLE
l’année 1028, il y a ceux qui y furent insérés plus tard, au fur et à mesure que les décès se produisaient. Parmi ces notices postérieures à 1028, nous avons imprimé en caractères italiques toutes celles qui nous ont paru avoir été écrites avant 1060. Ainsi, par exemple, au 12 septembre, on trouve dans notre Nécrologie l’obit suivant imprimé en italiques : Et fuit interfectus Bernarclus qui reliquit nobis unum agripennern vinee de Submonciis. De même que Vivien, l’archidiacre de Dreux, ce Bernard nous est inconnu. Peut-être un jour ou l’autre pourra-t-on l’identifier avec quelque personnage du pays cbartrain. Présentement il est certain, d’après son obit, qu’il fut tué après 1028, et avant 1060 environ. Nous disons 1060 environ, car cette dernière limite ne peut être d’une exactitude rigmireuse. Malgré une comparaison minutieuse et un classement méthodique des diverses écritures de notre manuscrit, il nous serait bien souvent difficile d’affirmer que telles ou telles notices ont été écrites avant 1060 plutôt qu’avant 1062 ou même 1065. En un mot, pour les obits imprimés en italiques, la limite inférieure 1060 ne peut être qu’approximative. En utilisant notre obituaire, les érudits devront donc attentivement distinguer ce qui est sûr de ce qui n’est que probable.
Nous ferons la même observation pour les deux groupes d 'écritures que nous avons représentés par des caractères dits allongés et par des caractères dits ekéviriens. De ces deux groupes le premier comprend les obits des personnages morts entre 1060 et 1090 environ. Au 17 juin on lit : [Obiit] Milesendis, uxor Gerardi de Guastela, que dédit Sancte-Marie quoddam suburbium in parrochia Sancti-Saturnini. Ces mots étant en caractères allongés, il s’ensuit que Milesende mourut entre 1060 et 1090. Mais il ne faut pas oublier que ces deux limites 1060 et 1090 ne sont pas d’une fixité absolue. Peut-être aurons-nous introduit dans ce groupe quelques obits un peu antérieurs à 1060, ou bien un peu postérieurs à 1090, car, nous le répétons, l’écriture à elle seule, sans le secours des chartes, ne peut permettre d’arriver à un résultat tout à fait certain.— Le second groupe, imprimé en caractères elzéviriens, comprend
UN MANUSCRIT C H A R T R A I N
les notices consacrées aux personnes décédées entre 1090 environ et 1130. On peut considérer comme sûre la limite 1130. Au 2 février est imprimé en caractères elzéviriens l’obit suivant: [Obiit] Adelelmus, sacerdos et canonicus Sancte-Marie, sed monacus defunctus est. Ce chanoine Adelelme mourut entre 1090 et 1130, peut-être quelques années avant 1090, mais certainement avant 1130.
Les trois gToupes 1028-1060, 1060-1090, 1090-1130 sont, comme nous l’avons dit, composés de notices insérées dans le Nécrologie au fur et à mesure que les décès se produisaient : indépendamment de ces notices qui sont de beaucoup les plus nombreuses, il y en a quelques autres qui, pour des raisons diverses, ne furent inscrites à l’Obituaire que longtemps après l’époque du décès. Ges dernières nous ont paru devoir former un groupe spécial que nous avons représenté par des lettres capitales. L'examen même du manuscrit montre que la plupart du temps l’inscription tardive de ces obits n’est qu’apparente; car, à part une ou deux exceptions, tous avaient été d’abord composés au moment de la mort, mais ils furent ensuite grattés et recopiés après coup. La cause de cette altération est la nécessité où l’on se trouva d’abrég’er en certains endroits le texte primitif pour faire place à de nouvelles notices très détaillées. Au 12 avril, lorsqu’on voulut énumérer les nombreuses donations de la comtesse Berthe, on fut forcé de gratter l’obit du vidame Renaud et de le transcrire en caractères plus fins : OBIIT RAGINALDUS, vicedominus, qui reliquit canonicis SANCTE-MARIE UNUM ALODUM APUD CEREIS VILLAM. C’est 611 1085, aimée OÙ
décéda la comtesse Berthe, que l’obit de Renaud subit cette transformation. De même, au 14 novembre, on lit : obiit ernoldus, decanus sancte-marie, et letgardis , comitissa. Ces deux notices primitivement remplissaient presque entièrement l'espace réservé dans le manuscrit à la date du 18 des calendes de décembre : lorsque, vers 1080, on eut à insérer au même jour l’obit plus détaillé de Bernard de Bullou, on fut contraint d’effacer et de transcrire à nouveau les deux obits
DU XIe SIÈCLE
précédents. On comprend dès lors que l’écriture ne fournit plus aucun indice qui permette de déterminer d’une manière même approximative la date de la mort des personnages dont la notice nécrologique a été ainsi remaniée. — Nous avons fait entrer dans ce dernier groupe et imprimé en capitales les obits dont nous avons déjà parlé, qui étaient sur deux feuillets lacérés et remis au net entre les années 1066 et 1070 b Actuellement, ces feuillets renouvelés embrassent, dans le Nécrologie, la période qui va du 2 au 13 octobre et du 30 novembre au 14 décembre. Il y a encore lieu de distinguer ici les notices, qui ont été recopiées toutes à la fois vers 1066, de celles qui furent ajoutées plus tard. Les unes, se trouvant avoir été écrites plus ou moins longtemps après l’époque du décès, ont été figurées par des capitales ; les autres postérieures à 1066, ayant été inscrites au moment même de la mort, ont été imprimées en caractères allongés ou elzéviriens suivant l’âge que paraissait révéler l’écriture. Ainsi, au 5 décembre, on lit
dans notre Nécrologie : Obiit Berlandus presbiter et canonicus
Et Gaufridus, puer et canonicus La notice consacrée à Berland est de celles
qui furent recopiées après coup vers 1066. Nous l’avons imprimée en capitales, car l’écriture de cette notice ne peut fournir aucune indication pour l’époque de la mort. Nous savons seulement que Berland décéda avant 1070, année où les deux feuillets étaient certainement renouvelés. Quant au chanoine Geoffroy, son obit a été inscrit plus tard, et l’écriture, contemporaine de la mort, nous a fait considérer le décès de ce personnage comme antérieur à 1090. Aussi avons-nous imprimé cette seconde notice en caractères allongés. 11 est certain que Geoffroy mourut après 1066 et il est probable que ce fut avant 1090.
Les explications que nous venons de donner ont pour but de montrer le parti qu’on peut tirer de la publication de notre Nécrologe.
' Voir plus haut, pages 106 et 107.
Malgré nos recherches, un certain nombre de défunts mentionnés à l'Obituaire nous sont restés inconnus ; sur beaucoup d’autres nous avons pu recueillir quelques renseignements. Parfois, sachant exactement l’année du décès, nous avons à la fin de l'obit imprimé cette date entre parenthèses : le plus souvent, ignorant l'époque précise de la mort, nous avons indiqué l’année où pour la dernière fois dans les documents contemporains était signalé comme vivant encore le personnage dont nous voulions dater l’obit.
NEGROLOGI (JM
EGCLESIÆ BEATÆ MARIÆ
CARNOTENSIS
vint kaf. jan.
viit kaf. jan.
Anno Domini DCCCCXLI, indictione xima, obiit Hag’anus, episcopus et cornes, Leobino beatissimo primas consimilis ; cujus anima, sicnt ei in bac vita jure potestatis coaequata est, ita cum eo in futura perhenni felicitate perfruatur.
Eodem die, obiit Herbertus, subdiaconus et canonicus aime Mariae.
Et Adelais, mater Gerardi, que reliquit canonicis Sanctae-Marie Gerasetum, Fromoldi-villam et Pinum.
Eodem die, obiit Johannes, medicus, qui capsarum sedem deargentatam construxit et istius ecclesie dextri lateris vestibulum iecit et quamplurimis aliis operibus eidem ecclesie profuit.
Obiit Odo, filius comitis Stephani, pro cujus anima Adela, nobilis comititïa, mater ejus, petentibus hujus eccletie canonicis, precepit dirui quandam itallam macellarii ante Portam Novam, nec ulterius inibi eam reedificari conceiïit, quia eluviem totam continebat et in domum horrei noftri convertebat et carreciis noftris et plauftris inducendis atque educendis pro tectis hujus eccletie reparandis plurimum nocebat (-p après 1106).
vi kaf. jan.
Obiit Haimericus, archidiaconus et cantor Sancte-Mariae , qui reliquit nobis alodum qui dicitur Canta-Pia (-p940).
v knf. jan.
tiif fcaf. jan.
iiit non. jan.
fit non. jan.
viii iî>. jan.
vit iî>. jan.
UN MANUSCRIT CH ARTRAIN
Obiit Adelandus, levita et canonicus Sancte-Mariae.
Obiit Ebrardus, levita , fiibdecanus et cancellarius , litteris eruditus et facundus eloquio (f après 1034).
3<tntumue
Obiit Hugo, Bituricensis archiepiscopus et canonicus Sanctæ-Mariæ (t 987).
Et Gausfridus, miles, qui dédit canonicis Sanâœ-Mariae unum alodum apud villam que dicitur Villaris.
Obiit Gislevertus, episcopus Carnotensis (f après 878).
Et Gualo, subdiaconus.
Guiddoque , diaconus et Jidelis canonicus Sancte-Marie , qui reliquit fratribus in Sanâi-Andree fuburbio decem folidorum cenfum.
Obiit Yuitbertus, subdiaconus et canonicus Sancte-Mariae, qui reliquit fratribus i psi us ecclesie res sue proprietatis : in pag*o Parisiacensi videlicet, alodum unum in villa que dicitur Aurengâaco cum vineis, in pag’o etiam Milidunensi, de vinea aripennum ex alodo, in pag’O quoque Gastrensi, hoc est in Beroldi-villa et Gerberti-vi tiare quitquid juris habebat.
Et Albertus, ejufdem fancte ecclelle levita et canonicus, qui poftea Sancti-Johannis fuit abbas et prefbiter devotillimus (f après 1107).
Obiit Bernoldus, levita et canonicus Sanctae-Mariae.
Et Herveus, diaconus equsdem.
vi ib. jan.
v ib. jan.
itii ib. jan.
iii ib, jan.
ii ib. jan.
ib. jan.
^pviiii kaf.fc6.
DU XIe SIÈCLE
Et Guido, diaconus et canonicus, et abbas Sancti-Johannis (-J- après 1092).
Et Ewardus, rex Scothiæ, vir honettillimus et Dei lervitio devotiilimus (f 1107).
Obiit Helvifa, fanélijjimœ memorie reclufa.
Et Ivo, filius Gazonis de Regilmalaftro , ex clerico factus monachus, qui terrain de Piredellio ad opus hujus ecclelie deliberavit, et manfionem Brummeville que erat ex fuo feodo nobis conceflit.
Obiit Hilo, subdiaconus et canonicus Sanctæ-Mariæ.
Obiit Odo , clericus, adolescens indolis egregie, sanctae misericordiae matris canonicus.
Et Guerricus , vicedominus, pro cujus anima uxor ejus, omnibus t’iliis filiabusque suis concedentibus, Balduinum servum suum dédit aime Marie (f après 1080).
Et Gilo, nobilis britto, qui pro anima fua conceffit nobis viaturam quant ipfe et filii fui in terra Beate-Marie habebant jure hereditario (-]- après 1114).
Interfectus est Rodulfus, filius Adelandi, pro cujus anima habemus alodum de Vico-Abonis.
Obiit Tetbertus, sacerdos et canonicus Sanctae-Mariae.
Et Rodulfus, clericus, qui reliquit ufibus fratrum umim agripennum vinearum.
Obiit Ascelinus, prepositus et canonicus Sancte-Marie, qui dédit canonicis alodum de Calniaco.
Eodem die, obiit Gelduinus, miles, qui dédit Sancte-Marie alodum suum de Fontanis.
Et Rodulfus, prepositus et canonicus aime Mariae.
Obiit Yualterius, cornes, et reliquat fratribus Sancte-Marie alodos suos qui sunt in pagn Dorcasino et Garnoto, ea ratione ut me-
vviit knf. fc6 v vit knf. fc6.
vvt knf. fr6.
çiiii knf. fc6*
viti knf. fc6.
knf. fr6.
vi knf. fc6.
viiti knf. fc6.
viii knf. fc6.
vit knf. fr6.
UN MANUSCRIT CH ARTRAIN
moria ejiis celebretur in ecclesia Sancte-Marie perpetualiter (-J- avant 980).
Eodem die, obiit Johannes, diaconus et canonicus Sancte-Marie.
Qbiit Gisbertus, abbas bone memorie (f 1004).
Obiit Berta, mater Odonis comitis, que dédit canonicis Sancte- Marie alodum nomine Marcilliacum , eu ni loto ovili suo et carruca. Cujus anima paradisum possideat (f après 1010 ) .
Obiit Hildeg’arius Allais, sacerdos et canonicus Sancte-Mariae.
Et Rag'embald os, sacerdos et canonicus.
Obiit Rodulius. Sancti-Martini Majoris-Monasterii monachus et prias liujus ecdesie canonicus (f 1004).
Eodem die, obiit OJiilfus, diaconus Sanâae-Marie. Cujus anima pociatur aeterna quiete, amen.
Eodem die. obiit Gausf redus . filins Herberti , qui dédit canonicis Sancte-Marie unum aripennem vineæ ad Leugas.
Eodem die, obiit Adelmus, levita et canonicus aime Marie, qui reliquit fratribus liujus æcclesie apud Sanctum-Mauritium très quadrantes vineæ.
Yivianus, arcbidiaconus, interfectus est a Drocensibus predonibus.
Eodem die, obiit Wauterius , J'acerdos et canonicus aime Marie, qui dédit fratribus hujus æcclejie très aripennos vinearum apud Cqftrumdunum.
Eodem die, obiit Ermentrudis, uxor Nirelonis, pro cujus anima dation e/l nobis alodum in fuburbio Beati- Andrée , unde , unoquoque anno, deeem et octo folidos habemus.
DU XIe SIÈCLE 153
v knf. fr6.
Interfectus est Rorico, subdiaconus et canonicus aime Marie.
iiii knf. ff6.
Obiit Benedictus, presbiter et canonicus aime Marie.
iii Iwf. fr 6.
Obiit Erembertus, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie.
Et Gauzbertus , diaconus et custos Sancte-Marie.
ti kaf. fr6.
Obiit Yualtelmus, episcopus Garnotensium (f après 911 ).
Et T lie u do, miles, interfectus obiit, pro quo habemus alodum rpiern tenebat in Arg'elivilla.
Et Grimoldus, interfectus, obiit.
^dîntavttuo
kaf. fr6.
Obiit Gausfridus, subdiaconus et canonicus aime Marie. Et Odo, liujus æcclesie subdiaconus et canonicus.
tiii non. fr6.
Obiit Odo, sacerdos , canonicus Sancti-Stepliani.
Et Adelelmus, facerdos et canonicus Sancte-Marie, led monacus defunctus elt.
üi non. fr6.
Durandus , hi/jus fancîe ecclefie canonicus et fub diaconus, Roma rediens, Placentie obiit.
ii non fc6.
Obiit Rotbertus, miles, qui reliquid canonicis Sancte-Marie alodum nomine Yendobrum.
Et Milesendis, mater Johannis canonici, pro cujus anima liabemus très agripennos et dimidium vinearum in clause Sancti-Leobini.
HOU. fc6.
vif iï>. fc6.
iiit tî>. fc6.
ii iî>. fc 6.
iî>. fe6.
Obiit Humbaldus, miles, qui dédit fratribus Sancte- Marie res proprietatis sue in pag’o Garnotensi (f avant 1005).
Et Willelmus, prepofitus hujus ecclefie, levitaet canonicus Sancte-Marie.
Obiit Aimericus, frater Gelduini, et reliquit canonicis Sancte-Marie omnem hereditatem suam, hoc est Lulaplum totum, Kiniacum totum, et quidquid habet in Popone-monte , et in Ulmos, et in Monte-mediano , et in Britone-corte ultro Perticum; tribuit etiam vineam cum trig'ila super ripam Auduræ.
Ohiit Adraldus, hujus misericordissime Dei matris ecclesie episcopus venerabilis et abbas Bremetensis, vir eloquentissimus et utriusque scientie radiis illuminatus, qui ecclesiam istam sibi commissam toto cordis affectu totaque mentis intentione dilexit, et eam, vila sibi manente, diversorum ornamentorum muneribus, capis videlicet optimis et dorsalibus preciosissimis , sicuti pastor egregius, extruxit , unumque ei aureum calicem opéré elegantissimo informatum donavit , quem et cotidiano altaris servitio deputavit, atque, hujus vite cursu compléta, capellam suam ornamentis episcopalibus instructam , cum ingenti argenti pondéré, pro peccatorum suorum remissione, liuic preclare matri sue ecclesie dereliquit (f 1075).
Et Warnerius, levita et canonicus Sancte-Marie.
Et Teduinus, filius Teduini.
Obiit Frotg'erius, sacerdos et canonicus Sanctorum Sergâi et Bacchi.
Et Ebrardus, vicecomes, Gilduini filius, pro cujus anima reddidit nobis terrain Ciconiolas nomine Ebrardus, filius ejus, et Hugo perpetualiter habendam nobis dédit casam ecclesie de Vileta (-f- après 1061).
Et Gerogius, levita et precentor humilis, qui huic ecclefie antiphonarium preciofum cum gradali dédit, et pauperibus Elemofine Sancte-Marie tribuit quicquid habebat ad Benfo-Ingelardi et Pagani, et ad Felardi-villam, et très agripennos et quadrantem unum terre ad Lucetum, et eifdem pauperibus multa alia bona fecit (f 1124).
Interfectus est Botbertus, miles, filius Teduini, cujus mater Odila dimifit Sancte-Marie terrain de Cuffiaco pro anima Jua et filiorum Jiiorum.
$>mikaf.marf.|
;$>iï kaf. matt.
kaf. mart.
kaf. mact.
vitii kaf.marb
viiikaf.marf.
vii kaf. mat*.
vi kaf. mart.
itii kaf. mact.
DU XI0 SIÈCLE
Obi il Alcherius, miles devotus, qui dedil Beate- Marie fratribus alodum Avenziacum.
Et Gausbertus, levita et canonicus Sancte - Marie, pro cujus anima habemus duos agripennos vinearum juxta Sanctum-Bartolomeum.
Obiit Alcherius, levita et prepojitus Beate-Mariœ.
Obi it Bernardus, sacerdos et prepositus Sancte-Marie (f après 979).
Et Sanctio, miles, frater Radulfî episcopi (f après 1004).
Et Gislardns, subdiaconus et canonicus predicte matris Dornini .
Obiit Haimericus, clericus, Herbranni filius, qui dédit huic æcclefiæ unam dalmaticam cum alba, et unam cappam; dédit etiam tria preciofa filacteria, et ipfam æcclefiam décora adornavit vitrea.
Obiit domnus Ebrardus, hujus ecclesie subdecanus et dig’nus Deo sacerdos, qui, dum perg*eret ad matutinas, innocens a nocentibus interfectus est (-p ioi8).
Obiit Warner ius , facer dos et canonicus Sanclœ-Marie.
Obiit Gozlinus, canonicus et levita.
Et Elifabeth, uxor Gauflini de Leugis, pro cujus anima Widdo, filius ejus, abbas Sancti-Johannis, dédit fratribus hujus ecclelie cenfum decem folidorum in Valeia Minori (*f- avant 1099).
Obiit Humberga, uxor Gauslini, que dédit liuic ecclesie duas casulas , altérant preciosam dominico altari, altérant altari Crucifixi.
Obiit Odo, miles, pro cujus anima dédit T 'et b al dus, frater J, 'uns , Sanclœ- Marie alodum de Marchaifvilla, et Murcenciacum quant calumpniabatur ex J'tia parte abjolutam clamavit.
156 UN MANUSCRIT CM ARTRAIN
3ftarttu$
knf. nuut.
Obi il Rotg*erius, canonicus et prepositus Sancte-Marie.
Et Ivo de Friasia, qui dédit nobis alodum suum de Chalniaco (f après 1080).
vi non. mavt.
Obiit Badehildis, que dédit Sancte-Marie molendinum de Haroltmonte, cum omnibus pertinentibus ad eum.
v non. nuut.
Obiit Sig’ebodus, qui nobis dédit unum alodum Villeis et alterum Gusenceis.
Et Gauzbertus, canonicus aime Marie.
Et Goslinus, succentor, sacerdos et canonicus Sancte-Marie (f 1087).
üi non. marf.
Obiit Harduiniis , levita et decanus beati (finie Dei genitricis Marie, qui reliquit nobis quinque agripennos vinearum et dimidium (-J- après 1033).
ii non. inart.
Obiit Raginaldus , prefbiter et canonicus Sanâe-Marie.
non mait.
Obiit Gelvisa, monacha et hujus sancte ecclesie canonica, que dédit canonicis Sancte-Marie alodos suos, Vulmedum et Ganta-Merula.
viii ib. inart.
Obiit Ernulfus, abbas Sancli-Petri (-J- 1033).
Obiit Adela, comitissa (f 1137).
Obiit venerabilis et eloquens vir Henricus , Dei gratia , Anglorum rex (f 1135).
vi ib. mart.
Obiit Walterius , fubdiaconus et canonicus Sanâœ-Mariae .
Et Urfo, facerdos atque canonicus.
DU XI' SIÈCLE
iti il), wact.
Eodem die . obiit Hilduinus, sacerdos et canonicus aime Marie. Et Odo, ejusdem Virginis canonicus, nepos Tetbaldi comitis.
ii i&. inact.
Obiit Landricus, abbas Sancti-Petri (f 1069).
$>v kaf. apc.
Obiit Letburgâs, uxor Gilonis, pro cujus anima reliquit idem Gilo et fîlii ejus alodum nomine Osilei.
iviiiï kaf. apc.
Obiit Fulco, levita et canonicus beatissime Marie.
ivü kaf. apc.
Obiit Gaufridus, puer et canonicus Sancte-Marie.
ivi kaf. apc.
Obiit Rag’enoldus de Chraciaco, qui dédit nobis alodum suuin qui vocatur Judeus, cum servis et ancillis, et totum quod habebat in villa que dicitur Modetus.
viiîi kaf. apc.
Obiit Hilduinus, aime Marie canonicus, custos scrinii sacre vestis et totius aecclesie ornamenti, rei familiaris servator fîdelis et distributor dapsilis.
Et Hardradus, levita et canonicus.
vi kaf. apc.
Obiit Rodulfus, qui reliquid fratribus Sancte-Marie alodum qui jacet in villa que vocatur Mure.
Et Roscelina, matrona, que reliquit nobis alodum quem habebat in Ginnoni villa.
v kaf. apc.
Eodem die, obiit Gertrannus, frater Alvei abbatis, hujus ecclesie fîdelis (f avant 960).
iiit kaf. apc.
Obiit Rotlindis, mater episcopi Odonis, que scrinio Dei genitricis affîg*endas reliquid au reas aquilas miro opère sancti Eligûi informatas ; pro cujus anima inter alia dona idem episcopus Odo dédit fratribus alodum de Vulmari-Curte habentem mansos xim,
ni hof. apr.
kaf. apr.
fit non. apr.
ii non. apr.
viti ii>. apr.
vit iî>. apr.
UN MANUSCRIT CH ART RA IN
cum privilégie reg*ali. Quorum anime portionem in terra viventium mereantur habere, Ghristusque rex celorum sit pars hereditatis eorum (f après 968).
Et Fulco, hujus ecclefie fubdecanus, ad fuccurrendum monachus factus (-f- après 1118).
Obiit Mag’enardus, abbas sancte memorie (f 1013).
Eodem die, obiit ; cujus anima pociatur eterna requie , amen.
Obiit Herveus, puer, acolitus et canonicus Sanâæ-Mariæ.
Eodem die, obiit Ragenfredus, levita et canonicus Sancte-Marie, et
ABBAS SaNCTI-AnDREE.
Et Ermentrudis, que dédit canonicis Sancte-Marie aeodum de Vicheriis.
Atque Ascelinus, brito, sacerdos egregius, qui huic sancte ecclesie librorum bonam copiam contulit, et post mortem Herberti, nepotis sui , domuni suam et unum agripennum vinearum atque dimidium conîratribus suis reliquit (-J- après 1078).
Obiit Guarinus , qui reliquit beate Dei genitrici Marie quatuor agripenuos terre et duas domos, unam juxta posternam positam, alteram apud Manum-villare.
Et Hugo, prefbiter et canonicus Sancte- Mariae.
Obiit Gherifendis, mater Otranni, que dédit canonicis Sancte-Marie agripennum unum terre in Maiferiis.
Et Odo, canonicus, levita et archidiaconus Sancte-Marie.
vi ib, apr.
üti i5. apr.
iit iî>. apt\
ii ib, apt\
rî>. apr.
DU XIe SIÈCLE 159
ObIIT HERVEUS, ARCHIDIACONUS ET PREPOSITUS, QUI DEDIT CANONICIS SaNCTÆ- Mariæ alodum de Grinneitvilla, et alterum de Hadulvilla (*f- après 1022).
Et Herveus, Arnaldi filius, de cujus bénéficie» habemus terram de Buflani-villa, cum fervis et ancil lis ad eam pertinentibus ; qui etiam, de Jerofolima rediens, magnam partent ligni dominice crucis huic ecclefie apportavit.
Obiit dileâtus Deo et horninibus pater nojter boue memorie Fulbertus, lut] us fande fedis epif copus, lux preclara mundo a Deo data, pau perum fujîentator , defolatorum conjolator , predonum et latronum refrenator , vir cloquent i (Jïmus et fapientijfimus , tant in divinis quant in omnium liberalium artium libris ; qui ad rejlaurationem hiijus fandi t empli , qitod ipj'e pojl incendium a fundamento reedificare ceperat , bottant partent auri fui et argenti reliquit , et difeipline ac fapientie radiis hune locum illuminavit , et clericis fuis multa botta fecit (f 1028).
Et Guarinus, levita et canonicus.
Obiit Aclhelelmus, rei familiaris custos et rerum monasterii amator et edifîcator.
Et Fulcherius, miles (f après 984).
Obiit Raginaldus, vicedominus, qui reliquit canonicis Sanctæ-Mariæ UNUM ALODUM APUI) CeREISVILLAM (*fi après 1028).
Et Berta, comitissa , que ad liujus eedesie decorem plura contulit , videlicet pectorale unum ex auro mundissimo et gemmis preciosis confectum quod, in duas partes sectum. altaris scrinium condecorat, et duo thuribula aurea. et filacterium grande, et très capas, et duas casulas, et duo dorsalia : terram quoque a Fulcherio, t'ilio Girardi , émit, in qua Elemosinam hujus ecclesie de suo fecit. et ad usus infirmorum ipsius Elemosine furnum dédit, et alia plura (f 1085).
Obiit Ragemboldus , fubdiaconus et canonicus Sanâe-Marie , qui dédit magnam partent fue poffejfionis ad edificationen veftibuli frontis
UN MANUSCRIT CH ARTRAIN
vvnikaf.wai.
pvithaf. mai.
pvi kaf. mai.
yv kaf. mai.
toititkaf. mai.
ç>iii kaf. mai.
x>it kaf. mai.
hujiis œcclejiœ , et frontem feretri fanâi Piati auro coopérait, et fratrum itjibus vu agripennos vinearum tribuil , cum domo et torculari.
Obiit Hildeg’ardis, vicecomitissa de Castello-Dunis, pro eu jus anima dédit Sancte-Marie fîlius ejus, Hugo, Turonensis episcopus. alodum suum qui vocatur Yiverus (f avant 1023).
Et Kobertus, liujus aecdesiae diaconus et succentor devotissimus (f après 1070).
Obiit Herbertus, clericus et canonicus Sanctæ-Marie, qui legavit concanonids suis domum suant iu daustro positam, ea radone ut unus illorum in vita sua illam possideat.
Obiit domnus Teodericus , epif copus, qui hune ecclejiam librorum copia et multimodis ornamentis decoravil, atque augendo fratrum ufui contulit alodum [mon de Cerjiaco, ecclejiam Vilete cum altari et ecclejiam Luci - Plantati cum altari, duofque vinearum claufos , union lu0™"1, alterum xn cim agripennium, cum quadam domo annone et vino fratrum custodiendo necessaria (-j- après 1048).
Eodem die, obiit Arraldus, levita et canonicus aime Mariæ.
Et Droco, canonicus Sanctæ-Mariæ.
Obiit Geilo, miles, qui dédit canonicis Sancte-Marie alodum suum Daoncortem super aquam que dicitur Mortru et quantum habebat in Osilleio et in Bomervilla.
Et Berta, vidua. nobilis et multæ bonitatis femina, que eisdem canonicis alodum suum in Villari et unius carrucæ terrain reliquit.
Obiit Serannus, diaconus et prepofitus Sancte-Marie, qui dédit huic ecclelie très libros obtimos, fcilicet Auguftinum de Civitate Dei, et Jeronimum contra Jovinianum, et Egeûppum (q- après 1119).
Obiit Herbaldus, miles, qui dédit canonicis Sancte-Marie alodum suum de Silvestri-viila.
DU XIe SIÈCLE LOI
Et Ing'elbaldus, canonicus et archidiaconus.
Et Frotg'eng’ius, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie.
Et Ivo, levita et canonicus Sanctæ-Mariæ, qui dédit nobis areas quas in clauftro habebat.
fvflf. mat.
Obiit Haldimarus, presbiter et canonicus Sancte-Marie.
tq kat. mai.
viiiihaf. mat.
Obiit Rodulfus, sacerdos et canonicus aime Marie et prepositus
(-J* après 980).
Obiit Hildradus, sacerdos, qui dédit canonicis très ag*ripennos vinearum.
Et Bernardus, levita et canonicus Sancte-Marie.
vtit fcaf. mai.
Et Giflebertus Bertinus, canonicus et prepofitus Sancti-Karauni, factus ex clerico monachus (f après 1092).
Obiit Hugo, vicedominus, hujus eccletie fidelis (f après 1104).
Et Herbertus, facerdos et canonicus aime Marie, qui, poft mortem nepotum fuorum, Alberti videlicet et Tefcelini, concanonicis fuis reliquit très agripennos vinearum cum torculari, et domum in clauftro pofitam, et calicem argenteum huic eccleûe dédit (ft- après 1104).
Et Hugo, prefbiter et canonicus (-f- après 1104).
Et Germundus, canonicus, qui reliquit nobis domum in clauftro et cenfum duorum folidorum apud Poevillare (f après 1104).
vit kaf. mat .
Obiit Radulfus, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie, qui ex canonico FACTUS fuit monachus (-j* avant 1028).
Et Bernardus, abbas de Tiro, qui ejufdem loci eccleliam a fundamento conltruxit et multos ibidem monachos lub fanctitatis et religionis norma congregavit (f 1116).
vi kaf. mai.
iiii kaf. mai.
iii kaf. mai.
ii kaf. mai.
v non mai.
iiii non. mai.
iii non. mai.
ii non. mai.
non. mai.
viii ifc. mai.
Obiit Herbertus, brito, qui ex canonico monachus factus fuit, et nobis terram de Manunvilla dereliquit (*f- après 1092).
Obiit Sig*ebertus, presbiter et canonicus aime Marie.
Eodem die. obiit Wido, prepositus et canonicus aime Mariæ.
Obiit Ebrardus, levita et canonicus aime Marie.
3Raiue
Obiit Enbrardus, primo dèvotus matris Dei canonicus ac Jiudiofus cancellarius , pojl vero totius obedientie monachus et abbas ajjidue evangeli\ans ovibus (*J- 1053).
Obiit Tetbertus, sacerdos aime Marie.
Obiit Froechin, monialis.
Obiit Mag’enardus, sacerdos et canonicus Sancte-Marie.
Et Grimoldus , miles, qui fuit liuic ecclesie fldelis, pro cujus anima Gaufcelinus , Jilius ejus, dédit ufibus fratrum alodum fuum qui vocatur Tetlaijvilla .
Obiit Vuinemandus, sacerdos et canonicus aime Marie.
Et Herbertus, canonicus Sancti-Aniani.
Obiit Kaherius Gasatus, qui dédit canon icis Sancte-Marie alodum quem tenebat ad Cereisvillam.
DU XL SIÈCLE 1G3
Et Rodulfus, qui dédit eisdem fratribus n arpennos vinearum, et restructioni lui j us aecclesie mu lias im pensas dévolus attribuit.
Et Fulcherius, qui dédit nobis alodum quem habebat in Briteniaco.
vt ib. mai.
Obiit Richardus, diaconus.
Et Adhelais, matrona, que dédit usibus canonicorum alodum de Sarniaco cum appendiciis suis.
Et Rotbertus, fubdiaconus et canonicus Sancte-Marie.
v ib. mat.
Obiit Manoaldus, britto, et carpentarius Sancte-Marie. Et Haudricus, facerdos et canonicus Sancte Marie.
nii ib. mai.
Obiit Symon, facerdos et archidiaconus Beate-Marie, qui reliquit fratribus hujus ecclelie centum folidos denariorum, et domum in clauftro pofitam, quam emerat ex proprio, dédit nobis liberam ab omni conluetudine , polt deceffum unius heredis. Cujus anima eternam requiem poffideat (f après 1098).
ib. mai.
Obiit Ingelerius, facerdos et canonicus Sanftœ-Mariœ , qui reliquid canonicis Sanâœ-Mariœ très aripennos vinearum , uno quadrant e minus , pojl unius heredis fuifinem.
$vii kaf. jim.
Obiit Rag*enoldus, presbiter et canonicus Sancte-Marie.
Et Harduinus, canonicus et subdecanus aime Marie (f après 950).
$>vi haf. jim.
Obiit Letericus, sacerdos et canonicus Dei g'enitricis Marie.
vv kaf. jim.
Obiit Gelduinus , ex vicecomite monachus, qui, pro fia et filii fui Harduini anima , reddidit nobis terrain Ciconiolas nomine , et longam nobis inde faâam injuriam tali fatiffaciione correxit ( j- après 1050).
UN MANUSCRIT CH ARTRAIN
yim kaf. jim.
ObIIT WaRINUS, SACERDOS ET CANONICUS SaNCTE-MaRIE , QUI DEDIT NOBIS DUOS AGRIPENNOS vinearum apud Moncellum (f avant 1090).
Et Ingelrannus, hujus æcclesie decanus et prepositus fidelis et cancellarius utilis (f après 1084).
Eodem die, obiit Stephanus, palatin us contes, in defenfione Jerofolimitane eccleûe, qui libertatem epifcopalibus domibus contulit, et pro cujus anima Adela, nobilis comitiffa, conceffit canonicis Beate- Marie vicariam quant eis Gaufridus, brito , vendidit, et alia multa bona fecit (f 1102).
viit kaf. jim.
Obiit Albertus , hujus sancte ecclesie primum decanus et rerum ecclesiasticarum procurator egregius , qui, postea Majoris - Monasterii factus abhas. monastice regulæ fuit observator diligentissimus (f 1064).
vit kaf. jim.
Obiit Ernustus, clericus et canonicus aime Mariae.
Et Godeleia, sancti monial is, que religûosam vitam duxit, et ornamenta multa liuic ecclesie tribuit (f après 976).
kaf. jun .
Obiit Heirveus, nobilissimus abbas Sancti-Garauni et canonicus aime Marie (f après 968).
Et Eiricus, sacerdos et canonicus Sanctæ-Mariæ.
viit kaf. jun.
Interfectus est Bernerius, levita et canonicus Sancte-Marie.
vii kaf. jim.
Eodent die, obiit Hugo, facerdos et canonicus Sancte-Marie, qui ex canonico factus eft monacus.
v kaf. jun.
Obiit Rotbertus, sacerdos et canonicus aime Marie.
Et Gauterius Blesensis , canonicus et arcliidiaconus Sanctæ-Mariæ, qui dédit huic æcclesiæ filacteriura aureum xvcim librarum, et redemit xxli libris unum argenteum candelabrum.
iiii kaf. jun.
Obiit Rotbertus, canonicus aime Marie.
ii kaf. jun.
Obiit Dada, matrona, que dédit fratribus Sancte-Marie alodum qui
vocatur Murcincus, in pag’o Dunensi.
3uniue
kuf. jun.
Obiit Martinus, facerdos et canonicus Sanélœ-Mariœ , qui dédit concanonicis fuis duos aripennos vinearum et quadrantem unum.
Et Fulbertus, canonicus et sacerdos Sancte-Marie , qui dédit custodibus hujus ecclesie duos agripennos vinearum et dimidium in Argillaribus et unum in clauso de Spina.
iiit non. jun.
Obiit Bernardus, fubdiaconus et cancellarius Sancte-Marie, qui dédit huic ecclefie libros fuos (-p 1124).
iit non. jun.
Obiit Guarinus, clericus et canonicus Sancte-Marie.
ii non. jun.
Obiit Johannes, carpentarius Sancte-Marie , qui, inter alia hujus ecclefie rejlaurationi neceffaria , fignum etiam quinque milium librarum compojuit .
non jun.
Obiit Ingrannus, clericus et canonicus Sancte-Marie.
Et IJaldricus , prepofitus , qui dédit fratribus hujus aecclefie unum alodum in Lucif-villa.
vt tî>. jun.
Obiit Guillelmus , hujus sancte ecclesie prepositus, qui quante utilitatis et honestatis apud prefatam ecclesiam extiterit, non tam verborum quant operum exibitione declaratur : ex une enim alodum qui vocatur Brittonaria usibus canonicorum tribuit, et ex alio antiphonarium argento decoravit , ex utroque vero missalem et martyrologium boneste scribere fecit, et multa alia ad liée simul pertinentia dum viveret exhibere curavit, qui, post unius heredis obitum, omnia que videbatur habere sine exceptione huic ecclesie dereliquit.
iiti tô. jun.
Obiit Hug*o, Turonorum archiepiscopus, qui dédit nobis alodum suum de Vivariis (f 1023).
Et Herveus, canonicus aime Marie, subdiaconus.
ii ii>. jun.
UN MANUSCRIT CH ART RA IN
Obiit Balduinus, leviLa et canonicus Sancte-Marie, abbas Sancti- Garauni et Sancti-Martini (f avant 962).
Anno incarnationis dominice DCCCLVIII, indictione vila, a paganis Sequanensibus facta EST MAGNA CEDES Carnotis, in qua interempti sunt Frotboldus episcopus, Stephanus presbiter, Titulfus presbiter et monachus, Tetbertus presbiter, Rainulfus presbiter, Adalgaudus clericus, Modo clericus, Landramnus subdiaconus. Letramnus sub- DIACONUS , AlMANDUS SUBDIACONUS, UlGARIUS SUBDIACONUS , AdALBERTUS CLERICUS, GaUBERTUS CLERICUS ET CETERA MULTITUDO } PRO QUIBUS EXORATE
Dominum.
Et Bloco interfecîus ejt , qui dédit canonicis Sanctœ-Mariœ duos agripennos vinearum et dimidium, cum una domo in eifdem conjiruâta.
Et Sigo, factus ex clerico monachus, et abba tandem Salmuriensis monasterii (f 1070).
il>. jun.
Eodem die, obiit donnus Jerardus, episcopus. Hic SUA inpetratione inploravit aput Karolum imperatorem Aloiam, cujus medietatem altari Sancte-Marie, alteram cessit profuturam fratrum utilitati • qui
ETIAM REDDIDIT FRATRIBUS MEDIETATEM AlVERNIS, QUAM DOMNUS FroT- BOLDUS EPISCOPUS JAM OLIM CONCESSERAT PRIMAM (-J- après 885).
tpTiii kaf. juf.
Obiit Harduinus, vicecomes, pro cujus anima pater ejus , Gilduinus , reddidit nobis , injujie longo rétro tempore ablatam , villam que dicitur Ciconiolas, cum omnibus appenditiis ejus et fervis et ancillis ad eam pertinentibus (f après 1046).
$>vti haf. juf.
Obiit Hotbertus, uex (f 923).
^pyî kaf. juf.
yv kaf. juf.
Obiit Hugo, dux Francorum, qui Sancte-Marie donavit fîscum Novigenti (-j- 956).
Et, liujus ecdesie Hugo canonicus et archidiaconus, et Sancti-Aniani Aurelianensis decanus.
Obiit Salico, subdecanus et canonicus Sancte-Marie, qui relit qui t concanonicis suis alodum de Bodani-villa (f après 977).
DU XIe SIECLE
;?tw kaf. juf.
yiii kaf. juf.
y» 0af. juf,
y kaf. juf.
viii kaf. juf.
vit kaf. juf.
Et Alherius.
Atque Milesendis , uxor Gerardi de Guastela. quæ dédit Sanctæ-Mariæ quoddam suburbium in parrochia Sancti-Saturnini .
Obiit Hunbertus, cantor Sancte-Marie (f après 950).
Obiit Vuitg*erus, miles egregius, episcopi Odonis frater amantissimus; pro cujus anima reddidit idem episcopus abbatiam Sancti- Garauni, cum privilegio jure fîrmato, liujus ecclesie fratribus ; qui eisdem fratribus prebendas dédit et privilégie» firmavit (-f après 968).
Et Guctricus interfectus est, miles, qui reliquit hujus ecclesie canonicis alodum suum de Britonaria.
Et Yualterus interfectus est.
Et Mainardus, canonicus , obiit, pro cujus anima habuit hec ecclefia viginti libras et preciofam de pallio capparn.
Obiit Alpasia, que dédit canonicis Sancte-Marie alodum suum epii est in Moncellis.
Et Herbrandus de Grandi-Ponte, qui reliquit nobis alodum fuum de Paifico.
Obiit Herbrandus, levita et canonicus Sancte-Marie.
Obiit Suggerius, qui apud civitatem Carnotum in archisterio Sancte-Marie decanie curam ininistravit, et ex clerico monachus efîectus est suit prefata urbe in monasterio Sancti-Petri , el reliquit alodos Sancte-Marie, unum in Mecionis-villa, alterum
vero in Loisvilla (f après 974).
Obiit Suggerius, archiclavus (f après 977).
Et Gaufridus, sancte Marie, Dei genitricis, canonicus.
v kaf. juf.
Obiit Ililg'andus, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie .
H kaf. juf.
Obiit Vitalis, canonicus Sancte-Marie.
Et Eremburgns, matrona, uxor Fulcherii primicerii.
Et Leodegarius, precelfe matris Domini Marie canonicus, in itinere Jherufolimitano elt interfectus. Cujus anime mifereatur univerfalis Dominus.
3uftue
kaf. juf.
Obiit Tetredus , qui reliquit nobis alodum fiium ad Teffoldi-v illare . Et liubertus, utilis et lionestus in ministerio sacerdotali, et canonicus Sanctæ-Mariæ.
t»i non. juf.
Eodem die, obiit Haldricus , Sancli-Carauni prepofitus , diaconus et canonicus Sancte-Mariæ .
v non. juf.
Obiit Rag*emboidus , presbiter, qui dédit Sancte-Marie unum optimum missalem et psalterii volumen, ac fratrum usibus vinearn
aripenni unius.
Et Fulbertus, levita et canonicus Sanclae-Mariæ.
Et Herbertus, clericus et canonicus ejusdem Mariæ.
mi non. juf.
Obiit Eirveus, presbiter et canonicus Sancti-Sergâi , brittig’ena.
Et Geroardus, frater Alvei.
Et Odo, dignus Deo facerdos , fancle Dei genitricis Marie canonicus , qui huic ecclefie et multis aliis in rejiauratione plurimum profuit.
DU XIe SIÈCLE 169
Et Lambertus, pro cujus anima date funt decem libre opéré fuftentaculi hujus æcclefiæ.
viit ib. juf.
Obiit Ilgerius, sacerdos et canonicus misericordissimæ matris Domini.
vit fî>« juf.
Obiit Romoldus, sacerdos et canonicus Sancte-Marie.
v tb. juf.
Obiit Sigo, levita , J'apientia clarus vitaque venerandus, cantor hujus fandce matris æcclefiæ amanti 'jjimus , amrnirandi prefulis Fulbert i , dum terris exularet , fidus a J'ecretis, pojl , ut datur cerni, tumulator liberalis (f après 1034).
Et Genoveîa, mater Gerogii archidiaconi, pro cujus anima dédit idem Gerogius alodum de Delentiaco. Cujus anima paradysum pôssideat.
tiit tb. juf.
Obiit Bernardus, levita et canonicus aime Marie atque prepositus (-j- après 980).
Et Areg’arius, levita et grammaticus (f après 980).
iit tb. juf.
Hac oie, obiit Henricus, imperator, justiciæ amator et ecclesiarum DEFENSOR (f 1024).
Et Goflinus, fubdecanus et prepofttus, qui adquifivit Buflamvillam Sancte-Marie, et eccleûam iftam tribus preciolis decoravit vitreis, cum lampade femper ardente in nocte et tribus cereis eidem lampadi fuppofitis , ad matutinas, in feftis duplicibus (-f- après 1097).
a tb. juf.
Obiit Yuaracco, canonicus Sancte-Marie atque sacerdos. Et Richardus, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie.
vv kuf. miff.
Obiit Fulcho, miles, qui dédit canonicis Sancte-Marie villam que
vocatur Funtanas cum omnibus adjacentiis suis.
Et Albert us , vicedominus , qui dédit nobis villam que dicitur Piredellium (-j- avant 1044).
170 UN MANUSCRIT Cil ARTRAIN
viiti k af. a ug.
Obiit Rag’enfredus, episcopus, qui aecclesiam Sancte-Marie ornavit mirifîce et clericis multa bona fecit (-j- après 954).
Et Rag’enerius, levita et canonicus Sancte-Marie.
Et Havila, matrona, que unum monile feptem unciarum auri ad ornandum capfam qua tunica Beate-Marie eft pro anima fua tribuit.
yiii kaf. au g.
Obiit Rotbertus, rex,fanâe Dei ecclejie amator precipuus et clericorum procurator optimus [f 1031).
pii kaf. aug.
Obiit Stephanus, archidiaconus, canonicus Sanctæ-Mariæ.
v kaf. aug.
Obiit Fulcherius, sancte Garnotensis aecclesie primicerius, qui dédit canonicis ejus œcclejie alodos /'nos, Bellum-montem , Minarias, Cajiellaria.
viiti kaf, aug.
Obiit Hubertus, archidiaconus et prepositus Sancte-Marie, qui dédit canonicis alodos quos habebat ad Asconvillam.
vtii kaf, aug.
Gotlinus, archidiaconus et hujus ecclefie canonicus, Jerofolima rediens, apud Melitum obiit.
vil kaf. aug.
Obiit Beroldus, subdecanus Sancte-Marie.
vi kaf. aug.
Obiit Frotmundus , levita et utilis canonicus Sanâe-Mariae.
Et Hodierna, que dédit huic ecclefie quinque marchas argenti.
v. kaf. aug.
Obiit Alcarius, saeerdos et yppocantor Sancte-Marie (f après 977). Et Hugo, archidiaconus.
Et Odo, levita Sanctæ-Mariæ.
Et. Restaldus, saeerdos et canonicus , qui reliquit huic æcclesiæ unum obtimum missalem.
iti kaf aug.
Obiit Dodo, presbiter et canonicus Sancte-Marie.
ii kat, owg.
ti ii non. ang.
ii non. attg.
non a n g.
viti i&. atiîg.
DU XIe SIÈCLE
Et Plastulphus, miles, qui dédit Sancte-Marie coronam arg-enteam cum lampade.
Obiit Gerbertus, canonicus et prepositus aime Marie.
Et Guerricus, canonicus et archidiaconus, qui émit et dédit huic ecclesie terrain quandam censualem apud Teuvas et alteram apud Mesliacum.
Et Raginaldus, prefbiter et canonicus, qui dédit nobis medietatem eccleûe de Charanni-villa.
Jtmpinue
Obiit Guillelmus, canonicus et prepojîtus hujus æcclejie , qui ex clerico faclus fuit monacus (-j- après 1035).
Eodem die , obiit Tetmarus, facerdos et canonicus san✠Dei genitricis Marias ; cujus anima pociatur æterna requis.
Et AnJ'quitillus , caritate precipuus, ejusdem San&æ-Mariæ facerdos et canonicus.
Et Henricus, rex, qui hujus æcclesiæ lacunar construxit, et omîtes consuetudines de Uno-Gradu perdonavit (f 1060).
Anno dominice incarnationis DGGGGLXI1, urbs Garnotensis et aecclesia Sancte-Marie succensa est.
Obiit Frodo , succentor Beate-Marie, qui reliquit nobis quator agripennos vinearum et dornos suas juxta posterulam (f après 1086).
Obiit Afcelinus , facerdos et canonicus fanctae Dei genitricis Marias (-j- avant 1051 ).
UN MANUSCRIT CH ARTRAIN
Hitgoque, qui fuit ep if copus Lingonensis ecclefie, mifericordiffimeque Dci matris Marie canonicus (-J- 1051).
Obiit Hildeburgis, que, adbuc vivens, dédit huic sancte ecclesie duo aurea monilia, scrinio super altare posito af figenda , et unum dorsale optimum ad ornamentum Crucifixi, et tunicam atque dalmaticam. Pro cujus anima dédit Fulcherius, Nivelonis filius, vir suus, très scifulos argenteos lampadarum ante Crucifixum, et xxn os solidos et vi denarios, unoquoque anno, ad concinnanda luminaria truim lampadarum, quos ei debebamus pro censu de clauso Sancti-Saturnini.
vit ib. aug.
Interfectus est Gerardus, levita, frater Bernardi, apud Caroli- Exventatorium a Normannis.
Et Rag“embertus, miles, a Normannis.
v ib. aug.
Obiit Bernardus, sacerdos et canonicus aime Marie.
Et Frodo, hujus sanctæ ecclesie canonicus et subdiaconus.
iiü ib. aug.
Obiit Leodegarius , hujus æcclesie fidelissimus.
iii ib. aug,
Obiit Hersendis.
ii ib. aug.
Obiit Arduinus, miles et provisor Garnotene civitatis (f après 985).
ib. aug.
Obiit Harduinus, episcopus Garnotensium (*j- 962).
Et Helpes, nobilis femina, que fratribus hujus ecclesiæ alodum de Osana- villa, pro redemptione anime suæ, dédit.
Et Herbertus , levita et canonicus Sanctæ-Mariæ.
Et Milo, canonicus, levita et humilis prepoûtus hujus ecclelie.
^viiiikaf.fepi.
Obiit Avesg’audus, qui dédit canonicis Sancte-Marie aecclesiam de Illegûas, quant sibi dederat Letg’ardis comitissa (f après 975).
?vii kaf. fept.
Obiit Odo, hujus ecclesie precentor, qui reliquit concanonicis suis très agripennos vinearum in loco qui dicitur Canalis.
$>vi kaf. fcpt.
tpv kaf. fcpt.
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Tçiii kaf. fcpt .
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kaf. fcpt.
tp kaf. fcpt.
Obiit Harduinus, subdiaconus aime Marie.
Et Helvifis, matrona, pro cujus anima habemus aloditin de Quercu.
Obiit Lanbertus, sacerdos et canonicus aime Marie.
Et Haymo, diaconus.
Et Odo, nepos Vualonis, qui dédit canonicis Sancte-Marie, in pagn Dunensi, alodum Bretburas, et mansum unum in Loblavilla.
Obiit Hadvisis, filia Berte comitisse (f 1072).
Et Bernardus, lubdiaconus et canonicus Sancte-Marie.
Obiit Gislebertus, sacerdos et canonicus aime Marie.
Et Odo Rufînus interfectus obiit, qui dédit usibus canonicorum Sancte-Marie, alodum suum de Viileis (f après 987).
Et Ragenaldus, exorcista et canonicus Sancte-Marie.
Obiit Johannes, sacerdos et canonicus Sancte-Marie.
Et Hatto, miles.
Atque Ragembaldus, diaconus et canonicus Sancte-Marie.
Et Ebrardus, vicecomes, qui dédit nobis cafam eccletie de Lucoplantato, et Elemofine cenfum feptem folidorum ad aque du&us (f 1097).
Obiit Stephanus, archidiaconus.
Et Oda , Alberti vicedomini mater, que dédit Sancle-Mariæ canonicis villam que dicitur Piredellium.
Et Rotbertus. miles, oppetiit, pro cujus anima habemus alodum de Gondrevilla.
Obiit Richardus, cornes, qui dédit Sancte-Marie Garnotensi aecclesie, ad stipendia canonicorum, Evrardi- villam cum ecclesia, Runciam-villam cum ecclesia, Eng’liscam-villam cum ecclesia. Dédit
x»iîîi kaf, fept.
viti kaf. fept .
vit kaf. fept.
v kaf. fcpf.
UN MANUSCRIT C Ii A R T R A I N
etiam ecclesiam de Halsvilla, et ecclesiam de Bonavilla, et ecclesiam de Sancto-Juliano cum una capella sibi appendente ; addidit etiam decimam venationis de silva que dicitur Bortis (f 1026).
Et Ilguisis, uxor Frogerii, pro cujus anima reliquid nobis idem Frogerius terrain de Monte- Oduini.
Et Gauflinus, canonicus et prepofitus hujus ecclefie , obiit Jerofolimis, qui, ad ufus pauperum, reliquit unum agripennem vinearum et dimidium cum torculari, et terciam partem rerum fuarum rnobilium.
Obiit Vualo, miles nobilissimus, qui abbatiam Sancti-Albini, quant per preceptum reg’ale possidebat, suant ob anime requiem, Sancte-Marie canonicisque ejusdem loci perpetualiter tradidit possidendam .
Et Fulcherius, levita, canonicus almae Mariae.
Obiit episcopus Odo (f 1003).
Et Ivo , dignus Deo facerdos et canonicus Sancle-Mariae .
Obiit Adelardus, decanus, hujus ecclefie amator precipuus, qui hoc capitulum conftruxit, et ad edificationent turris plurimum profuit, atque ecclefiam iftam rnagnis et neceflariis ornamentis decoravit, videlicet libris optimis, una tabula et duobus candelabris argenteis, et fratribus fuis abiens caritatem dédit (-f 1092).
Et Hugo, hlius Haganonis, qui hujus ecclefie canonicis abbaciam de Nielpha, omnibus eumdern requirentibus poflpofitis, tribuit, et ibidem ex milite monachus factus fuit (f après 1092).
Obiit Herbertus, levita et canonicus Sancte-Marie. Et Giraudus. sacerdos et canonicus.
ii kaf. fept.
ntt non. fept.
iii non. fept.
non. fept.
vit iî>. fcpt.
vi iî>. fept.
v i&. fept.
DU XIe SIÈCLE 175
Ohiit Walterius, facerdos et canonicus aime Marie, qui, ad augmentandam tabulant ejufdem Virginis, octo marcas argenti reliquit et unarn unciam auri (f après 1100).
Septem6er
Obi i l Tetoldus, archidiaconus et prepositus Sancte-Marie (f 1024).
Obiit Durandus , prefbiter et canonicus Beatæ-Mariœ , qui reliquit concanonicis fuis, pojt mortem unius heredis, domum fuam in medio Arcuum fitam.
Et Radulfus, levita et canonicus.
Obiit Ingelbaldus . levita et canonicus aime Marie.
Et Gotlinus , canonicus Sancte-Marie, qui dédit nobis fex agripennos terre apud Addaicum.
Obiit Albereda , matrona, que dédit Sancte-Marie unum philacterium.
Et Petrus, presbiter et canonicus aime Marie.
Obiit in senectute bona Gualterius. sacerdos et canonicus Sanctæ-Mariæ.
Obiit Guido, canonicus et archidiaconus Sancte-Marie.
Et Alcarius, presbiter et canonicus.
Et Morandus, levita et canonicus aime Marie.
Et Guillelmus, rex Anglorum et dux Normannorum, qui huic ecclesie multa bona fecit (f 1087). Et Gaufridus, fubdiaconus et canonicus Sancte-Marie.
176 UN MANUSCRIT Cil ARTRAIN
iiii iî>. fept.
Obiit Guillelraus, levita et canonicus Sanctæ-Mariæ et abbas Sancti-Andreæ.
iii ib. fept.
Obiit Gazbertus, levita et canonicus aime [Marie].
ii ib. fept.
Obiit Hildegarius , Jïibdiaconus atque canonicus aime Marie Carnotenfis malris aecclefie, cui dédit proprias res fue hereditatis.
Et fuit inter fectus Bernardus , qui reliquit nobis unum agripennem vinee de Submonciis.
Et Adelais, monacha, que multum laboravit ad cooperturam hujus eccletie de plumbo.
t b. fept.
Obiit Suggerius, canonicus et prepositus Sanctæ-Mariæ.
$viii kaf. oct.
Obiit Hildegarius, levita et canonicus aime Marie.
tpvii k«f. oct.
Obiit Radulfus, hujus fancte matris eccletie lacerdos et canonicus, qui reliquit Sancte-Marie unum optimum pfalterium atque antifonarium cum gradali.
haf. oct.
Interfectus est Gradulfus, clericus et canonicus Sancte-Marie. Et Grimuinus, facerdos, obiit.
El. Gunbertus, major, qui dédit Sanctæ-Mariæ alodos suos de Domna-Maria.
Et Rogerius, lubdiaconus et canonicus Sancte-Marie.
Et Guillelmus, bone indolis juvenis, hujus fancte ecclefie lubdiaconus et canonicus utilis.
^pit Maf. oct.
Obiit Hug’o, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie.
Tp lîflf. OCt.
Obiit Sigemundus, dignus Deo sacerdos et canonicus aime Marie (-]- après 981).
Et Gaubertus, levita et canonicus, qui dédit nobis domum fuam in clauftro pofitam et très vinee agripennos.
DU XIe SIECLE
vint haf. oct.
viiï haf. oct.
vii haf. oct ♦
vi haf. oct.
Obiit Graulfus, abbas Sancti-Garauni (f après 950).
Obiit Martinus , Cornes prénommé, qui declit nobis alodum suum quem habebat in Calniaco.
Obiit Symon de Monteforti, qui reliquit huic æcclefie magne capacitatis calicem aureum, et dorfale preciofum, et confuetudines quas habebat apud Droam et Amanciacum quietas dimifit (f après 1104).
Obiit in senectute bona hujus ecdesie sacerdos Osbertus.
i? haf. oct. Obiit Andréas, sacerdos et canonicus Sancte-Marie, qui, ad edificium vestibuli hujus ecclesie, reliquit agripennem vinearum et dimidium.
Et Mainardus, facerdos et canonicus, in reditu Jerolblimitano.
Et Guinebertus, levita et canonicus.
&cto6er
vi non. oct. Obiit Deo acceptissimus omniumque laudabilium virtutum claritate decoratus, abbas primum, postque pontifex sedis istiusVulfaldus (f 967).
Et Johannes, presbiter et canonicus Sancte-Marie (f avant 1070).
Et Herveus, filius Teudonis, pro quo habemus unum alodum in Tuetvilla et alterum in Pasegio (f avant 1070).
v non. oct.
Obiit Ansegisus, sacerdos, qui dédit canonicis duos arpennos vinee in clauso Sancti-Saturnini (f avant 1070). ?
Et Odila, matrona, pro qua habemus alodum de Cussegio (f avant 1070).
îii non. ort.
it non. oct.
non. oct.
viti ii>. oct.
vit ii). oct .
v ii). oct.
iiii iô. oct.
UN MANUSCRIT CH ARTRAIN
ObIIT CoNSTANTIUS, SACERDOS, QUI DEDIT CANONICIS SaNCTÆ-MaRIÆ DUOS ARPENNOS VINEARUM CUM TOTA MANSIONE (-{- avant 1070).
Et Hermannus, levita (-{-avant 1070).
Obiit Odilerius, levita et canonicus Sancte-Marie (f après 1028).
Et Hugo, levita atque iubdecanus Beate-Marie, qui adquifivit atque edificavit huic eccleûe vi"e villas, Virlarceium, Peliacum, Offarvillam, Torturium, Golummare. In terra vero ejufdem eccleûe edificavit très villas, Luatium, Chavernacum, Villerium. Dédit etiam huic eccleûe duos libros, martirologium et librum omeliarum, et ad deaurationem tabule Beate-Marie centum folidos, et concanonicis xx 11 et duas libras et xvcim folidos, et ad januas ante altare Beate- Marie faciendas xxd libras, et apud Sanctum- Albinum dimidium agripennum terre quem ipfe émit, cum domo eidem adjacente. In eadem etiam terra edificavit torcular ad opus vinearum Sancte- Marie que funt apud Sanctum-Albinum (-{- 1124).
Obiit Alburgis, uxor Leodegarii, pro cujus anima -dédit ipse Leode-
GARIUS FRATRIBUS HUJUS ECCLESIE TERRAM SUAM QUE EST APUD PrATA (-{- avant 1070).
Et Gauscelinus, subdiaconus Sanctæque Mariæ canonicus (f avant 1070).
Obiit Erembertus, canonicus et archidiaconus alme Marie (f après 974).
Et Vualterius, levita et canonicus (f avant 1070).
Obiit , qui dédit nobis alodum de Cha post mortem filii sui
GuILLELMI , HABEREMUS INVEST1TURA MODIUM ANNONE (f avant 1070).
Obiit Hildegarius, subdecanus et magister scolæ hujus ecclesiæ. Cujus anima pociatur æterna requie (-{-avant 1034).
Obiit Ragenai.dus, presbiter et canonicus Sancte-Marie (-{-avant 1070).
iii ii>. oct.
iî>. oct.
yvii kaf. nov.
yvi kaf. nov.
kaf. nov.
$>in kaf. nov.
y» kaf. nov.
kaf. nov.
vit» kaf, nov.
DU XIe SIÈCLE 179
Obiit sacerdos Bernerius, sancte Dei matris canonicus, qui, post decessum unius heredis, fratribus suis reliquit clausum vinearum apud Tabulas-villam, domumque censualem intra Carnotis civitatem (f après 1066).
Obiit Hugo, miles Carnotensis, qui dédit nobis alodum suum apud Villers.
Et Vitalis, artifex hujus fancte ecclefie, qui reliquit canonicis ejufdem ecclefie très quadrantes vineae, poil decellum Ebrardi, filii fui.
Obiit Hilduinus, Ragenoldi vicedomini filius, fubdiaconus et canonicus miferi cor di (finie Dei genitricis Marice.
Et ïïervisus, pro cujus anima dédit pater ejus domum suam.
Obiit Fromundus, fubdiaconus Sancte-Marie et canonicus.
Obiit Sigo, archidiaconus, levita et canonicus Sanctæ-Mariæ (f après 1059).
Obiit Stephanus , hujus ecclefie fuccentor , qui ad ejus reftaurationem plurimum pro fuit (-f après 1033).
Obiit Grimoldus, diaconus et canonicus Sancte-Mariae.
Et Geroardus, sacerdos, qui reliquit concanonicis suis unum agripennuni vinearum et dimidium, in clauso Sancti-Leobini, et domum lapideam in suburbio quod dicitur Mureturn.
jj
Obiit Manno, qui et Ragnoardus proprio nomine, qui dédit canonicis Sancte-Marie hereditatem suam, Tiliacum villam.
Obiit in senectute bona Gumbertus, levita et canonicus, capicerius et custos îidelissimus hujus ecclesiæ, que in quanta dilectione apud eurn extiterit ex hoc apparet quod ad ejus decorem unum dorsale contulit , et, adhuc sanus vivens, neglecta parentum carnalium cura, bonorum suorum eam fecit heredem, donando unum clausum vinearum apud Fontanas, cum torculari ibidem posito et cum omnibus torculari appendentibus.
viii kaf. nov.
vit kaf. nov.
vi kaf. nov.
v kaf. nov.
iiii kaf. nov.
ni kaf. nov.
ti kaf. nov.
kaf. nov.
iiit non. nov.
Obiit Arduinus, clericus, nepos duorum fratrum episcoporum, Rag’emfredi scilicet et Arduini (f après 954).
Obiit Gantelmus, sacerdos et canonicus aime Marie.
Obiit Odo, facerdos et arcliidiaconus Sandœ-Mariœ.
Obiit Hivo, frater Gausberti, qui res sue proprietatis omnes quas habebat in pag*o Carnotensi tradidit fratribus hujus sancte ecclesie, et Morardus et Ansverus adportaverunt donum.
Obiit Beringarius , hujus matris œcclejîœ artifex bonus.
Obiit Radulfus, puer et canonicus.
Obiit Matildis, Anglorum regina, que, hanc ecclefiam dilectionis privilegio amplectens et venerans, plumbeo tegmine decoravit, et, prêter alia multa bénéficia, cafulam ei deauratam et xl libras nummorum ad ulus fratrum donavit (f 1118).
Et Airardus, canonicus Sancte-Marie.
9lovem6er
Obiit Yuido, presbiter et canonicus aime Marie.
Obiit Hildegarius, arcliidiaconus et prepositus Sanctæ-Mariæ, qui ex clerico factus fuit monaclms.
Et Hilduinus, hujus ecclefie precentor devotiffimus, qui hanc ecclefiam una cappa optima decoravit et ad ulus pauperum Elemofine Sancte- Marie quidquid habebat in Calphurno donavit (-f- après 1104).
lit non. nov.
ü non. nov.
non. nov.
vite tô. nov.
vi iî>. nov.
v t&. nov.
iiii iî>. nov.
iii iî>. nov.
DU XIe SIÈCLE 181
Obiit Albericus, filius Hunbaldi, qui reliquit fratribus aime Marie in usum aecclesiam de Lureio.
Et Ingelbaldus , qui dédit canonicis Sande-Mariœ un uni agripennum vinece fuper fluvium Audure.
Obiit in fenectute bona Ernaldus, diaconus et decanus Sancte-Marie, factus ex clerico monachus, qui dédit huic eccleûe domos luas lapideas in clauftro pofitas, ut quicumque eas poflidebit det, fingulis annis, hoc die obitus fui, v folidos Elemofme hujus ecclelie. Dédit etiam unum agripennem vinearum apud Novigentum-Fifcum , et fuo labore et expenfa reftituit eidem ecclefie terram de Alvillari et molendinos de Ferrariis, et perficiende tabule altaris, vadens ad monachatum, x libras dédit, et alia plurima bona fecit (-j- après 1119).
Obiit Yuido, subdiaconus et canonicus aime Marie.
Et fuit interîectus Otrannus, pro cujus anima habemus unum alodum in Osilleio , alterum in Betane-corte.
Obiit Albertus, canonicus et prepositus almæ Mariæ.
Obiit Rotbertus, miles, qui dédit Sancte-Marie alodum suum de Turalis.
Et Odo, subdiaconus et canonicus Sanctæ-Mariæ.
Obiit Bernerius , qui reliquit canonicis Sandæ-Mariæ novem aripennos vinearum et unam manfionem apud Sandum-Andream.
Et Arnulfus, levita et precentor noster, factus ex clerico monachus. qui reliquit nobis clausum vinearum decem agripennium cum torculari, et domum in claustro Sancte-Marie.
Obiit Antelmus, canonicus et prepofitus Sancte-Marie (f après 1099).
Obiit Gonstantinus , sacerdos et canonicus Sancti-Evurtii , qui in domo sua lavare postulavit pedes canonicorum Sancte-Marie de
îi>. 110 V.
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^>vi kaf. bec , ^»v kaf. bec.
kaf. î>ec.
vtii kaf. bec, $>ii kaf. bec.
UN MANUSCRIT CH ART RA IN
processione redeuntium , et hoc exemplum dominicum et memoriale suum jussit heredes suos observare in perpetuum, dimittens ad hoc neg*otium duos arpennos vinearum.
Obiit Adelelmus, canonicus aime Marie.
Obiit Ernoldus, decanus Sancte-Marie.
Et LETGARDIS, COMITISSA (f avant 1000).
Et Bernardus de Buslo, qui, per raultum temporis langore oppressus, ecclesiara islam tota mentis intentione dilexit, et alodum suum de Pireio nobis reliquit (f après 1079).
Odo, palatii cornes , cum ingenuitate et potentia illujlriffimus , tum magnitudine animi et conjiancia prejlantijjimus , incognito, qnidem nojiri Je fit difpojîtione , fed, ut femper, aliquo modo mifericordifjhna , ab inimicis in proelio morte affectus est. Qui plurimis hoc Divinitatis templum clarificavit donariis oc in ejus reftauratione multiplices lorgitus ejt terras. Pro cujus anime redemptione, prêter alia que referre longum ducimus, magne capacitatis aureus ab uxore filiisque datas est calix , et ab Harduino, vicecomite , quem J'ibi idem dederat , alodus de Tejfoldi-v illare (-J- 1037)
Obiit Hubertus, subdiacoiius, canonicus almæ Mariæ.
Obiit Hildegarius, dignus Deo sacerdos et canonicus alme Marie
(-j- avant 1028).
Et Fulcherius, filius Oerardi, canonicus et primicerius et prepositus Sancte-Marie, qui, ad ultimum, Deo annuente, monachus effectus est (f après 1080).
Obiit Stephanus, subdiaconus et canonicus aime Marie.
Obiit Kodulfus, subdiaconus et canonicus aime Marie.
Obiit Garinus, dignus Deo facerdos et luccentor aime Marie, qui aquil'ivit huic ecclefie novem agripennos apud Amolvillam, et dédit
DU XI0 SIÈCLE
ecclefie luum gradale, et donum adquifivit de quatuordecim agripennis in Cavellone (f après 1123).
pi kaf. bec.
Obiit Amalberg'a, mater Romoldi canonici , que reliquit fratribus alodum ad Oscam-villam, et in Bonciaco, et in Flavardi-villa.
Et Martinus , carpentarius.
p kaf. bec .
Obiit Hilduinus, clericus, Gauscelini filins, et canonicus almæ Mariæ.
v kaf. bec.
Obiit Albuinus de Castello-Teoderici , qui dédit nobis molendinum de Locellis , cum terra appendente fibi.
itti kaf. bec.
Obiit Herveus de Galardone, qui dédit huic ecclefie calicem aureum (-J- après 1120).
iii kaf. 5ec.
Obiit Germundus, subdiaconus et canonicus Sancte-Marie. Et Teudo, levita et canonicus.
ii kaf. bec.
Obiit Hardradus, presbiter et canonicus Sancte-Marie (f avant 1070).
3)ecem6et‘
kaf. bec.
Obiit Clemens, sacerdos et prepositus Sanctæ-Marie (f avant 1070).
iiii non. bec.
Obiit Magenardus, clericus et hujus sancte ecclesie canonicus (f après 1066).
non. bec.
Obiit Berlandus, presbiter et canonicus Sancte-Marie, qui conca-
NONICIS SUIS LEGAVIT VINEAM AGRIPENNORUM IIII or ET DOMUM SUBTUS POR- TAM Aquariam (f avant 1070).
vin ib. bec.
vii iî>. bec.
vi ib. bec.
v ib. bec.
UN MANUSCRIT CH ARTRAIN
Et Gaufridus, puer et canonicus, pro cujus anima pater ejus Gauterius dédit nobis alodum unum apud Cereisvillam, et alterum in Feudardi-villa (f après 1066).
Obiit Isaac, sacerdos^t canonicus (f après 1066).
Obiit Helgauous , archidiaconus sanctæ Garnotensis ecclesiæ: (-f avant 1070).
Et Hi LDUINUS, COMES, QUI DEDIT CANONICIS SaNCTÆ - MARIE ALODUM NOMINE ULMELLOS (-J- avant 1070).
Et Adeliza. filia regis Anglorum, pro cujus anima pater ejus. rex, inter alia clara et regia bénéficia quæ iecit huic ecclesiæ, jussit fieri campanarium quod est super æcclesiam preciosum et bonum (f après 1066).
Obiit Herbertus, vicarius, qui reliquit in usum fratribus Sanctæ-
MaRIE TERRAM QUAM POSS1DEBAT IN StRANQUILLEIO (-pavant 1070).
Obiit domnus Agobertus, epjscopus, mire simplicitatis vir et inno- CENTIÆ (-f- 1060).
iii ib. bec.
ii ib. bec.
Obiit Conanus, Britannorum comes, pro cujus anima Berta, comitissa, mater ejus, altare hujus æcclesiæ decoro exornavit cyborio (-j- 1066).
Et Ingelrannus, levita et canonicus Sancte-Marie.
Obiit Basinus, sacerdos et canonicus Sanctæ-Mariæ, qui reliquit noms
TRES AGRIPENNOS VINEARUM ET MANSIONEM UNAM APUD NoVIGENTUM-
FlSCUM (f avant 1070).
ifvitü haf.jan.
Obiit Odolricus, miles, cjiii dédit fratribus Sancte-Marie villam Talenag’ium , et Sarnegrum, atque Seveni-villam, et in pag*o Dunensi obtimum alodum in villa que vocatur Noeridus.
^vitikflf.jfln, Obiit Teudo, qui aureum scrinium composuit in quo est tunica beate Marie, et frontem hujus aecclesie fecit, et ipsam aecclesiam coopérai t, et fîscum de Clauso-villari fratribus dédit.
$>t>i kaf. jan.
kaf. jan.
vi kaf. jan.
kaf. jan.
DU XIe SIÈCLE 185
Et Herfendis, uxor Gaufridi, pro cujus anima ipl'e Gaufridus abfolute conceflit Elemofme hujus ecclelie furnum quem Guillelmus prepofitus prius edifîcaverat et donaverat.
Obiit Guido, archidiaconus et prepositus (f après 977).
Obiit Gerogius, hujus ecclejie decanus , qui omnern hereditatem fuam, poft unius heredis decejfum, canonicis Sanéïe-Marie dereliquit.
Et Fulcherius, filius Nivelonis. canonicus et casatus eedesie presentis . qui, prêter alia que huic eedesie dédit, pro anima uxoris sue, dédit unum agripennum terre apud Casas, concedente filio suo Nivelone (f après 1084).
Obiit Judith, mater Ivonis prepositi, que dédit canonicis Sancte- Marie alodum quem habebat in Osilleio et alterum in Betanecorte.
Obiit Silvaniaci Rotbertus , episcopus, Roma veniens, quo ipse perrexerat ut eedesiam istam rétro diu inquietatam reduceret in statum pristinæ tranquillitatis, consilio et auxilio sanctæ matris sue, quam toto corde diligens , reddiderat ei redimendo plurima ornamenta male ab aliis distracta, calicem scilicet magnum argenti et dorsalia plura cum cappis et palliis. Dederat quoque ei nova quinque dorsalia, caro precio empta, et duo manilia argentea cum urceo, multa plura et majora dare proponens, si Deus longiorem vitam sibi prestitisset (f 10G9).
Et Hugo, vicecomes (f 1094).
Ipfo etiam die, dominice incarnationis anno M°G0X0V° obiit pater Ivo, hujus sacratilïime fedis antiftes, vir magne religionis, ecclefiafticorum et fecularium negotiorum prudentiffimus, mitis aftatu, pacientia intignis, caftitate pollens, et tant in divinis quam in philofophia eruditiflimus, qui fex pallia bona, et feptem capas, et infulas très, et tapetia tria decori hujus ecclefie contulit; librum miflalem, et epiftolarium , et textum evangeliorum , et unum lectionarium matutinalem dédit, et omnes argento paravit; pulpitum miri decoris conftruxit; lcolas fecit; domum epilcopalem, quam vilem et ligneam, quam, in obitu vel diicellu epifeoporum, quibufdam pravis confue-
tudinibus per violentiam Carnotenfium comitum inductis, ancillatam invenerat, fpeciolam et lapideam a fundamento refecit, et cum omnibus ad ipfam pertinentibus, five mobilibus five immobilibus, ex ancilla libérant reddidit, libertatemque ipfam aftipulatione privilegiorunt et Romane fedis et regis et comitis, que in archivis hujus ecclefie habentur, confirmavit ; terrant etiam quamdam contiguant eidem domui, ad amplitudinem ipûus domus, a vicedomino adquifivit et muro claufit. Apud Pontem-Godanum alias domos ad ufus epifcopales edificavit eandemque villam in multis melioravit. Abatiam Sancti-Johannis ex feculari in regularem convertit, inftituit et auxit. Confilio et auxilio ipfius monafteriunt infirmorum apud Bellum-locum conftitutum fuit. Junioratus ontnes hujus ecclefie et precarias in communes redegit ufus, et eas in pofterunt perfonis diftribui tant fuo quant apoftolico privilegio vetuit; angarias et injuftas exactiones et pravas fervientium difcurfiones fîeri per prepofituras eifdem privilegiis prohibuit. Ad augmentandam tabulant altaris, idem ntoriens c modios vini reliquit, et in aliis pluribus huic ecclefie et clericis fuis multa bona fecit.