‹ Un mari dont on se moqueChapitre 16 sur 22 · LES CONDITIONS DE LA FUTURE · texte numérisé non relu

LES CONDITIONS DE LA FUTURE

Bien persuadé que sa marraine n'a pour lui que de l'amitié, Adolphe se résigne à lui obéir et s'efforce de chasser de son cœur le sentiment qui s'en était emparé. A vingt-deux ans, d'ailleurs, un jeune homme n'est pas insensible aux attraits d'une jeune fille. On lui a dit qu'il avait fait sur-le-champ la conquête de mademoiselle Clorinde, son amour-propre en est flatté; et comme cette jeune personne est fort jolie, il commence à penser qu'il ne sera pas si malheureux en devenant son mari.

Le lendemain, Laurentine fait dire à son filleul de se disposer à se rendre chez M. Flutayot. Adolphe tâche de soigner sa toilette, mais il entendait bien moins cela que le travail du bureau, et n'était jamais plus mal à son aise que dans un habit neuf et avec une

cravate à la mode. Il monte en voiture avec la belle veuve, qui fait son possible pour paraître gaie, mais dont le sourire est contraint et forcé. Elle ne remarque pas que son filleul a fort mal fait le nœud de sa cravate, qu'il a des gants beurre frais et qu'il porte un gilet à grands carreaux écossais qui est de trèsmauvais goiit. Son esprit est trop occupé pour qu'elle fasse attention à tous ces détails si importants aux yeux d'une femme à la mode,

La route se fait saiîs que la marraine et son filleul aient échangé plus de quatre paroles.

Chez M. Flutayot, on attendait le jeune futur. Mademoiselle Clorinde était ravissante de charmes et sa mise était aussi élégante que peut l'être une toilette du matin. Elle avait près d'elle son amie intime, cette Malvina, épouse de l'huissier priseur, qui laissait sa femme hbre de faire tout ce qu'elle voulait, et celleci usait fort largement de cette liberté. Maiiée seulement depuis deux ans, on lui connaissait déjà plusieurs intrigues; un monsieur s'était battu pour » elle, ce dont elle était très-fière. Quant au mari, qui n'était nullement jaloux, il prétendait que tout cela ne le regardait pas.

Quand on annonce madame Beauuoir et Adolphe, tout le monde était réuni dans le salon; et madame Doubleton, — c'est le nom de l'inlime de Clorinde, — applique bien vile son monocle sur son œil , pour mieux examiner celui qu'elle sait déjà devoir épouser son amie*

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