‹ Un mari dont on se moqueChapitre 17 sur 22 · LES CONDITIONS DE LA FUTURE · texte numérisé non relu

LES CONDITIONS DE LA FUTURE

M. Flutayot court au-devant du jeune homme, lui tend la main, la lui presse avec force, en s'écriant :.

— Bonjour, mon jeune ami ! . . . je puis même dire mon gendre, puisque ma fille agrée la demande que NOUS nous avez faite de sa main par l'entremise de votre belle marraine. Ainsi donc allez lui faire votre cour... lui dire toutes les jolies choses qui vous viendront à la bouche, en partant de votre cœur, vous en avez le droit, et Clorinde est toute disposée à les entendre.

Mais au lieu de courir vers sa future, le jeune homme, tout décontenancé en voyant cette dame qui a braqué son monocle sur lui et mademoiselle Clorinde qui l'examine attentivement, reste embarrassé et immobile au milieu du salon, tandis que la brillante Malvina dit tout bas à son amie :

— Ah! qu'il a l'air bête!... et celte cravate... ce gilet écossais... ces gants serin!... mais il ne sait donc pas se mettre ton futur époux?... c'est tout une éducation à faire que ce monsieur-là!

Heureusement pour Adolphe, Laurentine, qui voit son embarras, le prend par la main et le conduit près de mademoiselle Clorinde, en lui disant:

— Mon cher filleul, lâchez donc de surmonter votre timidité. . . el puisque mademoiselle vous accepte [tour mari, ne lui laissez pas preudie une mauvaise opinion de votre esprit. Celui de mademoiselle vous a charmé, vous me l'avez dit... et c'est déjà quelque chose que de savoir aporécier le mérite des autre*

Adolphe salue celle qu'on lui destine et s'assied près d'elle, en balbutiant :

— Mademoiselle... je suis bien flatté... je ne sais comment vous dire... mais certainement je suis trèsflatté...

— C'est gentil ! murmure Malvina à l'oreille de son amie... enfin tu es toujours sûre qu'il est flatté ! mais je crois qu'il ne sortira pas de là.

— Monsieur Adolphe, dit Clorinde, j'ai consenti à vous épouser, c'est vrai, mais cependant je veux auparavant faire mes conditions et que vous me répondiez bien franchement !...

— 0 mademoiselle, je n'ai pas l'habitude de mentir !

— Je veux d'abord être maîtresse de faire toutes mes volontés ! vous ne me contrarierez jamais pour cela?

— Non, mademoiselle.

— J'aime le bal, le spectacle, les grandes soirées, j'aime le plaisir enfin ; vous ne m'empêcherez jamais d'en prendre quand l'occasion s'en présentera?

— Non, mademoiselle.

— J'aime la toilette, je veux toujours être mise à la dernière mode... vous me donnerez tout l'argent que je vous demanderai pour cela?

— Je vous en donnerai... si j'en ai, mademoiselle...

— Comment I si vous en avez?... mais vous devez

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