‹ Un mari dont on se moqueChapitre 6 sur 22 · ADOLPHE COV.MIS CHEZ SA MARRA1^E. C · texte numérisé non relu

ADOLPHE COV.MIS CHEZ SA MARRA1^E. C

la-Gaillarde, mais moi je ne m'en étais jamais servi, d autant plus que j'écrivais fort peu.

«Je crois qu'il va nous faire delabelle ouvrage!» se dit le petit commis en se frottant les mains. Puis retournant vers Corniquet :

— Monsieur le filleul, vous n'avez pas voulu vous appeler Laurent parce qu'on a mis voire patron sur le gril, n'est-ce pas?

— Monsieur, ce n'est pas moi, c'est mon oncle qui n'aimait pas ce nom-là ; il avait aussi envie de m'appeler Narcisse.

— C'eût été un nom bien plus dangereux...

— Comment I Narcisse est un nom dangereux?

— Vous ne connaissez donc pas la mythologie?...

— Un peu, mais pas beaucoup... mon oncle prétendait que la mythologie était remplie d'indécences.

— Votre oncle n'avait pas absolumcnltort.Ehbicn, monsieur le filleul, Narcisse était fils de Cc'pMse et de Liriope. Il était si beau que toutes les nymphes en élaicnt amoureuses, mais il faisait le cruel et n'en jcoutait pas une. Un jour, en revenant de la chasse, il se regarda dans une fontaine et devint si épris de lui-même, qu'il en sécha de langueur et fut métamorphosé en Heur. Croyez-moi, que cela vous serve de leçon, monsieur ; ne vous regardez jamais dans une fontaine ni même dans un seau plein d'eau, ca,r

VOUS risqueriez de devenir pour le moins un œiilct d'Indel...

Adolphe ne répond rien, il reste impassible, et le petit Puceron retourne à sfi place en se disant: (< Je gage qu'il n'a pas compris que je me moquais de lui... il est par trop béte ! il n'y a plus de plaisir. »

Le retour de la patronne met fin à cette conversation ; Adolplie baisse les yeux dès qu'il i'apcrçoif, il se sent trembler devant elle comme un écolier en faute devant son précepteur.

— Je viens de faire des emplettes pour vous, mon cher filleul, dit Laurcntine, et on portera tout cela dans votre chambre ; j'ai dépense deux cent vingt francs en chemises, bas, mouchoirs, faux cols, cravates, trouvez-vous que ce soit trop?

— Oh ! non, ma marraine !

— Quant au reste, je vous indiquerai un magasin de confection à prix fixe. Vous saurez bien vous choisir vous-même des pantalons , des gilets... hein ?

— Oh ! je crois que oui I...

Laurentine fait un léger mouvement d'épaules qui signifie :

— DécidcTient, je crois que mon filleul est un imbécile !

Puis elle s'approche du bureau devant lequel Narcisse est assis :

— Que fais:cz-vo!!s là ?

— Moi?... mais rien, ma marraine.

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